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19.02.2016 - Si vous saviez...

Comment IroNova se distingue sur le marché encombré des bracelets connectés

Mais qu’est allée faire la start-up marseillaise sur le marché encombré des capteurs d’activités connectés ? En investissant l’univers des jeux vidéos et le créneau du « bracelet social », la société marseillaise peut en effet faire la différence. Explications.

« 2015 sera l’année des bracelets connectés ». C’est ce que prédisaient, à l’unisson, les principales entreprises spécialisées dans l’étude des marchés high-tech à l’endroit de ces traceurs qui mesurent pas, activités, sommeil, surfant sur la demande du « quantified self » (auto-évaluation permanente et en temps réel). IDC anticipait la vente de 20 millions de bracelets connectés pour 2015, soit 30 % de plus qu’en 2014.

D’après Gartner, il se serait écoulé sur le principal marché, aux États-Unis, 232 millions de « wearables » (toute la gamme des objets connectés qui se portent) l’an dernier, dont 30 millions de bracelets connectés et autant de montres connectées. Le cabinet d’études mise pour 2016 sur 50,4 millions de montres vendues, et même 66,7 millions en 2017. Quant aux bracelets connectés, il gage sur 35 millions d’unités en 2016, et 44 millions en 2017.

Avalanche de données que ramasse NDP Group en indiquant que le marché des trackers d’activités a plus que doublé (110 %) par rapport à 2014 (qui était déjà de + 85 %), tant en volume (33 millions de dispositifs vendus) qu’en valeur (le prix moyen passant de 96 $ (86 €) à 109 $ (98 €).

Le boom commercial en France n’a pas encore eu lieu

Ces dernières années, à peu près tous les fabricants de produits high-tech se sont lancés sur le marché de ces boîtes noires de la condition physique du quidam. Si le segment est encore trusté par les marques pionnières, dont les américaines FitBit (79 % de parts de marché) et Jawbone, elles sont rattrapées par les multinationales de l'électronique, Sony, Samsung, Huawei et autre Xiaomi, qui s’est fait connaître avec ses smartphones chinois au bon rapport qualité/prix et qui s’est lancé dans la course avec un bracelet connecté à 15$.

En France, le boom commercial promis depuis trois ans n’a pas encore vraiment opéré. La demande demeure timide face à une nouvelle offre technologique, dont l’usage bute sur celui de la montre, aux fonctionnalités plus nombreuses, et pas toujours suffisant pour emporter l’engouement au-delà de l’effet « de l’abonnement à la salle de sport » ! Toutefois, 2015 fait état d’une belle poussée (cf. encadré).

Univers du gaming et expérience utilisateur

Mais qu’est allée faire la « frenchie » provençale IroNova dans ces rayons noyés de références ? « Nous ne sommes absolument pas dans la même dynamique », insiste Yann Frachi, fondateur de cette start-up (une dizaine de personnes, CA de moins de 50 K€) installée au sein de Marseille Innovation dans le 13e arrondissement.

En optant pour une approche ludique sous forme de défi avec ses amis et de trophées à décrocher pour se motiver, en empruntant les codes des jeux vidéos et en s’aventurant sur le créneau du « bracelet social » c’est à dire conçus pour s’interfacer avec les réseaux sociaux, IroNova s’affranchit en effet du seul champ de la traçabilité de son activité physique.

Sortir du côté « boring » des objets connectés

« Nous sommes dans un usage à destination des gamers, une cible qui n’est visée aujourd’hui par aucun bracelet connecté. On voulait s’extraire du côté contraignant et intrusif, casser les codes de la santé et le « boring » de la plupart des objets connectés. Toutes les études montrent qu’un tiers des objets connectés sont délaissés au bout de six mois », explique ce jeune entrepreneur de 33 ans, qui s’est très vite intéressé à la capture de mouvement, notamment exploitée dans le monde vidéo avec la Wii la Kinect et le PS Move.

« J’observe le marché vidéo depuis 2006 et j’ai voulu exploiter cette technologie pour la mettre au service d’un accessoire qui puisse capter le mouvement et fournir de la donnée sur cette énergie dépensée », justifie l’ancien diplômé de Kedge BS en ingénierie financière.

