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17.10.2017 - Tourisme d'affaires

Event Center : Le visage du centre des congrès new age ?

Le World Trade Center Marseille Provence vient d’achever les travaux entamés il y quelques années sur son site historique en cœur de ville de Marseille. Il ne restera plus à livrer que Sky Center, la dernière pièce d’un ensemble de dernière génération. Et maintenant ? En faire un bâtiment-totem...

 

 

La conférence de presse se tient au sein du Marseille CityLab, autrement appelé laboratoire d’innovation collaborative, un « environnement stimulant » de 180 m2 situé au niveau mezzanine du tout nouveau centre de congrès. « Ici, vous êtes dans un espace conçu pour stimuler la réflexion collective, faciliter la résolution de problématiques complexes, accélérer un projet, initier des démarches d’idéation, de prototypage... grâce à des méthodes de knowledge workers comme on les appelle », introduit Paul Chaffard, le président du World Trade Center Marseille Provence depuis 2014, qui a piloté le chantier depuis les débuts. 

Le lieu choisi pour convoquer la presse à quelques heures de la soirée événementielle marquant la réouverture officielle du centre des congrès (l’endroit est opérationnel depuis le 29 aout) après un an de travaux ne doit rien au hasard. Il incarne une des dynamiques qui animent les centres de congrès de dernière génération (cf. Se bâtir une réputation internationale ... grâce à un centre des congrès) : la prise en compte, entre autres, des technologies pour proposer une nouvelle expérience des événements professionnels : plus flexible,  collaborative, innovante, qui fait la part belle aux nouvelles technologies, qui propose des équipements à la pointe et un haut niveau de service …

Pour le coup, les clients du World Trade Center seront servis : les salles sont équipées des toutes derniers systèmes de vidéo-projection (par click-share) et visio-conférence (multipoints). La grande salle plénière dispose d’une régie audiovisuelle intégrée avec captation vidéo et technique Infodécor (system Analog Way®). Ce qui, à en croire ses promoteurs, lui accorderait quelques longueurs d’avance.

On l’aura compris. Les palais des congrès ne sont plus de simples loueurs d’espaces.

 

Refonte globale des lieux

 

La plénière a gagné en capacité, désormais de 420 places mais est surtout équipée des toutes dernières technologies.

 

Ces deux dernières années, la société gestionnaire des lieux a essaimé les livraisons de son futur ensemble, dont le choix a été fait de le figer sur son site historique, au 2 rue Henri Barbusse, avec vue sur le site du Port antique, exposition à ciel ouvert de vestiges archéologiques du Musée d’histoire de la ville.

Après avoir livré le Cowork’in Vieux-Port (espace de travail partagé) et le « City Business Center », centre d’affaires de 800 m2 de bureaux « à la carte » et de salles de réunion modulables, elle vient d’achever la métamorphose de ce qui est sans doute l’élément le plus emblématique de son projet : son centre des congrès rebaptisé pour l’occasion « Event Center » (2 600 m2), qui ne gagne « que » 600 m2 de plus mais dont la reconfiguration ouvre des possibles de modularité. Avec une capacité d’accueil au total de 985 personnes.

 

En attendant le « Sky Center »

 

En attendant l'ouverture prévue mi 2018 du Sky Center » au 29e et 30e étages de La Marseillaise, tour aux 26 teintes différentes en construction le long de la façade portuaire sur les quais d’Arenc.

 

Il ne restera désormais plus à attendre que le « Sky Center » au 29e et 30e étages de La Marseillaise, tour aux 26 teintes différentes en construction aux pieds de l’eau, le long de la façade portuaire sur les quais d’Arenc. Courant de l’année 2018, une fois achevé, le nouvel objet urbain accueillera le centre d’affaires high-tech et des espaces réceptifs de prestige (séminaires, cocktails VIP, conseils d’administration, lancement de produits...).

Et il en sera ainsi fini de la mue totale d’un chantier amorcé en 2014. Le « City Center Vieux-Port » sera alors à la fois un centre de congrès, un centre d’affaires, un espace de coworking, un club international. Un ensemble de 5 000 m2 offrant de surcroît à ses locataires une double domiciliation à Paris « selon des tarifs privilégiés » grâce à son « pied-à-terre » de 300 m2 au 10 avenue George V, lui aussi entièrement rénové en 2016.

 

 

Le World Trade Center Marseille Provence dispose d'une « pied-à-terre » de 300 m2 au 10 avenue George V à Paris, lui aussi entièrement rénové en 2016. Les entreprises peuvent ainsi bénéficier d'une double domiciliation.

