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08.06.2015 - Si vous saviez...

COP 21 : Les armes anti-réchauffement climatique des entreprises régionales

En meute ou solo, les entreprises régionales ont profité de la conférence mondiale pour confirmer leur engagement dans la transition énergétique. Doublé gagnant : visibilité vertueuse et innovation durable.

« Ambassadrices de la French Tech », « fourmis » réunies en essaim, ou tout simplement en solo, les entreprises de la région PACA ont fourni l’agenda des solutions à l’occasion de la Conférence mondiale sur le climat, dont l’enjeu est de taille pour cette 21e édition : aboutir au premier accord universel et contraignant, applicable à partir de 2020 aux 195 pays pour limiter la hausse des températures mondiales sous 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle.

« Si nous avons des droits et des attentes en matière de projet sociétal, nous avons aussi le devoir en tant que citoyens d’agir pour faire émerger un monde plus soutenable, plus désirable », explique Tahar Slimani, dirigeant de Kaalisi, une plate-forme de crowdfunding dédiée aux entreprises innovantes de part et d’autre de la Méditerranée. Il est le fondateur de l’une des entreprises réunies ad hoc pour les besoins de la COP 21 au sein du collectif « Les fourmis de Paca » et ainsi représenter au Grand Palais un échantillon des solutions (mobilité, nourriture, recyclage, financement, écoconception, agriculture, communication…) anti-réchauffement planétaire.

« Il s'agit de montrer que de nombreux dirigeants de la région PACA et plus particulièrement de Provence s'investissent dans les modèles économiques, écologiques et sociaux de demain, au travers d'initiatives innovantes et durables », détaille le dossier de presse qui accompagnait pour justifier l’initiative du collectif.

Pour la dizaine de start-ups*, qui ont « pitché » à la grande nuit de l’innovation (la Breakthrough Night) organisée le 4 décembre au Grand Palais où avait rendez-vous l’écosystème de l’innovation, c’était une opportunité « de gagner en visibilité auprès d’investisseurs potentiels » mais aussi « de montrer une image plus positive et plus dynamique de la région PACA en mettant en valeur les initiatives locales », selon les termes d’Olivia Christophe, co-fondatrice de Ginkolea, une TPE spécialisée dans le conseil en développement durable auprès des entreprises.

Trois ambassadrices officielles de la French Tech 

Parmi les 150 start-ups françaises des cleantechs, du bâtiment intelligent, de la mobilité durable... présélectionnées par la mission French Tech en lien avec le programme Cleantech Open France pour représenter l'écosystème français à la COP 21, 19 entreprises étaient originaires de la région : Nawa Technologies, Sunpartner Technologies, Enogia, Crosslux, SP3h, Terradona, Helioclim, Hysilabs, Ideol, Nenuphar, Optimum Tracker, Advansolar, AlertGasoil, Helio Pur Technologies, Qualisteo SA, Zeta Pellet, Ecoat, Izypeo, BGH.

Parmi les 21 élues pour être les ambassadrices du climat, trois étaient des ressortissantes de la région : Enogia SAS (conception, fabrication et commercialisation de machines à cycles organiques de rankine), Nénuphar (développement d'éoliennes à axe verticale flottantes) et Optimum Tracker (conception, fabrication et maintenance de trackers solaires).

Nénuphar en quête d'un partenaire industriel

Fondée en 2006 par Charles Smadja et Frédéric Silvert Nénuphar, Nénuphar est à l’origine d’un concept d’éoliennes des mers à axe vertical figurant à ce jour parmi les deux ou trois grands projets en France animant la communauté de l’éolien offshore flottant (cf. Éolien offshore flottant : un vent nouveau). Après avoir assemblé deux prototypes testés depuis 2014 à Fos-sur-Mer, la société est manifestement en train de faire évoluer sa machine en vue l’appel à projets de l’ADEME pour la réalisation de fermes pilotes d’éoliennes flottantes qui se clôture le 4 avril 2016. 

Conséquence du revirement opéré par son partenaire industriel ? Le premier parc d’une ferme pilote de 13 turbines de 2,6 MW chacune à une vingtaine de kilomètres des côtes de Port Saint-Louis du Rhône devait être exploité à horizon 2019 par EDF Énergies Nouvelles, avec lequel Nénuphar collabore depuis 2009 dans le cadre d’un projet européen (Provence Grand Large). Le consortium a reçu pour ce parc pilote le soutien de l’Europe via un engagement d’aide au rachat de chaque kilowatt heure produit, soit une valeur de 37 M€.

Mais il y a quelques jours, Le Marin a révélé que EDF EN, qui prépare aussi sa candidature à l’appel à projets de l'ADEME, a lancé deux consultations européennes, l’une pour la fourniture des éoliennes de plus de 5 MW, le second pour deux à six fondations flottantes. La phase de R&D encore nécessaire sur l’éolienne initialement envisagée avec Nénuphar serait incompatible avec une mise en service du projet Provence Grand Large. Il resterait alors à Nénuphar à trouver un nouveau partenaire industriel pour poursuivre ses projets.

Ideol accélère son développement international

L’autre spécialiste de l’éolien en mer flottant du territoire Ideol, qui finalise les études en vue d’installer la première éolienne en mer en France, annonce pour sa part le recrutement de deux profils internationaux et spécialistes des secteurs de l’énergie, pour développer l’Europe du Nord et le Japon, où Ideol a signé cette année son premier contrat commercial.

Cap Vert Énergie emporte 17 MWc de projets solaires

Le producteur indépendant d’énergies renouvelables Cap Vert Énergie (42 salariés, CA : 12 M€) confirme également son engagement dans la transition énergétique. L’entreprise marseillaise, cofondée par Pierre de Froidefond, Christophe Caille et Hervé Lucas, a emporté dans le cadre de l’appel d’offres de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) 17 MWc de projets solaires avec notamment une centrale au sol de 10 MWc. Au 1er juin 2015, le parc en exploitation et en construction totalisait 31 MW de puissance cumulée.

Cap Vert Énergie, qui développe, finance et construit des centrales solaires et des unités de méthanisation pour les exploiter en propre dans la durée, a ouvert mi octobre son capital (6,8 M€) à hauteur de 5 % aux salariés. L’opérateur a également investi de nouveaux locaux au cœur du quartier Euro-méditerranéen. « Notre entreprise est en pleine phase d’expansion. Nous allons augmenter nos effectifs d’un quart d’ici un an. Nous structurons notre développement international et renforçons nos équipes opérationnelles », justifie Pierre de Froidefond.

A.D

Les 10 « fourmis » engagées dans le combat climatique

> Kaalisi : plate-forme euro-méditerranéenne de crowdfunding pour entreprises innovantes et collaboratives 

> MetSens : restauration via un approvisionnement en circuits courts avec des produits locaux, bio, sans gluten 

> Ginkolea : conseil en politique de développement durable

> D3E PACA : entreprise d’insertion spécialisée dans le démantèlement, le recyclage, la valorisation et le tri des déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE), du mobilier de bureau (DEA) et des bateaux en fin de vie (BPHU).

> TOTEM Mobi : service d’auto-partage de Twizy électriques, service co-financé par les entreprises, les collectivités et les conducteurs

> Abricotoit : aménagement de lits potagers sur les toits et terrasses des villes des toits plats pour produire et vendre en circuits courts des fruits et légumes bio en milieu urbain

> Strat & Go : bio-mimétisme pour développer produits et services à faible impact environnemental et rentables économiquement 

> Watt&Co : fabrication de connectiques électriques design

> BRP : vente de bornes de recharges pour les voitures électriques

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