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10.07.2015 - Territoire

Aérospatial : le poids de la filière régionale enfin estimé

Le secteur aéronautique et spatial régional disposera désormais d’un suivi statistique. Sur le modèle des régions Aquitaine et Midi-Pyrénées, l'Insee PACA vient de sortir une première radiographie du secteur.

Le secteur aéronautique et spatial régional disposera désormais d’un suivi statistique annuel. Un outil dont disposent les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées depuis 1983 où il est d’ailleurs décliné en plusieurs produits parmi lesquels une radiographie de la sous-traitance livrant un éclairage intéressant sur l’évolution des PME en termes de taille, activité, dépendance, diversification, etc. L'INSEE vient pour sa part de livrer la première édition d'une photographie de la filière aérospatiale régionale en partenariat avec la Direccte, la Région et le pôle de compétitivité Pégase.

1 500 entreprises

L’enquête, réalisée de septembre à décembre 2014 auprès de 1 500 entreprises de la filière dans son acceptation large*, a une première vertu : une comptabilisation plus fine des forces en présence. Fin 2013, selon l’Insee, il y avait donc 190 entreprises relevant du secteur employant 25 300 salariés, dont 18 100 dédiés exclusivement à l’activité aéronautique et spatiale. Un effectif en croissance de 1,9 % alors qu’il a diminué de 0,1 % dans l’ensemble de l’industrie régionale. Au total, la filière représenterait 2,2 % de l’emploi marchand régional (hors agriculture) et 10,5 % des emplois industriels.

Jusqu’à présent, l’on disposait de données éparses et pas souvent coordonnées. Le pôle de compétitivité Pegase, qui revendique représenter 80 % des effectifs de la filière, fait état 190 entreprises, d'une dizaine de grands donneurs d’ordre et 18 000 emplois. La préfecture de région compte pour sa part depuis quelques années 35 000 emplois.

Internationalisation et innovation

Parmi les enseignements révélés par l’étude : la filière conjugue les deux principaux leviers qui président à la compétitivité des entreprises, l'internationalisation (ce qui est naturel compte tenu de la nature des produits et des clients) et l’innovation.

40 % des entreprises déclarent une activité de R&D, laquelle mobilise l’équivalent de 1 050 emplois à temps plein. Entre 2013 et 2014, un quart déclarent avoir introduit une innovation de procédé et 31 %, de produit. Ce qui n’est pas très éloigné des données sur les pratiques des entreprises en terme d’innovation tous secteurs confondus (28 %).

1,5 Md€, équivalent d’une soixantaine d’hélicoptères

Hors donneurs d’ordre, 40 % des clients de l’activité spatiale et 25 % de ceux de l’aéronautique sont à l’étranger. En 2013, les exportations régionales de produits de la construction aéronautique et spatiale (hors matériel militaire) se sont élevées à 1,5 Md€, soit 7 % du montant des exportations de la région (Airbus Helicopters et Thales pesant fortement sur la balance).

L’activité spatiale s’affirme plus internationalisée que l’aéronautique : 40 % des clients du spatial sont étrangers contre 25 % pour l’aéronautique. L’Europe concentre 33 % des commandes du spatial. Pour l’aéronautique, la représentation internationale est plus diffuse : les clients américains (10 % des commandes) et asiatiques (8 %) sont également importants.

Des entreprises « plus staffées » et mieux outillées

Tandis que la part des cadres est en moyenne de 17,9 % dans l’industrie régionale, elle représente 52,9 % des emplois dans la filière aérospatiale voire davantage (56,4 %) pour les entreprises de 200 salariés ou plus (lesquelles représentent 9 % du total mais 79 % des 18 100 emplois). Elles investissent pour innover mais aussi pour former. En 2013, 6 salariés sur 10 ont bénéficié d’une formation qualifiante liée à l’évolution des technologies.

Une filière concentrée autour de Marignane et Cannes

Sans surprise, la filière s’organise autour des deux principaux donneurs d’ordre, Airbus Helicopters (Marignane - 13) et Thales Alenia Space (Cannes - 06), qui en totalisant 11 600 salariés, pèsent 45,8 % de l’emploi total.

Pas davantage surprenant : le secteur est extrêmement dépendant de ces deux tutelles : 9 entreprises sur 10 sont ainsi sous-traitants, fournisseurs, prestataires, ou sociétés d’études et d’ingénierie. Parallèlement, plus d’une entreprise sur quatre de la filière est grandement dépendante de son plus gros client (plus de 50 % du chiffre d’affaires).

Comparaison n'est pas raison

Par comparaison, fin 2013, la filière aéronautique et spatiale en Aquitaine et Midi-Pyrénées rassemblait 1 015 entreprises employant 123 800 salariés, soit près d'un salarié sur dix dans les secteurs marchands du grand Sud-Ouest mais aussi trois salariés industriels sur dix qui travaillent dans une entreprise de la filière.

Il reste à disposer de données complémentaires : recours à l’intérim, investissements matériels, utilisation des moyens de production, estimation de la sous-traitance en cascade, autant de données étudiées dans l'autre grande région aéronautique hexagonale...

 

 

* Toutes entreprises dont l’activité concourt à la construction d’aéronefs, d’astronefs ou de leurs moteurs, quel que soit leur usage (civil, militaire, etc.) et leurs applications (spatial et aéronautique) : études, conception, fabrication, commercialisation, certification, maintenance de pièces, de sous-ensembles, d’équipements, de systèmes embarqués.