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04.01.2017 - Industrial Internet of things (IIoT)

L’onde de choc intelligente qui va révolutionner l’industrie

C’est la (4e) révolution industrielle et culturelle, celle promise par les objets connectés. Quand l’alliance des capteurs, du cloud, des données et des algorithmes intelligents bouleverse la production industrielle... Et soudain, tout devint data...

S’il est un temple pour les objets connectés, un espace-temps où il est possible de capter un instantanée de la lame de fond économique et industrielle que représente l’Internet des objets, un lieu où fourmille un nouvel écosystème que l’on dit prometteur pour l’économie, c’est bien le CES de Las Vegas, qui se déroule en ce moment, du 5 au 8 janvier (cf. CES 2017 : Survivor attitude pour 14 startups)

Depuis deux ou trois ans, les objets connectés y règnent en maîtres absolus. Et les startups composant le millefeuille de ce qui est considéré par de nombreux analystes comme « la prochaine révolution industrielle » (parce que la technologie est en train changer la manière de vivre, de travailler, de se divertir et de voyager, mais aussi de gouverner ou d’interagir avec le monde) y sont, chaque année, plus nombreuses (parmi les stars, les petits poucets français : Sigfox, Netatmo, Withings, Devialet etc. aux côtés des géants industriels qui déploient des solutions pour faire vivre l’écosystème des objets connectés, tels Samsung, avec un système d’exploitation open source Tizen, Huawei avec Lite OS, Google, avec Brillo …).

Pour estimer cette économie émergente qui est en fait celle de la « data » (la vraie révolution n’est-elle pas celle de la science des données générées par les capteurs intelligents, transportées puis exploitées ?), la guerre des statistiques fait rage au sein des cabinets d'étude high tech mais aucune ne converge sur l’évaluation (cf. plus bas).

Et si la plupart des médias préfèrent se focaliser sur les produits connectés destinés au grand public (bracelets, montres, balances et autres objets de quantified self …), ce sont pourtant les solutions industrielles de l’IoT (appelé Industrial Internet of Things, IIoT) qui attirent les investissements (selon Convergence Catalyst, 75 % des 2 milliards de dollars en 2015 ont été consacrés à l’émergence de solutions pour l’IoT industriel). Depuis 2010, quelque 7,5 Md$ auraient été ainsi investis dans près de 900 entreprises.

DÉFI TECHNOLOGIQUE : GLISSEMENT DU PRODUIT VERS L’USAGE

« Aujourd’hui, on assiste à l’émergence de l’IoT dans plein de domaines, de manière parfois désordonnée et incohérente, estime Fabien Aili, responsable Innovation de Docapost, filiale numérique de La Poste, qui s’exprimait à l’occasion de la convention d’affaires Top TIC organisée à la CCI à Marseille.

Son impact peut s’évaluer diversement, notamment dans les industries (gain de productivité, réduction des coûts… ), mais ce qui plus complexe à appréhender se réfère à la mutation d’une économie centrée sur les produits vers les usages. Comment peut-on agréger les usages offerts par des objets isolés les uns des autres pour imaginer les services de demain. Notre enjeu est bien celui là à La Poste : passer du concept d’Internet des objets à l’Internet des services ».

Pour le dire autrement, et raison pour laquelle il est question de « révolution », il s’agit de pousser les entreprises, qui depuis plus de 20 ans, construisent leur stratégie en développant une gamme de services autour de leurs produits, à repenser leur offre de façon à ce que leurs solutions offrent un maximum de valeur (d’usage) à leurs clients. Chose désormais possible si tant est que l’on sache en temps réel traiter et exploiter quantité d’informations sur les pratiques que les clients font des produits.

