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06.05.2016 - Emploi / Formation

Bouches-du-Rhône : Quelle dynamique pour l’emploi en 2015 ?

2015 a connu la plus forte croissance d’emplois dans le secteur privé sur le département depuis 2008. La CCI Marseille Provence profite de la publication par la Direccte PACA et l’Urssaf des premiers résultats de 2015 concernant l’évolution de l’emploi pour établir un premier bilan.

Arithmétique sournoise. Création des emplois et baisse du chômage en sont pas automatiques. En clair, il ne suffit pas de créer des emplois pour baisser le chômage.

« D’autres variables entrent en ligne de compte. D’autres effets, comme le retour sur le marché de personnes découragées, la modification des conditions d’accès à la retraite, influent également. Selon les données de l’Insee sur une période allant de 2007 à 2012, 5 000 nouveaux actifs, arrivent en moyenne sur le marché du travail. Cela signifie que le taux de chômage ne peut pas baisser tant que l'économie ne crée pas en moyenne, plus de 5 000 postes par an (salariés privés et publics, non-salariés). Un recul notable du chômage nécessite une croissance annuelle supérieure à 10 000 postes dans le secteur privé », décrypte la direction des études de la CCI Marseille Provence. La chambre consulaire profite de la publication par la Direccte PACA et l’Urssaf des premières résultats (encore provisoires) de l’année 2015 concernant l’évolution de l’emploi pour établir un premier bilan.

Certes, les données entre les deux opérateurs diffèrent sensiblement, notamment parce qu’ils ne couvrent pas les mêmes secteurs (le périmètre de l’Urssaf étant plus large), mais s’inscrivent tous deux dans un sens favorable.   

Création de 3 900 emplois en 2015 dans le département

Selon la Direccte, le département des Bouches-du-Rhône aurait gagné 3 900 emplois en 2015, soit la plus forte progression depuis 2008. Cela correspond à une progression de 0,8 % (+ 0,5 % en France métropolitaine). Pour l’Urssaf, il y aurait 6 600 emplois créés en 2015, affichant ainsi une hausse de 1,1 % (contre + 0,6 % en France métropolitaine).

Secteurs les plus contributeurs à la création d’emplois ?

Par secteurs, l’industrie fait preuve de résistance mais son « contingent » d’effectifs reste au même étiage. Le secteur avait été entre 2011 et 2013 un des principaux contributeurs à la création d’emplois.

La construction sort (un peu) de la nasse où l’avait plongée la crise, mais ne parvient néanmoins pas à s’extirper du négatif (entre - 0,5 % et - 1,1 % selon les deux sources). La Direccte est moins négative car ses données prennent en compte une progression de l’intérim.

Divine surprise en écho à la reprise de la consommation ? Le commerce a vu ses forces vives croître entre 1,5 % et 1,7 %.

Traduction probable de l’élan touristique, les hôtels, cafés, restaurants, sont « devenus depuis le début de la crise, un des moteurs de l’économie avec une croissance des emplois entre 1,6 et 2,2 % ». Un constat valable pour l’ensemble des services.

Enfin, indicateur avancé d’une reprise plus solide ? L’intérim est en hausse de 14,5 % selon l’Urssaf, mais deux fois moins selon la Direccte.

Dynamique de l’emploi contrastée par territoires

La dynamique de l’emploi ne profite pas à tous les territoires de la même façon. Le Pays d’Aubagne (+ 3 %) et la zone Salon-Étang de Berre-Durance (+ 2,6 %) sont les plus actifs. La croissance est plus molle sur le périmètre de l’ex- Marseille Provence Métropole (MPM, + 0,9 %), un peu plus vive pour le Pays d’Aix (+ 1,2 %). On parlera de stabilité « positive » pour le Pays de Martigues (+ 0,1 %) et négative pour Ouest Provence, à - 0,1 %.

Fin du phénomène continu, régulier, de dégradation du marché du travail ?

Selon les dernières données publiées par Pole emploi pour le mois de mars, il y aurait eu pour la première fois depuis longtemps (il faut remonter à septembre 2000 pour retrouver une baisse aussi marquée) un reflux du nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité (catégorie A) en France de 60 000. Il reste toutefois 3,531 millions de chômeurs en France métropolitaine, un « bataillon » qui s’est étoffé de 16 600 personnes en un an. Replacé dans une dynamique sur trois mois, le marché de l’emploi s’extrait du phénomène continu, régulier, de dégradation du marché du travail enclenché au printemps 2008.

