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15.02.2017 - Territoire

MP 2018 : Le remake

Le monde économique veut retrouver l'effet « lumière » de MP2013 Capitale européenne de la Culture en organisant une nouvelle année culturelle en 2018. La dynamique a été amorcée ce 14 février au Palais de la Bourse à Marseille devant les acteurs culturels et décideurs politiques.

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Dans les coulisses de la fabrique de MP2018. Quatre ans après l’expérience de MP2013, dont la statistique retient les quelque 11 millions de visites sur l’ensemble du territoire et des milliers de pages en retombées presse, une première réponse en écho à la suite à donner à cet événement, a été apportée dans la salle d’honneur du Palais de la Bourse ce 14 février à Marseille. Une date de lancement officiel choisie expressément pour coller au thème qui rythmera l'organisation d'une nouvelle année culturelle durant 2018 : « Quel amour ! ». Un étendard qui va « claquer sur l’ensemble du territoire », « non pas naïf et désuet », a qualifié Francesca Poloniato, directrice de la scène nationale du Merlan à Marseille, mais comme un « combat à mener contre un monde obscur, difficile, effréné ».

Lien évident entre culture et économique

« Nous avons toujours considéré qu’un événement culturel d’envergure a un impact considérable pour l’attractivité du territoire dans le sens où il a ce pouvoir de le positionner  en tant que destination attractive. Et la culture s’affirme alors comme un levier de développement pour l’économie de l’ensemble du territoire et un moteur pour une filière que nous avons identifiée comme d’excellence ici, les arts de vivre », a ouvert le « moment » Jean-Luc Blanc, vice-président de la CCI Marseille Provence. Déjà en 2013, la chambre consulaire, alors présidé par Jacques Pfister, avait été une des principale instigatrice de cette idée un peu saugrenue à l’époque d’aller quêter le label de capitale culturelle, qui avait tant profité à Nantes et Lille.

« Le lien entre tourisme, culture, nature et économie est évident, a exprimé pour sa part Raymond Vidil, qui estime que son territoire a gagné en maturité et cohérence et est sorti de 2013 avec une image rajeunie.

L'armateur marseillais, à la tête de Marfret et vice-président de Mécènes du Sud, est le chef d’orchestre de l’association MP 2018 créée il y a quelques mois désormais pour organiser et coordonner le nouveau temps festif. Parmi les membres fondateurs : Mécènes du Sud (collectif né en 2003 pour promouvoir la création artistique contemporaine), la Chambre de Commerce et d'Industrie Marseille Provence, le Club Top 20 (association regroupant les grandes entreprises du territoire et fervente dans sa volonté de hisser Aix-Marseille Provence parmi les vingt premières métropoles européennes), et Aix-Marseille Université. 

Les acteurs touristiques, dont le collège est en cours de constitution, ainsi que les collectivités pourront adhérer à MP2018 et siéger au conseil d'administration avec participation ou pas au vote.

Du (très) beau monde

Dans l’assemblée, pour l’occasion, l’on pouvait distinguer, en signal d’un mouvement qui se veut collectif et fédérateur, du (très) beau monde : Alain Arnaudet, directeur de La Friche la Belle-de-Mai, Dominique Bluzet, directeur de plusieurs théâtres entre Aix et Marseille, Gilles Bouckaert, directeur de la scène nationale des Salins à Martigues, Jean-François Chougnet, président du Mucem, Bernard Foccroulle, directeur du Festival d'Aix-en-Provence, Jan Goossens, directeur du Festival de Marseille, Hugues Kieffer, coordinateur du festival Marseille Jazz des 5 continents, Macha Makeïeff, directrice du théâtre national La Criée, Pascal Neveux, directeur du FRAC PACA, Francesca Poloniato, directrice de la scène nationale du Merlan à Marseille, Pierre Sauvageot, directeur de Lieux Publics, Sam Stourdzé, directeur des Rencontres internationales de la Photographie d'Arles et Pierre Vasarely, président de la Fondation Vasarely. 


Ils forment d’ailleurs le comité d'orientation artistique, qui portera la ligne éditoriale et pilotera la programmation artistique. « Nous nous engageons à produire ensemble des événements très différents. Cette manifestation a l’ambition de toucher tous publics et de créer une vraie dynamique de territoire », promet Pascal Neveux.

