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18.04.2019 - Mission au Maroc

"Montrer au Maroc tout l’intérêt que nous portons à son économie"

3 questions à Frédéric Ronal, élu CCIMP chargé des activités internationales et de la coopération

Signature de conventions, visites d’infrastructures, promotion du territoire : la feuille de route était conséquente pour la mission au Maroc, conduite par Martine Vassal, présidente de la Métropole Aix-Marseille-Provence du 7 au 10 avril derniers. La CCIMP, qui était du déplacement, avait pour objectif d’impulser des liens business forts et durables avec ce partenaire historique, comme l’explique Frédéric Ronal.

Quelles sont les relations économiques entre le territoire d’Aix-Marseille-Provence et le Maroc ? Quels sont les points de convergence ? 

Il s’agit de relations assez déséquilibrées, avec une balance commerciale qui nous est déficitaire: en 2018, nous avons vendu au Maroc près de 166 M€ de marchandises, principalement de l’électronique, de l’automobile et un peu de produits pétroliers. On leur a acheté par contre pour 400 M€ de produits : de l’automobile estampillée d’autres marques, du textile et de l’agroalimentaire. Le Maroc est de surcroît un partenaire assez lointain de l’économie métropolitaine. Il est notre 18ème client, notre 17ème fournisseur. C’est paradoxal : il est la 3ème destination de notre aéroport, avec près de 500 000 passagers annuels. On s’y rend pour le tourisme, pour la famille... mais peu pour le business. La marge de manœuvre est donc intéressante, d’autant que le positionnement du Maroc est similaire à celui que nous avons adopté : positionner le territoire comme une sorte de passerelle, de hub entre Europe et Afrique. 


Quels ont été les temps forts de cette mission et les axes de travail identifiés ?

Du fait de ce positionnement commun, nous avons vendu l’idée que des entreprises de notre territoire puissent s’installer au Maroc pour avoir accès au marché africain... et, à l’inverse, que des structures marocaines viennent s’établir sur Aix-Marseille-Provence pour commercer avec le reste de l’Europe. Notre volonté, c’était de montrer au Maroc tout l’intérêt que nous portons à son économie. Il s’agissait de la première mission à l’international de Martine Vassal en tant que présidente de la Métropole, un signal puissant pour ce pays. 
Parmi les temps forts, nous avons d’abord été interpelés par le dynamisme de l’économie marocaine et pris conscience de son accélération. La visite de ce formidable outil qu’est le port de Tanger a confirmé cette impression. Autre temps fort, la soirée de promotion du territoire, symbolique s’il en est : parce qu’il est rare que le monde politique confie au monde entrepreneurial l’organisation d’un événement qui le concerne ! Belle marque de confiance de Martine Vassal, qui a délégué l’organisation de l’évènement à des dirigeants de PME provençales et marocaines réunis au sein des deux communautés partenaires : Afrikalink et ASMEX. Autre moment clé la signature d’une convention entre l’Ecole centrale de Casablanca et Africalink. Nos entrepreneurs vont se mettre à la disposition des jeunes ingénieurs marocains se lançant dans la vie professionnelle et les épauler afin qu’ils développent leurs projets, soit en France, soit en Afrique. Nous évoquerons, enfin, la signature, inédite pour la CCIMP, d’une convention de partenariat avec une autre CCI, en l’occurrence celle de Tanger. 

Que pouvons-nous attendre justement de cet accord avec la CCI de Tanger ?

L’idée de cette convention est née d’un échange sur un sujet de formation. Tanger développe de grandes zones industrielles, et a besoin de former des jeunes à des fonctions d’encadrement intermédiaire. La CCIMP été sollicitée pour l’aider à bâtir des cursus de formation. Le déploiement récent de notre activité « CCI Expertise », nous permet d’offrir un véritable service d’ingénierie à des chambres consulaires amies notamment africaines. L’objectif étant qu’à Tanger, la CCI soit prête à ouvrir ces formations pour la rentrée scolaire 2020. Outre cet aspect, nous avons progressivement élargi nos échanges à des sujets plus business. Pour cette partie B to B, nous allons nous appuyer sur notre réseau Afrikalink, pour renforcer nos échanges autour de la zone de Tanger. L’objectif est clairement pragmatique : proposer aux entrepreneurs des deux rives des événements ou des rencontres qui correspondent à leurs attentes, et qui leur permettront de signer de nouveaux contrats. En résumé, aider chacun à trouver le bon événement, la bonne rencontre, le bon réseau.