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04.04.2018 - Investissements étrangers

La Provence, toujours attractive pour les investissements étrangers en 2017 ?

En 2017, les équipes de Provence Promotion ont permis d'emporter la décision d'implantation de 68 nouvelles entreprises. Les sociétés étrangères représentent quasiment la moitié des candidates. Le numérique imprime toujours plus son ancrage. Les projets structurants sont de véritables aiguillons.

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France is back à l’étranger ou plutôt l’étranger is back dans l’Hexagone. Avec 1 298 projets étrangers aboutis en 2017 (+ 16 % par rapport à 2016), dont près d'un tiers pour lesquels il s’agit d’une première implantation, l’Hexagone aura été l'an captif l'an dernier, indique Business France dans son rapport annuel publié ce 3 avril. Après dix années de passage à vide. Effet Macron, entend-on dire déjà,

La Provence n’en est jamais vraiment revenue ou partie, faut-il lire à travers la livraison des résultats pour l’année 2017 de Provence Promotion, l’agence de développement économique métropolitaine, chargée d’aller « chasser » à l'étranger les candidats à l’expansion hors de leur pays de résidence.

Le département (si Provence Promotion est devenue métropolitaine par le biais de la loi NOTRe, son périmètre d’intervention reste celui des Bouches-du-Rhône) a fait aboutir en 2017 68 projets d’investissements, dont 46 % sont le fait d’entreprises étrangères (31 sociétés). « Grâce à cette part des investissements étrangers, nous sommes, parmi les métropoles, la première agence française », restitue d’emblée Jean-Luc Chauvin, président de la CCIMP et de Provence Promotion à l’occasion d’une conférence de presse au Palais de la Bourse à Marseille, tenue le jour même du conseil d’administration de l’agence et en différé de quelques heures par rapport à celle de Business France.

En 2016, les équipes de Provence Promotion avaient permis ce rafler 60 décisions d’investissements, dont 50 % pour le compte d’entreprises hors France. Depuis 2012, localement, la part des entreprises étrangères représente peu ou prou la moitié des projets. L'an dernier, dans le tiercé de tête, derrière les Etats-Unis, invariablement selon les années en haut de l'affiche, pointent l’Allemagne, la Belgique et l’Espagne ex æquo. Ces implantations devraient générer sur trois ans 1 456 emplois et en pérenniser 244.

Projets structurants et filières, principaux acteurs d'attractivité du territoire

Il faut avoir en tête, précise le directeur général Philippe Stefanini, que les entreprises étrangères, et les américaines, sont les plus grands pourvoyeurs d’emplois (56 % des emplois générés en 2017) « d’où l’intérêt d’attirer prioritairement cette cible. Une implantation étrangère est plus souvent stratégique que ne le serait celle d’une homologue française pour laquelle il s’agit souvent de répondre à un développement plus marginale, couverture géographique par exemple ».

« Nous menons à bien un projet d’investissement toutes les deux semaines », se plait à souligner Jean-Luc Chauvin, pratiquant volontiers le benchmark (le territoire a de grandes ambitions) tout en « plagiant » le ministre de l’Économie qui, en présentant le rapport annuel concernant les investissements étrangers dans les locaux du groupe américain Cisco à Issy-les-Moulineaux, avait noté que l’Hexagone avait réalisé l’an dernier 25 projets par semaine.

Dans le détail des enseignements, se distinguent quelques caractéristiques, indique le président de l'agence : « on accueille principalement des implantations nouvelles et peu de reprises, qui sont surtout le fait du Nord de la France où il y a davantage de restructurations à mener ».

Plus intéressant encore, les projets structurants et filières constituent les principaux facteurs d'attractivité du territoire : 96 % des 68 projets aboutis sont dans les 6 filières préférentielles (vers lesquelles la Métropole en tant qu’institution veut concentrer son énergie). « La force du territoire est donc bien dans cette diversité avec notamment les trois écosystèmes singuliers que sont Piicto (écologie industrielle), la plateforme Henri-Fabre (industrie 4.0) et Iter (le programme d’expérimentation sur la fusion nucléaire) », complète Béatrice Aliphat, vice-président de Provence Promotion.

