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29.04.2019 - Eolien offshore flottant

FOWT 2019 : La filière réclame plus d’ambition à l’Etat

La 6e édition du Forum sur l’éolien offshore flottant (FOWT) s’est tenue du 24 au 26 avril 2019 à Montpellier.

Sur la photo : Maurice Wolff, membre élu, qui représentait le CCIMP à FOWT 2019.

Quatre régions font cause commune aux côtés des professionnels de la filière pour obtenir de l’Etat une vision à long terme apte à accélérer le déploiement des projets commerciaux sur la Méditerranée et l’Atlantique. 
 

Né à Marseille à l’initiative du pôle Mer Méditerranée, de la CCI Marseille Provence et de France Energie Eolienne, l’événement « Floating Offshore Wind Turbine » (FOWT) dédié à l’éolien offshore flottant, s’est pour la première fois délocalisé en Occitanie, à Montpellier, du 24 au 26 avril. Plus de 800 participants de 25 nationalités (fournisseurs, acheteurs, investisseurs…) ont témoigné de leurs expériences et partagé leurs expertises au travers des conférences, tables rondes et espaces d’exposition. Ce transfert provisoire dans l’Hérault n’est pas un simple symbole. Le secteur est aujourd’hui porté par quatre régions, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie, Bretagne et Pays de Loire, déterminées à faciliter le déploiement de projets sur leurs façades maritimes respectives. En Occitanie, 230 millions d’euros sont investis à Port-la-Nouvelle pour agrandir et aménager les infrastructures nécessaires (quais, bassins…) à l’accueil et la logistique des projets qui vont émerger au large de Leucate/Port Barcarès et Gruissan (Eolmed et « Les Eoliennes du Golfe du Lion). Dans les Bouches-du-Rhône, Provence Grand Large prévoit la réalisation à 17 km des côtes de Port-Saint-Louis-du-Rhône de trois éoliennes flottantes de 8 MW chacune. L’enquête publique a eu lieu l’automne dernier pour ce projet évalué à 200 millions d’euros. Et sur la côte atlantique, un prototype, Floatgen, tourne déjà depuis septembre 2018 près du Croisic. Les quatre fermes-pilotes totaliseront 24 MW chacune de puissance en 2021. 

Rester dans le peloton de tête
Si les quatre régions font ainsi cause commune, allant jusqu’à s’engager sur l’organisation d’un colloque international unique en 2020 sur le territoire français, c’est parce qu’elles souhaitent être bien mieux entendues dans leur promotion de l’éolien flottant aux côtés des entreprises. Dans sa Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE), l’Etat a adopté des orientations et objectifs qui leur paraissent en-deçà des potentialités de production d’énergie par l’éolien marin.  En Europe, en Asie, des projets de parcs éoliens à vocation commerciale et non plus expérimentale se concrétisent (18 GW en service dans les eaux européennes à fin 2018 selon France Energie Eolienne). La France où plusieurs sociétés font office de pionnières pourrait prendre du retard. Les acteurs de la filière se refusent à cette éventualité. Cette 6ème édition de FOWT, soutenue par le ministère de la Transition Ecologique et Solidaire, s’intitulait « Floating 3.0, vers les 1er GW ». 

« L’enjeu est désormais de démarrer, de délivrer vite et de gagner la course à la compétitivité, explique Jean-Luc Chauvin, président de la CCIMP. Cela implique des investissements lourds difficilement amortissables par la filière sur de faibles volumes. Nous appelons donc à la poursuite du soutien massif de l’Etat au travers de volumes significatifs capables de fournir à la profession la visibilité nécessaire au développement ». Une revendication appuyée par France Energie Eolienne et ses 300 membres qui soutiennent qu’avec 3 500 km de côtes et le 2ème gisement de vent en Europe, « les opportunités françaises constituent un véritable réservoir de croissance et d’emplois. Cela doit se traduire par une augmentation des objectifs pour l’éolien en mer dans le projet de PPE pour 2018-2028 ». Pour l’heure, l’Etat prévoit 1 GW installé en 2024 en éolien flottant. Les Régions auxquelles se sont adjointes fin mars la Nouvelle Aquitaine et la Normandie réclament 2,25 GW à cette échéance et un rythme annuel d’au moins 1 GW par an pour la programmation d’appels d’offres posé et flottant. Les professionnels du secteur revendiquent que ce rythme grimpe à 1 500 MW par an attribués à compter de 2025. 


Attraits significatifs en Provence
L’aire métropolitaine marseillaise dispose des atouts pour contribuer à cette expansion. Le foncier et les infrastructures du Grand Port Maritime de Marseille à Fos, les capacités de raccordement au réseau électrique, le site d’essais « Mistral », des entreprises aux technologies reconnues à l’international… Encore tout récemment, le Pôle Mer a été lauréat de deux appels à projets « Energies Durables » de l’ADEME, ECOSYSM-EOF et ORNIT-EOF, destinés à étudier les interactions entre éoliennes flottantes et écosystèmes marins et avifaunistiques dans le Golfe du Lion pour préciser les impacts écologiques et apaiser les inquiétudes des pêcheurs ou des défenseurs de l’environnement.