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21.09.2015 - Si vous saviez...

Optimum Tracker : La « start-up méditerranéenne de l'année 2015 » vise le Top 3 mondial

Le marché mondial est dominé par les Américains mais les Françaises sont plutôt bien positionnées. En France, elles sont trois à maîtriser la technologie des trackers solaires. La société de Meyreuil challenge la leader nationale et est en chemin vers l’internationalisation.

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Selon le cabinet d’études IHS, le marché mondial des trackers solaires a progressé de plus de 60 % en 2014 pour atteindre un volume de livraisons de 4 GW. Si les quatre premiers fournisseurs sont américains (Array Technologies, SunPower, First Solar et Nextracker), le 5e est français (Soitec) mais a annoncé son retait. Et pas loin derrière, pointent trois autres compatriotes. Parmi celles-ci, Optimum Tracker, une société installée depuis fin 2014 au sein de l’Arteparc à Meyreuil, qui challenge son aîné de deux ans, la girondine Exosun, au succès flamboyant (son chiffre d’affaires est passé en un an de 800 K€ à 20 M€ avec un résultat net de 1,4 M€ en raison notamment d'un important contrat à l'international !). 

Il n’est donc pas surprenant que l’entreprise, créée en 2009 par deux frères ingénieurs à leur sortie de l'Ecole nationale supérieure d'arts et métiers-ParisTech d'Aix-en-Provence, figure dans le Top 150 des entreprises nationales d'avenir, classement établi E&Y et l'Express. Le 15 septembre, elle s’est vu décerner par les deux organisateurs le prix de la « Start-Up de l’année 2015 » pour la région Méditerranée.

Huit brevets

Optimum ? Parce que la technologie codéveloppée par Yacin (qui assure la présidence) et Madyan (la direction générale) de Welle permet d’augmenter le rendement des panneaux photovoltaïques en capitalisant sur le positionnement du soleil. Avec un gain estimé à 25 à 30 % de la production d'électricité par rapport à une installation fixe. Et Tracker ? Parce le système, qui a nécessité quatre ans de R&D, suit inlassablement la course du soleil en vue de toujours capter le maximum d'ensoleillement. Mais c’est le principe des trackers solaires, qui peuvent d’ailleurs être aussi bien utilisés pour produire de l’électricité que l’eau chaude.

L’efficacité du système de l’entreprise provençale commence là où précisément se heurte la technologie actuelle. Ou du moins, c’est la promesse de la start-up aux huit brevets.  

Efficacité : exploitation et maintenance facilitées

Les retours d'expérience sur les trackers solaires, qui ont notamment été installés en nombre en Espagne pour des grands champs photovoltaïques, font état d'un coût d’investissement initial important, d'une maintenance élevée du fait des systèmes mécaniques atteignant rarement les 20 ans et de contraintes techniques pour des raisons de sécurité (les panneaux solaires doivent être parallèles au sol lors de forts vents).

Optimum Tracker revendique pour sa part un sytème à l'exploitation et à la maintenance facilitées en permettant notamment la circulation de véhicules entre les rangées de panneaux. Elle garantit aussi une adaptabilité à la topographie des terrains, quel qu’il soit, grâce à une gamme complète de trackers, l’un autour d’un seul axe horizontal adaptable à des terrains vallonnés, l’autre sur deux axes, approprié pour les régions désertiques. Le tout aidé par un support logiciel pour le pilotage et contrôle des performances.

Jouer dans la cour mondiale

En 2014, la société a équipé trois centrales, à Sénezergues (Cantal), Garein (Landes) et Pujaut (Gard) d’une puissance totale de 20,4 MW. Depuis sa création, en 2009, elle a installé 70 000 modules photovoltaïques. Cette année, elle a lancé la centrale de 15,4 MW du Soler (Pyrénées-Orientales) et une autre, de 5,5 mégawatts-crête (MWc), à Aspres-sur-Buëch (Hautes-Alpes).

Mais c'est à l’international qu'elle entend jouer, où elle est présente via une filiale à New York et des bureaux à Mexico, Santiago du Chili ou encore Johannesburg. Une centrale photovoltaïque au sol est par ailleurs en cours d'installation en Tunisie, à Métouia, qui sera couplée à une station d’assainissement, projet géré par l’office national de l’assainissement (ONAS), sur lequel elle n’assure pas la maîrise d’œuvre mais intervient en tant qu’équipementier.  

Ventes triplées en 2015

En 2014, la start-up a atteint 4,8 M€ de chiffre d’affaires avec 12 salariés et pense multiplier par trois ses ventes cette année au vu de ses contrats déjà engrangés.

Après avoir bénéficié de soutiens publics (Bpifrance, collectivités locales, pôle de compétitivité Capenergies…) et privés (CAAP Création du Crédit Agricole, Total Développement Régional, Airbus Group…) pour financer ses recherches et la phase d'industrialisation, elle envisage cette fois la levée de fonds pour se donner les moyens de s’imposer rapidement parmi les trois premiers acteurs mondiaux.

A.D