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08.02.2017 - Logistique et I&T

Ces entreprises qui font la révolution dans la logistique

Big data et objets connectés sont en train de coloniser la supply chain. Sur le territoire, elles sont quelques-unes à être les porte-drapeaux de ce mouvement, capables de manipuler des données XXL pour mieux prédire. Un (autre) casse-tête logistique.

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Dans un secteur inlassablement en quête de gisements inédits de productivité, la data, l’information autrement dit, a une valeur inestimable si elle est accessible en temps réel et récupérée au profit de l'ensemble de la chaîne logistique. À condition toutefois d’avoir été manipulée, traitée et ordonnée en informations utiles au moyen d’outils mélangeant analyses mathématiques, statistiques et informatique XXL.

Depuis quelques années, aidée par l’émergence des objets connectés et des technologies numériques, des entreprises font à nouveau la révolution (après celle de la robotisation et de l'automatisation des processus d'entreposage) dans la supply chain. Enjeux :  Déduire et prédire. Pour améliorer la gestion des flux. Pour rendre prévisibles les volumes de charge ou les ventes à venir. Pour estimer l’heure d’arrivée de la marchandise. Pour anticiper les ruptures et autres facteurs de risques…

Expertises ciblées

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur bénéficie historiquement de la concentration de PME innovantes dans les technologies du sans contact, bien souvent « essaimées » à partir de la ruche pionnière, Gemalto, la société à l’origine la carte à puce, fait valoir le pôle SCS.

Le pôle de compétitivité spécialisé dans les solutions communicantes sécurisés, qui a fait de la logistique un de ses secteurs cibles et œuvré avec le Cluster PACA logistique au rapprochement des deux univers, identifie notamment, parmi ses membres, des expertises dans les systèmes embarqués, les mesures d’indicateurs de performance industrielle, la géolocalisation, les systèmes de suivi en temps réel. En figures de proue de ces « expertises » : Traxens, SPS (Smart Packaging Solutions), Editag, ADD, Mapping Control, Traxens, Tagsys (CXignited), EuroShaktiware. Certaines d’entre elles sont ou ont été d’ailleurs associées dans des programmes de R&D.

Traçabilité, mère des vertus

L'Aixoise EuroShaktiware (groupe EuroCSgroup), spécialisée dans la traçabilité et l'automatisation des flux de véhicules dès l'arrivée sur un site grâce à des systèmes associant l’optique, l’électronique et l’informatique (dont la lecture des plaques minéralogiques), a notamment collaboré avec MGI (Marseille Gyptis International) et la société de Rousset SPS (Smart Packaging Solutions), à un projet de R&D (Automatismes sécurisés portuaires pour l’exploitation, la classification et la traçabilité) financés par le FUI visant à développer un système qui réduise le temps de traitement et la surface de stockage. Un facteur particulièrement important sur les quais par exemple, le coût de passage lié au temps d’immobilisation du navire et de sa cargaison sur le terminal étant un des critères de compétitivité clef dans le choix des places portuaires.

Traxens, que l’on ne présente plus, a permis pour sa part de rendre le conteneur en partie intelligent grâce à des solutions basées sur le big data qui renseignent en quasi temps réel tous les évènements, planifiés ou exceptionnels, qui surviennent durant le cycle de vie d'une cargaison.

Plus éloignée de la chaîne logistique à proprement parler mais évoluant dans un univers connexe, la société aixoise Mapping Control, créée en 2006, édite une suite logicielle, modulaire, dédiée à l'optimisation de la gestion des flottes de véhicules (plus de 70 000 véhicules équipés à ce jour), « ciblant la réduction des coûts et l'amélioration de la productivité des collaborateurs nomades dans les entreprises et les collectivités territoriales ».

La PME de 60 salariés, qui se positionne également en data provider (elle commercialise auprès de professionnels du secteur, les données recueillies par ses modules sur le véhicule et le conducteur : analyse de conduite, diagnostics de la consommation...), vient d’annoncer un plan de recrutement de 20 personnes pour notamment renforcer son service R&D en vue d’« élargir son spectre de services et d'innovations sur le marché de la voiture connectée et de l'intelligence embarquée ».


