Menu principal

14.04.2015 - Territoire

Marseille Provence et le Royaume Uni : Des opportunités économiques ?

Atouts économiques et opportunités d’affaires entre Marseille Provence et le Royaume-Uni. C’est sur cette thématique qu'était attendu l'ambassadeur du Royaume-Uni en France Peter Ricketts, en visite à Marseille le 13 avril, à l'occasion de sa réception au Palais de la Bourse.

Si proches et pourtant si lointains. C’est bel et bien une méconnaissance (ou méprise ?) économique que semblent partager les deux territoires de part et d’autre de la Manche. Reliées par les airs tous les jours de la semaine par trois compagnies (et à Bristol, Edinbourg, et Manchester deux fois par semaine), par le train en direct dès le 1er mai par Eurostar, la métropole marseillaise et la cité londonienne semblaient faire connaissance ce lundi 13 avril.

« Speed dating » des compétences de chacun

En visite à Marseille le 13 avril, l'ambassadeur du Royaume-Uni en France Peter Ricketts avait rendez en fin de journée au Palais de la Bourse où il a été accueilli par Louis Allocio, vice-président de la CCIMP, en compagnie de Simon Taylor, consul général de Grande-Bretagne à Marseille, de Christopher Hickey, directeur du British Council et en présence de Didier Parakian, l’adjoint à la Ville de Marseille en charge des relations avec les entreprises. La soirée, placée sous la thématique des atouts économiques et des opportunités d’affaires entre la Grande-Bretagne et Marseille Provence face à un public d’entreprises et d’étudiants, a offert en mode « speed dating » une exploration des compétences sectorielles respectives de chacun.

Perception confuse de l’investisseur britannique

L’ambassadeur, qui était déjà venu à Marseille en 2012 pour inaugurer une antenne du British Council, agence britannique dédiée aux relations culturelles et éducatives, a du reconnaître que la capitale de la région PACA « n’est pas exactement la ville à laquelle les Britanniques pensent quand ils viennent en France » mais s’est très surpris par la métamorphose urbaine de la cité portuaire « qui n’est pas en phase avec la perception que peut en avoir un investisseur. Je ne suis pas certain qu’il y ait une vision très claire de cette réalité là », suggère en toute mesure l’Anglais.

Starbucks, Hard Rock Café, Hammerson, InterContinental Palace…

Une aubaine pour Louis Allocio pour rappeler la démarche de promotion entreprise par les milieux économiques en vue de « marketer » le territoire et donner de la visibilité aux six filières d’excellence identifiées au sein de la future métropole, rappelant au passage « qu’une centaine d’entreprises aux capitaux britanniques nous ont fait confiance en s’implantant », parmi lesquelles des worldwide companies comme Starbucks, Hard Rock Café, Hammerson, InterContinental Palace…

Sur 30 projets d’investissements, 7 % d’origine anglaise

« Aujourd’hui, appuie Philippe Stéfanini, directeur général de l’agence de développement économique Provence Promotion, la moitié des implantations sur le département des Bouches-du-Rhône sont le fait d’investisseurs étrangers. Sur les 30 projets enregistrés en 2014, 7 % sont d’origine anglaise. » Ainsi de Primark (aux capitaux anglais en dépit de ses origines irlandaises) mais aussi du bureau d'études Amec, spécialisé dans les secteurs de l’énergie qui a implanté le siège de sa filiale française à Aix-en-Provence à proximité d’ITER. Ou encore de Castorama, propriété de Kingfisher, qui a implanté à Fos-sur-Mer une de ses plus grandes plates-formes logistiques.

Politique de l’offre

Selon le rapport annuel 2013/2014 sur l’investissement direct étranger au Royaume-Uni publié par UK Trade & Investment (UKTI), une organisation gouvernementale britannique pour le développement des entreprises à l’international, la France serait 0utre-Manche le plus important investisseur européen avec 110 projets (+ 18 % sur un an). Ces projets auraient engendré la création de 4 813 nouveaux emplois. Il y aurait 2 000 sociétés françaises installées Outre-Manche soit 330 000 emplois. Le pays, qui fait partie des leaders européens pour son attractivité, pratique une politique de l’offre (baisse de l’impôt sur les sociétés à 20 % en avril 2015 soit le taux le plus bas du G7 et du G20).

Marseille manque de « unique selling propositions »

La problématique de Marseille, lâche Alistair Roberts, le représentant en France de UKTI, en présence de son homologue provençal Philippe Stefanini, « c’est qu’elle n’est pas associée à un produit. Il n’y a pas de clusters clairement identifiés. À Toulouse, c’est l’aéronautique mais ici ? Vous n’insistez pas assez sur vos unique selling propositions » (concept marketing anglo-saxon essentiel pour présenter efficacement son offre à ses clients). « Il y a du travail à faire pour vendre nos atouts », concède Philippe Stefanini. Une conversation en aparté qui fait écho aux mots de clôture de Louis Allocio sur la nécessité d’initier une grande mobilisation de l’ensemble des acteurs pour s’accorder sur les « excellences que l’on veut mettre en valeur et donner de la lisibilité à ce territoire qui a la chance d’avoir une telle diversité de ses filières. »

Photo : Peter Ricketts, ambassadeur du Royaume-Uni en France et Louis Allocio, vice-président de la CCIMP, en ouverture du débat sur les opportunités économiques possibles entre la métropole Aix Marseille Provence et la Grande-Bretagne.

Deux marchés similaires

Au-delà de la brouille à laquelle les voue la tradition historique, les deux « meilleurs ennemies » présentent beaucoup de similitudes, peut-on en déduire de la présentation d’Alistair Roberts, le représentant en France de UKTI : « Le Royaume-Uni est un marché de plus de 60 millions d’habitants, dans une économie à 80 % constitué par les services mais avec une politique de stratégie industrielle incluant l'industrie manufacturière de pointe. Nous fabriquons les trains d’atterrisage et la voilure des Airbus. Le pays fait partie des puissance nucléaires avec 16 réacteurs. EDF Energy a d’ailleurs été choisi fin 2013 pour la construction de deux EPR de 3e génération sur le site d’Hinkley au Sud-Ouest de l’Angleterre. »

À quelques heures des élections législatives, le Royaume-Uni est actuellement campagne. Au pouvoir depuis 2010, le gouvernement conservateur de David Cameron a mené  une politique de rigueur budgétaire et de réformes libérales visant à stimuler le secteur manufacturier pour sortir de la dépendance par rapport à la consommation (plus de 60% du PIB) et au crédit. Après cinq ans de crise, l'économie britannique a rebondi en 2013, affichant une croissance de 1,4 % (toujours tirée par la consommation des ménages) et de 2,6 % en 2014, qui s’est accompagnée d’une baisse du taux de chômage (autour de 5 à 6 %). Le retour à l ‘équilibre du déficit publique (6,9 % du PIB en 2014) est prévu pour 2018-19.