Menu principal

04.05.2016 - Territoire

Aix-Marseille-Provence : Les entreprises ont-elles le cloud conquérant ?

Face aux géants d’outre-Atlantique, quelles alternatives ? Zoom sur quelques valeurs montantes du cloud de la métropole Aix-Marseille-Provence, qui n’hésitent pas à défier les références absolues du marché.

Comment les entreprises françaises, a fortiori provençales, peuvent-elles faire la différence sur le nébuleux marché du cloud « privatisé » dans toutes ses composantes, par les géants américains du web ?

Pourquoi les éditeurs de logiciels hexagonaux, a priori provençaux, bénéficieraient-ils sur le territoire de tous les ingrédients pour « renationaliser » (au sens figuré, il ne s’agit pas ici de réécrire le bilan déjà comptabilisé du cloud souverain*) une toute petite partie de l’histoire du logiciel en mode cloud ?

Comment ? Avec Bravade et panache. Face aux gigantesques capacités d'hébergement de données des géants d’outre-Atlantique, dont les services ont été pensés pour le grand public (Dropbox, Google Drive, iCloud, SkyDrive…), les spécialistes françaises du cloud (souvent, les pionnières et pour partie, des PME et start-ups) n’hésitent pas à bousculer les lignes du marché jusqu’à défier les références absolues du marché sur le terrain même de la compétitivité.

Face à Dropbox, qui compte plus de 200 millions d'utilisateurs avec sa version gratuite dotée de 2 Go d'espace de stockage, OVH, le géant français de l'hébergement basé à Roubaix (1 200 salariés, ± 200 M€ de CA), dont les serveurs sont basés principalement en France, n’a-t-il pas opposé un 25 Go de stockage gratuit ?

Oodrive, le spécialiste du partage de fichiers et de la collaboration (280 salariés, 32 M€ de CA), qui possède ses datacenters principalement en France, ne recense-t-il, parmi son million d’utilisateurs, 80 % des sociétés du CAC 40, là où les Google Apps n'atteigneraient que 20 % de pénétration ?

Comment aussi ? En jouant la carte de la proximité (localisation des datacenters en France ou en Europe, réseau maillé de distributeurs et de partenaires) et de la confiance (protection des fichiers stockés).

État des lieux du marché mondial

Mais au-delà de la protection du patrimoine numérique de l’entreprise, le cloud (pour faire court, ressources informatiques « déportées », cf. encadré) est aussi (et surtout) cette industrie en émergence, présentée comme une composante essentielle (du succès) de la transformation numérique des entreprises grâce à ses solutions qui permettraient de gagner en agilité et compétitivité.

Le Truffle 100, classement des 100 premiers éditeurs français de logiciels, qui vient d’être publié, consacre une belle année pour la filière avec une augmentation de 9 % du chiffre d’affaires à 12,8 Md€, un bénéfice qui a doublé, des effectifs qui ont gonflé, un investissement en R&D à plus d’un milliard d’euros. Une performance, qui selon le fonds de capital-risque et le cabinet de conseil CXP, est liée à « la transition vers le cloud dès 2007-2008 ».

Pour autant, la bataille mondiale du cloud se négocie actuellement entre géants et c’est aux États-Unis, où la croissance du marché tutoie les nuages, que s’opère la course à l’échelle.

Quatre maîtres du monde

Sur le segment des infrastructures (IaaS pour « Infrastructure as a Service », les fameux datacenters qui font « économiser » aux entreprises les investissements en « hard »), et des plateformes (Paas, pour « Platform as a Service », soit l’ensemble du système : hard, système d’exploitation etc.), les maîtres du monde - Amazon Web Services, Microsoft, IBM et Google - contrôlaient au deuxième trimestre 2015 selon Synergy Research Group, 54 % d’un marché de 20 Md$ (le groupe de Jeff Bezos Amazon en tête avec 29 % de PDM, loin devant le n°2, Microsoft à 12 %), soit 10 points de plus que l’année précédente. Mais au prix d’une violente guerre des tarifs (le leader Amazon Web Services a baissé les siens une cinquantaine de fois depuis 2006).

