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04.12.2015 - Entreprises

Digitalisation des entreprises : Être ou ne pas être 2.0

Google veut être un accélérateur de la numérisation des entreprises provençales et au-delà de toute la communauté française. Comment faire en sorte que les entreprises appréhendent le numérique comme un axe stratégique d’évolution ? En partie par une révolution culturelle.

Google « likes » Marseille. Ou plus précisément Nick Leeder, le patron de Google France, un Australien s’exprimant dans un français impeccable, aime manifestement la ville du Sud de la France. C’est bien à Marseille que le géant de Mountain View avait initié en 2012, allié à la CCI Marseille Provence, son travail d’évangélisation auprès de la communauté des patrons de TPE et PME ainsi que des artisans et commerçants pour les convertir aux outils numériques en expérimentant en version pilote le programme « Google pour les pros ». Un dispositif basé sur des coaches déployés sur le territoire à la rencontre des entreprises pour délivrer conseils et pratiques.

La formule a ensuite été dupliquée ailleurs en France, où auraient déjà été formées 50 000 PME selon Google, qui se fixe un objectif de 200 000 entreprises sensibilisées dans une quarantaine de villes d'ici la fin de l'année. 

C’est aussi à Marseille, ou plus précisément dans les 18 communes qui compos(ai)ent la communauté urbaine, que le moteur de recherche le plus cité au monde, associé cette fois à la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole, a lancé en juin dernier l’application « Google Transit », limitée jusqu'alors aux villes intra muros. Une fonctionnalité permettant à tous les internautes, depuis leur ordinateur ou leur smartphone, d’optimiser leurs trajets en transport en commun (trouver les arrêts les plus proches, des recommandations d’itinéraires, durée des différentes options de trajet etc.).

Le projet, disait alors l’exécutif France de l’entreprise californienne, « s’inscrit dans une démarche plus large de Google pour soutenir la transformation digitale du territoire Aix Marseille Provence avec l’appui des acteurs institutionnels et économiques ».

Facilitateur de la numérisation des entreprises

Nick Leeder ne desespère donc pas de connecter qui doit l’être. Il l’a répété à l’occasion de la journée « Google pour les Pros @Marseille » le 3 décembre (une journée organisée sous forme de formations collectives, ateliers thématiques*, diagnostic et coaching personnalisés avec des experts Google et d’agences régionales, cf. encadré) : « On espère que Google soit un moteur de la transformation numérique à Marseille ».

Et à cette occasion, le dirigeant a récidivé dans les exclusivités en annonçant cette fois le lancement d’une formation en ligne, gratuite et certifiante à l’aide de 89 cours et 6 heures de formations en vidéos regroupés sous 23 thématiques, qu’il s’agisse de créer un site Internet, de gérer sa présence sur les réseaux sociaux, de mesurer son audience ou de développer son offre e-commerce.

Indice de maturité numérique faible

« Bien sûr, pour se digitaliser, il faut pouvoir se doter de compétences pointues. Nous disposons déjà d’une palette d’outils et nous sommes en train de déployer plusieurs services en ligne, que nous souhaitons accompagner de certifications. Le partenariat avec Google France va nous permettre de démultiplier cette offre d’accompagnement, et de toucher encore plus de professionnels », assure Jean-Daniel Beurnier, vice-président de la CCI Marseille Provence, qui intervenait dans la conférence d’ouverture sur les enjeux du numérique pour l’entreprise.

Le PDG d’Avenir Télécom (168,6 M€ clôturés en mars 2015) alerte, s'appuyant sur les données d’une étude publiée en septembre 2014 par Roland Berger en collaboration avec le pôle de compétitivité Cap Digital (et le soutien de Google France) : 

« On constate encore en France un fort décalage entre la pratique numérique des professionnels et les attentes de leurs clients : 59 % des Français achètent sur le web mais seulement 11 % des entreprises françaises vendent en ligne ! Parallèlement, 80 % des commerçants indépendants n’envisagent pas de créer un site de promotion, privilégiant encore la presse gratuite ou l’annuaire papier. Dans l’industrie, les fonctions support sont digitalisées, les infrastructures sont bonnes… mais les solutions de gestion de contenu sont peu exploitées : pas de progiciel de gestion intégré, ni de logiciel de relation client. Et 20 % des PMI n’ont aucun logiciel sur leur activité de production… »

Paradoxes bien français

Retard sur les usages, attentisme à l’égard d’une transformation protéiforme, exploitation basique, appréhension à l’égard des outils, investissements faibles en compétences ... énumère en effet l’étude. Globalement, les entreprises françaises présenteraient un indice de maturité numérique très faible.

