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17.06.2015 - Entreprises

Conjoncture métropolitaine : Et ce retournement de tendance qui s'attarde ...

En attendant la reprise. Le mot d'ordre des entreprises, érigé depuis plusieurs trimestres déjà en incantations, tarde à se convertir en actions. La Métropole, en tant qu'organisation importante pour le développement économique du territoire, gagne des opinions favorables.

« On a encore besoin d’un an au moins pour affirmer que le redressement est là. On observe toutefois depuis le 3e trimestre une première indication d'un retournement de tendance mais qui ne doit toutefois pas cacher que la situation reste difficile pour les entreprises », introduit timidement Maurice Wolff, vice-président de l’UPE 13 en charge du dialogue social et des enjeux économiques.

À fin mars 2015, les 543 entreprises interrogées pour les besoins de l’actualisation du tableau de bord de la compétivivité métropolitaine, initiative conjointe de la CCI Marseille Provence et de l’UPE13 lancée il y a deux ans pour agréger à l’échelle métropolitaine un ensemble de données sur la conjoncture des secteurs d’activité, sont encore 39 % à indiquer un recul de leur activité. C’est moins que lors du précédent sondage (elles étaient 47 %) mais c’est encore beaucoup pour prétendre à l’embellie. Seuls 17 % anticipent une hausse.

L'économie de partage impacte l'hôtellerie

« L’amorce d’un croisement en ciseaux entre les réponses positives et négatives est perceptible, ce qui améliore le solde d’opinion. Mais nous ne pourrons parler d’un véritable retournement que lorsque les courbes se seront croisées », ajoute Éric Ammar, vice-président de la CCI Marseille Provence délégué au développement des TPE/PME.

Par secteurs, « les services sont clairement passés au vert » tandis que le commerce de détail et le tourisme restent abonnés au pessimisme en anticipant même une baisse du chiffre d’affaires de 42 %. Les raisons ? Les effets de l’économie de partage dans l’hébergement touristique commencent à se faire sentir. Et le commerce continue à faire les frais du contre-coup du pouvoir d’achat, signifient les représentants des entreprises. C’est le BTP qui ressort le plus fragilisé.

Environnement pourtant favorable

Si la reprise est faiblarde dans l’industrie, les sociétés du secteur anticipent « que cela va BIEN augmenter », insiste Maurice Wolff, en conjonction avec les dispositifs publics, CICE et pacte de compétitivité, et avec un environnement financier « qui n'a jamais été si favorable » : les taux d’intérêts sont exceptionnellement bas, la parité euro/dollar dope les exportations et le coût de l’énergie est également profitable aux entreprises. Le niveau de marges ne permet pas non plus aux entreprises de s’installer dans une zone de confort, celles du tourisme déplorant même à 50 % une baisse.

Accès aux financements : problème de la demande ou de l'offre ?

En dépit de cette situation, l’investissement reste grippé : les 3/4 du panel ne prévoient pas d'investir en 2015 et 10 %, d’investir davantage en 2015 qu’en 2014. Quand il se déverrouille, c’est en grande partie pour renouveler des équipements. « Les mesures annoncées par le gouvernement pour stimuler l’investissement, reprend Éric Ammar, semblent incitatives puisque 38 % avancent qu’elles investiraient alors davantage. » À ce jour, « le manque de visibilité est le principal facteur explicatif, estime pour sa part, Frédéric Ronal, président du Comité des banques des Bouches-du-Rhône, citant des données nationales :« La problématique est dans la demande : 7 % seulement des entreprises ont demandé des crédits de trésorerie et 21 %, des crédits d'investissement. Respectivement, 80 et 94 % des demandes ont été acceptés. En règle générale, les données en PACA sont légèrement supérieures à celles enregistrées au niveau national », précise le porte-parole des banques. 15 % des entreprises sondées dans le cadre du baromètre métropolitain avancent pour leur part « des difficultés financières » et à 39 %, un « manque de visibilité ».

La Métropole : stop ou encore ?

La perception de la Métropole diverge selon les secteurs : les entreprises des services trustent les opinions favorables tandis que le niveau le plus bas (66 % d’opinions favorables) s'enregistre parmi les ressortissantes du BTP. En revanche, la construction métropolitaine, comme facteur influençant leur développement, perd des adeptes. Elles ne sont plus que 55 % ce trimestre à estimer importante pour leur développement la nouvelle architecture institutionnelle. Soit un recul de 4 points à un an d’intervalle. Les entreprises restent néanmoins convaincues qu'elle sera déterminante pour le développement du territoire.

A.D

Retrouver l'étude complète ici 

 

7 000

Il y a de nombreux critères pour lesquels Aix-Marseille-Provence ne peut pas soutenir la comparaison avec le Grand Lyon, pourtant de taille comparable. Toutefois, sur un point, la création d’entreprises, la métropole désarçonne, par le volume, son éternelle rivale. L’information à lire ne se loge pas dans son record démographique en termes de naissance (19 430 entreprises créées en 2014), c’est une réalité depuis plusieurs années mais plutôt dans le nombre (7 000) des créations dans des secteurs à enjeux que sont les industries de haute technologie et les services à haute intensité de connaissance. A cet égard, elle fait mieux que Lyon. Pour autant, ces secteurs ne représentent que 36 % des créations métropolitaines, loin derrière le Grand Lyon (47 %) certes mais aussi, de Toulouse (48 %), Nantes (50 %) ou Rennes (52 %). A noter enfin que les auto-entreprises représentent 55,6 % des créations de la métropole en 2014 (contre 51,5 % au niveau national). Si ce régime est taxé de concurrence déloyale et salariat déguisé, « il permet toutefois à des entrepreneurs dotés de faibles moyens financiers de tester un concept à moindre risque », reconnaissent les représentants économiques.