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26.06.2018 - Emploi

Tandem - Le hub du mentorat, une démarche solidaire et collective pour répondre à la problématique de l’emploi

Faire d’un « ovni, une réalité ». D’une initiative unique en France, née sur notre territoire, une généralité. Pour une cause : celle de l’emploi. C’est à la CCI Marseille Provence que Tamdem - Le hub mentorat a été lancé, jeudi 21 juin, pour oeuvrer à l'insertion et l'emploi.

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L’inadéquation entre l’offre et la demande, la porosité entre les opérateurs…  ont poussé Fabrice Alimi, vice-président de la CCIMP à réfléchir à une action coordonnée, cohérente, « visible et lisible », contribuant à porter un projet collectif : le mentorat s’est imposé comme « une évidence ». Une action amorcée il y presque un an et qui résonne avec les propos prononcés par le président de la République, le 14 décembre 2017, à Tourcoing, « le mentorat doit devenir un pilier de l’emploi et de l’entreprenariat ». 

Par agrégation des dispositifs existants, qui fonctionnent, il s’agit de créer une base de mentors via l’entreprise. Avec un vivier de 94 000 entreprises sur le territoire, la CCIMP a toute légitimité pour être le « porte-voix et le tiers de confiance de cette démarche collaborative », assure Fabrice Alimi. Porté par le désir de faire, « de faire mieux, et surtout d’expérimenter », il est allé chercher cette idée au Canada. Une façon d’apporter une solution économique et moins sociale à la problématique du chômage. 

L’intérêt de la dimension humaine


Les collectivités ont rapidement pris part à l’aventure, « dans un intérêt collectif pour l’émergence et la réussite du projet » assure Fabrice Alimi. Le Département des Bouches-du-Rhône, qui a fait de l’emploi l’une de ses grandes priorités de la mandature, a trouvé « qu’il était bien sûr judicieux de vous accompagner sur le sujet, confie Gérard Gazay, vice-président du Département, délégué au développement économique et à l’emploi. Nous avons pris conscience sur ce territoire combien il était important et urgent de partager un certain nombre d’actions qui permettent un effet de levier. Aujourd’hui, avec le hub du mentorat, nous avons un des résultats de ce jeu collectif. » Une satisfaction également pour Martial Alvarez, délégué à l’emploi, l’économie sociale et solidaire à la métropole Aix-Marseille-Provence, soulignant qu’au-delà « de la dimension très concrète, il y a aussi une dimension humaine. Pour être performant, pertinent, il faut surtout être cohérent. Elargir cette action du mentorat sur le territoire de la métropole, c’est important et nous, nous y attacherons ». 

Faire du sur-mesure


Fabrice Alimi n’a aucun doute sur la bonne marche de Tandem, dont la vocation est de faire du sur-mesure. Il se plaît à répéter la base line « à deux, on est plus fort, on va plus vite, on va plus loin ». Mais il s’appuie aussi sur des chiffres. Lorsque le mentorat est activé, il permet 70% de réussite dans la réinsertion professionnelle, et 75% quand il s’agit de création d’entreprise. 

La notion d’accompagnement est donc essentielle, et Magalie Wynen en a fait l’expérience. A travers l’Adie, organisme de micro-crédit qui accompagne les créateurs d’entreprises, la jeune femme a bénéficié des conseils avertis d’un mentor en la personne de Daniel Alexandrian. Si son domaine de prédilection est la prévention des risques incendies, il a consacré de son temps et son expertise à Magalie qui souhaitait lancer « Douce Heure des Mets », un food-truck, autour de la cuisine réunionnaise. Pari gagné ! « Etre seule au départ, ça peut faire peur. Etre accompagner ça permet de passer des obstacles mais aussi des caps », explique le binôme, qui n’a pas chômé. Depuis 2013, la jeune « cheffe » est à la tête de deux camions ambulants sur le secteur des Milles, à Aix-en-Provence ; et un autre est en préparation. Convaincue par la démarche de mentorat, elle s’apprête à mettre à profit son expérience pour aiguiller un autre créateur dans son projet. 

Démocratiser la pratique du mentorat 


Parrainer, c’est aussi dans l’ADN des missions locales. A Marseille, 25 000 jeunes par an sont reçus par la structure. 80 à 90 parrains actifs professionnellement encadrent et assurent le suivi de 300 jeunes. Résultat : 70 à 80% de retour à l’emploi. C’est naturellement donc, que la Mission locale s’est associée au hub du mentorat « dans un souci de décloisonnement permettant d’en faire la promotion auprès de la jeunesse. Les jeunes vont découvrir, une écoute, une vision, des codes et une posture du chef d’entreprise différentes », indique Philippe Peysson, responsable de développement à la Missions locale Marseille. 

Le lancement de Tamdem a été officialisé avec la signature d’une convention inter-constitution qui scelle la démarche partenariale avec les autres opérateurs et les institutionnels. Prochaine étape, la rédaction d’une charte des engagements liant le mentor et le mentoré, et le développement d’une application web pour arriver à un « Tinder » de l’emploi. En démocratisant la pratique du mentorat auprès des entreprises et l’installer dans les usages, Tamdem espère mobiliser 200 parrains fin 2018, 500 d’ici à la fin 2019 et ambitionne d’atteindre les 1000 mentors en 2020.

 



Tandem – le hub du mentorat a été lancé par Fabrice Alimi, vice-président de la CCIMP, Gérard Gazay, vice-président du département des Bouches-du-Rhône, délégué au développement économique et à l’emploi, et Martial Alvarez, conseiller de la Métropole Aix-Marseille Provence, délégué à l’emploi, l’insertion et l’économie sociale et solidaire.