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27.04.2015 - Tourisme

Tourisme d’affaires : La concurrence est rude… en France

La métropole marseillaise n’est pas la seule à avoir compris que les centres de congrès pouvaient être de vrais vecteurs de développement économique. Petit tour de France des initiatives rivales.

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Le tourisme d’affaires ne différencie pas les territoires, c’est plutôt l’organisation du territoire et les services proposés qui permettent de les distinguer, semblent partager les professionnels. Pour capter une part de ce marché estimé en 2013 en France à 8,55 Md€ (dépenses effectuées par les entreprises pour leurs événements), sachant que Paris et la région Ile-de-France totalisent 35 % des congrès organisés sur le territoire et accueille près de 50 % des participants, les métropoles françaises rivalisent d'efforts et d'investissements pour affiner leurs propositions.

Paris, encore et toujours

Leader incontestable et incontesté, Paris est la première place mondiale, européenne et française dans le dernier classement ICCA pour l’accueil de congrès internationaux avec 204 événements comptabilisés, loin devant Marseille, sa toute récente challenger avec 33 congrès accueillis. Hors compétition avec les autres métropoles françaises, la capitale française doit surtout affronter la concurrence des villes européennes.

Bordeaux, le réveil

La cité girondine, apparue en 2011 pour la première fois dans le top 5 des villes françaises au classement ICCA, a certes reculé l’an dernier à la 6e place mais reste parmi les 100 premières cités mondiales en matière de tourisme d’affaires (369 manifestations accueillies en 2014 dont 26 d’envergure internationale, 1,4 millions de visiteurs affaires, CA annuel autour de 400 M€). L’ex « belle endormie » a entrepris sa mue il y a une décennie en se dotant, à proximité du Parc des Expositions, d’un Palais des congrès (11 000 m², trois amphithéâtres dont un de 1 360 places) lui permettant de se positionner sur le créneau des manifestations de 500 à 1 200 personnes et griffé par Jean-Michel Wilmotte. Le site est depuis janvier 2015 desservi par une ligne de tramway qui le relie au centre-ville et doit l’être ensuite à l’aéroport. La Cité mondiale du vin, concepteur de Vinexpo auquel elle vient d’ajouter Bordeaux-Vinipro, vient par ailleurs d’acter la reconstruction du hall 2 de son Parc des expositions (un chantier de 30 M€). Labellisée « European Best Destination 2015 », la ville s’apprête à réceptionner son nouveau stade et ouvrira en 2016 la Cité des civilisations du vin (81 M€ investis). Aussi, la capitale de l’Aquitaine, qui porte le projet Euratlantique, futur quartier d’affaires et vaste réaménagement urbain classé OIN, disposera d’ici à 2017 d’une gare Saint-Jean rénovée et agrandie, centre névralgique de la LGV qui la mettra à 2h de Paris à horizon 2018.  Pour promouvoir la destination à travers le monde, Bordeaux a initié un Club d'ambassadeurs de l'attractivité composé de personnalités universitaire, scientifique et économique.  En octobre 2015, elle accueillera l’Intelligent Transports Systems World Congress (300 exposants et 8 000 visiteurs en provenance de plus de 60 pays). Une compétition gagnée face à Copenhague et Milan.