Des engagements

Un thème, une année, toutes disciplines, plusieurs lieux du territoire des Bouches-du-Rhône, d’Arles à La Ciotat, en passant par Aix en Provence et un timing cadencé à tenir. La programmation va devoir vivre, de l’ouverture le 14 février et week-end de fête du 16 au 18 février, jusqu’à septembre. Un tempo pas évident à tenir et qui représente d’ailleurs le principal écueil d’une candidature à la capitale européenne de la culture.

De la programmation, en cours d’élaboration et qui sera connue à la rentrée prochaine, l’on en connaît déjà quelques temps forts (cf. plus bas). L’association MP2018 espère planifier une vingtaine de rendez-vous artistiques inédits et coproduire une centaine d’autres.

Le dépôt des dossiers doit être effectué avant la fin de ce mois : « Les artistes locaux seront bien évidemment de la programmation, non parce qu’ils sont de Marseille, d’Aix ou d’Istres mais parce qu’ils sont bons ou ont quelque chose à dire. Oui, il y a des artistes de très grande valeur sur ce territoire » est-il répondu à la presse, inquiète de la méthode dans la mesure où il n’y aura pas d’appel à projets.

« Nous avons l'obligation de faire sortir la culture de son quotidien, d’amener 20 000 personnes dans nos centres-villes qui doivent être des lieux de haut niveau culturel. Et ce sera un des enjeux forts de cette manifestation que de faire circuler les œuvres et les habitants », prône Dominique Bluzet, à la tête des théâtres du Gymnase, des Bernardines, du Jeu de Paume à Marseille et du Grand Théâtre de Provence à Aix-en-Provence.

Quel budget ?

Porté par le monde économique, qui va apporter la moitié d’un budget estimé à 5,5 M€ via le mécénat, très vite rejoint par l’écosystème culturel, le monde politique a pour sa part fait connaître son intérêt et des engagements financiers à hauteur de 500 K€ pour le Département et la Région, « qui ne s’interdit pas d’augmenter sa contribution en fonction de la programmation », a précisé Raymond Vidil. Une demande de financement d’un montant équivalent est en cours d’instruction auprès des services de l'État. L’association ne désespère pas d’en obtenir autant de l'Union européenne.

Sabine Bernasconi, deuxième vice-présidente du Conseil départemental, a tenu à préciser pour sa part qu'il s'agissait d'une enveloppe en sus et non « de réaffectation des dotations culturelles ».

Pour mémoire, Lille 3000, lancé en 2015 dans la foulée de Lille Capitale européenne en 2004, disposait de 8,2 M€, alimentés pour moitié par les apports du privé, l'autre du public : soit 1 M€ du département, 500 K€ de la Région, 200 K€ de la direction régionale des affaires culturelles (État) et 300 K€ des autres collectivités (Ville, Métropole).

« Il y a un pari à tenir, celui de préparer notre économie à des ruptures et aux secteurs d’avenir. Et nous ne sommes pas forcément prêts. Une partie de la réponse se loge dans le dialogue et la rencontre des acteurs. L’artiste est un liant, La métropole est un objet-monde. MP 2018 devra assumer tout cela », a conclu de façon plus ou moins explicite Raymond Vidil, qui donne rendez-vous à l’automne pour une programmation détaillée.

 

A.D

 

MP2018 : Quelques temps forts

Du 16 au 18 février

Weekend d'ouverture

16 février au 24 juin

Exposition Picasso, Voyages Imaginaires

La Vieille Charité accueille une nouvelle coproduction avec la Réunion des Musées Nationaux-Grand-Palais : l'exposition Picasso, Voyages Imaginaires présentée autour de « l'obstination méditerranéenne » de l'artiste.

Exposition autour de la photo au Mucem

Une grande exposition au J1 dont les dates et contenus seront prochaînement précisés.

Mars

Dans l'esprit de la transhumance autour du GR2013, est prévu un événement sur la thématique de la nature 

Mai et Juin 

En plus du Printemps de l'Art Contemporain à la Friche et du Sm'Art à Aix, d'autres manifestations de l'art contemporain compléteront le programme.

Juillet et Août

Trois créations sont d'ores et déjà annoncées pour l'été 2018 : Le Festival d'Aix va proposer une création autour du mythe d'Orphée et d'Eurydice et du mythe de Leïla et Majnun. Le Festival de Marseille travaille sur une création d'Alain Platel et Fabrizio Cassol - Coup Fatal ! - sur le requiem de Mozart. La Criée prépare une version de Roméo et Juliette avec le Ballet Preljocaj.

Septembre 

Cérémonie de clôture en forme d'ouverture vers l'événement Manifesta que la métropole accueillera en 2020.