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01.07.2020 - Projets structurants

Iter : enjeux et opportunités pour les entreprises

Un des composants clés d’Iter est arrivé le 26 juin. L’occasion de faire le point sur les retombées économiques de ce projet pour le territoire et les opportunités pour les entreprises.

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Projet structurant pour l’économie provençale, le programme international de construction d’un réacteur expérimental de fusion de l’hydrogène a reçu le composant PF#6 de la cage magnétique de la machine Iter. Ce chantier mobilise actuellement 500 entreprises, dont trois-quarts de PME et ETI locales. En dix ans, le site a déjà rapporté plus de 3 milliards d’euros de contrats aux sociétés régionales. La tendance devrait s’accélérer avec l’assemblage de pièces fabriquées dans 35 pays et de nouveaux appels d’offres.

Un agent Onet Sécurité posté à l’accueil, des ingénieurs de Cnim dans le hall de conception des bobines de champ toroïdal, la logistique contractuelle mondiale confiée au groupe Daher, le transport routier des pièces exceptionnelles assuré par Istrans, basée à Saint-Martin de Crau… En étant sur place, les entreprises provençales bénéficient d'un avantage décisif face aux sociétés étrangères pour lesquelles faire venir du personnel en Provence génère d’importants surcoûts et devient complexe en ces temps de pandémie.

Le choix de la France et plus spécifiquement de la Provence pour construire le réacteur expérimental Iter constitue en effet une manne pour les entreprises du territoire. Depuis les premiers coups de pioche en 2007, 3 milliards d’euros ont été injectés dans l’économie locale.

« Plus de 7 milliards d’euros ont été attribués aux primo-contractants dont près de 4,5 milliards, soit 60%, sont allés à des entreprises françaises. Et sur ces 4,5 milliards, plus de 3 milliards ont été attribués à des sociétés de la région Sud. Et ces chiffres n’incluent pas les marchés passés par ces primo-contractants à leurs propres sous-traitants ! », explique Bernard Bigot, directeur général d’Iter Organization.  

 

Assemblage des composants, le rythme s’accélère
 

Il a fallu défricher 42 ha de garrigue entre Vinon-sur-Verdon et Saint-Paul Lez Durance pour aménager des réseaux et galeries techniques (eau, électricité, communication…), construire les bâtiments, les équipements. À eux seuls, les travaux de mise au gabarit de l’itinéraire Iter sur 107 Km ont coûté 110 millions €. Cet itinéraire relie le chantier au port de Fos-sur-Mer par où transiteront au total un million de composants venus de 35 pays pour construire ce meccano géant dont des convois dépassent parfois les 800 tonnes… Iterville, une ville dans la ville génère entre 1 000 et 1 500 emplois directs et devrait compter jusqu’à 25 000 personnes sur les cinq prochaines années - a impliqué également la construction d’une école internationale à Manosque qui apporte 100 M€ par an de retombées économiques. 

Avec l’achèvement du Tokamak et l’installation dde la base du cryostat fin mai, Iter entre désormais dans la phase d’assemblage. « Le rythme s’accélère. Après la phase de fabrication des composants, nous entrons dans la phase d’intégration. Et nous avons besoin de sociétés locales spécialisées dans l’installation des tuyaux, des câbles, de l’électronique », détaille Bernard Bigot.

Des appels d’offres seront lancés pour la construction de nouveaux bâtiments, comme celui des « cellules chaudes » ou le poste de commande de l’installation. Le « premier plasma » d'ITER, est quant à lui programmé pour la fin de l'année 2025, et représente l’étape initiale d'une très progressive montée en puissance.