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22.02.2016 - Si vous saviez...

Ween a-t-elle conçu le thermostat connecté vraiment intelligent ?

La société aixoise apporte sa brique technologique à l’édifice du marché du pilotage à distance du chauffage. Pour connecter temps de chauffe et occupation effective des résidents, Ween s’appuie sur les positions géographiques transmises par leurs smartphones.

Ils ne revendiquent pas le fait d’avoir inventé le premier thermostat connecté français mais estiment en revanche avoir conçu le seul qui garantisse un mode de gestion optimale de la température sans erreurs.

« Nous maintenons que notre solution est une innovation d’usage fondamentale et vraiment en rupture. C’est le seul thermostat qui réagisse automatiquement et instantanément à 100 % des absences grâce à la géolocalisation* et à un système de détection de présence. Notre brevet porte sur cet ajustement en temps réel », défend Jean-Laurent Schaub, cofondateur en 2014 avec Nathanaël Munier, de Ween, une start-up aixoise de 7 personnes, dont la solution a été primée par les CES Innovation Awards 2016 dans la catégorie « Smart Home », l’épinglant ainsi parmi les 30 innovations de rupture mondiales.

Les deux anciens ingénieurs des Arts et Métiers de promotion ont l’habitude qu’on leur conteste le caractère différenciant du énième thermostat connecté qui vient perturber le jeu sur un marché dominé par Nest (racheté par Google), la société française Netatmo (qui a levé 30 M€ en 2015 et fait entrer Legrand dans son capital), l’allemande Tado (qui a levé 17 M$ l’an dernier), l’espagnole Momit etc., et dont certains exploitent aussi des informations GSM.

La course au confort thermique intelligent

Dans cette bataille à la valeur ajoutée, outre le fait qu’elle traduise une vive concurrence, la démonstration de la TPE aixoise vise pour l’heure à se distinguer de la majorité des produits sur le marché, principalement basés sur la méthode dite « apprenante » (intègrent et mémorisent l’emploi du temps des occupants de la maison sur la base de leurs habitudes) ou sur la programmation hebdomadaire.

« Ils ne gèrent que la moitié des absences et conduisent les utilisateurs à réajuster en permanence, ce qui nuit à l’efficacité énergétique. Nous garantissons un gain d’économie plus important et surtout de confort » soutient Jean-Laurent Schaub, qui promet 25 % d'économies sur la facture énergétique d'une maison, soit 400 €/an pour une maison de 100 m2.

Les algorithmes de cet outil de surveillance de la consommation, qui a généré 2 ans de R&D, moulinent aussi d’autres données plus classiques : comportements de l’habitant et usages de la maison, conditions météorologiques etc.

Enjeu : interopérabilité dans la maison connectée

Les deux associés – une première vie chez Vinci Énergie pour Jean-Laurent Schaub et la création d’une start-up spécialisée dans le pilotage énergétique de bâtiments tertiaires pour Nathanaël Munier‑, sont conscients que l’ajustement en temps réel ne sera pas éternellement différenciant. « L’enjeu est l’interopérabilité des objets connectés de la maison. Une box a vocation à échanger avec d’autres équipements, reprend Jean-Laurent Schaub. Nous travaillons aussi à l’ajout de fonctionnalités comme la possibilité de gérer différemment différentes parties de la maison, en fonction de leur orientation et des occupants ».

Praticité et design salués à Las Vegas

Pour le reste, la solution, qui se compose d’une box, d’un thermostat intelligent et d’une application gratuite sur iOS et Android, se singularise par son design (la forme d’un œuf) loin du très attendu panneau de contrôle tactile.

« 71 % des acquéreurs ne se servent plus de leur thermostat connecté au bout de trois mois. La vraie solution est donc de ne pas avoir à le gérer. La praticité de notre produit et son design ont tout de suite été repérés au CES de Las Vegas. Les marchés matures et technophiles perçoivent immédiatement notre caractère différenciant. Si nous n’étions pas Français, nous y serions déjà très actifs ! », assure celui qui, rentré « avec 150 cartes de visite », a déjà finalisé une négociation depuis son retour.

Commercialisation prévue à l’automne 2016

L’entreprise aixoise, notamment accompagnée par l’accélérateur marseillais Pfactory, a levé 1,8 M€* (un moment assez en France pour l’amorçage), un peu avant leur départ pour Las Vegas. Elle s’apprête à lancer ses tests de prototypes avant industrialisation (réalisée en France) et commercialisation à l’automne 2016 (elle a déjà 500 précommandes via son site Internet au prix unitaire de 349 €, parmi les plus élevés du marché). Elle exploitera plusieurs canaux de distribution, les enseignes high-tech et de bricolage et l'e-commerce.

Objectif : 10 000 unités vendues à horizon 2018

La start-up vise d’abord le marché français, où elle espère capter assez vite 5 % de parts de marché, tout en développant en parallèle la Belgique, l’Allemagne et Royaume-Uni, « où il se vend 70 % de plus de chaudières individuelles qu’en France ».

Elle cible deux marchés, les particuliers et les promoteurs, les uns et les autres avec des arguments financiers (gain d’énergie), de simplicité (praticité de son produit) et de confort (température ajustée en rentrant chez soi).

A.D

* Ween précise ne stocker aucunes informations de localisation

** auprès de CAAP Création (Crédit Agricole Alpes-Provence), de PACA Investissement, Bpifrance, des business Angels.

 

 « Smart Home » : Un marché naissant en France mais de nombreux acteurs

Le marché en construction des thermostats connectés serait l’un des plus dynamiques du « Smart Home » en France. Pour autant, la maison connectée, qui rassemble l’électroménager, la domotique et les hubs, a généré un chiffre d’affaires encore modeste de 128 M€ en 2015, selon le cabinet d'études Gfk. Soit deux fois plus qu’en 2014 mais seulement 1 % du chiffre d’affaires de l’électroménager et seulement 5 % de la domotique.

Si 75 % des consommateurs déclarent être assez ou très intéressés par le concept, le principal frein réside dans l'usage, qu'ils ne percevraient pas, si n'est dans le domaine de la sécurité. La distribution limitée et le positionnement tarifaire seraient aussi des facteurs limitant. Si ces barrières sont levées, le marché de la maison connectée – hors électronique grand public – pourrait générer 240 M€ en 2016.

Occupé par une dizaine de constructeurs, dont l’allemand Tado et l’espagnol Momit mais aussi les français Netatmo et Qivivo, qui ont ouvert le marché, il est l’objet d’une âpre concurrence depuis l’arrivée en France de Nest, la start-up californienne rachetée en 2014 par Google. Selon le cabinet d'études Strategic Analytics, cinq millions de foyers seront équipés de produits et services pour la maison connectée d'ici 2017 en France. La domotique aiguise les appétits des géants du net (Google, Apple) qui l’ont notamment investi à coups d’acquisitions de start-up prometteuses.

 

 

 

 

 

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