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17.01.2017 - I&T

CES 2017 : L’afterwork…in progress

Dans quel état d’esprit étaient-elles avant ? Comment le CES 2017 les a transformées ? Avant/après. Les entreprises témoignent de leur « very good trip » du 7 au 9 janvier à Las Vegas pour l’événement-majuscule de l’écosystème numérique mondial qui flèche les innovations de rupture.

Un shoot de « speed ». La claque. Le vertige. Une saturation de lumières, d’écrans géants, de bluetooth, de câbles, d’objets connectés... Un tourbillon de visiteurs, de pays, de journalistes, de bloggeurs, d’arpenteurs, de congressistes, de bouchons, de lobbies, d’écosystèmes…Des technologies inédites, vraiment improbables, réellement inutiles, parfois pas tant que ça… En plus d’être un terrain d’expérimentation, d’apprentissage et d’exploration, le CES est souvent présenté par ceux qui le vivent (et dont on ne peut percevoir l’intensité qu’en le vivant, disent-ils) comme un voyage initiatique pour « tester les réactions des experts technologiques », « confronter ses innovations au marché », « apprendre l’humilité », « s’offrir une très belle couverture médiatique » et « une opportunité de visibilité internationale », « prospecter du décideur français » (comprendre : avoir accès à de grands patrons français qu’il est difficile de toucher en France, une gageure !) « toucher des décisionnaires », « avoir des rendez-vous extrêmement qualifiés », « se prendre des feedback dans la figure », faire du « networking » dans les salons feutrés des hôtels de Las Vegas où les grands groupes reçoivent en backstage.

« So what ? »

Immanquablement, elles avaient des objectifs à atteindre, certainement des attentes particulières, inéluctablement des appréhensions. Une motivation in fine commune : adresser des investisseurs, des distributeurs, des clients…Et désormais un « after » à gérer : battre tous les contacts à chaud, suivre le process de contractualisation avec chaque contact pertinent. Mais aussi pour certains, amorcer ou finaliser un process de levée de fonds. Pour d’autres, réajuster un prototypage, revoir un business model, étoffer une équipe et … espérer concrétiser très rapidement. Une dizaine d’entre elles ont accepté de se prêter au jeu de l’avant/après. Sous entendu : dans quel état d’esprit étiez-vous avant d’y aller ? Qu’est ce qui a changé pour vous après ?

 

 

Philippe Leca, CEO OnTracks (Marseille) - solution de guidage connecté « intuitif » dans la pratique des sports outdoor

Avant : « Notre histoire est un peu particulière parce qu’elle est courte. Création de l’entreprise en avril 2016, preuve de concept en juillet, depôt de brevet en août, et lancement du design en septembre… et pour notre première exposition au public, le calendrier a choisi le CES de Las Vegas… Il fallait que le proto soit prêt dans les temps, que les moyens de communication soient finalisés, que l’équipe soit étoffée : la sélection pour l’Eureka Park s’est apparentée à la poussée d’une fusée au décollage. Objectif : expliquer notre solution et convaincre les distributeurs et les marques ».

Après : « Nous étions partis avec des convictions, nous sommes revenus avec des certitudes. Entre temps, l’ouragan a sévi violemment pendant trois journées : rythme extrêmement soutenu avec des pitchs et démos. Mais le produit a créé un effet ‘waouh’. Le fait qu’il soit associé à une appli communautaire séduit : les distributeurs veulent passer commande, les marques sont intéressées, des investisseurs viennent à nous. Au delà de nos cibles, des marchés périphériques se confirment. Reste une sérieuse 'to-do list' à dérouler…»

 

Laurent Henocque, CEO de KeeeX (Marseille) - Technologie de sécurisation et gestion des échanges et données

Avant : « C'était notre première participation, donc nous partions un peu à l'inconnu. Il y a donc eu un gros travail d'organisation et de préparation. Nous étions assez sensibles aux problématiques de cybersécurité et de relation en mode speed-dating avec les participants étrangers, deux sujets sur lesquels nous avons été bien préparés par la CCI.

Concernant la relation-client, c'était plus facile que ce que à quoi nous nous attendions. Notre stand était relativement excentré, si bien que les personnes qui nous visistaient le faisaient volontairement. Nous avons donc eu pour l'essentiel des contacts hyper qualifiés, avec du temps pour les recevoir ».

Après : « Notre participation au CES a généré un intérêt extraordinaire et nous revenons avec plus d'une centaine de contacts qualifiés. Nous avons pu également avancer des relations avec des prospects et des grands groupes, qui sont déjà nos clients, mais qui étaient pour certains en délégation (3 à 6 personnes), ce qui nous a permis d'initier de nouvelles relations. L'ensemble conduit à une augmentation, considérable et immédiate, de notre activité ».

