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19.02.2015 - Territoire

ITER : la CCIMP embarque des PME

Pour préparer les entreprises du territoire à se positionner sur les marchés industriels complexes, la CCIMP lance un dispositif d’accompagnement spécifique. Plate-forme d’essai : ITER. Le réacteur thermonucléaire expérimental international n’a pas d’équivalent en terme de complexité industrielle.

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Une véritable gageure. C’était en effet une petite performance que d’avoir pu réunir le temps d’une journée deux hauts représentants du projet en cours de construction à Cadarache ainsi que les attributaires des trois marchés récemment obtenus. Un exploit, au regard du contexte, que d’être parvenu à (sou)lever un pan du voile sur les possibilités d’intervention de ce programme industriel à haut contenu technologique. Défi technique sans précédent (production d’une électricité propre sans recours aux énergies fossiles), pari financier (6,6 Md€ de 2007 à 2020 pour l’UE, qui prend en charge 45 % du projet), enjeux politiques (sept partenaires : Chine, UE, Inde, Japon, Corée, Russie et États-Unis), patchwork d’organisation (les partenaires fournissent des pièces de la machine), puzzle industriel géant (des dizaines de milliers de composants à fournir) … le projet destiné à prouver la faisabilité scientifique de la fusion thermonucléaire a accumulé retards, déconvenues techniques et explosion des budgets. Si la construction du réacteur vient de franchir une étape clef avec la livraison du radier de béton, le sujet reste délicat.

Besoins en matière de solutions et prestations

Et pour autant, Françoise Flament, à la tête des approvisionnements d’ITER Organization, Laurent Schmieder, responsable du projet pour les bâtiments au sein de Fusion For Energy (agence domestique européenne), Guillaume Aublanc, représentant le consortium franco espagnol VFR (composé notamment de Vinci Construction Grands Projets, Razel-Bec du groupe Fayat et Ferrovial Agroman), Vincent Maillard, responsable achats pour le consortium franco-allemand Omega Consortium (trois filiales de Cofely et M+W Group), et Antonio Martinez Leon, directeur projet chez Ferrovial étaient, à l’invitation de la CCIMP, à l'École des Mines de Gardanne ce 17 février pour faire le point sur leurs besoins en matière de sous-traitance (cf. ITER : trois marchés, des opportunités multiples).

10 % des marchés pour les PME

Agglomérant tous les niveaux d’exigences existants à ce jour dans l’univers des grands projets industriels complexes et de surcroît dans un environnement critique (sûreté nucléaire avec la réglementation en clé de voute), le programme n’est pas accessible à tous. « Mais il est localisé sur nos terres et il offre de formidables opportunités pour les PME. C’est un projet de recherche technologique certes, mais qui nécessite des compétences industrielles. Sur les 1,1 Md€ achetés en prestations françaises, 10 % iront aux PME », indique le responsable projet en charge de la filière énergie à la CCIMP. « La plupart de nos marchés, du fait de leur taille, ne sont pas forcément accessibles aux PME mais les industriels retenus ont besoin de supports donc on encourage vivement les PME à se positionner », renchérit Laurent Schmieder. « Nous sommes à la recherche de solutions industrielles, efficaces, à un haut degré de qualité et d’exigence, mais en collaborant à ITER, vous allez acquérir des compétences clefs pour les programmes futurs. », appuie Françoise Flament, qui s’est exprimée sur les processus d’achat.

To bid or not to bid : Y aller ou pas ?

Limites technologiques et financières, capacité d’innovation suffisante, procédures de qualification à jour, capacité à s’interfacer avec de multiples acteurs, à fournir la documentation requise, à maîtriser l’anglais dans un mode projet international… tout doit être bien jaugé avant de s’engager. « Tout doit être traçable. Il y a une très grande quantité de documents contenus dans chaque contrat, beaucoup de procédures d’approbation pour la conception, les approvisionnements, la construction, la sous-traitance... C’est très important de l’intégrer pour dimensionner les équipes », insiste l’espagnol Antonio Martinez Leon, dont l’entreprise Ferrovial a été sélectionnée pour la réalisation de trois bâtiments en structures métalliques et leur distribution électrique.

Défi : préparer les entreprises

« Ce sont des marchés à haut engagement de résultats, où la maîtrise des coûts est incontournable : cette exigence d’optimisation economico-financière implique des niveaux d’organisation complexes », explique Jean-Claude Morey, qui fut pendant 20 ans à la direction de programmes chez EADS avant de créer sa société de conseil en management de projets complexes. Le consultant sera une pièce maîtresse dans le dispositif d’accompagnement spécifique qu’initie la CCIMP. Comment cela va-t-il fonctionner ? La première étape consistera à présélectionner 35 entreprises régionales qui feront l’objet d’un diagnostic « pour examiner si les pré requis sont en adéquation avec les procédures, l’objectif étant d’en retenir une vingtaine pour un accompagnement collectif. Un  accompagnement sur mesure est également possible en ultime phase (seule étape payante, NDLR). Il pourra être organisationnel et administratif pour faciliter  les réponses aux appels d’offres ou en support technique pour travailler sur la qualité, les codes et standards », explique Jean-Claude Morey. Dans la méthodologie, l'accompagnement prévoit une démarche en processus réel. Autrement dit, quatre appels d’offres* ont été choisis correspondant à « des marchés exigeants, constitués de multiples briques élémentaires faisant appel à un spectre large de compétences métiers et savoir-faire. » La finalité étant de pouvoir adresser le plus de PME possible mais aussi de solliciter des pré requis qui pourront être mobilisables sur d’autres projets industriels. « L'enjeu de cette démarche va au-delà du projet ITER. L’idée est, avec le retour d’expérience de cette action, d’affiner notre approche méthodologique pour la déployer sur d’autres marchés industriels complexes. »

A.D

* développement et qualification d’outillages de manutention, réalisation d’opérations d’assemblage, fourniture d’éléments fluidiques et support.

 

La CCIMP sera partenaire d'Iter Business Forum, qui aura lieu du 25 au 27 mars au Palais du Pharo à Marseille. Ces journées ont pour but de fournir à l’industrie européenne une information actualisée sur l’état d’avancement du projet ITER, les procédures d’achat et les appels d’offres à venir (2015-2016), d'améliorer la connaissance mutuelle de l’industrie et du projet (meilleure connaissance par ITER des capacités et références industrielles, meilleure appréhension par les industriels des besoins du projet) et de faciliter les partenariats industriels, au sein de l’Europe mais aussi au plan international (consortiums pour répondre aux appels d’offres, partenariats avec des sociétés locales)

Plus d’infos : http://www.iterbusinessforum.com/