QUAND L’ALLIANCE DES CAPTEURS, DU CLOUD, DE L’ANALYSE DES DONNÉES ET DES ALGORITHMES INTELLIGENTS BOULEVERSE LA PRODUCTION INDUSTRIELLE

« On commence à avoir une idée plus précise de ce qu’est le smart manufacturing et de la révolution dans les procédés qui l’accompagne : impression 3D, fabrication additive, ingénierie collaborative… l’Internet des objets est à la croisée de tout cela. On sait que le champ des possibles est extraordinaire, avec à la clé, un repositionnement de la valeur ajoutée et une redistribution des cartes sur certains marchés », soutient Stéphane Magana, directeur de TEAM Henri-Fabre, association qui pilote l’industrie du futur sur le territoire.

« Les objets connectés dans l’industrie auront un intérêt, certes dans la sécurité, mais aussi dans la sûreté de fonctionnement des installations, pour améliorer les rendements globaux, augmenter les capacités de production, rendre les usines plus flexibles, améliorer la qualité des produits grâce à un meilleur suivi des process, optimiser les interventions par une meilleure analyse des indicateurs… ».

Dans une étude L’Internet des objets pour définir les stratégies futures des entreprises (Accenture CEO Briefing 2015, en collaboration avec l’Economist Intelligence Unit), 46 % des dirigeants sondés sur les avantages de l’Internet des objets pour leur entreprise citent l’optimisation des actifs, 44 %, la réduction des coûts et 43 %, l’amélioration de l’efficacité opérationnelle.

L'ÉCONOMIE DE LA DONNÉE TOUJOURS EN QUÊTE DE MARCHÉ

« L’Internet des objets n’en est qu’à ses débuts et doit encore bénéficier d’améliorations technologiques (interopérabilité, baisse des coûts, sécurité, etc.) pour attirer massivement les entreprises, pose Jean-Christophe Lecosse qui dirige le Centre national de référence RFID.

 

Aujourd’hui, il y a une imbrication de technologies complexes – big data, cloud, intelligence artificielle…-, mais qui ne forment pas encore tout à fait une solution globale.

Ces technologies vont prendre une nouvelle dimension avec le traitement et l'analyse des données en rendant les services proposés plus pertinents. C’est ce à quoi nous nous employons en accompagnant le secteur industriel à réaliser des PoC (proof of concept). Nous les aidons à définir leurs besoins, à identifier les valeurs ajoutées apportées par les objets connectés et comment ils peuvent les transposer dans leurs processus industriels ».

Créé à Rousset en 2008, à l’initiative de la Direction générale des entreprises (DGE) afin de favoriser le déploiement des technologies sans contact (RFID, NFC), le CNRFID a été retenu dernièrement par le gouvernement pour piloter l’IoT BtoB dans le cadre du plan Macron sur la Nouvelle France industrielle qui flèche les domaines où la France a vraiment une carte à jouer au niveau mondial. L’économie des données (big data, supercalculateurs et cloud computing), les objets intelligents (concentre les plans objets connectés, robotique, réalité augmentée, services sans contact et textiles innovants) et la confiance numérique (cyber sécurité, souveraineté télécom, nanoélectronique, logiciel et systèmes embarqués …), en font partie.

L’une des premières concrétisations dans ce cadre fut la création de ConnectWave, une plateforme d'échanges entre offreurs de technologies (une trentaine à ce jour) et utilisateurs, qui permet de tester concrètement des solutions et des usages dans la maintenance, processus industriels, accès aux lieux et aux données, traçabilité, services client etc. Reconnue comme l’un des trois lieux d’innovation de la French Tech Aix-Marseille mais trop à l’étroit à Rousset, cette vitrine technologique industrielle prendra ses aises d’ici 2017 dans un bâtiment d’Euroméditerranée, sur la place la Minoterie, en face du théâtre, baptisé La Coque, un espace qu sera habité et animé par Aix-Marseille French Tech.

