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29.08.2016 - Réseaux French Tech

Aix-Marseille, toujours sur le devant de la scène numérique

Déjà labellisée French Tech en 2014, la métropole Aix-Marseille-Provence a été sélectionnée fin juillet dans le cadre d’un nouveau dispositif de l’initiative French Tech : les réseaux thématiques. Signe extérieur d'appartenance à un écosystème de référence. Explications.

La culture de l’élite et de l’exception (lire : être érigé en modèle) est loin d’être un genre menacé de disparition en France. Comment interpréter autrement le succès du label French Tech qui, sans financement accroché, a épinglé 45 territoires et compte bien plus de prétendants. Interpellation car il ne « vend » finalement rien d’autre que le prestige ou plus exactement, le signe extérieur d’appartenance à une catégorie (écosystème de référence) en plus d’être un gage d’ancrage dans une économie en proie à la digitalisation.

Depuis le lancement de la démarche French Tech, qui ambitionne de faire émerger une start-up nation conquérante dans l'ordre mondial de l'entrepreneuriat et ce, en s’appuyant quasi exclusivement sur des initiatives privées déjà existantes (mobilisation des startups) et en gageant sur l’éventuel relais financier par des collectivités locales, pas une métropole française n’a dédaigné y souscrire. Celle de Aix-Marseille-Provence, qui peinait pourtant à sortir des limbes institutionnels, fut d’ailleurs l’une des premières à être labellisée.

Mais qu'est-ce qui fait courir les startups ?

Qu’est-ce qui motive les territoires et startups à se lancer dans cette course au graal numérique ? C’est le dossier de presse du ministère de l’Économie qui y répond : « un réseau structuré aux niveaux local, national et international, pour accélérer le développement de votre start-up ; du mentorat et de l’accompagnement via des accélérateurs privés portés par des entrepreneurs expérimentés qui vous accompagnent et éventuellement investissent dans votre start-up, un accès à des investisseurs internationaux grâce au réseau des French Tech Hubs, de la visibilité nationale et internationale grâce à des opérations collectives de promotion sous une même bannière à destination de media et influenceurs internationaux… » Pour résumer : pas de financement de l’État mais un accès à une panoplie d’outils de « marketing territorial (cf. encadré).

Nouvelle dynamique : les filières

Après une première vague ayant récompensé 9 métropoles à l’automne 2014*, dont celle de Aix-Marseille-Provence, rejoints par 4 autres en juin 2015, l’(ex) ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique Emmanuel Macron et la secrétaire d’État chargée du numérique Axelle Lemaire ont, de concert, annoncé, à Laval fin juillet, la reconduction des labels Métropoles French Tech mais surtout la création d’un nouvel étage au dispositif : les « réseaux thématiques French Tech ». Comprendre : un « écosystème remarquable » relative à une seule filière (choix manifestement de classer les réseaux par thématiques plutôt que par technologies), ayant développé des projets en cohérence avec une stratégie territoriale et dont les acteurs sont dans une dynamique d’innovation d'hypercroissance et d’internationalisation. Objet : connecter les écosystèmes d'une même thématique pour en faire les figures de proue hexagonaux pour gagner en lisibilité nationale et visibilité internationale.

Neuf thématiques ont ainsi été retenues : objets connectés (IoT, Manufacturing), e-santé (HealthTech), cybersécurité (Security, Privacy), e-éducation (EdTech, Entertainment), sports, technologies vertes (CleanTech, Mobility), e-commerce (Retail), alimentation (FoodTech) et le secteur financier (FinTech). La démarche avait été en partie lancée en juin 2015 avec Avignon pour la culture, Angers pour l'IoT, l'Alsace pour la medtech et Saint-Etienne pour le design.

Actions à enclencher d’ici décembre

Tous les écosystèmes locaux ayant développé une expertise sur un domaine précis avaient jusqu’au 11 avril pour proposer un projet. Au total, 113 projets, tous acteurs confondus, représentant 37 territoires ont répondu à l’appel à candidature lancé début janvier. In fine, plus de 50 réseaux se sont vu attribuer pour deux ans l’appellation. Chaque réseau devra d’ici octobre élire son secrétaire national, publier sa feuille de route d’ici novembre pour enclencher dès décembre les premières actions.

Aix-Marseille French Tech, retenue sur 4 réseaux

Aix-Marseille French Tech, qui avait postulé sur 6 réseaux thématiques, a été sélectionnée pour l’IoT (objets connectés), la santé (biotech, medtech), le sport et les technologies vertes. Si les écosystèmes sont nombreux dans les domaines des objets connectés (une quinzaine de territoires), des cleantechs (une quinzaine de réseaux) et de la santé (vingtaine de sélectionnés), ils sont plus rares (donc exceptionnels) dans le sport (6). Il est étonnant de voir que la métropole n’ait pas déposé de candidature sur la thématique des Edtech, la métropole ayant des compétences particulières dans le transmedia (cf. Réseaux thématiques French Tech : Les arguments économique de Aix-Marseille).

