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30.05.2018 - Entreprises

Business Transfer Forum : la transmission d’entreprise, un enjeu majeur pour le territoire

Plénière, ateliers et rencontres avec les acteurs de la transmission. La 1ère édition du Business Transfer Forum, organisée ce 29 mai au Palais de la Bourse par les équipes de Jean-Luc Chauvin, a permis de mettre en lumière le marché de la reprise d’entreprise.

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Pour changer de vie, la création d’entreprise s’avère être une alternative séduisante, certes. Mais il en existe une autre qui peut offrir bien plus de garanties de réussite : la reprise d’entreprise. Un acte de création dans le cadre d’un modèle économique validé et durable. Pour mettre en lumière le potentiel de ce marché, la Chambre de commerce et d’industrie Marseille Provence (CCIMP) a organisé la première édition du Business Transfer Forum, mardi 29 mai, réédition plus complète des Nocturnes de la transmission qui avaient lieu au Palais de la Bourse, organisées depuis douze ans.  « Nous avons voulu mettre en place un format plus large, pour inclure l’ensemble des acteurs liés à l’interprofessionalité de la transmission d’entreprise. En faisant un focus sur l’accompagnement, ce qui correspond à l’attente des repreneurs et des cédants, puisqu’on sait qu’aujourd’hui, un tiers des cédants ne se préoccupent pas en amont de la transmission de leur entreprise, explique Catherine Gineste, responsable de la mission entreprenariat à la CCIMP. 

La pédagogie était donc le maître mot de cette journée, au cours de laquelle cédants et potentiels candidats au rachat ont pu s’informer. La plénière d’ouverture, introduite par Delphine Defrance, vice-présidente CCIMP déléguée au Business et à l’Innovation, a permis de poser le cadre, à l’heure où le marché connaît une légère reprise, après quatre années de baisse. Depuis l’année dernière, les indicateurs sont favorables à la transmission, sur des sociétés en prix de cession entre 2 et 50 millions d’euros. « Les taux sont encore bas, on prête aujourd’hui autour de 1,20%-1,50%, explique Fabienne Hanras, déléguée régionale du CNCFA, le syndicat des professionnels des fusions et acquisitions. « On comptabilise à peu près 81000 sociétés au niveau national qui ont entre 20 et 249 salariés et entre 2 à 50 millions de chiffre d’affaires. Et sur celles-ci, 4500 ont été vendues l’année dernière, dont ¼ en transmission familiale, et les autres ¾ en transmission externe ». 

La valeur de l’entreprise ou comment vendre au juste prix
 

L’occasion aussi de donner quelques conseils stratégiques pour éviter les pièges. Michel Ibanez, membre de la Commission Régionale des Commissaires aux Comptes d’Aix-Bastia, insiste sur l’évaluation de la valeur de l’entreprise, mettant en exergue un point souvent oublié : l’immobilier. « La valeur de l’immobilier peut être supérieure à celle de la société et dans ce cas elle devient incessible en l’état. Il faut donc organiser la séparation et cela demande du temps, et a un coût fiscal et juridique. » Jean-Louis Arnoux a vendu sa société de construction mécanique et chaudronnerie il y a quelques mois. Il a été accompagné dans sa démarche par la CCIMP. Lui, insiste sur la notion d’anticipation : « On peut sous-évaluer ou sur-évaluer, il est donc nécessaire de mettre en place des outils de mesure précis et bénéficier de conseils performants et percutants pour arriver à la vente idéale pour le vendeur et l’acheteur. Il ne faut pas oublier que derrière il y a aussi des salariés ». 

Cette dimension humaine de l’entreprise ne doit pas être négligée. Cela passe par un « audit social pour étudier les forces et les faiblesses de l’entité, explique Jean-Maurice Saal, membre associé de la CCIMP. Valoriser le capital humain permet d’identifier les compétences de l’entreprise. Il est important de déceler les compétences individuelles et collectives, étudier la population salariale, la parité homme-femme, l’âge, identifier les collaborateurs clés, mesurer la résistance aux changements… ». 

L’aspect humain dans une phase de reprise d’entreprise est essentiel.  « Il joue à plusieurs niveaux, pour remporter la décision du cédant. Quand on est nouveau dans l’entreprise, il y a une phase d’adaptation nécessaire car les salariés peuvent être inquiets », témoigne David Cadenet, gérant de la société Baies du Soleil, spécialiste de l’assainissement (Gémenos) 

Il a repris cette entreprise au début de l’année, « pour gagner du temps », mais « le processus ne s’improvise pas, il faut aussi se former et bien s’entourer ». Même constat pour Guilhem De Nuce, nouveau directeur général d’Atec (techniques de serrage-outillage hydraulique à Port-de-Bouc). « C’est le seul moyen pour arriver au bout, avec de la ténacité aussi », sourit-il. 

Cette mise en relation à travers le Business Transfer Forum permet d’améliorer la visibilité et l’accessibilité de l’offre, quand encore trop de confidentialité entoure ce marché. L’accompagnement à tous les niveaux est donc une condition sine qua non pour réussir une transmission d’entreprise. Elle représente un enjeu majeur en région : 28 % des entreprises régionales, dont dépendent 283 648 emplois, seront concernées par la transmission d’ici 2023. 

La 1ère édition du Business Transfer Forum était organisée par la CCI Marseille Provence avec le soutien de l’Europe, la Banque Postale, la Compagnie Nationale des Conseils en Fusions et Acquisitions et la Compagnie Régionale des Commissaires aux Comptes, et en partenariat avec la Métropole Aix-Marseille-Provence.