Et l’entrée récente d’un nouvel opérateur, Aliyun, le bras armé dans l’informatique d’Alibaba (revenu dans le cloud : 364 M$, +113 %), ne va sans doute pas calmer les fièvres spéculatives. Le géant chinois de l’e-commerce, qui vient d’annoncer avoir levé 4,5 Md$, s’est donné 4 ans pour détrôner Amazon dans le cloud.

La bonne nouvelle ?

« Il reste un grand champ d’opportunités sur des niches ou des zones géographiques locales pour les très nombreux fournisseurs de cloud de petite et moyenne taille », conclue le cabinet spécialisé dans les études high tech.

Et c’est bien sur le terrain du SaaS (« Software as a Service », logiciels par abonnement qui facilitent la gestion du pilotage de l’entreprise dans ses multiples dimensions : relations clients, gestion des ressources humaines, marketing digital…), que les acteurs tricolores se sentent plus à l’aise. Sur les 100 éditeurs identifiés par Truffle par exemple, 74 proposaient en 2015 des offres SaaS. Ils étaient 68 à le faire en 2014.

Retard à l’allumage en France

Si la France accuse un retard à l'Allumage, les politiques publiques ont tardé avant de faire du cloud un « investissement d’avenir », la filière pèserait déjà 4,9 Md€ (+ 19,5 % par rapport aux 4,1 milliards en 2014), selon les résultats dévoilés par Markess International. Et le potentiel de croissance y est important à la lecture des données de l’Insee puisqu’en 2014, 36 % des entreprises de plus de 250 personnes ont acheté un des trois services offerts par l’informatique en nuage. Mais les TPE n’étaient encore que 9 % à faire appel au cloud. Au coeur de leurs réticences : la sécurité de leurs précieuses données, dans lesquelles logent les forces et faiblesses de l'entreprise : fichiers clients, gestion des commandes et des relations avec les fournisseurs, données stratégiques et financières etc.

La territorialité des données, clef du marché en France

« La territorialité des données est un vrai enjeu. Les acteurs américains du cloud ont grâce au « Patriot Act » la possibilité de fouiller dans les données françaises, qu’elles soient confidentielles ou stratégiques (il donne un droit de regard sur les données des entreprises américaines et leurs filiales, quelle que soit leur localisation, et donc aux données des entreprises étrangères hébergées sur des serveurs américains, NDLR) », alerte Kévin Polizzi, président de Jaguar Network, hébergeur informatique et opérateur de télécommunications.

« Les entreprises sont peu ou pas au faîte de ces sujets juridiques. Elles sont d’autant plus exposées que le budget sécuritaire d’une entreprise françaisreste en deçà de 1 % de son chiffre d’affaires alors qu’il devrait être entre 8 et 10 % », ajoute celui qui, après avoir bâti une offre purement industrielle, se lance dans la « data valorisation ».

« Cela fait 10 ans que l’on collecte des données d’entreprises sans les exploiter. L’idée est de les transformer en informations utiles pour les entreprises : optimiser des coûts de maintenance, gagner en productivité, améliorer la rentabilité. Digitaliser le business peut avoir des impacts significatifs sur les coûts internes, les ressources humaines et l’organisation d’une entreprise » défend-il.

« La cyber criminalité évolue vers des cibles de plus petite taille, beaucoup plus vulnérables et attaquables à grande échelle. L’impact de ces malwares devient extrêmement violent pour ces TPE et PME, ce qui les prédispose à payer juste pour se débarrasser du problème » alertait en début d'année Luc D'Urso, CEO de Wooxo, à la suite de énièmes cyberattaques révélées par la presse. Labellisée jeune entreprise innovante en 2011, la société de La Ciotat est spécialisée dans les solutions de sauvegarde et de restauration du patrimoine numérique des entreprises (principalement vendues sous forme d'appliances).

Pourquoi les pureplayers du cloud provençal ont des atouts ?  

« Grâce à la présence de multiples points d’atterrissage des câbles sous-marins de télécommunications à Marseille, le territoire est le 1er hub européen de connexion aux autoroutes de l’information mondiales reliant l’Europe, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie et la première localisation de datacenters en France après Paris (cf. Marseille, Porte de l’Orient … des télécoms) », rappelle Stéphane Soto, directeur général de Medinsoft, association regroupant 160 éditeurs dans le logiciel. « C'est un atout incontestable pour le développement du cloud local qui bénéficie ainsi de la partie Infrastructure nécessaire au développement de ces projets », prêche-t-il dans toutes les instances.  

