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08.05.2016 - Entreprises

Apprentissage : 300 contrats à saisir en trois heures

Pour la 4e année consécutive, les CCI de France organisent la Semaine nationale de l'apprentissage du 9 au 13 mai, quatre jours au cours desquels auront lieu plus de 200 évènements. Dans les Bouches-du-Rhône, il y aura 300 contrats à saisir le 11 mai directement auprès des entreprises.

300 contrats, 3 heures, le 11 mai. C’est une des opérations montre-en-main proposées par la CCI Marseille Provence dans le cadre de la Semaine nationale de l'apprentissage au sein des locaux du Groupe École Pratique. Les candidats à l’apprentissage pourront alors postuler en direct auprès d’entreprises en phase de recrutement de contrats d’apprentissage et de professionnalisation. Au préalable les jeunes postulants à l’apprentissage pourront aussi aiguiser leurs arguments dans une séance de préparation aux entretiens (cf. encadré, plus bas).

Si l’apprentissage fait l’objet d’une mobilisation des politiques publiques (l’objectif du gouvernement de former 500 000 apprentis d'ici à 2017 a été réitéré fin avril par Myriam El Khomri à l’occasion de nouvelle campagne d'information lancée par le ministère du Travail), le nombre de contrats signés dans le cadre de cette formule qui a pourtant les faveurs de l’entreprise ne cesse de glisser vers le fond.

En région PACA, dont le nouvel exécutif a récemment annoncé une enveloppe de 166 M€ fléchée vers l’apprentissage, son emploi est passé d’un peu plus de 20 000 contrats en 2008 à 18 005 en juillet 2015, selon les données de la Direccte et de la Dares, le service des études du ministère du travail. Avec un sévère décrochage depuis 2013 (plus de 1 000 contrats en moins).

677 contrats signés en PACA, à février 2016

Avec ses quelque 18 000 engagements, 2015 marque toutefois une légère amélioration (de 0,7 %), comparé aux 17 881 enregistrés sur la campagne de juillet 2014 à février 2015. Le département du Vaucluse assure la meilleure performance de l’ensemble régional (+ 4,4 %), loin devant les Bouches-du-Rhône avec sa croissance de 1,3 %. Ailleurs, c’est au moins, la stabilisation, au pis, la nouvelle dégringolade.

À février 2016, 677 entreprises régionales avaient signé pour accueillir dans leurs murs un apprenti sur les 7 146 en France métropolitaine (+ 2,7 % au niveau national, en cumul sur un an entre juillet 2014 à février 2015).

Dans un marché du travail tendu, qui exclue ses jeunes mais rencontre des tensions criantes dans certains métiers, le faible recours à cette filière de formation interroge, notamment au vu de ses résultats officiellement proclamés par les services publics : « Dans 7 cas sur 10, après un apprentissage on trouve un emploi dans les six mois, bien plus que d’autres modes de formation. 3/4 des apprentis ont l’impression d’être employés à leur niveau de compétences ou dessus. L’apprentissage, c’est une arme contre le chômage des jeunes mais c’est aussi le point de départ d’une carrière en entreprise », déclare le Ministère du Travail.

Le grand paradoxe de l’apprentissage

C’est une autre exception française : des effets sur l’emploi réels, une importante contribution publique (1,9 Md€ par l’État, 2 Md€ par la région, dernières données disponibles) et privée (3,7 Md€ par les entreprises, auxquelles sont reversées 1,6 Md€ en aides et primes) mais une désaffection croissante.

À la CCI* Marseille Provence, qui gère à la fois un Centre de formation d'apprentis (CFA pour le compte de 3 autres chambres consulaires, Nice Côte d'Azur, Pays d'Arles, Var et celui des associations des écoles de commerce Kedge et Skema) ainsi qu’une une école (Groupe École pratique), on explique que le problème est principalement « culturel » : une méconnaissance du dispositif de part et d’autre, avec des clichés entretenus des deux côtés : une voie de garage exclusivement réservée à l’artisanat pour les jeunes, un coût onéreux pour les entreprises alors qu’elles bénéficient d’exonérations de cotisations voire de salaires (cf. encadré). Et aussi, des démarches administratives qui rebutent.

Le taux de réussite moyen aux examens serait pourtant de 85 % et le taux de placement en entreprise de 80 % selon la CCI Marseille Provence.

Plébiscité dans l’enseignement supérieur

Autre incongruité : si le nombre d'apprentis en formation ne cesse de baisser en France, dans le même temps, l'apprentissage dans l'enseignement supérieur ne cesse de faire des émules depuis 1987, date de son ouverture. Ils étaient 34 % en 2014, soit 6 points de plus qu’en 2011. En 2014, 46 % des nouveaux apprentis étaient titulaires d’un diplôme de niveau baccalauréat ou du supérieur, soit 2 points de plus par rapport à 2013 et 8 points de plus par rapport à 2011. À l’inverse, 32 % des nouveaux apprentis en 2014 n’avaient ni diplômes ni titres professionnels (ils étaient 43 % en 2011). Par ailleurs, 6 % des nouveaux ingénieurs ont été embauchés à l’issue de leur apprentissage selon la dernière enquête sur l'insertion des jeunes diplômés.

