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26.04.2015 - Tourisme

Tourisme d’affaires : Des efforts payants ?

Sur ce secteur, où la concurrence se joue au-delà des frontières avec des rivales comme Barcelone, il faut jouer des coudes pour exister. La cité phocéenne n’a pas lésiné sur les efforts ces dernières années pour permettre l’essor de ce tourisme plus lucratif.

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Tandis que Nice et Paris perdaient respectivement 108 et 808 chambres entre 2009 et 2013, Aix-Marseille gagnait 1 840 chambres sur un total de 7 240 créées en France. Malgré ce rattrapage, la métropole reste en deçà de la moyenne nationale avec un taux de 7,3 chambres pour 1 000 habitants (24,4 pour Nice, 9,4 pour Lyon et 34,4 pour Paris). Ainsi, l’offre hôtelière en 3* et 4* s’est-elle enrichie (New Hôtel, SAS Radisson, Massalia, Holiday Inn) et rénovée (Sofitel Vieux Port, Mercure Eurocentre, Océania,...). Mais le plus emblématique demeure la transformation de l’ancien Hôtel-Dieu en Palace 5 * sous pavillon InterContinental Hôtel Dieu (172 chambres dont 22 suites, une brasserie et un restaurant gastronomique). « Nous totalisons désormais 7 500 chambres et l’offre va encore s’étoffer d’ici deux ans de 1 000 à 1 200 supplémentaires », explique Vincent Gaymard, président du groupement des chaines hôtelières, invité par la CCIMP et l'UPE 13 à l'occasion de la présentation du baromètre de conjoncture métropolitain. Le professionnel reconnaît que Marseille Provence 2013 a permis de positionner le territoire sur le loisir culturel.

Des investisseurs hôteliers étrangers investissent

Fruits de cette nouvelle attractivité : des investissements relativement symboliques. Le 23 juin 2014, la première pierre du futur hôtel 4* Golden Tulip, exploité par le groupe hôtelier Louvre Hotels Group, a été posée place de la Méditerranée, à proximité des Terrasses du Port et du MuCem. Et le 8 décembre, ce fut au tour du Toyoko Inn, dans la ZAC Saint-Charles, dont le coup d’envoi officiel des travaux s’est opéré dans un cérémonial nippon. Soit 210 et 231 chambres supplémentaires. Marqueur de la requalification de l’entrée Nord de la ville, le nouvel établissement de la Porte d’Aix est aussi symboliquement le premier investissement en France du groupe japonais. Aussi, autrement évocateur, le numéro deux de l'hôtellerie espagnole ouvrira en 2017 rue de la République le premier hôtel de sa toute nouvelle marque haut de gamme NH Collection (176 chambres). « Le grand nombre de congrès, de touristes, et les infrastructures et connexions ont été les facteurs clefs de notre choix », fait valoir le groupe madrilène pour justifier le choix de la cité phocéenne. Dans le même périmètre du quartier d’affaires Euroméditerranée, un autre 4* de  80 chambres est attendu. Il est par ailleurs prévu deux nouveaux établissements pour un total de 300 chambres sur le Parc Chanot (a priori sous les enseignes Golden Tulip et Campanile), dont les travaux démarreront une fois les recours purgés et non loin de là, sur le stade Vélodrome, deux autres, dont un 4* de 126 chambres (Mariott) et un 2* de 162 chambres (B&B).

Mise à niveau des infrastructures d’accueil

En quelques années, les principaux sites d’accueil historique de la ville ont subi la « grande visite ». Moyennant un investissement de près de 15 M€ (11,14 M€ dans l’extension et 3,64 M€ dans la restauration des façades), Le Pharo, qui n’avait pas connu de réaménagement depuis le début de son exploitation en 1998, a rouvert en 2013 après travaux avec une capacité 10 nouvelles salles de conférences de 20 à 300 personnes, poussant son offre à 7 000 m2 d'espaces congrès dont un auditorium de 900 places. Aussi, le centre de congrès de la ville de Marseille, encadré par la mer et un jardin, a porté la capacité de son espace de restauration de 500 à 1 000 convives avec une terrasse couverte de 50 m de long moyennant une extension de 500 m2 de l’aile Est. Une offre qui lui faisait défaut et qui lui a permis de signer dès la réouverture 5 congrès de 900 personnes. Le Palais napoléonien, qui vient d’accueillir coup sur coup les Journées internationales des prothésistes et fabricants dentaires ainsi que le congrès européen de l’orthopédie, sera aussi le lieu de réception en mai d'un congrès international de cardiologie et en septembre, du World Smart Week.

Marseille veut son Pollutec

Le Palais des congrès et le Parc des expositions, réunis sous la marque Marseille Chanot, ont également bénéficié de 20 M€ d’investissements (H.T) en plusieurs phases. « Nous avons rasé un hall pour construire 5 000 m2 de surface d’exposition. Le Palais a été équipé d’un système de gradins mobiles et peut désormais accueillir des plénières jusqu’à 3 200 fauteuils, une jauge que nous n’avions pas », précise Catherine Cassadeï, la directrice générale adjointe de la Safim, gestionnaire pour la Ville. Nous aurions besoin encore de réaliser d’autres investissements pour agrandir nos halles mais la DSP arrivant à échéance en 2019, nous sommes freinés dans nos développements. » La Safim, qui a accueilli 264 événements en 2014 (+ 3 %) vient de recevoir Acces Security, que la société aimerait stabiliser à Marseille pour pouvoir faire de la Ville la capitale européenne de la sûreté dans les datas. Un salon emblématique de sa stratégie : associer la destination à une marque forte : « nous manquons de salons gros-porteurs comme Pollutec associé à Lyon (73 000 visiteurs) ». 

Tous sur les congrès de spécialistes

Le gestionnaire développe par ailleurs la cible des congrès de professionnels et/ou spécialisés au rayonnement international et européen. Après avoir reçu le 14e European meeting on supercritical fluids (420 personnes), le congrès sur les maladies infectieuses (1 200 personnes), le congrès européen de médecine physique et de réadaptation (1 500 personnes), « nous travaillons actuellement sur des dossiers pour 2019 au niveau international, comme le congrès des océans, ou l’EMBT », le rendez-vous annuel européen des professionnels de la transplantation qui a lieu en mars dernier à Istanbul. Avec le risque d’exacerber la concurrence avec le Pharo, déjà positionné sur ce créneau ? À moins que cela ne soit déjà un retour sur investissement de l'Académie des ambassadeurs (cf : Aix Marseille Provence : La stratégie wellcome attitude).

Réglages à faire

Localisation et accessibilité, environnement sécuritaire, offre de produits et de services, qualité des prestations hôtelières, expérience client et accueil de la communauté font partie des principaux facteurs de succès d’une destination de congrès identifiés par le Réseau de veille en tourisme. Si la destination Aix-Marseille Provence commence à satisfaire quelques-uns de ces critères, il lui reste quelques réglages à faire.

A.D