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08.02.2019 - Tous Entrepreneurs

Provence Studios tourne à plein régime

Lancée en 2013, le studio de Martigues appelle à consolider la filière audiovisuelle.

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Le plus grand fond vert en intérieur d’Europe, un plateau de 100 m² en réalité virtuelle, 22 000m2 pour tourner des cascades en extérieur ou recréer des décors virtuels en empilant des conteneurs… Longeant le bras de mer reliant la Méditerranée à l’étang de Berre, Provence Studios engrange depuis 2013 les tournages nationaux et internationaux. Tous secteurs confondus : séries, long métrages, clips, publicités… "C’est important pour nous d’être là pour voir comment on peut accompagner la filière du cinéma en Provence et l’aider à se pérenniser", souligne Jean-Luc Chauvin. Menée par le président de la Chambre de commerce et d’industrie Marseille Provence, une délégation d’élus et de techniciens est venue le 5 février visiter l’entreprise.

Aux premiers tours de bobines de Provence Studios, il y a l’envie d’Olivier Marchetti, après une longue expérience en transports et logistique, de changer de secteur d’activité. « J’envisageais de travailler dans le cinéma, je n’étais pas encore sûr. Et puis en 2013 un des producteurs que j’avais contacté pour mon étude de marché m’appelle pour me dire « On arrive chez toi ». Ils étaient en tournage à Marseille et avaient un imprévu avec un des lieux qu’ils avaient repéré. Ça a commencé comme ça. » Implanté sur un site vaste aussi bien en intérieur qu’en extérieur, facilement accessible par route, air et mer, Provence Studios se développe vite et travaille avec les plus grands : Europacorp, Netflix, TF1, France Télévisions… "Notre force est d’être au coeur d’un région riche en lieux de tournages extérieurs très variés, mais aussi richesen techniciens hyper compétents, polyvalents et productifs. Pour le travail d’un technicien en France, il faut trois personnes pour le même travail sur un tournage aux Etats-Unis."

Autre force de Provence Studios : sa capacité à agréger d’autres entreprises sur son site, dans le domaine des cascades, des décors, du montage et des effets de post-productions. Les retombées pour l’économie locale sont fortes : "Rien que sur le tournage de Gaston Lagaffe, on a réservé 700 nuitées à l’Intercontinental", souligne Olivier Marchetti. Tous studios confondus, les tournages auront rapporté 72 millions d’euros pour la seule ville de Marseille en 2018.

S’appuyant sur ce constat, Olivier Marchetti en appelle à une mobilisation des acteurs publics pour soutenir la filière. "Actuellement les aides aux tournages sont en baisse, alors qu’on sait que ce sont celles qui ont le meilleur rendement : 1 € investi en rapporte entre 7 à 17 €, et c’est de l’argent qui arrivent dans l’année". Autre point d’amélioration : mettre sur pied un guichet unique pour gérer les autorisations de tournages en extérieur. Sans oublier un regroupement des acteurs de la filière : "Avec les trois plus gros producteurs exécutifs français, nous sommes allés voir des studios américains. Pour ces gens-là, le Sud de la France ça va de Perpignan à Menton, ils ne comprennent pas pourquoi on n’est pas déjà réunis." Une première pierre a été posée l’an dernier avec le lancement d’un rapprochement entre Provence Studios et les studios de la Victorine à Nice. Une démarche décisive à l’heure où les géants Disney, Netflix, Apple et Amazon rivalisent de projets pour s’imposer sur le marché du divertissement. 



Provence Studios - en bref
22 hectares de surface totale
100 jours de tournage par an
1 journée de tournage en studio permet de produire jusqu’à 21 minutes de film, contre 3 minutes en extérieur