Fin mars 2016, en région PACA, le nombre de demandeurs de catégorie A (tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi) s’établissait à 321 207, en baisse de 2,5 % sur un mois (– 8 092 personnes), de 2,1 % sur trois mois mais en croissance de 0,3 % sur un an.

Le nombre de demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi, ayant ou non exercé une activité dans le mois (catégories A, B, C), s’établissait à 470 121 fin mars 2016. C’est 1 692 personnes de moins sur un mois mais 957 de plus sur un an.

Que retenir pour le département des Bouches-du-Rhône ?

Si la cohorte des « sans emplois » de catégorie A (133 154) a dégonflé de 2 499 personnes, le département enregistre toutefois à brève échéance (entre 1 et 3 mois) la plus mauvaise performance des six territoires de la Région, où le repli est beaucoup plus marqué. Mais sur un an, il est le seul, avec le Var, à afficher un repli du chômage, soit 419 chômeurs de moins.

Le nombre de demandeurs d’emploi (catégories A, B, C) s'établissait à 192 700 fin mars 2016 (– 554 personnes sur un mois).  

Cette évolution profite quasiment à l’ensemble des personnes inscrites à Pôle emploi : les moins de 25 ans sans aucune activité reculent de 1,8 % en mars et de 5,7 % en un an. Même chose pour les autres tranches d’âge, y compris pour les plus de 50 ans (– 1,1 %). Toutefois, cette classe d’âge continue d’être déclassée du marché de l’emploi : sur un an, ses effectifs ont augmenté de 5,9 % par rapport à il y a un an (en France, de 6,5 %)

Autre indicateur à retenir : le coup d’arrêt porté au chômage de longue durée en retrait 0,2 % pour les sans activité depuis plus de 3 ans, et stabilisé pour les plus de deux ans. En revanche, cette catégorie ne désemplit pas sur un an : elle a augmenté de 10 % pour les personnes inscrites depuis plus de trois ans.  

Zoom sur la métropole Aix-Marseille-Provence 

Elle épouse quasiment la courbe de la moyenne française (- 1,7 % sur trois mois, se fixant à 124 222 personnes), soit 83 chômeurs de catégorie A de plus sur un an mais 2 211 de moins sur un an.

Parmi les indicateurs intéressants à relever : l’ancienneté moyenne (nombre de jours passés sur les listes depuis son inscription) s’est allongée sur un an de 27 jours.

Les motifs des entrées et sorties révèlent aussi d’autres enseignements : entre janvier et mars 2016, il y a eu 50 613 nouveaux inscrits (2 135 personnes de plus) dont 8 240 en raison de fin de CDD et 5 204 pour licenciements (tous confondus). À noter également, 1 178 démissions.

28 516 pour défaut d’actualisation ou raisons administratives

À l’inverse, 51 704 personnes sont sorties des listes mais 28 516 pour défaut d’actualisation ou raisons administratives. Un chiffre élevé si on l’ajoute aux quelque 5 000 ex-inscrits qui n’apparaissent plus sur les écrans pour motif de stages. In fine, seules 9 799 personnes sont sorties pour reprise d’activité. Toutefois, les cessations d’inscription pour défaut d’actualisation (225 800 en France en mars, en très forte hausse également) sont des données difficilement interprétables car ils regroupent aussi bien ceux et celles qui ont retrouvé un emploi et ne l’ont pas signalé que de « vrais chômeurs » qui réapparaîtront dans les chiffres le mois prochain.

Pour autant, sur un an, le nombre de sorties s’est accéléré (+ 12,7 %) quand celui des entrées n’a progressé « que » de 4,4 %.  

Grand Lyon ?

Sur la métropole du Grand Lyon, les inscrits à Pole Emploi dans la catégorie A n'étaient «que » 80 765 en mars (contre 79 530 il y a un an). Il n’y a quasiment pas eu plus d’entrées ce premier trimestre que pour celui de l’an dernier (36 329 contre 36 363). En revanche, les sorties ont été plus importantes : 36 951 entre janvier et mars 2016 contre 34 117 l’an dernier à la même époque en 2015.

Effet accélération de la croissance ?

Pour enclencher une baisse du chômage, il faut que le taux de croissance de l’activité économique dépasse 1,3 % à 1,4 % par an, soutient l’OFCE, qui table une croissance de 1,6 % en 2016. Au premier trimestre, le PIB a augmenté de 0,5 %, après + 0,3 % au dernier trimestre 2015, selon l’Insee. Le pays doit son rebond à la consommation des ménages, qui avec 1,2 % au premier trimestre, enregistre sa meilleure performance depuis fin 2004, et à l’investissement des entreprises (+ 1,6 % au premier trimestre).

A.D

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