« Pour notre part, on traite deux valeurs sur la chaîne de l'IoT : la capture d'informations par les technologies sans contact et la compréhension des usages. Mais entre les deux, il y a bien d’autres segments : héberger les données (serveurs), les transporter (cf. l'arène des protocoles de communication pour l'internet des objets : LoRa, Wi-Fi HaLow…), les valoriser (applicatifs métiers), et créer du service. Une chose est certaine : plus vous êtes proche du client final, plus il y a de la valeur », explique pédagogue celui qui a travaillé pendant six ans chez Air Liquid puis chez Geodis où il a notamment valorisé les technologies RFID et déployé la traçabilité.  

COMMENT LA FRANCE EST-ELLE DEVENUE L'UNE DES START-UP NATIONS LES PLUS EN VUE DE L'IOT ?

« Nous sommes en effet bien placés, parmi les 5 ou 6 pays les plus avancés en termes de compétences sur l’ensemble de briques nécessaires à la mise en œuvre de la technologie. Nous avons aussi un réseau de PME très riche », assure Jean-Christophe Lecosse.

Sur le potentiel hexagonal et sa place dans le monde, là aussi, les jauges diffèrent. Toutes les évaluations reconnaissent toutefois l’exceptionnelle présence dans l'Hexagone d’acteurs historiques dans la sécurité numérique (Gemalto, Ingenico, Thales…), ou dans la sous-traitance de production électronique et logicielle.

Selon le cabinet d'analyse américain International Data Corporation (IDC) auteur du rapport (publié le 2 novembre) Les pays du G20 et l'IoT : évaluation comparative, la France se hisserait à la 9e place du classement des nations les plus avancées en matière d'IoT. Un palmarès dominé par les États-Unis, la Corée du Sud et le Royaume-Uni.

« La France doit passer la seconde d'un point de vue technologique si elle veut décoller du milieu de peloton. Rares sont les plateformes cloud tricolores qui permettent spécifiquement de stocker les données des objets connectés. L'Hexagone perd donc des points par rapport à des pays comme les États-Unis, dont l'infrastructure cloud dédiée à l'IoT portée par des géants comme Amazon, est déjà solide. La France doit aussi muscler ses dépenses publiques et privées dans le secteur de l'Internet des objets », note le rapport.

Pourtant, les structures d’accompagnement (incubateurs et accélérateurs) et de financement, spécialisées dans l’IoT, se sont multipliées ces derniers temps sur le sol français : Usine IO à Paris, la Cité des objets connectés à Angers, Hardware Club à Paris, qui rassemble plus de 130 start-up des objets connectés du monde entier. Les investisseurs historiques de l’IoT Bpifrance et Sofinnova Partners ont été rejoints par des fonds spécialisés comme C4 Venture ou encore Hardware Club. Engie, La Poste, Orange, Air Liquide ont mis en place des accélérateurs pour startups.

POURQUOI LA PROVENCE EST EN POINTE SUR CES SUJETS

Dans le cadre de la labellisation de réseaux thématiques French Tech, qui visent à « marquer » des territoires en fonction d'expertises spécifiques, 16 territoires sur le thème de l'IoT ont été identifiés en France en juillet dernier. Le pôle de compétitivité mondial SCS (spécialisé dans les solutions communicantes sécurisées), le CNRFID et l’accélérateur TheCamp (campus international d’innovation et de formation sur la ville de demain dont l’ouverture est prévue en 2017) ont obtenu la candidature d’Aix-Marseille French Tech (cf. Les arguments économiques de Aix-Marseille French Tech).

Le poids de l’écosystème local - plus d’une centaine d’entreprises dont 44 startups -, avec une forte différenciation sur l’électronique à ultra faible consommation et sécurisées, les technologies de communication sans fils et le packaging, a joué dans la labellisation. La région bénéficie notamment de l'ancrage de longue date de STMicroelectronics, Gemalto, Orange, IBM, HP… mais aussi d’une myriade de startups pionnières (ASK, Inside Secure, Tagsys, Stid, Innova Card, Newsteo, Editag, ARD, Neowave…), rejoints depuis par de nouvelles pépites (Trusted Objects, Traxens, Novathings, Evertygo, Fenotek, Tick’n’Till, Parkego, IProtego...).