À la CCI Marseille Provence, on confirme que sur « cette ossature viennent s’appuyer des offres de PaaS, SaaS et services associés jusqu'à l'ingénierie » (avec notamment l'entreprise aixoise de conseils technologiques Servebox, NDLR).

Parmi les valeurs montantes du cloud provençal : AMSolutions (collecte, traitement, analyse des données de la grande distribution), Bittle (outils de monitoring) et Mixxit (communication unifiée en mode cloud) à Aix-en-Provence, NovaThings à Meyreuil (sécurisation des données personnelles sur le cloud), Treeptik au Tholonet (spécialiste des solutions java en mode cloud), Wooxo (sécurisation numérique) et NumVision (stockage, partage et synchronisation de documents) à La Ciotat, Easiware (gestion client) à Marseille … Et certaines d’entre elles ont le cloud plutôt conquérant.

NumVision : L’option « frenchie » à Dropbox

La start-up de La Ciotat se positionne clairement « comme une alternative directe aux solutions proposées par Dropbox, Google ou Microsoft. Nous nous distinguons sur le marché par notre capacité à proposer une offre couplant logiciels et services, dans une qualité « made in France », assume Laeticia Pélissier (photo), qui tient les rênes de l’entreprise depuis le décès brutal de son époux.

Labellisée Jeune Entreprise Innovante et soutenue par la BPI depuis sa création en 2009 et la Région PACA, la TPE (11 personnes), qui est davantage en concurrence avec des acteurs en open source comme l'allemand OwnCloud, édite principalement deux solutions pour le marché des entreprises et des administrations, permettant le partage et la synchronisation des fichiers, et le travail collaboratif, à partir de serveurs installés sur les propres infrastructures d'un client ou chez son prestataire pour l’hébergement.

« Tous les services de stockage proposés actuellement par le marché ne permettent pas la mise à jour en temps réel sur l’ensemble des terminaux (ordinateur, mobile, tablette, etc.), et ceux des autres collaborateurs avec lesquels il partage ces mêmes fichiers. Nous avons été précurseurs avec une solution que nous avons brevetée et qui le permet sans considération de volume ou de taille ». Des dossiers sensibles peuvent ainsi être partagés sur des adresses internes et quelques adresses externes désignées.

Malgré sa taille encore modeste (280 K€ de CA en 2014), la start-up, qui est l’une des rares françaises à commercialiser également en marque blanche auprès d’un réseau de partenaires (hébergeurs, des éditeurs, des opérateurs), est parvenue à intéresser les Bouygues Telecom Entreprises, Monaco Telecom…et autres grandes références du marché, qui ont intégré ses services dans leur offre. L’entreprise compte plus d’une quarantaine de partenaires, commerciaux mais aussi technologiques avec les deux acteurs souverains du cloud Numergy et Cloudwatt. « L’accélération des ventes est plus lente en indirecte mais payante à long terme car certains de nos partenaires ont plus de 300 commerciaux », argumente-t-elle

Ses solutions sont du reste bien implantées dans le domaine des médias (dont France Télévisions, Wyplay), des laboratoires publics et chez les professions libérales. Pour assurer son développement commercial et soutenir sa R&D, l’éditeur a levé à deux reprises, en 2014 et 2015 auprès du fonds d'investissement lyonnais Veymont Participations, de Bouygues Telecom Initiatives et de Paris Business Angels.

Easiware : alternative à Salesforce

Si NumVision se veut être une option « frenchie » à Dropbox, la société marseillaise Easiware, née dans le cloud, elle, se confronte à Salesforce, leader américain de la gestion de la relation client 100 % cloud et référence mondiale en la matière.

Cette start-up d’une trentaine de personnes, qui a été largement médiatisée quand elle a raflé en 2014 le contrat de Bonduelle face au géant américain Oracle, n’en était pas à son premier fait d’arme : elle compte parmi ses 250 clients les fleurons des grandes marques françaises iDTGV, Ouigo, Caudalie, Nuxe, Michel et Augustin, Rémy Cointreau, GDF-Suez, Air France, Relais & Châteaux, UGC, GDF-Suez, HiMedia Group etc.