Le nombre de réseaux labellisés interroge : L’exception est-elle soluble dans la profusion ? La prolifération est-elle compatible avec la distinction ? Un problème demeure non résolu : le financement des startups de ces écosystèmes d’exception, engagées dans une autre course … de fonds.


A.D

 * En novembre 2014, 9 écosystèmes ont été labellisés « Métropoles French Tech » : Aix-Marseille French Tech, Bordeaux French Tech, Digital Grenoble, Lille French Tech, Lyon French Tech, Montpellier French Tech, Nantes Tech, French Tech Rennes Saint-Malo, et French Tech Toulouse. Suite à une deuxième vague de labellisation en juin 2015, 4 projets les ont rejoints : French Tech Brest+, French Tech Côte d'Azur, LORnTech, et Normandy French Tech.

 

French Tech : Se construire une identité territoriale

L'initiative French Tech (lancée en 2013 par Fleur Pellerin, l’ex-Secrétaire d’État au numérique) n’est que la partie médiatique et immergée d’une boîte à outils agrégeant un ensemble dispositifs à destination des entrepreneurs. Parmi ceux-ci :

- Les Hubs French Tech (20 d'ici fin 2016) * sont des réseaux installés à l'étranger d'accompagnement des startups françaises

- Corollaire inversé, le French Tech Ticket, mis en œuvre en 2016, est un programme destiné à inciter les entrepreneurs étrangers à créer leur start-up en France. L'offre comprend notamment des facilités dans les démarches administratives à effectuer, un financement de 45 000 euros par projet et une incubation d’un an au sein de l’un des 41 incubateurs français partenaires.

Axelle Lemaire a annoncé fin juillet que le dispositif sera déployé dans les métropoles labellisées dès janvier 2017. Elles pourront ainsi se positionner pour l’accueil des 70 startups étrangères lauréates de l’appel à projets. Pour la métropole d’Aix-Marseille, c’est l’incubateur Belle de Mai qui a été retenu. Elles pourront aussi bénéficier des services de l’agence de développement économique locale, Provence Promotion, participer à un cycle de masterclass ainsi qu’à des événements networking mensuels avec l’écosystème.

- Le Pass French Tech est un programme d’accompagnement à destination des entreprises en hypercroissance. La première promotion, en 2014 et 2015, a réuni 48 entreprises, la seconde, 66 dont plus de 60 % étaient installés en régions. 
Eurobiomed a été choisi comme opérateur pilote de l’expérimentation nationale pour l’extension sectorielle (HeathTech) du Pass French Tech.

- Les bourses French Tech d’amorçage ont pour vocation de stimuler la création de start-ups. En 2015, 655 bourses French Tech ont été distribuées, d’un montant compris entre 10 000 et 30 000 euros, accordées par Bpifrance (pour un total de 17 M€). Près de deux tiers des projets subventionnés s’articulaient autour du numérique. En 2 ans, 1 000 porteurs de projets auraient été soutenus, pour un montant de 26 M€.        

- Le Fonds French Tech Accélération, lancé en décembre 2014, opéré par la Caisse des Dépôts et géré par Bpifrance dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir (200 M€ à investir sur 5 ans) tend à faire émerger et à cofinancer des accélérateurs privés. Il a investi à ce jour dans 5 accélérateurs.

S’il est difficile d’attribuer les performances au seul label, l’État soutient que l’ensemble de ces outils ont permis « une accélération spectaculaire des start-up françaises », dont témoigneraient la valorisation boursière de quelques « stars » (supérieure à 1 Md$ pour Criteo, BlaBlaCar, DBV, Cellectis), des levées de fonds supérieurs à 100 M$ pour 5 startups ou encore des croissances « impressionnantes » pour 54 jeunes pousses bénéficiaires du Pass French Tech : + 186 % de croissance de CA (sources : Bpifrance & la Mission French Tech).

Dans son bilan, le gouvernement fait aussi valoir « un bond spectaculaire » du capital-risque en France : « le montant des financements levés en capital-risque par les startups françaises a bondi de 100 % entre 2014 et 2015 (de 1 à 2 Md$)  : + 120 % en montant, +100 % en nombre d’opérations, + 469 % de croissance de CA à l’export » [source Bpifrance]

Les entreprises de la Tech française ont levé 832 M€ au premier semestre de l'année (de janvier à juin), soit 46 % de plus que l'année passée à la même période, selon l'indicateur FW Invest. L'attention des investisseurs a convergé vers les éditeurs de logiciels et les services en ligne (plus de la moitié des montants investis). En juillet et août, seules 41 levées de fonds ont été annoncées pour un montant total de 119,45 M€, contre 73 levées et 145 M€ pour le seul mois de juin.

*12 hubs French Tech étaient labellisés au 20 juin 2016 : New York, Israël, Tokyo, San Francisco, Montréal, Le Cap, Hong Kong, Moscou, Barcelone, Londres, Abidjan, et Séoul.

 

 

 

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