« Ce territoire a une histoire particulière », défend Fabienne de Toma, responsable projets et innovation du Pôle SCS, lequel a publié une étude sur l’IoT avec KPMG en 2016 (perspectives de marché, enjeux technologiques, cartographie des acteurs). « Et surtout, il a une forte différenciation par rapport à l’IoT Valley de Toulouse ou la Cité des objets connectés d’Angers : son expertise dans la sécurité et la couverture de toute la chaîne de valeur, de la puce et du capteur au big data et à l’analyse de la donnée en passant par la connectivité ».

POURQUOI LA RÉGION POSSÈDE UNE FORTE DIFFÉRENCIATION

L’histoire de l’industrie provençale se confond en effet avec celle de la microélectronique à Rousset, avec les leaders du semi-conducteur que furent et sont Atmel et STMicroelectronics, de la carte à puce avec Gemplus devenu Gemalto en 2006, du NFC avec Inside Secure, et du M2M (ou Machine To machine, soit la communication entre machines et l’accès au système d’information via une technologie Bluetooth, RFID, NFC, Wifi, 3/4G).

« C’est en partie pour cela que nous avons choisi les Bouches-du-Rhône pour y positionner le Centre national de référence RFID. 30 % des acteurs français sur ces technologies-là sont sur ce territoire », confirme Jean-Christophe Lecosse, qui ne voit pas de concurrence avec les autres territoires mais des complémentarités :

« La Cité de l’objet connecté se concentre davantage sur les objets connectés grand public et les préséries tandis que nous visons les objets connectés industriels et mettons l’accent sur l’amélioration des processus métier au sein des industries et le développement de nouveaux services. Nous allons pouvoir nous abreuver des innovations grand public issues de la Cité de l’objet connecté pour les présenter aux industries ».

L’ex président du pôle de compétitivité Nov@log reste convaincu qu’« il y a au minimum sur ce territoire une centaine de boîtes capables de se transformer grâce à l'objet connecté. Et ce sont des PME car elles sont les seules à avoir la souplesse et la capacité de réaction pour mettre en place la solution sur un périmètre restreint ».

Pour cela, en plus de la révolution technologique à avaler, il faudra aussi un changement de paradigme culturel pour passer définitivement du produit à l’usage. Selon un principe dont les GAFA – Google, Apple, Facebook, Amazon - ont fait une règle d’or : celui qui maîtrise l’information, maîtrise la valeur !

Adeline Descamps

 

La bataille des chiffres

- Une étude d’IBM évalue le marché de l’IoT à 29 milliards d’objets connectés à l’horizon 2020 dont plus de la moitié serait des objets et équipements du quotidien.

- McKinsey, dans une estimation qui commence à dater (fin 2014), jauge l’impact sur l’économie réelle supérieur à 6 000 milliards de dollars à l’horizon 2025 !

- Gartner estime à 1,414 Md$ le chiffre d'affaires cumulé de l'IoT dans le monde pour 2016 (chiffres de nov. 2015), dont 546 milliards pour les applications grand public et 868 milliards pour les applications d'entreprise.

- En 2015, les entreprises ont dépensé quelque 12 Md€ dans l’Internet des objets (IoT) en France, tous segments confondus (matériel, logiciel, services, réseau, etc.) selon Pierre Audoin Consultant (PAC, groupe CXP) dans une étude réalisée en amont du salon IoT World (23 et 24 mars 2016). Un marché qui devrait s’étoffer de 15 % à l’horizon 2019 pour frôler les 20 Md€.

