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17.03.2015 - Entreprises

HOMERe : Faire de la Méditerranée un bassin d’emplois ?

Lancement officiel du programme HOMERe ce 17 mars à Marseille en présence de 140 représentants académiques, économiques et institutionnels des deux rives de la Méditerranée. Enjeux : l'employabilité des jeunes diplômés et les besoins des entreprises installées ou opérant en Méditerranée.

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HOMERe. Haute Opportunité en Méditerranée pour le Recrutement de Cadres d’Excellence. High Opportunity for Mediterranean Executives Recruitment en anglais. C’est le nom du projet que le Réseau méditerranéen des écoles d’ingénieurs et de management (RMEI) a initié avec les Conseillers du commerce extérieur (CCE) et qui a généré la mobilisation de nombreux partenaires (dont la CCIMP), un soutien financier de la Région PACA mais aussi et surtout une labellisation par l’Union pour la Méditerranée (UPM). Cette reconnaissance absolue par les 43 pays européens et méditerranéens (une seule abstention aurait suffi à mettre le projet en échec) était capitale au regard des ambitions : « renforcer l’employabilité des jeunes diplômés de haut niveau issus de 9 pays* en vue de pallier les problématiques de recrutement de compétences de haut niveau rencontrées par des entreprises installées ou opérant en Méditerranée », explique Léo Vincent Léo Vincent, président du RMEI et responsable du projet HOMERe.

Quels enjeux ?

« De quoi parle-t-on ? reprend-il. De redonner de l’espoir à ces jeunes dotés d’un excellent niveau académique quant à un avenir professionnel et citoyen possible au sein de l’espace méditerranéen, de leur faciliter l’accès à des premiers emplois de qualité et d’améliorer leur employabilité pour qu’ils soient immédiatement opérationnels, et enfin, de convaincre les entreprises du caractère nouveau de cette démarche qui vise à les associer bien en amont, elles qui se plaignent trop souvent de l’inadéquation des diplômés au monde du travail et qui intègrent encore trop de jeunes par convenance à l’égard de leurs relations. » Selon une étude commanditée par l’OCEMO sur la formation et l’emploi des jeunes dans les pays méditerranéens, la problématique de l’insertion professionnelle des 15-24 ans a pris de l’ampleur ces dernières années au point de devenir une véritable bombe à retardement comme l’ont montré les évènements du « printemps arabe ». Avec 25 % en moyenne, le taux de chômage des jeunes méditerranéens est deux fois plus élevé que la moyenne mondiale. Et le diplôme de l’enseignement supérieur ne prémunit pas du chômage, bien au contraire : il augmente avec le niveau de diplôme.

Défis en termes de formation et d’insertion professionnelle

 « La jeunesse en Méditerranée, c’est 50 % de la population arabe. Ce poids démographique pose un certain nombre de défis en termes de formation et d’insertion professionnelle. Nous nous voulons acteurs de projets qui concernent en priorité le développement des TPE & PME  en méditerrannée, lesquelles  jouent un rôle clé en termes de création d’emplois et de richesses. Il y a convergence entre les ambitions de l'Association des Chambres de commerce et d'industrie de la Méditerranée (ASCAME), de la CCIMP, et le programme, qui apporte une réponse à l’employabilité et au chômage des jeunes en Méditerrannée, mais aussi aux besoins des entreprises méditerranéennes, notamment celles qui ont des activités partagées dans plusieurs pays de la région par le biais de filiales ou de tiers, ou celles qui y envisagent un développement à terme. L’ancrage territorial du stagiaire et sa mobilité internationale seront des facteurs essentiels pour l'emploi des jeunes, leur maintien dans le pays d'origine qui les a formés,  et la construction d’un espace commun », défend Louis Aloccio, vice-président de l'ASCAME et la CCI Marseille-Provence, intervenu lors du débat d’ouverture sur le thème : « placer la jeunesse au coeur des priorités en Méditerranée. » Pour rappel, sur la zone du pourtour méditerranéen, la part des étudiants en mobilité entrante (547 626) est nettement supérieur à ceux en mobilité sortante (339 664). La France (259 935), l’Italie (69 905), l’Espagne (55 018), l’Égypte (49 011) et le Liban (30 436) totalisent 85 % des accueils.

Rupture dans l’approche du stage international

« La méthode sera aussi un facteur de succès. Chaque pays va s’appuyer sur un réseau de relais économiques locaux, chargés de recenser les besoins auprès des entreprises qu’ils feront remonter à leurs correspondants académiques, qui présélectionneront les étudiants. Le RMEI et ses partenaires assureront la partie administrative et la labellisation de l’UPM sera à cet égard précieuse pour accélérer les procédures de visa par exemple », poursuit Léo Vincent. « Nous sommes persuadés que ce fonctionnement, qui permettra au stagiaire le temps de ses six mois en entreprise de s’en approprier la culture et les modes de fonctionnement, sera payant ».

Entreprise pilote : la SOMEI

Pour preuve, la Société méditerranéenne d’études et d’informatique (SOMEI), première à accueillir en 2014 deux étudiantes ingénieures marocaines à son siège à Marseille, les a recrutées en septembre dans ses bureaux de Rabat. « L'immersion dans l'entreprise favorise le formatage aux méthodes de travail, confirme Martine Garustet-Franchi, directeur général délégué de la filiale I&T de la Société des Eaux de Marseille. Le jeune est considéré comme une future recrue et du coup, l'investissement des équipes pour le former sur les produits et les outils est plus important. En outre, en arrivant dans l'établissement d'accueil à l'étranger, il sera lui-même porteur de bonnes pratiques chez les clients et envers les autres salariés. »

*Algérie, Égypte, Espagne, France, Grèce, Italie, Liban, Maroc et Tunisie.

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