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07.10.2019 - International

Brexit : quel impact pour l’économie du territoire ?

Alastair Campbell, ancien spin doctor de Tony Blair est intervenu devant 400 personne le 3 octobre au Palais de la Bourse à l’initiative du Club Marseille Métropole.

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« Brexiter : dire qu’on veut divorcer, puis ne pas partir. » C’est dans un Palais de la Bourse illuminé aux couleurs de l’Union Jack et sonorisé par Help et Let it be des Beatles, que le Club Marseille Métropole a accueilli jeudi 3 octobre Alastair Campbell, ancien communicant du Premier ministre Tony Blair, pour faire le point sur le brexit. Car l’économie provençale va être indéniablement impactée par la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne. « Il est très probable que l’immobilier et le tourisme vont en souffrir, estime Pierre-Edouard Berger, président du Club Marseille Provence. Ce sera sans doute moins le cas pour l’export : en Provence, le marché du Royaume-Uni arrive derrière l’Italie, l’Espagne et même les États-Unis. » En termes de trafic passager sur l’aéroport de Marseille, le Royaume-Uni a atteint l’année dernière la deuxième place, juste après l’Algérie. Et le trafic vers Londres a augmenté de 60 % en dix ans. « Nous sommes farouchement pro-européen, et farouchement pour que vous restiez dans l’Europe, lance Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Marseille-Provence, à Alastair Campbell. Un brexit dur serait l’échec d’une Europe qui n’est pas allée assez loin en termes de fiscalité et de droit du travail communs. Mais la Provence sera une terre d’accueil pour toutes les entreprises qui voudraient se relocaliser, et vous serez toujours bienvenus chez nous. »

« Choisir son propre déclin »
Arrivé le matin même de Londres dans cette Provence où il a « passé trente-huit étés de vacances », Alastair Campbell commence par mettre en garde : « A toutes vos questions légitimes sur les issues possibles du brexit, je répondrai par quatre mots : Je. Ne. Sais. Pas. Nous sommes entrés dans une ère où rien n’est vrai et tout est possible ». Pour l’ancien spin doctor travailliste, le brexit s’apparente à « choisir son propre déclin » et à entraîner, s’il est mené à terme, un éclatement du Royaume-Uni qui se resserrerait sur l’Angleterre et le Pays de Galles. « Quel serait alors notre poids économique et politique ? », s’inquiète le communicant. Pour Alastair Campbell, le brexit est né d’une colère populaire contre la mondialisation et les élites. « Elle n’a rien à voir avec l’Europe, mais avec le crash économique mondial, et le fait que les responsables n’ont pas payé le prix, que les riches continuent à s’enrichir. »

Deuxième référendum
Exploitée par des politiciens populistes, cette colère a été tournée vers l’Europe pour y trouver un exutoire. « Face à cela, il n’y a qu’une réponse possible, plaide Alastair Campbell. Ne pas mépriser les inquiétudes légitimes des citoyens, mais y répondre par des solutions, en regardant le long terme et en cherchant à rassembler la société plutôt qu’à la diviser. » Engagé dans le combat anti-brexit, Campbell, qui a voté pour les europhiles Libdem aux dernières législatives, n’accorde aucun crédit à Boris Johnson et réclame un second referendum. « Je dis que le brexit vendu il y a trois ans n’était pas livrable. Il faut donc revoter sur le brexit que l’on nous propose aujourd’hui. », estime-t-il. Et en cas de nouvelle victoire du leave ? « Je crois que moi et mon chien Skye voudrons passer encore plus de temps en Provence », sourit le Britannique.