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20.05.2019 - Médiation

Engager les chefs d'entreprises sur la voie de la médiation

Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises, était l’invité de l’Assemblée Générale de la CCI Marseille Provence le 17 mai.

© François Moura

L’État a désigné les régions Sud, Centre Val de Loire, Grand Est et Normandie pour expérimenter sur trois ans l'extension de la mission du médiateur des entreprises aux administrations et aux collectivités." Nous connaissons tous les difficultés pour un patron de se faire payer, d'interpréter les textes, de trouver un interlocuteur en cas de problème. C'est pourquoi la CCIMP va faire tout son possible pour que cette expérimentation soit une réussite ", a souligné à cette occasion Jean-Luc Chauvin, Président de la CCIMP

Pierre Pelouzet, qui a passé sa vie dans le privé, pratique la médiation inter-entreprises depuis six ans. L'extension de son champ d'intervention à l'administration constitue pour lui " une nécessité. Nous allons expérimenter quelque chose d'extraordinaire. Mais pour réussir, j'ai besoin que les entreprises nous saisissent. Nous disposons de moyens importants avec quatre médiateurs pour la région Provence-Alpes-Côte d'Azur ". La médiation peut porter sur des thèmes très variées : délais de paiement, permis de construire, remboursement de TVA, respect des textes en matière d'environnement, de droit du travail, de fiscalité, versement du CICE, du crédit impôt recherche...

75% de taux de réussite
La médiation a plusieurs avantages. " Elle permet de ne pas se fâcher avec son client, d'éviter le tribunal, les frais d'avocat et les délais de procédure ". Le chef d'entreprise reçoit une réponse sous trois jours à sa demande de médiation. Le médiateur doit ensuite contacter l'autre partie et organiser une rencontre. Cela ne prend que quelques semaines. " Trois fois sur quatre, nous trouvons une solution ", se félicite Pierre Pelouzet. " Je sais que beaucoup de chefs d'entreprises ont peur de saisir le médiateur. Mais il faut leur dire que cela se passe très bien. Nous mettons deux personnes autour d'une table. Elles vont enfin se parler. Généralement cela permet de rétablir une relation de confiance ". 

Droit à l'erreur
Cette expérimentation devrait avant tout bénéficier aux très petites entreprises dans une impasse pour des raisons techniques, de retard de paiement, de complexité des textes. " Tout reste confidentiel ", souligne Pierre Pelouzet. " Nous allons également porter le droit à l'erreur du chef d'entreprise. La médiation permettra de constater sa bonne foi. Le patron d'une TPE n'est pas un expert et peut se tromper ".  

Si des cas récurrents apparaissent, le médiateur fera des recommandations aux autorités. " Nous avons déjà fait avancer les choses en matière de marchés publics. Nous essayons de résoudre les problèmes systémiques. Il s'agit d'un travail mené parallèlement à la médiation ", poursuit Pierre Pelouzet.


www.mediateur-des-entreprises.fr