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27.04.2018 - Eolien offshore flottant

Une nouvelle filière s’esquisse à l’horizon

Marseille a accueilli du 25 au 27 avril 2018 plus de 800 experts de l’éolien offshore flottant, en provenance d’une vingtaine de pays. Les projets se précisent en Europe, en Asie et en Amérique. La Méditerranée aura sa part, avec des entreprises régionales qui s’inscrivent dans les bons courants.

Dans quelques jours, Ideol, basée à La Ciotat, mettra à l’eau sa structure flottante « Floatgen » construite à Saint-Nazaire pour la première ferme pilote française près de l’île de Groix, dans l’Atlantique. L’entreprise qui se déploie parallèlement en Asie a quasiment pu faire coïncider cet événement majeur pour ses activités avec le colloque « FOWT » tenu à Marseille du 25 au 27 avril sur les perspectives commerciales de l’éolien offshore flottant. Elle a néanmoins profité de promouvoir son savoir-faire auprès de 800 participants de 20 pays, avec des délégations de Norvège, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, du Japon et des Etats-Unis. « Aujourd’hui, l’enjeu le plus crucial repose sur la capacité à construire et s’appuyer sur une filière performante pour faire baisser les coûts » explique le président de la société, Paul de la Guérivière. Si les projets en cours de développement doivent expérimenter différentes solutions, à l’image des trois programmés en Méditerranée entre l’Occitanie (Gruissan, Leucate) et la Provence (Provence Grand Large), les acteurs du secteur espèrent que l’Etat donnera rapidement l’impulsion pour le lancement de fermes commerciales.

Offrir une visibilité

« La France a un intérêt stratégique à diversifier ses sources d’énergie et l’éolien offshore flottant lui fournit une solution, confie le président de France Energie Eolienne, Olivier Pérot, au nom des 300 professionnels de sa fédération. Des métiers se créent chaque année dans la filière. Il faut oser fixer un calendrier ambitieux ». « On peut s’employer à identifier les zones à vocation d’éolien flottant dès l’été prochain pour que les appels d’offres commerciaux soient envisageables début 2019, renchérit le directeur du pôle de compétitivité Mer Méditerranée, Patrick Baraona. Nous avons déjà réalisé une cartographie des acteurs industriels susceptibles d’intervenir sur les projets, ceux qui ont déjà une expertise maritime, mais aussi ceux qui peuvent s’y diversifier. Nous avons organisé des ateliers d’information, des journées techniques, pour sensibiliser les entreprises. Maintenant, il faut avancer ! ». Pour Maurice Wolff, vice-président de la CCI Marseille Provence, « l’éolien flottant est une filière d’avenir. Les sociétés ont besoin de visibilité sur le marché et ces appels d’offres contribueront à la leur donner en maintenant la continuité de cadence avec les sites pilotes comme Provence Grand Large qui devrait démarrer en 2020 sur le site de Faraman, dans le golfe de Fos ».  Au nom du Conseil régional, Philippe Maurizot s’est engagé à tout mettre en œuvre pour que le territoire bénéficie des retombées économiques dans la mesure où les machines qui iront produire au large doivent être construites et assemblées de préférence à proximité de leur point d’implantation. « Notre région peut devenir la base industrielle de l’éolien offshore flottant » assure-t-il, convaincu que le Grand Port Maritime de Marseille pourra y gagner un nouvel axe d’expansion. Des pistes pourraient être annoncées à l’automne, la concurrence pointant en Occitanie sur Port-la-Nouvelle qui a entamé les procédures administratives et juridiques pour l’aménagement d’une plate-forme dédiée.

Entreprises en attente

Sur l’espace d’exposition du Pharo, outre les « grands » comme EDF, Engie, RTE ou Siemens, de nombreuses PME, souvent régionales, ont affirmé être prêtes à apporter leurs compétences, depuis l’amont de la chaîne (ingénierie, études) jusqu’à l’aval (maintenance, services…) : Eolfi, Jifmar, Comex, Subsea Tech… « Nous disposons d’une offre complète mais aussi de retours d’expérience avec plus de 500 systèmes flottants déployés dans le monde » indique ainsi Stéphanie St Hill, responsable du développement commercial « énergies renouvelables » de SBM Offshore qui a intégré le consortium mené par EDF pour Provence Grand Large. Employant 80 personnes en France, Principia, basée à La Ciotat, fournit son ingénierie à de nombreux projets d’éolien flottant dans l’ancrage des flotteurs, les connexions des câbles électriques, la résistance des installations à des conditions extrêmes... « Nous investissons pour décliner nos méthodes dans l’exploration pétrolière et gazière dans l’éolien offshore flottant, souligne Benoit Chassé, chef de projet et responsable du développement. Nos connaissances techniques et normatives aident les opérateurs à choisir les solutions les plus fiables et compétitives dans le respect des règlementations ». L’éolien flottant reste encore très coûteux dans un monde de l’énergie en plein bouleversement. Mais pour Olivier Pérot, dans une décennie, il aura rejoint les performances de l’éolien posé…