- Selon ATKearney, l'IoT pourrait créer une industrie de 23 Md€ d’ici 2025 pour la fourniture de composants, équipements, logiciels et services. Mais le plus important réside dans l’impact sur des secteurs comme l’automobile, la santé, les banques ou l’industrie. Par effet de levier, cette révolution aurait le potentiel de générer une richesse supplémentaire de 138 Md€ d'ici 2025, soit 7 % du PIB français.

- L’Internet des objets s’annonce aussi prometteur pour les industriels des semi-conducteurs. Selon IC Insights, il devrait représenter un marché de 31 Md$ pour les puces électroniques en 2019.

- Témoins de l'engouement de ce marché émergent, des levées de fond assez spectaculaires :

Sigfox a levé au total près de 300M€ depuis sa création en 2011, dont 150 M€ en 2016, pour déployer son réseau bas débit dans de nouveaux pays (plus de 28 aujourd’hui).

 Parrot s’est imposé comme un grand acteur mondial sur le marché des drones et a réalisé une augmentation de capital de 300 M€ en 2015.

Devialet a bouclé en décembre 2016 un tour de table record de 100 M€ pour le lancement de ses enceintes audio en Asie.

Netatmo a levé 35 M€ depuis 2013 pour le développement de ses produits pour la maison connectée, et Navya Technology a levé 35 M€ depuis 2015 pour sa navette autonome.

Withings, acteur de la santé connectée fondé en 2008, avait levé 30 M€ et a fait l’objet d’une acquisition stratégique par Nokia en 2016 pour 170 M€.

- Certaines startups ont fait l’objet d’investissement en capital-risque importants : Awox (25 M€), Actility (22 M€), Delair-Tech (14 M€), Sevenhugs (13 M€), Qowisio (10 M€)

- D'autres ont vu leur chiffre d’affaires croître de plus de 800 % au cours des 3 dernières années : BewellConnect, CybelAngel, Famoco, IProtego

 

Ce qui est possible de faire avec l’IoT industrielle et professionnelle

Le CNRFID a publié un ouvrage (Les objets connectés dans le commerce, l’industrie,la santé, les villes et collectivités) dans lequel sont détaillées nombres d’applications dans l’aéronautique, la santé, l’automobile, la santé, le maritime. À parcourir pour se faire une idée du champ des possibles….

Pour son directeur Jean-Christophe Lecosse, le secteur du commerce, notamment des produits textiles, est très avancé sur ces sujets. « Décathlon est sans doute l’un des plus gros projets mondiaux en termes de déploiement de la technologie RFID. Aujourd’hui, la plupart des produits et l’ensemble des magasins de l’enseigne sont équipés. La RFID fait également office d’antivol et permet de faire des inventaires en rayon très rapidement et des passages en caisse à des volumes beaucoup plus importants ».

Le CNRFID, qui préside depuis février 2016 la Commission de normalisation AFNOR/CN IOT, coordonne également le programme européen (financé à hauteur de 3,5 M€) ITGDO (Identification, Traçabilité et Géolocalisation Digitale des Objets) dans le domaine aéronautique et spatial aux côtés d'Air France, Airbus, Airbus Helicopters, Thales Alenia Space, Sagem, Turbomeca, et des PME (Fréquentiel, Nexess, Stid, UbiSolutions et Rhônatec). Les cinq projets ciblés (traçabilité des conteneurs, des outillages, des moyens industriels, des matières premières et des équipements embarqués) doivent aboutir très prochainement à la mise en place de démonstrateurs opérationnels fondés sur des technologies RFID, dont l’objectif est aussi de les rendre disponibles pour d'autres secteurs comme l'automobile.

C’est sur la base de cette expertise que le Centre a été mandaté par l’État en vue de déployer une démarche similaire sur l'usage des objets connectés dans les secteurs de l'énergie et du luxe. Objectifs : identifier les acteurs susceptibles de travailler sur les technologies sans contact, rationaliser les processus industriels et proposer un standard applicatif mondial autour des solutions innovantes mises en œuvre.

 

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