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08.01.2016 - Territoire

Cluster sport métropolitain : Un terrain de jeu pour les start-up ?

Si les conditions ne sont pas réunies pour constituer un cluster spécifique à court terme, le sport inspire les start-up, qui développent de nouveaux produits et services en exploitant notamment les technologies du numérique.

Avec plus de 10 000 emplois publics et privés et un chiffre d’affaire de 1,5 milliard d’euros, l’écosystème du sport pèse plus dans l’économie du département que la microélectronique, relève l’étude réalisée par la CCI Marseille Provence, en partenariat avec le Département des Bouches-du-Rhône, dans le cadre d’une évaluation sur l’opportunité de créer un cluster métropolitain autour du sport. Si les conditions ne sont pas réunies pour structurer une filière à court terme (un écosystème désorganisé, pas de masse critique suffisante sur aucun des maillons de la chaîne de valeur, pas d’entreprises leaders, cf.Euro 2016, préfiguration à un cluster sport ?), « il y a néanmoins le potentiel pour devenir une locomotive nationale sous réserve d’y associer un plan d’action adapté », assurent les auteurs de l'enquête.

Quelques leaders de rang international

Hormis quelques leaders de rang international (Beuchat International, Gymnova ou Shark) et quelques entreprises dont l’expertise fait autorité en dehors des frontières (La société de Venelles Solution F, spécialisée dans les technologies de la compétition auto-moto ou à Eyguilles, France sport, manufacturier de coupes), l’industrie du sport est peu développée dans le département. Tout comme au niveau national (1 % des établissements de la filière et 7 % des emplois salariés de la filière).  

Le sport inspire néanmoins les startups, qui développent de nouveaux produits et services en exploitant notamment (mais pas que...) les technologies du numérique comme M Equipement SAS à Peypin (fixations de ski innovantes avec puces RFID) ou encore ESP consulting, une jeune entreprise aixoise innovante spécialisée dans le diagnostic des aptitudes physiques et physiologiques humaines, qui ouvrira dès 2015 au Val de l’Arc le « Centre Européen de l’expertise sportive ».

Installé sur le Technopole de Château Gombert, Esphi, créée en 2008, a développé le « body scoring », une solution de monitoring permettant d’évaluer les paramètres physiologiques du sportif, aujourd’hui déployé auprès de 150 centres de fitness en France et Europe. Elle vient de réaliser une levée de fonds et fait partie du dispositif FrenchTech Hub crée pour faciliter l’implantation de startups françaises aux Etats-Unis. 

 

Une chaussure qui limite les risques de blessures

Entré en 2013 au sein de l’incubateur marseillais Impulse, Jean-Luc Guer, podologue du sport et fondateur de WizWedge, a revisité avec une équipe scientifique et médicale la chaussure de foot « qui n’avait pas connu d’innovations fondamentales ces 30 dernières années hormis cosmétiques », de façon à ce qu’elle « limite les pathologies fonctionnelles et améliore le potentiel des joueurs », un projet qui a reçu un financement 30 K€ de BPI France. Actuellement, la société équipe les ex-joueurs de l'OM Benoît Cheyrou (aujourd'hui au Toronto FC) et Rod Fanni (Al Arabi au Qatar) mais envisage de s'adapter à d'autres sports.

D’autres utilisent les process de fabrication issus du secteur industriel, comme Aerowheels à Vitrolles, qui propose aux cyclistes des roues de carbone d’une « qualité exceptionnelle ».

Un casque avec une caméra intégrée

Poly-Shape, le spécialiste de l’impression 3D de pièces mécaniques aéronautiques et spatiales, qui possède son centre névralgique à Salon-de-Provence, travaille en co-conception avec une autre entreprise salonnaise, Racer. « Nous sommes partis de l’accident de Schumacher. Nous ne pouvons pas affirmer que son accident est lié à la caméra embarquée sur son casque mais elle était, quoi qu’il en soit, très mal placée et elle reste accidentogène. Nous sommes partis de cette problématique pour réfléchir à une solution et développer un casque avec une visière qui intègre le support de caméra », explique Florent Katchikian, président de la société Racer.

La notoriété de Manaudou

D’autres exploitent la notoriété, en l'occurrence celle du champion olympique de natation Florent Manaudou, pour développer un réseau social adressant la communauté des sportifs. « Wineven est le premier réseau social 100 % sport qui réunit l’ensemble des acteurs du sport : sportifs, fans de sport, clubs, équipes, coaches, agents, arbitres, fédérations, professionnels de santé et entreprises », détaille Ludovic Savariello, président et cofondateur de la start-up avec Vincent Despax-Combe et Youness Quassid.

Inaugurée en mars dernier, la plateforme basée à Marseille revendique déjà 100 000 utilisateurs par mois et ce sont « 40 à 60 questions qui trouvent une réponse par jour ». Mais au-delà de l’effet « comment ça marche » appliqué aux problématiques de performance sportive, « nous offrons l’opportunité de se faire coacher en ligne dans tous les sports par son idole et bientôt en visio et à distance », poursuit le président qui s’est trouvé un parrain emblématique en la personne du sportif préféré des Français en 2014, année de la création de la société, Florent Manaudou, par ailleurs actionnaire.

La BPI a accordé à la jeune pousse une subvention de 30 000 €. « On va se positionner sur les objets connectés dès cette année et intégrer des services comme la vente de matériels ou la géolocalisation de partenaires de jeu, où que vous soyez ». Afin d’accélérer sa croissance, l’entreprise a mené l'été dernier une campagne publicitaire d’une centaine de spots sur l’Équipe 21 et France Télévision.

« En France, il y a 40 millions de sportifs dont 20 millions de licenciés. C’est un marché énorme et en constante progression. Il représentait 9,7 Md€ de chiffre d’affaires en 2013. De l’autre côté, il y a le marché des réseaux sociaux. 85 % des français sont inscrits sur les réseaux sociaux. Ils y passent 1h30 par jour. Nous sommes à la croisée de ces deux marchés particulièrement porteurs », justifie Ludovic Savariello.

A.D 

Photo : ©Wineven

La filière sport Marseille-Provence

- 10 260 emplois (dont 6 200 privés)

- 1,5 Md€ de CA, soit le poids comparable à la microélectronique (43 % apporté par la gestion de clubs et 36 % par le commerce spécialisé ; solde avec les « autres activités sportives » composé à près de 60 % par le CA de l’OM)

- 67 M€ à l’export (au 2e rang national, après la Haute Savoie en nombre d’entreprises exportatrices, mais au 10e position en montant de CA export)

- 3 200 entreprises (58 % déclarent employer 0 salarié) 

La filière sport en France

- 190 000 salariés (un poids comparable à l’industrie automobile)

- CA de 20 Md€

- 90 000 établissements

La filière sport en Europe

- 15 millions d’emplois

- CA de 174 Md€ 

La filière sport au niveau mondial

- CA 475 Md€ dont plus de 100 Md€ pour le sport business

- Sponsoring sportif : 32 Md€ en 2013

- Droits de retransmission TV : 24 Md€

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