 

Un investissement de 6 M€

L’ensemble des travaux aura nécessité à terme 6 M€ HT. (avec les aménagements du Sky Center La Marseillaise pour 2 M€), que la CCI Marseille Provence, actionnaire à 99,93 % de la société World Trade Center Marseille Provence, a financé par une augmentation de capital complétée par de l’emprunt pour une faible part.

Objectif visé : doubler le nombre d’événements et de congressistes dans un an et demi, s’assigne Paul Chaffard. Et ainsi, de passer de 750 à 1 500 événements par an et de 55 000 à 100 000 visiteurs. « Et c’est bien parti au vu de nos réservations jusqu’à 2019 ». La société vise un chiffre d’affaire de 1,5 M€ pour la partie « congrès » de 300 K€ pour les espaces « centre d’affaires et coworking » (contre respectivement 1 M€ et 150 K€, en 2014, dernier exercice à périmètre comparable).  

 

« Seul centre de congrès à Marseille proposant une véritable unité de lieu »

« On aurait pu déménager, insiste Paul Chaffard. Mais plusieurs points essentiels sont ressortis de la phase de benchmark avec d’autres World Trade Center. L’étude a notamment fait ressortir qu’il était judicieux de capitaliser sur les installations du site historique (d’autant que la société est propriétaire, ndlr), sachant qu’il n’y pas à Marseille d’offre concurrente aussi centrale, facile d’accès avec une capacité de salle plénière de 400 personnes, en communication directe avec un hôtel de 200 chambres, proches des lieux de vie, touristiques, culturels, commerciaux, notamment les 55 boutiques du centre commercial Bourse ».

La rénovation du City Center Vieux-Port s’est inscrite en parallèle de l’amélioration de l’accès au Jardin des Vestiges et au Musée d’Histoire de Marseille, de la rénovation de l’hôtel Mercure mitoyen, des travaux en cours de l’ancienne Poste Colbert, de la création d’un musée du Savon de Marseille ..., énumère celui qui dans une « autre vie » a exercé plusieurs postes au sein de la direction générale de Capgemini France.

« Être en cœur de ville est fondamental, appuie Jean-Luc Chauvin, qui parle volontiers d’une « décision politique » car « ce lieu doit apporter sa pierre à la reconquête du centre-ville. Parce que c’est un lien social et sociétal, mais aussi l’endroit où vont les touristes ».

 

En ligne avec la volonté métropolitaine de rayonner en dehors de ses frontières

 

Paul Chaffard, président du World Trade Center Marseille Provence et Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Marseille Provence, lors de la conférence de presse qui a précédé la soirée inaugurale de l'Event Center

 

Mais le président de la CCI Marseille Provence y voit aussi d’autres marqueurs : à commencer par en faire un outil au service du rayonnement de la métropole … à l’international. Voire un bâtiment totem. « Il n’y aura pas de grande métropole sans un lieu unique de l’international, argumente Jean-Luc Chauvin, rappelant que le bâtiment loge déjà historiquement une partie des activités internationales, dont le Club d’entreprises World Trade Center APEX.

« Il faut aller plus loin et regrouper ici les différents services des collectivités en charge de l’international. Je rappelle que ce territoire est la 2e place consulaire avec 72 représentations diplomatiques, très loin devant les autres et juste après Paris. La bataille des métropoles se joue d’abord sur la visibilité. Et cela passe par un lieu unique avec des infrastructures dédiées. Je lance donc un appel pour que ce bâtiment totem soit cet endroit »

Dans les 10 mois à venir, la façade du bâtiment devrait être remodelée à son tour « C’est l’occasion de donner encore plus de sens à cette idée avec un geste architectural qui imprime », abonde Paul Chaffard.

 

Concurrence ou complémentarité ?

 

 

Reste l’inscription du bâtiment dans son univers concurrentiel. Non, réfute Jean-Luc Chauvin, « nous sommes en complémentarité avec les autres sites dont les jauges sont différentes » (cf. plus bas).

Cité dans le dossier de presse, Maxime Tissot, directeur de l’office du tourisme et des congrès de la ville, qui a toujours défendu dans ses interventions publiques que « l’un des atouts de la ville est de posséder trois palais des congrès », voit dans le World Trade center Marseille Provence un « un outil moderne, opérationnel, en phase avec les nouvelles attentes des organisateurs de congrès : de plus en plus, on nous demande d’avoir sur un même site plusieurs configurations de salles possibles. L’équipement du site en nouvelles technologies correspond aussi à une demande forte des professionnels de congrès. Une pierre de plus à l’édifice French Tech Marseille ». 