Créée en 2008 par Brendan Natral (photo) et Charles Dolisy, bénéficiaire dès la première année, l’entreprise, également labellisée JEI en 2011, a été primée par le Technology Fast 50 et le Technology Fast 500 EMEA de Deloitte en 2014 pour sa croissance de 779 % enregistrée au cours de ses 5 premières années d’existence (elle affichait alors un CA de 3,3 M€).

Partie du constat que « la relation client est le parent pauvre des services avec peu de moyens et isolée », la Marseillaise a développé des solutions qui optimiseraient le temps de traitement de la demande jusqu’à 20 % et 30 %, et donc « une meilleure fidélisation », promeut Brendal Natral, qui rappelle qu’il y a encore 5 ans, « les canaux utilisés par les entreprises pour gérer leur relation clientèle étaient traditionnellement le téléphone et le fax. Depuis, elles doivent gérer l’email, le chat, les réseaux sociaux et la prise de parole et réactions de leurs clients sur ces supports ».

Bittle : Lauréate du concours mondial d’innovation 2030

Créée en 2009 par Christophe Suffys (photo) et Pierre Mougin, la start-up aixoise, qui édite des outils de monitoring en plusieurs langues, est aussi abonnée aux croissance à deux voire trois chiffres chaque année (150 % sur son exercice 2014). « Pour démarrer vite, nous avons opté pour un modèle gratuit jusqu’à 10 000 lignes de données et payant au-delà de ce volume. Le taux de conversion des clients gratuits en payants varie de 5 à 8 % », indique le président du directoire qui a mis deux ans pour caler son modèle.

La TPE (12 personnes), qui a levé 1,1 M€ en 2014, compte aujourd’hui plus de 400 clients, dont 80 % à l’étranger où elle a ouvert un bureau à San Francisco en 2011 et un autre à Montréal en 2012. Lauréate du concours mondial d’innovation 2030 avec sa plateforme BittleGoBig™ dans la catégorie « valorisation des données massives », la société a franchi en octobre dernier les 40 000 comptes créés.

Cette dernière solution « permet aux entreprises d’accéder à de nouveaux relais de croissance en tirant parti des nombreuses données dont elles disposent. Prenons par exemple le cas du secteur énergétique : il s’agira d’obtenir une meilleure efficience des bâtiments par un suivi fin de la consommation d’énergie en traitant une très forte volumétrie de données issues de sondes, capteurs et de compteurs ».

Treeptik : Reperée par l’éditeur américain Docker

Autre valeur montante du cloud, Treeptik, start-up née en 2011 au sein de la pépinière d’entreprises innovantes de Meyreuil et aujourd'hui installée au Tholonet, s’est révélée l’an dernier. La spécialiste des solutions en langage Java/JEE en mode cloud, a reçu le trophée Euro Cloud 2015 dans le cadre de la Cloud Week, qui se tenait en juillet à Paris dans la catégorie « meilleur service de migration Cloud ». Mais la jeune société marseillaise (17 salariés – CA : 550 K€ en 2014) cofondée par Arnaud Lambert (photo) et Fabio Amico a surtout gagné en visibilité internationale lorsque l’éditeur de San Francisco Docker l’a officiellement référencée en juillet dernier (avec une seule autre Française) parmi ses 30 partenaires triés sur le volet. En février, elle annonçait son implantation à San Francisco.

Avec son produit-phare « Cloud Unit », première plateforme Java cloud en open source, Treeptik veut faciliter les process et automatiser l'ensemble des tâches qui incombent normalement aux développeurs, garantissant ainsi un gain de productivité allant jusqu’à 30 %. « C’est une véritable innovation, rendue possible par les avancées du cloud ».

La plateforme comptait déjà quelque 200 utilisateurs avant son lancement en version commerciale tandis qu’une version open source était lancée en octobre.

L’entreprise est aussi à l’initiative de l’organisation du D-DAY DevOps dans les salons du Stade Vélodrome de Marseille, qui a réuni en novembre dernier plus de 250 participants de la communauté des développeurs et du cloud du Sud-Est, avec des représentants d'Orange France, Oracle, IBM, Docker etc.