 

Le numérique imprime toujours plus

D’année en année, le numérique imprime plus fortement son ancrage. Les entreprises étrangères ont en effet décidé d'investir en premier lieu dans ce secteur (34 %), devant l’art de vivre (19 %), le maritime et la logistique (15 %). A noter la percée des éco-industries (12 %), effet Piicto, dirait Béatrice Aliphat, en outre conseillère métropolitaine en charge des réseaux d’énergies. Décevant en revanche au regard du potentiel, la mécanique, l’aéronautique et le naval, qui n’ont reçu « que » 6 % des décisions d’investissement.

« Pour attirer ces entreprises, tient à rappeler les efforts nécessaires Philippe Stefanini, il a fallu que nos experts sectoriels aient rencontré « plus de 750 entreprises lors de 82 missions de prospection ». Résultat devant lequel il faut rester humble : 37 projets aboutis. Rassurant « dans un monde numérisé », le contact physique prime sur le virtuel puisque le site internet (38 311 visites) n'a déclenché « que » deux décisions. Sur les 209 projets « apportés » par Business France, 11 ont été transformés. A noter que 18 projets sont le fait de deux de ses programmes (« Start in Provence » dédié aux créateurs de start-up et/ou porteurs de projets) et « Go Between in Provence » (spécifique à la transmission d’entreprises) qui a permis à 9 investisseurs étrangers de racheter des entreprises locales).

 

Proactivité armée

La feuille de route de la porte d’entrée pour les investisseurs étrangers avait déjà été esquissée à l’occasion du changement de gouvernance l'an dernier. « Il est question d’être plus proactif, capitalisant sur notre offre que l’on veut qualifier davantage », assure Béatrice Aliphat.

Les fondamentaux de l’agence demeurent : rendre la Provence visible ; attirer des entreprises-clefs dans les six filières épinglées comme d’excellence (3 000 sociétés identifiées), certaines adossées à de grands projets structurants (TEAM Henri-Fabre, French Tech, PIICTO, Marseille Immunopôle, ITER, Eolien flottant..., ) ; offrir la « meilleure expérience client » avec une offre sur-mesure en termes d’accompagnement dans le foncier (à cet effet a été édité en français et en anglais un inventaire des 46 sites d’implantations classés par sites technologiques mettant en valeur 10 ha de capacités foncières), les recrutements, la relocalisation des conjoints (il existe une série de guides bilingues détaillant les 16 bassins de vie des Bouches-du-Rhône selon son type de famille et le mode de vie souhaité), les méandres administratives et réglementaires...

 

--- A.D ---

*Cofinancée et cogérée par la Métropole Aix-Marseille-Provence et la Chambre de Commerce et d’Industrie Marseille-Provence (CCIMP)

 

Photo : Á l'occasion de la conférence de presse ce 3 avril au Palais de la Bourse à Marseille : Jean-Luc Chauvin et Béatrice Aliphat, respectivement présidente et vice-présidente de Provence Promotion, entourés de part et d'autre de trois entrepreneurs récemment implantées, Pascal Beignon, le directeur du service logistique Europe chez l'indienne Infosys, Panos et Tryfon Antonakaki, cofondateurs de la suisse Multiwave Technologies et Philippe Stefanini (tout à droite), le directeur général de Provence Promotion.

 

 

 

      Les belles prises de 2017

 

Depuis l’implantation du belge Katoen Natie – premier marqueur fort - qui a signé son premier investissement à Saint-Martin-de-Crau en 1998, son second en 2013, à chaque fois par tranche de 100 M€, le territoire a engrangé de belles signatures dont Expedia, numéro un mondial des agences de voyage online avec 200 salariés ou Safran à Istres, où le motoriste tricolore a installé un banc d’essai pour ses moteurs du futur.