Autre enseignement, les entreprises de moins de 50 salariés restent à 74 % les plus utilisatrices du dispositif. Les secteurs du tertiaire (56 %) et de l’industrie (22 %), les plus adeptes.

Enfin, par régions, c’est l’Alsace qui est la championne du recours à ce mode de formation, mesuré par son évolution du nombre d’entrées en apprentissage entre 2009 et 2014 (+ 20 %), devant l’Auvergne (évolution entre 10 et 20 %). Provence-Alpes-Côte d’Azur s’inscrit dans un tendance baissière (de – 10 % à 0 %). Un bien commun qu’elle partage cette fois avec Rhône-Alpes.

A.D

* Les CCI sont habilitées à collecter la taxe d'apprentissage et à ce titre, elles enregistrent un contrat d'apprentissage sur deux (aux côtés de la Chambre des métiers).

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Apprentissage, mode d’emploi

Dans le cadre d'une formation en alternance, deux types de contrats s’offrent aux entreprises : le contrat d'apprentissage et le contrat de professionnalisation, selon les publics ciblés.

Le contrat d’apprentissage, dans le cadre de la formation initiale, s’adresse aux jeunes de 16 et 25 ans. Le contrat de professionnalisation, dans le cadre de la formation continue, vise les jeunes âgés de 16 à 25 ans ; les demandeurs d’emploi et âgé de 26 ans et plus ; les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA), de l’allocation spécifique de solidarité (ASS), l’allocation adulte handicapé (AAH) ou d’un contrat unique d’insertion (CUI).

La durée de l’apprentissage varie en fonction du contrat choisi :

- de 6 mois à 4 ans pour un contrat d’apprentissage ;
- de 6 mois à 12 mois règlementairement pour un contrat de professionnalisation, voire 24 mois par accord de branche.

Après avoir fait votre choix, adressez-vous à la chambre consulaire dont vous dépendez (Chambre de commerce et d'industrie si votre entreprise est immatriculée au registre du commerce et des sociétés ; Chambre des métiers et de l'artisanat si votre entreprise est inscrite au répertoire des métiers ; Chambre d'agriculture si vous souhaitez embaucher un apprenti relevant de la MSA).

Pour le recrutement d'un salarié en contrat de professionnalisation, adressez-vous aussi à votre OPCA (Organisme paritaire collecteur agréé), auquel votre entreprise verse annuellement la contribution formation. Si aucun OPCA n'est désigné dans votre convention collective, vous pouvez devenir client de l'un des deux OPCA interprofessionnels : AGEFOS-PME ou OPCALIA.

Les aides

 

 

Les TPE (moins de 11 salariés au 31 décembre 2014) qui embauchent un jeune apprenti de moins de 18 ans (à la date de la conclusion du contrat) bénéficient d’aides et exonérations (Cf. Apprentissage : Les TPE ne paieront ni salaires, ni cotisations et Pour une embauche au SMIC, 100 % de cotisations patronales remboursées).

Il existe aussi un crédit d’impôt apprentissage : il concerne les JEI (jeunes entreprises innovantes ; les entreprises emplantées en ZFU ou en Corse et les entreprises nouvelles). Seuls ouvrent droit au crédit d'impôt les contrats des apprentis en première année du cycle de formation, qui préparent un diplôme de niveau inférieur ou égal à BAC+2 (niveau III).

Toutefois, et ce, quel que soit le diplôme préparé, le crédit s'applique aussi pour des apprentis qui bénéficient de l'accompagnement personnalisé et renforcé prévu dans le cadre du Contrat d'insertion dans la vie sociale (CIVIS) ; des apprentis reconnus comme travailleurs handicapés ; des apprentis employés par une entreprise portant le label Entreprise du patrimoine vivant ; des apprentis dont le contrat d'apprentissage est signé à l'issue d'un contrat de volontariat pour l'insertion.

Quelle rémunération ? 

Plus d'infos sur cette page dédiée : Apprentissage : Quelles aides à l'embauche ?

 

Café-coaching et job dating le 11 mai

À l’occasion de la Semaine nationale de l'apprentissage du 9 au 13 mai, la CCI Marseille Provence propose une journée entièrement dédiée aux candidats à l'alternance le 11 mai au Groupe École Pratique.

De 10 h à 12 h : Café-coaching pour préparer les aspirants apprentis aux entretiens de présélection.

Trois ateliers leurs seront proposés : « Conseils sur l'Alternance », « Mon choix d'orientation » et « Booster ma candidature pour trouver mon entreprise ».

De 14 h à 17 h : Job dating avec 300 contrats à pourvoir et la possibilité de postuler en direct auprès d'entreprises en phase de recrutement d'alternants

Cette opération est organisée par le Point A Apprentissage de la CCI Marseille Provence, le Groupe École Pratique, le CFA régional interconsulaire Méditerranée, la Chambre de Métiers et de l’Artisanat des Bouches-du-Rhône, la Place Pro UPE13, la Fédération du BTP.

Plus d'informations sur : www.groupe-ecolepratique.com