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26.06.2015 - Territoire

Quel devenir économique pour la Métropole Aix-Marseille-Provence ?

Au lendemain de la présentation du rapport que la CCIMP a co-élaboré avec l’économiste Christian Saint-Étienne sur l’orientation économique à donner à la future métropole, Guy Teissier, le président de la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole, apporte sa contribution.

La CCI Marseille-Provence a ouvert la boîte de Pandore. Au lendemain de la restitution du rapport qu'elle a co-conçu avec l’économiste Christian Saint-Étienne en vue de proposer une vision structurante du devenir économique métropolitain (cf.www.ccimp.com/AMP2030), le président de la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole Guy Teissier a présenté ce 25 juin sa contribution (économique) à la construction d'une stratégie métropolitaine. Et la grève des taxis bloquant les accès au Palais du Pharo, et donc au siège de l’institution, n’y a rien changé.

« C’est une participation qui ne se veut pas hégémonique mais qui répond à une volonté d’apporter une pierre à l’édifice, défend Guy Teissier. J’ai assisté hier, à la CCI Marseille Provence, à la restitution du rapport de l’économiste Christian Saint-Étienne dont les préconisations vont dans le sens d’un grand développement économique. Le professeur nous a fait rêver, a apporté des clés, les a chiffrés mais ne nous dit pas comment les financer. Or, la fusion des six EPCI ne fera pas un budget à la hauteur des enjeux », poursuit le président de MPM qui, lors du débat public la veille, avait soutenu « qu’un euro de financement public génère un euro de financement privé ». Et donc de suggérer qu’une partie des financements pourrait provenir des investisseurs, l’attractivité de la future métropole s’affirmant alors comme une impérieuse nécessité

Priorité au développement économique

La présentation de la contribution (terme sur lequel il a insisté à plusieurs reprises) a été aussi l’occasion pour l’institution d’annoncer officiellement la création d’une direction « 100 % économique », pilotée par Jean-Philippe Hanff, auquel Guy Teissier n’a pas manqué de faire allusion à chacune de ses interventions publiques depuis l’arrivée en mars dernier de l’ex-délégué général au développement économique et international du Grand Lyon.

C’est d’ailleurs lui qui a présenté la feuille de route de ce « document de développement économique territorial » de 52 pages déclinant 4 axes d’actions prioritaires (mener à bien les grands projets ; améliorer la compétitivité du territoire ; renforcer l’attractivité ; déployer une métropole proche des territoires) sans manquer de souligner comment elle compte agir ou … agit déjà (aménagement du foncier et des dessertes, financement d’infrastructures).

Convergence

Outre les atouts et faiblesses du territoire, les deux premiers contributeurs (CCI Marseille Provence et MPM) à l’orientation économique de la future métropole convergent également sur l’identification des grands projets industriels structurants (Henri-Fabre ; Immunopôle ; French Tech ; le Technopole Marseille-Provence ; ITER…), des filières capitales (santé/biotech/immunologie ; aéronautique/mécanique ; numérique/images/mulitmédia ; industries créatives ; énergie/environnement ; technologies marines/réparation navale/grande plaisance) et des outils différenciateurs (Grand port maritime de Marseille) qu’il faut asseoir car « vecteurs d’attractivité ». MPM y adjoint naturellement le Technopôle de Château-Gombert, programme dans lequel la collectivité est investie.

Elle gage par ailleurs sur des programmes urbains (de proximité pour sa part) : la requalification de l’hyper centre-ville de Marseille avec la piétonnisation du Vieux-Port, le MuCem/Fort St Jean, l’Hôtel Dieu, les Terrasses du Port, les Halles de la Major, « véritables produits d’appel touristique et culturel» ; la promotion d’Euromed 2 dont elle est un cofinanceur et le développement de l’économie portuaire via la charte ville-port

Écosystème d’innovation

Parmi les préconisations qui n’aient pas déjà été formulées ici et là : « mettre en oeuvre un plan de développement Smartcity à l’échelle de la Métropole dans toutes ses composantes : mobilité, énergie, urbanisme, espaces de démonstration, excellence environnementale) et organiser un marketing territorial par filières ».

Enfin, sur les deux derniers axes et leurs effets attendus (améliorer la situation de l’emploi ; favoriser l’implantation des centres de décision publics et privés ; faciliter la vie au quotidien des entreprises), les mesures énoncées ne devraient pas être une cause de rupture.

Prêts pour la fin de l'année ?

Au titre des réactions dans la salle, peu, si ce n’est André Bendano et Alain Gargani, respectivement président de la Chambre des métiers et de l’artisanat et de la CGPME 13, qui ont été sensibles au fait qu’il ait été fait mention et de l’artisanat et des problématiques de proximité des TPE et PME.

Reste un risque : que l’ensemble des acteurs du développement économique produise un travail sur la stratégie économique future sans partage. Un écueil auquel Jacques Pfister, président de la CCI Marseille Provence, a trouvé une parade : « nous sommes tous en train d’imaginer et de plancher sur ce que pourrait être le territoire demain. On pourrait travailler tous ensemble et mettre autour de la table tous ces travaux afin de construire sur cette base NOTRE grand projet. Est-ce une étape que l’on pourrait franchir avant la fin de l’année ? Nous, en tout cas, nous sommes prêts. »

« Ce travail ne nous met pas en compétition. Seulement, il faudra que chacun comprenne qu’il devra consentir et se contenir dans son espace de compétences. Mais tu me tends une main, je la prends et dis banco », a répondu le président de MPM. Dont acte …