En 2017, parmi les choses notables relevées par l’agence : l’extension du site d’Aubagne de l’allemand Sartorius, l’implantation du spécialiste canadien de la  robotique et de l’intelligence artificielle TBC à Aix-en-Provence, de la chaîne internationale de l’hôtellerie espagnole Hoteles à Marseille, du texan Royal White Cement à forte croissance sur le segment du ciment blanc en Arles, ou encore du bostonien Imcheck à l’institut Paoli Calmettes à Marseille.

En 2017, les investissements indiens ont réalisé une belle percée en France (+ 73 %). Marseille a pour sa part accusé réception de l’implantation d’un de ses géants de l’informatique, Infosys, qui a choisi Euroméditerranée pour y implanter son 3e bureau en France, un centre d'innovation et de développement spécialisé dans la logistique. Une décision motivée par la contractualisation d'un « partenariat » stratégique de 7 ans avec le 3e armateur mondial implanté à Marseille CGA-CGM. Il devrait engendrer la création d’une cinquantaine d’emplois.
 Ce centre a naturellement vocation à servir ses clients de proximité – CMA CGM Airbus Helicopters, Gemato … - mais aussi de tête de pont pour l’Afrique, confie Pascal Beignon, le directeur du service logistique Europe chez Infosys.

Parmi les autres belles « prises » figure la société helvétique Multiwave Technologies, qui a installé sa filiale R&D au sein de l’Hôtel Technoptic de Château Gombert à Marseille. La société à l’expertise dans les métamatériaux évolue dans l’univers de antennes IRM ultra haut champ (UHC), lesquelles en permettant une imagerie plus fine et plus rapide peuvent améliorer la qualité de la détection. Sa collaboration étroite avec l’Institut Fresnel sur la recherche en IRM et la décision du Centre de Résonance Magnétique Biologique et Médicale (CRMBM, Aix-Marseille Université-CNRS) de la Timone de se doter d’un scanner (le seul en France avec Saclay) IRM de 7 teslas (contre 1,5 ou 3 teslas à ce jour), ont motivé son choix, explique Panos Antonakaki, économiste de formation et cofondateur avec son frère Tryfon, ingénieur issu d'une filière de mathématique appliquée. L'entreprise exploite une licence exclusive d’un brevet, copropriété du CNRS, de l'université d'Aix-Marseille, de l'Ecole centrale de Marseille et du CEA.

A.D

 

 

 

   Les investissements étrangers en France en 2017

 

Au niveau national, les quelque 1 300 décisions d'investissements enregistrées l'an dernier devraient permettre de créer ou de maintenir 33 498 emplois sur trois ans. La moitié sont des ouvertures de nouveaux sites (+14 % par rapport à 2016). Pour 551 projets, il s’agissait d’extensions d'activité de sites existants (+22 %). 8 % constituent des rachats d'entreprises.

Á noter que les projets de R&D et d'ingénierie ont représenté 10 % des décisions, avec 125 projets (+ 9 % versus 2016), dont 83 concernant uniquement des activités de recherche, effet crédit d'impôt recherche mais aussi la qualité de la recherche académique, est-il argumenté. Les secteurs les plus représentés sont l'industrie manufacturière (742 sur 1 298 projets d'investissements), les services (556 sur 1 298) et les logiciels et prestations informatiques (184 sur 1 298).

Enfin, indique le rapport, l'Ile-de-France attire en moyenne un tiers des investissements internationaux dans l'Hexagone. La région francilienne avec Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie et Grand Est, accueillent plus de la moitié des décisions d'investissement. Cependant, en termes d'emplois créés ou maintenus, les principales régions sont l'Île-de-France (23 % du total national), les Hauts-de-France (15 %), l'Auvergne-Rhône-Alpes (13 %), l'Occitanie et le Grand Est (10 % chacune).

A.D

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

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