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26.06.2015 - Tourisme

Tourisme Business Meeting : « Les Asiatiques recherchent l'authenticité provençale»

La Chine sera ce 30 juin au coeur des échanges du rendez-vous annuel des professionnels du tourisme initié par la CCI Marseille Provence. Laure Pierrisnard, qui vient d'arriver à la tête de la Confiserie du Roy René, en a fait un marché prioritaire.

Elle est aux manettes de la Confiserie du Roy René depuis six mois après un parcours au sein de L’Occitane, l’une des plus grandes réussites commerciales françaises dans le secteur de la cosmétique avec son milliard d'euros de chiffre d’affaires, ses quelque 2 600 boutiques et ses 7 700 employés. Elle y a   occupé successivement les postes de chef produit international, directrice marketing international puis de la R&D innovation et prospective avant de rejoindre Olivier Baussan. Le fondateur de L'Occitane, d'Oliviers & Co et de Première Pression en Provence, a repris l'an dernier La Confiserie du Roy René (11 M€ de CA, 70 salariés). Objectifs assignés à la nouvelle équipe de direction : doubler le chiffre d’affaires en 5 ans et exporter la marque. La Chine fait partie de ses priorités. Elle interviendra précisément sur cette thématique au cours du débat organisé dans le cadre du Tourisme Business Meeting, qui sera consacré cette année aux comportements, attentes et besoins des touristes issus des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine).

 

Vous avez réalisé une bonne partie de votre parcours professionnel au sein de L'Occitane, notamment dans le marketing international. Le groupe réalise aujourd’hui près de 40 % de ses ventes en Asie et dispose en Chine de quelque 140 points de vente. Qu’avez-vous appris de l’Asie ?

Laure Pierrisnard : J’ai eu l’opportunité d’intégrer L’Occitane, le groupe ne faisait alors que 80 M€ (1,178 Md€ en 2015). J’ai évolué avec lui en prenant de plus en plus de responsabilités. Quand je suis arrivée, c’était le début du développement en Asie. Aujourd’hui, la Chine et le Japon sont ses deux marchés clés. L’Asie est friande de produits français, gages de qualité et de savoir-faire et l’est de plus en plus de la Provence grâce à une série TV qui a été tournée sur nos terres. Les Asiatiques sont en quête de sens, d’authenticité et de naturel. L’Occitane, avec les engagements d’Olivier Baussan dans la valorisation des richesses d’un territoire, incarnée par la réintroduction de l’olivier et la relance locale de la production d’huile (plus de 200 moulins et 15 000 exploitants, NDLR), et la Confiserie du Roy René, pour laquelle il est en train d’en faire autant avec l’amande locale (3 ha d’amandiers en plantation), racontent cet art de vivre à la provençale que les Chinois recherchent et qu’ils vont trouver aussi bien dans le rosé que dans la pétanque. 

Quand vous étiez à l’Occitane, vous avez multiplié les boutiques en Chine. 

L.P. : Oui, et ces ouvertures se sont faites en propre ou en partenariat. Il n'y a pas de règle générale. Le plus difficile étant commun à toute entreprise : trouver le bon partenaire et les emplacements stratégiques. Au Japon, nous avons été la première marque à investir des stations de métro. À l’époque, c’était audacieux. En Chine, nous avons aménagé nos boutiques comme des coins de Provence avec une esthétisation du lieu et des vitrines et à l’étage, « des cafés L’Occitane » pour déguster des plats et produits provençaux. L’idée était de donner à vivre une expérience plus large de La Provence. Cela a été un franc succès.

Le Calisson sera aussi bien exportable en Chine ?

L.P. : Il est un emblème de la Provence. Toute l’histoire du Roy René s’inscrit dans l’art de vivre provençal : ses produits sont réalisés dans le respect de tradition, dont le savoir-faire s’est perpétué et transmis de génération en génération. Nous observons en Chine une réelle appétence pour les pâtisseries et le sucré en général. Il suffit de constater le succès des macarons !

Aujourd’hui, la problématique du calisson est sa saisonnalité. Pour rentabiliser l’outil, l’export est une réponse (5 % des ventes, NDLR). Pour ce faire, il faut sortir le calisson de son usage en 13e dessert et produit de fin d’année et le positionner comme une confiserie à base de fruits et ainsi, renouveler l’intérêt tout au long de l’année. Le marché asiatique n’est pas le plus proche mais celui sur lequel nous pensons avoir le plus de potentiel. Et nos premières approches sont très concluantes.

Vous allez dupliquer la recette de L’Occitane ?

L.P. : Développer la notoriété et la marque, écrire une histoire, commencer par quelques boutiques et ensuite développer le réseau. Dans ce sens, oui.

Ils connaissent peu le calisson mais apprécient l’amande et les nougats. Tout est donc à construire. Il y a beaucoup de contenus à fournir en jouant sur un terroir, une histoire d’un siècle, une reconnaissance de qualité… Nous sommes en train de développer de nouvelles saveurs que nous associons à un territoire – la cerise du Lubéron, le citron de Menton, la rose de Vence …–, et que nous proposons en éditions limitées. Et dans notre palette, certaines sont spécifiquement étudiées pour ce pays. Aussi, nous adaptons nos conditionnements – des petits formats et des coffrets - pour correspondre aux habitudes de consommation et d’achats des Chinois qui offrent beaucoup de cadeaux.

Maurice Farine, avant de céder, a inauguré un nouvel outil de production, adossé à un musée high-tech. Le tourisme industriel est-il aussi pour vous un vecteur de croissance ?

L.P. : Le tourisme industriel est un axe fort de notre développement. Le musée est ouvert depuis un mois. On travaille désormais à la promotion de cet outil pour l’inscrire chez les professionnels du tourisme. Notre objectif est d’accueillir 200 000 touristes dans les 5 ans.

 

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La France est la première destination des touristes chinois en Europe et PACA est leur seconde destination de prédilection en France. Pour mieux appréhender cette nouvelle clientèle (mais aussi celle de la Russie et du Brésil), la CCIMP organisera le 30 juin au World Trade Center à Marseille une table-ronde en marge de la seconde édition de Tourisme Business Meeting, une convention d’affaires où 30 agences réceptives françaises et européennes et 250 entreprises du tourisme sont attendues. Occasion également de tester les dernières innovations du marché grâce à un showroom (TourismInnov) présentant une vingtaine de produits et services plébiscités par les marchés touristiques internationaux. Le débat, qui fera intervenir des spécialistes des marchés émergents, sera consacré aux comportements, attentes et besoins des touristes issus des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine).
Plus d’infos et inscription sur www.ccimp.com/tourisme-business-meeting