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26.10.2017 - Portuaire

Chantier Naval de Marseille va investir 10 M€ pour devenir un hub en Méditerranée

La forme 10, le bassin de réparation navale aux dimensions hors normes, qui doit permettre à Marseille de challenger Palerme et Cadix, a reçu le 24 octobre son premier paquebot après réhabilitation. Les Chantiers Navals de Marseille, vont y investir 10 M€ en trois ans.

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Cinquième port de Méditerranée pour la croisière, Marseille possède la plus grande cale sèche de la région devant Palerme, la Valette et Cadiz. Avec ses 465 m de long pour 85 de large, la Forme 10, hors service depuis l’an 2000, a été réhabilitée et a reçu le 24 octobre son premier paquebot. Son amodiataire, les Chantiers Navals de Marseille, filiale de l’italien San Giorgio del Porto, entendent capter la clientèle croisière et ériger Marseille au rang de hub de la réparation navale en Méditerranée.

MSC Orchestra, habitué du port de Marseille où le paquebot opère des croisières en tête de ligne, a fait un saut de puce ce 24 octobre à l’aube pour rejoindre la forme 10 et y subir trois semaines d’arrêt technique. Ce navire, comme six autres paquebots de la flotte MSC Croisières, se verront équipés d’un scrubber, des nettoyeurs de fumées destinées à réduire les émissions polluantes (Sox, Nox, Co2 et particules fines). Représentant un coût unitaire supérieur à 10 M€, l’installation de ce système représente un investissement conséquent pour MSC.

Pour les Chantiers Navals de Marseille, la volonté des armateurs de verdir leurs navires constitue une réelle opportunité, 350 paquebots croisant actuellement dans le monde. Avec livraison de la forme 10, les Chantiers Navals de Marseille possèdent désormais trois cales sèches de très grande capacité (formes 8, 9, 10).

Annoncée pour juin 2015, la livraison a due être repoussée en raison de fissures constatées sur le nouveau bateau porte construit par Spie Batigolles TPCI. Pour Ferdinando Garré, pdg de San Giorgio del Porto, la négociation est ouverte concernant les indemnités que devra verser le port. « Nous devons trouver une solution raisonnable pour tout le monde, cependant nous n’avons pu répondre à certains appels d’offres », souligne le patron génois.  

 

 

Manolo Cavaliere, directeur commercial de SgdP, Ferdinando Garré, Pdg de SgdP, Christine Cabau Woehrel, présidente du directoire du GPMM et Jacques Hardelay, président des Chantiers Navals de Marseille devant le MSC Orchestra en forme 10 depuis le 24 octobre (de gauche à droite) ©N.B.C

 

Alliance stratégique avec Costa Croisières

 

Filiale du groupe italien de réparation navale San Giorgio del Porto depuis 2010, Chantiers Navals de Marseille a ouvert un tiers de son capital en 2016 à Costa Croisières. Une alliance stratégique et opérationnelle puisque depuis quelques mois, l’entreprise bénéficie d’un accès privilégié à la galaxie du groupe Carnival, la maison mère et de la capacité financière du groupe américain. 

« Nous allons investir 10 M€ d’ici trois ans pour faire de Marseille un hub de la réparation navale. Nous  prévoyons l’acquisition d’une nouvelle grue et d’autres équipements », a annoncé le 24 octobre, Ferdinando Garré. 

Amodiataire, il doit s’acquitter chaque année d’une redevance de 600 000 € par an pour exploiter la forme 10. Les Chantiers Navals de Marseille, qui emploient 120 salariés (architectes navals, ingénieurs, techniciens… ) sont juste à l’équilibre. « Nous devons parvenir à doubler notre chiffre d’affaires et remplir les cales sèches toute l’année et non pas six ou sept mois par an », lance Jacques Hardelay, président des Chantiers Navals de Marseille.

Ainsi, octobre inaugure le pic d’activité du chantier avec pas moins de sept paquebots en arrêt technique. « Actuellement, le Costa Classica séjourne en forme 8 et  nous allons accueillir le mois prochain en forme 10 l’Aida Blue, les Costa Magica et Pacifica et un paquebot de la Compagnie du Ponant », précise Manolo Cavaliere, directeur commercial de SgdP.   

L’entreprise entend lisser son activité tout au long de l’année en se renforçant sur les arrêts techniques de gaziers, de ferries et en captant les navires et plates-formes off-shore.

Face aux chantiers navals concurrents, le CNdM entend se positionner sur la haute technicité de ses interventions. « Nous n’avons pas d’autre choix que de valoriser notre savoir-faire et nos compétences pour compenser la différence du coût horaire de la main d’œuvre inférieur de 20% en Turquie et de 50% en Roumanie », complète Jacques Hardelay qui entend constituer un véritable réseau industriel local d’entreprises sous traitantes. Il entend également développer l’emploi localement et initier des actions de formation en interne sans attendre la création d’une école et exploiter les filières actuelles (Bac pro).  

Cet investissement s’inscrit dans la spirale vertueuse dans laquelle est engagée le port depuis quelques années après la privatisation des terminaux (conteneurs, roulier, croisière). « C’est une nouvelle page qui s’écrit pour la réparation navale à Marseille où nous pouvons proposer à nos clients sur un même périmètre un service portuaire complet depuis les opérations commerciales jusqu’aux activités de réparation majeure et de rétrofit », a indiqué Christine Cabau Woehrel, présidente du directoire du Grand port maritime de Marseille-Fos.

 

 

--- Nathalie Bureau Du Colombier---

©NBC

 

 

 

 

 

 

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