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04.06.2018 - Transformation numérique

Marseille Provence, futur leader des services ?

Aix-Marseille-Provence, leader mondial des services ? C’est l’objectif affiché par Jean-Luc Chauvin, président de la CCIMP, aux côté de Christian Nibourel, président du GPS, le 1er juin dernier. Explications.

C’est un fait, Marseille Provence dispose de tous les atouts pour devenir un leader mondial des services, a affirmé le président Jean-Luc Chauvin lors de la clôture de l’assemblée générale de la chambre : « sur le territoire, nous avons des leaders mondiaux, européens, français positionnés sur les services, à l’instar d’Onet, de Sodexo ou de la société des eaux de Marseille ». Un écosystème structuré comptant pas moins de 295 000 emplois sur le territoire. Dans les cinq premières années, le secteur pourrait en représenter quelque 100 000 supplémentaires... mais pour tirer parti de cette révolution, encore faut-il  l’aborder de façon volontariste. C’est la démarche de la CCIMP, positionnée « CCI des services », développant des outils digitaux dédiés aux entreprises du territoire, à l’image du CCI Store, et du projet CCI Lab. Et soutenant les grands projets métropolitains, tels Thecamp ou le Smart Port.


Autre nécessité, faire changer de regard sur le secteur. C’est ce que Christian Nibourel, président d’Accenture France et Benelux ainsi que du Groupement Professionnel des Services, s’est employé à illustrer. « Nous sommes passés de la société du bien naître à celle du bien-être », résume-t-il. En témoigne l’émergence des plateformes Uber, Airbnb, Deliveroo... Une offre qui a rencontré, au bon time to market, les nouvelles attentes du consommateur : hyperpersonnalisation, instantanéité de la consommation, partage et sens. « Et on a la technologie, les données, le quantum et l’IA au moment où les gens veulent tout cela. D’où une accélération des nouveaux usages ».

Un forum métropolitain des services
 

Tout devrait donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. Sauf que le secteur des services, pour poursuivre vers la croissance, doit faire face à plus d’un écueil : « la schizophrénie du consommateur » d’abord, qui réprouve le modèle social relatif à cette ubérisation. Il faut donc se donner le temps de réinventer les règles en termes de protection sociale et de redistribution. Cela va venir : Uber est en train de négocier un produit avec Axa dans cet objectif. »  Et puis, il y a « l’imposture finale » : selon Christian Nibourel, l’industrie a besoin d’une montée en gamme des services pour rester performante... toutefois, les deux secteurs n’observent pas la même valeur ajoutée. Et le président du GPS de mettre en avant les effets pénalisants de certaines mesures pour le monde des services, en termes de fiscalité ou d’organisation du travail : CICE, règle des 24 heures...  le tout concourant à une hausse du coût du travail, puisqu’ « avec les services, on distribue plus ». 


Ainsi outre la politique volontariste des institutionnels locaux, une écoute des acteurs du secteur devra être opérée en haut lieu pour que des territoires de l’Hexagone, à l’instar de Marseille Provence, puissent se poser en leader des services. Parce que l’heure tourne, et elle tourne vite : « dans les dix prochaines années, nous vivrons dans un monde dominé par l’IA et la data. Qui va être propriétaire de cette donnée, qui va l’exploiter et l’analyser par rapport à ce que l’on veut ? La société se transforme, il nous faut donc vite faire le lien entre l’arrivée des nouvelles technologies et notre capacité à adapter le modèle social », conclut Christian Nibourel. 


Pour prendre la pleine mesure de ces évolutions, Jean-Luc Chauvin a émis le vœu de « l’organisation d’un forum des services avant la fin de la mandature ». Avant cela, c’est Jean-Luc Monteil, président du Medef Paca, qui donne rendez-vous « le 10 juillet prochain au Palais du Pharo à l’occasion du 1er Forum numérique, manifestation dédiée à la transition digitale des TPE-PME ».