Casse-tête logistique

La société de Venelle Tagsys (qui s’appelle désormais CXignited) s’est fait une spécialité de la traçabilité de l’emballage tout au long de la chaîne logistique notamment dans le secteur de la distribution, confronté au casse-tête logistique de la gestion d’un large éventail d’emballages réutilisables.

Sa plateforme digitale 3D Retail, permettant en temps réel de réaliser des inventaires et de localiser précisément tous les articles du magasin, est le fruit d’un autre programme européen de R&D (Spinnaker).

Focalisée sur l’industrie du retail, la solution brevetée de la société, utilisant les technologies RFID/beacons/IoT afin de fournir un système RLPS (Real-time Local Positioning System), permettrait de « générer jusqu’à 15% d’économies dans les processus d’entrée et ventes de marchandises, du merchandising, d’inventaire et de réapprovisionnement tout en améliorant l’expérience client », promet la société.

Le changement de dénomination en novembre dernier en CXignited doit d’ailleurs s’analyser comme le reflet de la transformation des solutions RFID vers des solutions IoT industrielles.

« Les analystes du secteur du commerce de détail prévoient une croissance à deux chiffres en 2017 pour le RFID et l'IoT. Nous sommes les premiers à apporter sur le marché une solution extrêmement innovante qui donne une intelligence au niveau de l'article, son stock et sa visibilité/disponibilité, le tout à travers une vue unique en temps réel qui augmente les ventes et optimise le fonctionnement », a justifié dans un communiqué Alain Fanet, le PDG à l’origine des développements de l’ex-Tagsys.

La connectivité des objets comme point de départ

Editag, qui propose quant à elle une solution RFID permettant d'assurer en temps réel le suivi des approvisionnements et l'optimisation des stocks et commandes, entend aussi profiter des opportunités offertes par l’Internet des objets.

Créée en 2007, la société cofondée par Frédéric Pithoud (ancien directeur de production de STMicroelectronics et ingénieur de formation au parcours à l’international) et Pierre Moreau a démarré en offrant une gamme de solutions sécurisées pour la supervision de biens de valeur, déployées à ce jour au sein d'établissements culturels (Louvre de Lens, Mucem, Granet, etc.). Une gamme apte à gérer tant des opérations basiques (inventaires, maintenance…) que complexes (sécurité renforcée lors des expositions, traçabilité complète des mouvements et suivi des conditions de transport).

Forte du « savoir-faire technique et commercial » (dixit Frédéric Pithoud) capitalisé sur ce segment, elle s’est attelée au segment industriel.

« L’utilisation optimale des moyens industriels et la recherche d’efficacité opérationnelle sont des facteurs clés dans l’industrie. Pour réduire les temps de cycle, diminuer les stocks et en-cours, simplifier voire automatiser les différents process, il faut avoir une visibilité complète sur les opérations industrielles et moyens associés. Nous avons développé une solution capable de faire parler tous biens ou actifs industriel - parc de mobilier, de matériel informatique, de véhicules, palettes, bacs plastiques etc.-, dans le but d’en augmenter le niveau de sécurité ou d’en optimiser le process », justifiait alors Frédéric Pithoud.

Les applications potentielles étant nombreuses, l'entreprise de Meyreuil a breveté un système modulaire connecté pour être certaine d'en couvrir la majeure partie. Baptisé « MOOntag », fruit de trois ans de R&D, la solution permet de superviser et tracer tous les flux de son support, depuis la sortie de la chaîne de production jusqu'à la livraison et stockage chez le client. Sans nécessiter aucune saisie, ni équipement lourd à déployer. Tout au long du parcours, elle collecte en temps réel les données (température, vibrations ou chocs subis, mouvements...) et les restitue. Il peut ainsi déclencher automatiquement un ordre de réapprovisionnement pour optimiser la gestion d'un stock.

En 2017, Editag, qui a enregistré 50 % de croissance en 2016, accentuera la promotion de son innovation à l'international. L'export représente déjà 35 % de son activité.

 

Adeline Descamps (avec la contribution de J-C.B)

 

 

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