Depuis quelques années, la ville a procédé à quelques ajustements pour se donner les moyens d’accueillir les plus grands événements et étoffer son parc hôtelier (130 hôtels pour 8 706 chambres dont 2 284 chambres en 4 et 5* et 9 434 chambres attendues d’ici fin 2017 avec les projets en cours)

La ville a accueilli 588 manifestations (conventions, opérations d’entreprise...) en 2016, dont 89 congrès (73 en 2015), soit 342 420 journées congressistes (+ 16 %). Pour 2017, une centaine de congrès étaient programmés dont 18 au-delà de la jauge des 1 000 participants et trois à quelque 5 000 congressistes : Marseille Chanot a accueilli le 21e Congrès de pneumologie française en janvier (EBTM) en mars et les 26e Rencontres du Transport Public (GART) qui viennent de se dérouler.

 

Porte d’entrée vers l’investissement

« Par rapport à d’autres métropoles de même taille, on n’est pas tout à fait au niveau des équipements qu’il nous faudrait si l’on veut concrétiser cette ambition d’être une grande métropole du sud de la Méditerranée. Barcelone et Rome, qui sont nos deux concurrentes, sont bien mieux équipées. Dans la réflexion qui va être conduite pour évoluer dans la stratégie métropolitaine sur l’accueil des congrès, il va falloir le prendre en considération », explique Jean-Luc Chauvin qui pousse plus loin l’ambition : aller chercher des événements « gros-porteurs », au-delà des 2 500 personnes.

Mais alors, « il manquerait un équipement si on veut recevoir des grands congrès ». Un segment qui permet surtout d’être repérable des grandes agences prescriptrices internationales et des participants, qui s’ils sont satisfaits, reviennent avec d’autres entreprises, pour des séjours personnels voire plus : « Le tourisme d’affaires est une roue d’entraînement pour le reste : le tourisme de loisir et l’investissement ».

Le président de la chambre consulaire, laquelle est actionnaire à 15 % de la Safim, la société exploitante de Marseille Chanot, a en tête le calendrier : « Naturellement, il faudra aborder la question et l’intégrer dans les réflexions dans le cadre de la renégociation du contrat de délégation de service public du parc Chanot qui arrive à échéance 2019 ».

Il ne désespère pas non plus – un jour – de voir se concrétiser un bureau des congrès métropolitains « car il y a des complémentarités à avoir avec les autres installations du territoire. L’intérêt d’une métropole est bien de mutualiser les moyens pour chasser en meute et ainsi avoir une offre qui répondent à différents usages et besoins ».

 

Adeline Descamps

 

 

 

 

Marseille Chanot et le Palais du Pharo : L'offre complémentaire

 

Selon Marseille Congrès, le tourisme d’affaires est en très forte progression. Entre janvier et août 2017, le segment congrès et séminaires est en progression de 35 % (en moyenne nationale) dont + 16 % pour les congrès. Au sein de ce segment, les événements « corporate », à l’initiative des entreprises, représentent à peu près 70 % et génèrent 40 % des retombées économiques tandis que les congrès, 40 % des manifestations pour 60 % des retombées générées.

 

Marseille Chanot – Palais des Congrès et des Expositions

Il est un peu plus excentré que le World Trade Center mais en cœur de ville. Il réunit sur 17 ha un Palais des Congrès et différentes surfaces d’expositions, qui permettent de répondre à différents besoins d’usages et de jauge. Le Palais des Congrès dispose de 3 auditoriums de 200 à 3 200 personnes et 100 000 m2 de surfaces intérieures et extérieures.

 

Chiffres clés 2016

37 congrès (25 en 2015)


47 salons dont 12 salons professionnels (48 dont 16 salons professionnels en 2015)

110 événements « corporate » (99 en 2015)

20 autres événements (19 en 2015)

 

Palais du Pharo

Avec vue plongeante sur la ville grâce à sa localisation en surplomb, proche d’hôtels 5* et 4*, le palais impérial (Napoléon III) construit pour l’impératrice Eugénie dispose de 10 000 m2 d’espaces congrès dont un auditorium de 900 places, d’une salle plénière de 300 places, de deux salons de style Empire de de 90 et 180 places et de 8 salles de sous-commission.

 

Chiffres clés 2016

161 manifestations (149 en 2015)


249 jours de manifestations (223 en 2015)

1,5 jour (durée moyenne des manifestations)

51 135 congressistes (41 023 en 2015)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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