« Bracelet social »

Baptisé Iro (signifiant « couleur » en japonais, Yann Frachi est un fan des idéogrammes du kanji), le bracelet connecté développé par la société IroNova (clin d’œil à Supernova, Yann Frachi est aussi un aficionado de l’astronomie) affiche une couleur particulière en fonction des calories dépensées. L’activité physique est alors récompensée de manière journalière sous différentes formes (points, monnaie virtuelle) via des partenariats. Enfin, l'objet propose de partager ses dépenses caloriques sur Facebook (14 000 fans), Twitter et Google+, de comparer ses performances.

« On a introduit un concept inédit et unique de Hero Challenge, qui propose de défier et interagir des célébrités, youTubeurs, animatrice TV, acteurs, lors d'une compétition en ligne avec des Hero, le tout est récompensé par des lots », complète Yann Frachi.

Produits endurants, demande clef des usagers

Fondée en 2012, la TPE marseillaise a lancé son tout premier bracelet connecté en 2014, version financée par des prêts bancaires et une petite levée de fonds par crowdfunding après deux ans de R&D, et s’est vendue à plus de 1 000 exemplaires via son site Internet à l’issue de sa présence remarquée à un salon du jeu vidéo.

« Nous avons finalisé cette deuxième version en décembre dernier, juste à temps pour la présenter au CES 2016 ». Outre son capteur accéléromètre 3D capable de suivre tous les mouvements de poignets sur une base continue de 7 jours et un logiciel pour les analyser (ce qui n'est le cas de tous), l’entreprise est de retour avec « une version plus aboutie, moins salissante et plus résistante puisque résistant désormais à la pluie, à la sueur et aux éclaboussures, compatible avec la plupart des OS (iOS, Android), connecté via Bluetooth 4.0 », détaille le dirigeant.

Iro a été salué par le marché, notamment pour son temps de charge rapide (une heure) et son autonomie de 23 jours (selon l’activité), liée aussi au fait qu’elle ne possède pas d’écran (gourmand en énergie) et grâce à son système d’affichage en LED.

Business model

Yann Frachi, converti à l’entrepreneuriat à l’issue de ses années américaines, cherche à être distribué dans les magasins spécialisés de type Micromania. « À Las Vegas, au CES, nous avons eu pas mal de contacts avec des grands groupes de distribution internationaux ».

L’entrepreneur estime son potentiel de vente entre 10 et 15 000 unités en France en 2016. « Mais on cherche à développer une marque plus qu’une gamme de produits. On travaille actuellement à un nouveau projet autour de l’objet connecté ». C’est en partie pour cette raison que la start-up cherche à se financer à se financer à hauteur de 500 K€ à 1 M€. Lancée début janvier, elle pense finaliser son tour de table d’ici fin mars.

A.D

 

Objets connectés : 340 M€ en France en 2015

En 2015, le chiffre d'affaires des objets connectés en France a été multiplié par 2,3 par rapport à 2014, pour s’établir à 340 M€ en France en 2015, selon la dernière étude de GfK, qui vient juste d’être publiée. Le marché avait déjà doublé entre 2013 et 2014.

Il représente, parmi l’ensemble des biens techniques, dont les ventes sont à nouveau en baisse (de 3%, à 14,9 Md€), un des marchés les plus dynamiques mais encore modeste (2 % des ventes de produits électroniques en France en 2015).

Au sein de la famille des objets connectés, le chiffre d’affaires des « wearables » s’est élevé à 220 M€ contre 150 M€ l’année précédente : 1,2 millions de bracelets et montres intelligents ont été vendus en 2015, soit un peu plus du double du total 2014.

Curieux : GfK indique qu’un achat sur deux a été enregistré en Ile–de-France en 2015. Aussi, se dessinent pour les trackers d'activité un caractère saisonnier prononcé : les ventes sont plus soutenues sur les mois de mai/juin/juillet.

Quant à la maison connectée (« smart home »), pourtant identifiée comme l’une des plus grandes promesses de l'internet des objets, le segment a généré en 2015 un chiffre d’affaires de 128 M€, deux fois plus qu’en 2014, mais encore loin de son potentiel au sein de son univers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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