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26.11.2019 - Transport

La mobilité passe à la vitesse supérieure

Avec la Loi d’orientation des mobilités, le gouvernement ouvre de nombreuses portes pour développer les transports durables.

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Adoptée le 19 novembre, après deux ans de discussion, la Loi d’orientation des mobilités (LOM) s’attaque à tous les types de transports, ceux qu’utilisent les Français au quotidien comme ceux des professionnels. Elle doit permettre de « réformer le cadre général des politiques de mobilités », en rendant les déplacements plus respectueux de l’environnement, tout en prenant soin de répondre aux besoins des territoires reculés. De fait, le texte balaie un champ très large, qui s’étire des conditions d’obtention du permis de conduire à la compétitivité des ports, en passant par l’usage des trottinettes sur la voie publique.  Plusieurs passages concernent la vie des entreprises. A commencer par le « forfait mobilité durable » : les employeurs pourront verser jusqu’à 400 euros par an à leurs employés pour encourager les déplacements domicile-travail à vélo ou en covoiturage. Un arbitrage qui se négociera en entreprise et qui sera versé via un « titre-mobilité », cumulable avec le remboursement des frais de transport en commun. Les décrets d’application ne sont pas prêts, mais le concept devrait reprendre celui des tickets-restaurants, pour lesquels les employeurs bénéficient d’exonérations de charges sociales et fiscales. La loi prévoit aussi de convier les entreprises à des « comités de partenaires » : elles seront encouragées à s’impliquer pour améliorer les solutions de déplacement pour leurs salariés, aux côtés des collectivités et des usagers.

Une stratégie pour le fret ferroviaire

Le territoire Marseille-Provence sera en outre concerné par les mesures relatives au fret ferroviaire. La loi prévoit la définition d’une stratégie qui devrait être prête en 2020, selon le député (LREM) des Bouches-du-Rhône, Jean-Marc Zulesi : « des engagements de bon sens sont pris dans le texte par l’Etat pour permettre le développement du fret ferroviaire, en impliquant le secteur de la logistique aux projets engagés », avance-t-il, convaincu que l’association de ces professionnels contribuera à améliorer les rendements des trains de marchandises. 

13,4 milliards d’euros sont également engagés sur  5 ans (2018-2022) sur les infrastructures de transport nationales. « La loi liste des projets qui seront réalisés », assure le député. Ainsi le projet de doublement de la voie routière entre Salon-de-Provence et Fos-sur-Mer ou celui de l’agrandissement en souterrain de la gare Saint-Charles, à Marseille, sont désormais inscrits dans la loi. Il s’agit pour le gouvernement de « sortir de l’accumulation de promesses non financées ».

La LOM prévoit en outre d’accompagner professionnels et particuliers vers la disparition des véhicules à gasoil et essence en 2040. Puis mise enfin sur l’ouverture des données, qui doivent permettre la multiplication d’applications en tout genre. Pour les autorités organisatrices des transports comme pour les entreprises, les datas doivent permettre de mieux mesurer les déplacements et de développer « la mobilité comme service » (Mobility-as-a-service, Maas). Ce dispositif simplifie l’utilisation de la palette de modes de transport disponibles sur un territoire. Ce n’est pas encore fait mais l’on peut imaginer dans un futur assez proche qu’en un seul clic, un ciotadin réservera un train, un métro, un vélo puis une trottinette pour rejoindre les boutiques marseillaises.