 

Vincent Kieffer, BookMyHelo (Marseille) - plateforme destinée à démocratiser l’usage de l’hélicoptère sur les trajets courts (réservation du siège à l’unité à un prix attractif)

 

Avant : « La courte période d'euphorie et de fierté d'avoir été retenue comme la seule startup offrant un service innovant du secteur aéronautique sur l'Eureka Park a vite été submergé par la vague de tâches à accomplir pour transformer cette unique opportunité en moteur de développement. Les échanges directs avec les nombreux visiteurs de tous horizons professionnels sectoriels et géographiques ont validé le concept et sa mise en œuvre ».

Après : « Le CES 2017 était la première étape de notre développement sur le marché où se concentre 60 % de notre activité. L'effet CES commence après le CES et nous intégrons une nouvelle dimension de développement. Nous sommes qualifiés en champion's league ! ». (La société s’apprête à participer à Heli Expo en mars à Dallas et s’implantera aux Etats-Unis dès juillet, où se concentre l’essentiel de son business. Le salon lui a notamment permis de tester « l’endroit où elle veut être »).

 

Yann Frachi, CEO Ironova (Marseille) - bracelet connecté dans l’univers du jeu vidéo

Avant : « J'avais déjà expérimenté le CES en 2016, j'étais donc très enthousiaste avec des objectifs précis : trouver des distributeurs, bénéficier de l'exposition presse et identifier de potentiels financeurs ».

Après : « Nous avons eu la confirmation que notre solution dispose d’un potentiel marché extraordinaire. J’ai fait l’objet d’une interview par TF1 diffusée durant le JT de 20 h. Le CES fut une expérience très riche avec des retombées pour IroNova qui devraient se manifester dès cette année ».

 

Yohann Bohard, innovation & business development manager Genes’Ink, (Rousset) - Procédé d’impression de circuits flexibles, insécables, légers et transparents

 

Avant: « On se disait que c’était le lieu où tous nos clients allaient être présents et que ce temps fort venait couronner des mois de préparation et des années de R&D. Nous nous préparions pour cet événement depuis le mois de juillet ».

Après : « Les résultats en termes de contacts clients et investisseurs ont dépassé nos attentes. Il y a des contacts que l’on ne peut pas avoir autrement qu’en étant au CES. Et on les a eus ! Les demandes de rendez-vous arrivent déjà ».

 

 Françoise Derout, CEO Air Space Drone (Gardanne) - solution d’identification et de sécurisation des drones professionnels.

Avant : « C'est un peu comme entrer dans l'arène sans trop bien percevoir contre qui nous allons diriger nos forces, si nous allons être applaudis ou jetés aux lions. Si nous avons bien conscience que la présélection donne une légitimité à être là, nous ne pouvons en être sûre qu'après nous être confrontés au public ».

Après : « Nous nous sentons adoubés par un public nombreux qui nous a confortés au delà de nos espérances et boostés suffisamment pour tenir toute l'année. Nous sommes convaincus que nous sommes dans la voie d'un succès international. Cela électrise. C’est stupéfiant. Et ça fait un bien fou ».

 

Ludovic Savariello, CEO Wineven (Marseille) - plateforme de coaching sportif multi disciplines

 

Avant : « Il y avait beaucoup de fébrilité et un peu d’appréhension à l’idée ne pas être à la hauteur du rendez-vous. En effet, les startups sont très nombreuses et les idées présentées le sont par milliers ! »

Après : « Une certitude : notre capacité à devenir au niveau mondial le Uber du sport. Tous nos visiteurs nous l’ont confirmé. And so what ? Yes we can ! »

 

Damien Catani, CEO GoalMap (Aix-en-Provence) - application multithématique, permettant de suivre la réalisation des objectifs que l’on se fixe, et de bénéficier d’aide et de soutien pour y arriver

Avant : « Nous étions curieux, légèrement inquiet sur la pertinence de notre participation (software plutôt que hardware) ».

Après : « Fatigué mais très heureux, ravi de la qualité des contacts établis, déterminé à transformer ces belles opportunités ».

 

Pascal Nuti, directeur général Solable (Lambesc) - chauffe-eau thermocyclique permettant économie d’énergie et d’eau

Avant : « Nous y sommes allés avec un produit écolo énergétique et un questionnement : est-il vraiment pertinent dans un contexte consumer electronics ? Il a fallu la force de conviction de Frédéric Guilleux (directeur de développement à l'Europôle de l'Arbois, ndlr) ».

Après : « Qu'allons nous présenter en 2018 ? Comment obtenir un deuxième award ? (Solable avec sa Douche a été deux récompensée par un CES Award de l'innovation, ndlr). Voila, synthétique, isnt it ? »

 

Propos recueillis par A.D

Sur les 23 entreprises qui représentaient le territoire Aix-Marseille-Provence, 14 startups ont bénéficié d'un accompagnement, piloté par les CCI Marseille Provence avec Aix Marseille French Tech, qui leur a permis d'être sélectionnées par le Consumer Technology Association et d'avoir le droit (le terme est choisi tant le CTA exerce une sursélection) d'exposer au sein de l'Eureka Park. En savoir plus : Les clés de l'efficacité de 14 startups provençales.

 

 

 

 

 

 

 

 

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