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09.07.2015 - Si vous saviez...

Onet Technologies poursuit sa montée en gamme sur le nucléaire

La branche du groupe marseillais Onet spécialisée dans l'ingénierie nucléaire vient d’acquérir une entreprises espagnole spécialisée dans les contrôles non destructifs. Diversification et internationalisation : cette stratégie est en train de s’écrire.

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Le groupe de services Onet poursuit sa montée en puissance sur le segment de l’ingénierie nucléaire. L'entreprise marseillaise vient d’officialiser l’acquisition de Applus RTD France, filiale française d’un groupe catalan spécialisé dans les activités de contrôles techniques et réglementaires. Basée à Vénissieux, acquise par le groupe de Barcelone en 2005 à l’occasion du rachat de la société PS&I (Process Services & Inspection), Applus RTD France opère dans le domaine des contrôles conventionnels et avancés pour les grands comptes de la pétrochimie, de la chimie, du gaz et du nucléaire. Outre Vénissieux, la société possède deux autres bureaux en France, à Lillebonne (76) et au Rove (13).

Une offre désormais globale

« Par cette acquisition, Onet Technologies renforce ses activités sur toutes les techniques de référence dont la radiographie et propose désormais une offre globale en examens et contrôles non destructifs », fait valoir dans un communiqué Philippe Clergue, directeur général d’Onet Technologies. « Elle renforce notre positionnement, aussi bien en France qu’à l’international, sur les marchés du nucléaire, de l’industrie et de l'énergie », poursuit cet ancien cadre dirigeant d’Areva arrivée chez Onet il y a un peu plus d'un an.

Onet, qui a pendant longtemps assis son développement sur de la croissance organique, multiplie depuis quelques années ses acquisitions en France et à l’international tant pour monter en compétences que pour se déployer plus rapidement sur ses pays cibles. Objectif : réaliser 30 % du chiffre d’affaires à l’international d’ici 2020 (contre 11 % aujourd’hui).

Diversification, une nécessité

La diversification s'impose pour l’un des leaders hexagonaux de la propreté, qui reste son cœur de métier contribuant à hauteur de 987,72 M€ au chiffre d’affaires consolidé du groupe (1,465 Md€ en 2014 contre 1,416 Md€ en 2013). Le secteur du nettoyage industriel, qui a connu de très belles années suite à l’externalisation des services de propreté par les entreprises, est entré dans une phase de maturité qui se traduit par une intensification de la concurrence et de fortes pressions sur les prix.

Sur ce marché très atomisé (les opérateurs de plus de 500 salariés ne représentent que 1 % des entreprises françaises du nettoyage industriel mais réalisent 57 % du chiffre d’affaires), Onet se bat contre quelques entreprises à taille comparable dont l’autre grande entreprise régionale, GSF, mais aussi Samsic Propreté, Atalian, Challacin etc.

Niche à haute valeur ajoutée

Là où d’autres se positionnent sur le gardiennage, la sécurité, l’entretien des espaces publics, les services à la personne … le groupe familial (la famille Reinier est toujours propriétaire à 73,58 % du capital) s’est déployé avec plusieurs marques commerciales sur la logistique, le catering, les ressources humaines, le négoce de matériels et produits de nettoyage et l'ingénierie nucléaire. C’est par cette spécialisation à haut contenu technologique que la Marseillaise entend se distinguer de ses concurrents.

Label « constructeur » nucléaire

À l'origine créée pour opérer la décontamination nucléaire, Onet Technologies (CA de 235,19 M€, 2 625 collaborateurs dont 700 ingénieurs) couvre désormais la totalité du cycle de vie d’une installation (conception, réalisation d’installations jusqu’au démantèlement et traitement des déchets).  Une évolution progressive jalonnée par quelques opérations depuis la reprise de Comex Nucléaire en 1999. En particulier, en 2009, la création d’un joint venture entre le japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) et Comex Nucléaire lui a permis de bénéficier du label « constructeur » nucléaire, sans lequel elle n’aurait pas pu répondre à de gros appels d’offres.

Retenue sur Iter et Astrid

Depuis, l'entreprise a été retenue en ingénierie dans les grands projets comme Iter, le réacteur thermonucléaire expérimental international destiné à vérifier la faisabilité scientifique et technique de la fusion nucléaire comme nouvelle source d’énergie ou encore pour les études de conception du projet de prototype de réacteur de IV Génération Astrid.

Depuis le début de l’année, elle a engrangé d’autres contrats symboliques : avec le CEA, Onet Technologies a été sélectionnée pour les études liées à la découpe des débris de combustible fondus dans les réacteurs accidentés de Fukushima. Et le consortium composé avec Rolls Royce équipera les systèmes de mesure du bore sur l’intégralité du parc français des réacteurs nucléaires de 900 MW d'EDF. 

Cap sur l’innovation et l’international

En lançant en mars 2014 une gamme de conteneurs sécurisés pour les matières dangereuses, le pôle technologique a investi un autre champ : la logistique de transport nucléaire. Développée avec China International Marine Containers, la nouvelle offre vise un marché estimé à quelque 5 000 unités.

300 réacteurs arrêtés

Pour anticiper sur les évolutions importantes à venir dans l’industrie nucléaire – allongement de la durée de vie des réacteurs pour certains pays, démanteler une partie de leur parc pour d’autres –, la division s’est mise en ordre de marche à l’international, où elle s’est installée seule en Roumanie, mais par croissance externe en Bulgarie, Royaume-Uni et Inde.

D'après une étude de la Commission européenne, 50 à 60 réacteurs sur les 155 en fonctionnement en Europe devraient être démontés à l'horizon 2025. Au total, 300 réacteurs devront être arrêtés dans les 20 prochaines années.

Sur ce marché, Onet Technologies se heurte aux mastodontes que sont Areva, GDF-Suez, les groupes de construction Bouygues et Vinci mais aussi l'Américain Westinghouse, le Britannique Amec, l'Allemand Nukem ou encore l'Espagnol Iberdrola et l'Italien Ansaldo …