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16.11.2017 - Etude

Chômage : Ce halo qui n’a rien de lumineux

Voilà un phénomène curieusement nommé. Le concept, défini par le Bureau international du travail, désigne les personnes qui sont à la frontière entre l’inactivité et le chômage. Une étude de l'Insee fournit pour la première fois des résultats relatifs à cette notion en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

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Voilà une notion (poétique) dont la réalité (sociale et économique) l’est moins : le halo du chômage. Une notion qu’il faut appréhender avec sa parentèle : le sous-emploi. Ces deux concepts, « inventés » par le Bureau international du travail (BIT), n’ont rien de glorieux ou lumineux. Ils désignent les personnes qui sont à la frontière entre l’inactivité et le chômage, c’est-à-dire celles « sans emplois » qui souhaitent travailler et celles qui, lorsqu’elles sont à temps partiel, désirent travailler davantage.

C’est ce que l’on apprend à la lecture d’une étude, qui vient d’être publiée par l’Insee et à laquelle il faut s’accrocher pour comprendre. Mais les enseignements n’en sont pas moins … étonnants.

Selon le BIT, les personnes qui ne sont comptabilisées ni en emploi, ni au chômage, sont dites inactives.

Une personne se situe dans le halo du chômage si elle est inactive mais souhaite travailler (exemples : être à la recherche d’un emploi sans être disponible ; être disponible et souhaiter travailler mais ne pas rechercher d’emploi de manière active pour autant ; souhaiter travailler, mais n’être ni disponible ni en recherche active d’emploi).

Un individu est en situation de sous-emploi s’il travaille à temps partiel tout en souhaitant travailler davantage (temps partiel subi), ou bien s’il est en activité partielle (anciennement chômage technique ou partiel).

 

141 000 en sous-emploi

Partant de cet état de fait, la région PACA comptait, selon l’Insee, 1 963 000 inactifs (au sens du BIT) en moyenne sur la période 2013-2015, dont 141 000 en sous-emploi, la quasi-totalité d’entre eux occupent un poste à temps partiel et souhaitent travailler davantage et sont disponibles pour le faire, qu’ils recherchent activement un autre emploi (31 000 personnes) ou non (104 000).

La région compte également 2 150 000 sans emploi. Parmi ces derniers, 258 000 sont en recherche d’emploi dont 234 000 sont disponibles et au chômage et 24 000 ne le sont.

Enfin, 1 892 000 ne recherchent pas d’emplois mais souhaitent travailler : parmi ceux-ci, 44 000 sont disponibles et 39 000 ne sont pas disponibles

Récapitulons : si l'on totalise les 44 000 personnes qui se déclarent disponibles et souhaitent travailler mais ne recherchent pas un emploi de façon active (typiquement, des « chômeurs découragés »), les 24 000 individus qui recherchent un emploi mais ne sont pas disponibles (parce qu’elles poursuivent des études, suivent une formation, ou bien gardent leurs enfants par exemple) et les 39 000 qui souhaitent un emploi, mais n’en recherchent pas, car ne sont pas disponibles, on reconstitue ainsi le fameux halo du chômage : soit 107 000 personnes.

 

Quels sont les principaux traits caractéristiques de ce halo en Provence-Alpes-Côte d’Azur ?

Comme au niveau national, pour dix personnes au chômage, on dénombre près de cinq personnes dans le halo.

La part du sous-emploi dans l’emploi total atteint 7,2 %, soit une proportion supérieure à la moyenne nationale (6,5 % sur l’ensemble de la France métropolitaine).

Comme le chômage, ces formes de précarité affectent particulièrement les jeunes. Ainsi, les moins de 30 ans représentent seulement 16 % des actifs en emploi (hors sous-emploi) mais 31 % des personnes dans le halo du chômage et 26 % des travailleurs en sous-emploi. Tandis que les femmes représentent 70 % du sous-emploi et 58 % du halo.

Près de 40 % des salariés concernés sont sous le régime d’un CDD, d’une mission d’intérim, d’un contrat aidé ou d’apprentissage.

Par catégorie socioprofessionnelle, le sous-emploi concerne, sans surprise, majoritairement les employés. Seuls 2,4 % des cadres et professions intellectuelles supérieures sont impactés. Enfin, les plus forts taux de sous-emploi ont cours dans les activités récréatives, culturelles et sportives et dans certains services (un emploi sur cinq).

 

--- Adeline Descamps ---

 

 

 

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