Toulouse, so Toulouse

Troisième ville française derrière Paris et Marseille, Toulouse figure parmi les 80 premières destinations pour les congrès internationaux (79e). Une montée en puissance liée à sa dynamique impulsée en 2009 en créant So Toulouse ? Difficile à affirmer mais la ville était alors au 139e rang ! Marque dédiée au tourisme d’affaires, elle coiffe aussi une société d'économie mixte (Sem), fédérant sous la même bannière, 170 partenaires et acteurs économiques en vue de proposer des offres packagées. La ville rose compte capitaliser sur ses expertises dans la santé, l'aéronautique et l'économie mathématique pour s’imposer dans les congrès scientifiques. Fin 2011, Toulouse a rejoint l'Alliance GSCA (The Global Science & Convention Alliance), réunissant les bureaux de congrès de villes au même positionnement scientifique, afin de partager des bases de données et un marketing commun. Elle gage aussi sur son nouveau centre des expositions signé par la starchitecte néerlandais Rem Koolhaas (300 M€ investis) à livrer d’ici 2017. Le futur site comportera notamment une grande halle couverte et modulaire pouvant accueillir plus de 10 000 personnes dans 40 000 m2 répartis sur plusieurs halls. Le tourisme d'affaires représente aujourd'hui à Toulouse 150 M€ de chiffre d'affaires et 27 000 emplois et l'offre hôtelière est estimée à 11 000 chambres.

Lyon, en marche accélérée

La cité des Gaules a inauguré en janvier dernier une extension de 9 000 m2 au sein de son parc d’exposition Eurexpo, lequel bénéficie depuis 2012 d’une ligne de tram ralliant en 30 minutes la gare de la Part-Dieu et l’aéroport Saint-Exupéry. En matière d’accueil de congrès internationaux, Lyon ne figure pas parmi les meilleurs élèves de la classe française même si la seconde métropole française se positionne sans complexe en concurrence avec Paris. Pourtant, dans le dernier classement ICCA, elle ne décroche qu’une 4e place en France et s’affiche au 84e rang mondial. Derrière Paris certes mais aussi Marseille et Toulouse. Pas identifiée comme une ville de tourisme, Lyon a progressivement comblé ses retards. En 2008, elle lance en partenariat avec une dizaine de membres institutionnels et professionnels du tourisme d’affaires l’opération « Lyon Welcome attitude » financée à hauteur de 100 K€ par le Grand Lyon. Parmi les services proposés : l’installation de bornes d’accueil avec hôtesses dès l’aéroport ou la gare, une signalétique dédiée au salon, campagne d’affichage en ville et dans les hôtels, cadencement spécial de certaines lignes de transport, réductions dans divers établissements du centre-ville…Parallèlement, elle s’est attelée à un de ses points faibles : l’hébergement. Entre 2009 et 2013, elle a gagné 1 043 chambres (12 285 chambres). Et pour vendre Lyon hors de France, elle s’est dotée d’une marque territoriale, ONLY Lyon. La livraison en 2016 d’un pôle hôtelier de 500 chambres en 4* devrait adapter l’offre de la Part-Dieu tandis qu’en 2017, l’Hôtel Dieu rouvrira en un luxueux établissement doté d’un centre de conventions.

Nice, challenger de Gênes et de Barcelone

À Nice, la grande affaire reste le futur parc des expositions, un bâtiment d’une première tranche de 75 000 m2 entièrement modulable, planté au cœur de l’Éco-Vallée, la grande opération d’aménagement urbain de la Plaine du Var, à deux pas de l’aéroport et du futur pôle multimodal de transport Nice-St Augustin-Aéroport. Le nouveau site doit s’inscrire en complément d’Acropolis, le palais des congrès niçois et son palais des Expositions attenant, qui font l’objet d'un programme de modernisation de 28 M€ cofinancés par la Ville et le groupe événementiel GL Events, le délégataire. Il doit surtout donner un nouvel essor au tourisme d’affaires azuréen, qui s’est essoufflé ces dernières années. Après avoir longtemps trusté le haut du classement en talonnant Paris, la plus italienne des villes françaises a reculé à la 5e place nationale et 94e mondiale. Il ne s’agit pas de concurrencer Cannes et Monaco, mais de challenger Gênes et Barcelone, clame pourtant la deuxième métropole de la région PACA. Nice s’est aussi dotée d’une charte partagée entre institutionnels et professionnels pour faciliter la tenue de congrès, depuis le montage de la candidature jusqu’à la réalisation de l’événement.

A.D

 

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