Eldorado pour les PME et les start-ups ?

Eldorado pour les PME et les start-ups, le nuage français n’a pas toujours la météo au beau fixe. Mal français, faute de capitalisation ou d’accès aux financements, le panache de certaines aiguise d'autres appétits souverains.

L’histoire du logiciel hexagonal retient toujours le cas de Business Objects, considérée comme la plus grande success story française, acquise en 2007 par l’éditeur allemand SAP ou de l’éditeur lyonnais de gestion Cegid, passé sous le contrôle des fonds d’investissement américains Silver Lake Partners et Altaone. Mais il faudrait aussi citer le rachat en 2013 de Neolane (marketing en ligne) par l’américain Adobe, Run my Process (gestion des processus métiers) par le japonais Fujitsu ou Kxen (analyse prédictive) par l’allemand SAP.

Adeline Descamps

*L’enjeu de la sécurisation des données a entraîné la création, en 2012, avec le soutien de l’État (via la Caisse des dépôts), des sociétés Cloudwatt et Numergy. La première avec Orange et Thales, la seconde avec SFR et Bull.

©photos : DR

Un repaire de PME et de start-ups

Si les « gros » éditeurs de logiciels ont amorcé après coup leur migration vers le cloud, ce sont surtout les pionniers nés dans les nuages ou qui en ont fait leur principale activité, qui font parler d'elles : Oodrive, OVH mais aussi, SideTrade, dont le carnet de commandes dépassait déjà à la fin de l’année un chiffre d’affaires de 16 M€ ; Talensoft, qui a doublé ses revenus en 2 ans, à 30 M€, et a levé en octobre dernier 25 M€ auprès de Goldman Sachs ; Avanquest (CA de 110 €), AxWay (gouvernance des flux de données, CA de 284,6 M€) ou encore Talend (intégration des données de big data, CA de 68,5 M€).

Parmi les pépites en puissance, dont quelques-unes bien provençales citées plus haut : Scality (stockage en ligne défini par logiciel), Clever Cloud (déploiement d’applications), Teevity (analyse des coûts d’utilisation du cloud), Nuage Labs (passerelle vers le stockage en ligne), Hedera Technology (optimisation des ressources), Trace One (gestion de traçabilité des produits dans la distribution).

La plupart détonnent dans le paysage hexagonal par leur croissance impressionnante et leur internationalisation à marche forcée (souvent de plus de 50 %).

 

 Le cloud, l’essentiel

Du stockage au partage, traitement de données et ressources informatiques « déportées », le marché du cloud, abondamment nourri par le besoin de traiter les milliards de données que l’humanité produit chaque année, se structure autour de trois acronymes : les IaaS (« Infrastructure as a Service »), les SaaS ( « Software as a Service »), et les PaaS (« Infrastructure as a Service »).  

Les acteurs de Iaas sont des sociétés mettant à la disposition du marché des ressources d'infrastructures mutualisées et localisées dans des datacenters (Amazon Web services, Windows Azure, IBM mais aussi des opérateurs télécoms comme Orange…)

Les acteurs du Paas sont spécialisés dans la fourniture de plateformes de développement en mode cloud (Salesforce, Google, Microsoft …)

Les acteurs du Saas sont des éditeurs et autres fournisseurs de logiciels de gestion en mode cloud (Salesforce dans la gestion de la relation client, en tête). Ses domaines applicatifs sont historiquement toutes les applications de collaboration d'entreprise (messagerie, agenda partagé etc.), la GRH (gestion de la paie et des ressources humaines), le CRM (gestion de la relation clients), la finance (gestion de trésorerie, des notes de frais, de la facturation, etc.), la gestion des achats (gestion d'appels d'offres, e-sourcing, e-procurement, etc.). Plus récemment, l'ERP.

Avec une croissance moyenne de 25 % par an, le marché mondial des services de cloud devrait passer de 93 Md$ en 2015 à 278 milliards en 2020, selon le cabinet IHS. Les services de logiciels à la demande en représentaient la moitié en 2015, contre 39 % pour les services d’infrastructures.

 

 

 

 

 

 

 

Actualité(s) liée(s)

Voir toutes les actualités