Le décalage des entreprises par rapport aux attentes des consommateurs est probant : les usages Internet des particuliers sont ainsi entre 6 et 19 points au-dessus de la moyenne européenne quand ceux des entreprises sont jusqu’à 10 points au-dessous de la moyenne de l’UE.

Si les enjeux liés à la transformation numérique sont identifiés, ils sont faiblement traduits en stratégie et ne se concrétisent pas par des investissements en compétences : « 52 % des entreprises n’ont recruté à ce jour aucun spécialiste du numérique, et dans la plupart des entreprises, moins de 10 % des salariés a suivi une formation numérique », posent les auteurs du diagnostic. 

De même, l’adoption d’usages avancés reste faible, la majorité se contentant d’un socle d’usages extrêmement basiques (usages email et web, compétences limitées, organisation « classique »).

Manque à gagner 

Au rang des freins évoqués pour justifier leur « non implication » : les coûts induits (62 % d’entre elles), la résistance au changement (52 %) et la technicité requise.

« C’est un manque à gagner certain pour les entreprises françaises, affirme l’étude : le consommateur français se tourne déjà bien plus que ses homologues britannique et allemand vers l’achat en ligne à l’étranger du fait d’une probable absence d’offre adéquate de la part des entreprises françaises. »

A.D


*Faire son diagnostic et se former en ligne avec Google pour les Pros; Etre présent en ligne avec Google My Business; Augmenter sa notoriété avec la vidéo en ligne, avec Google Display Network et YouTube; développer sa clientèle grâce à Internet avec une campagne Google AdWords; Évaluer la performance de sa stratégie digitale avec Google Analytics; Gagner en productivité grâce à Google Apps for Work....

 

Le numérique ? Ils témoignent ...

Luc Tordjman, cofondateur d’une société de vente en ligne de produits du terroir Le Bon Zeste, (Marseille) : « Le numérique permet d’être visible tout de suite, exister instantanément auprès de la cible du consommateur, qui devient de fait captif. Ouvrir un point de vente physique avec des services associés en complément de notre site e-commerce est désormais envisageable ».​

Yann Lepage, cofondateur d'un site qui propose l’entretien de sépultures En sa mémoire (Cadolive) : « Le numérique permet de parler à des personnes qui ne savent pas que l’on existe ! de toucher notre client où qu’il soit, et de changer l’image de l’univers funéraire ultra tabou. Si nous avons bénéficié d’un reportage au journal télévisé de 13h sur une chaîne de grande audience, c’est uniquement parce que nous sommes hyper actifs sur le web ».

Loïc Lagarde, Santé Discount (Toulouse) : « Le digital offre l’opportunité à une petite entreprise d’avoir la même place qu’une grande et de se nicher là où il y a des boulevards à exploiter. Il y a des quantités d’outils à explorer. On ne construit pas une maison avec un seul marteau ».

Propos recueillis par A.D

 

Google, partenaire particulier des web agencies

Chez Darwin, une web agency installée à Aix-en-Provence depuis 2003, 30 personnes affinent quotidiennement la stratégie digitale de plus de 300 clients de tous secteurs (Adecco, Darty, Petit Bateau, Autogrill, Clarins, Kiabi, Préfon, Cultura, Maisons du monde… ) L’agence est devenue «  Google Partner » en 2013. « C’est un affichage qui inspire confiance, confie Idir Aknouche, consultant SEA (spécialiste du référencement payant, NDLR) chez Darwin. Être associé à Google, c’est offrir au client un gage de qualité ».

Grâce à cette certification, obtenue quand au moins deux de ses membres passent avec succès les tests conçus par le géant du web, l’agence est en lien direct avec un responsable Google qu’elle peut consulter à tout moment et qui l’aide à développer les campagnes de ses clients.… « Avec 37 millions de visiteurs uniques par mois rien que sur son site français, Google compile d’énormes quantités de datas fraîches et offre sans arrêt de nouveaux angles d’analyse. Je les sollicite pour obtenir des volumétries de recherche grâce auxquelles je peux affiner mes propositions commerciales.  Ils me tiennent aussi au courant de leurs innovations, m’expliquent comment en tirer le meilleur parti… »

Récemment, Idir a ainsi découvert les annonces dynamiques graphiques, utilisées pour le remarketing des internautes n’ayant pas transformé leur visite en acte d’achat. En bon « Google partner », il les proposera à ses clients lors de ses prochaines campagnes Adwords…

M-H.B