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13.03.2015 - Emploi / Formation

Alternance : Antidote au chômage ?

Alors que la 4e édition du salon de l’alternance et de l'apprentissage, initié par la CCIMP avec l'Étudiant, a lieu ces 13 et 14 mars au Parc Chanot, l’apprentissage est à la peine. Pourtant, il est une réponse au chômage des jeunes et aux métiers en tension.

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7 000 visiteurs et 70 exposants sont attendus au Parc Chanot ces 13 et 14 mars, où l’alternance et l’apprentissage seront à la fête dans une conjoncture en berne pour cette formule que l'on pare de bien des vertus. Ces dernières années, c’est pourtant l’hémorragie en termes de contrats signés, la concurrence des CDD et autres contrats aidés n’y sont sans doute pas pour rien. En l'occurrence, il y a plusieurs données qu’il s’agit de mettre en perspective : le chômage des jeunes d’un côté, problématique sur laquelle la France est le mauvais élève de l’Europe, et les problèmes de tensions récurrents sur certains métiers rencontrés par les entreprises.

24 627 jeunes de moins de 25 ans sans emploi

Fin janvier 2015, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi de catégories A, B, C s’établissait à 448 596 en PACA, dont 185 933 dans les Bouches-du-Rhône (+ 5,2 % sur un an). Parmi eux, le bataillon des moins des 25 ans s’élevait à 24 627 (- 0,3 %). Sur le strict territoire de la métropole, ils étaient au nombre de 22 564 (-0,3 %). Quant aux besoins de main d’œuvre des entreprises, selon la dernière enquête publiée par Pole Emploi (Besoins de main d’œuvre en 2014, 11 283 entreprises ayant répondu), le département se distinguait, avec ses 55 900 projets de recrutement, par un volume d’intentions d’embauches largement au-dessus du taux observé au niveau national (+ 7 %) et dans le reste de la région (+ 6 %). Or, 37 % des projets de recrutement étaient jugés difficiles dans les secteurs de l’électronique, du transport et logistique, les services aux particuliers et aux collectivités, et particulièrement problématiques dans l’informatique alors qu’en 2013, les ingénieurs et cadres de l’industrie étaient alors considérées comme une denrée rare.

Réponse quasi immédiate aux besoins des entreprises

Dans ces conditions, la tentation est grande de voir dans l’alternance une réponse à de multiples maux : une potion magique contre le chômage des jeunes, un remède pour l’emploi pour des publics en décrochage, une solution moderne pour favoriser l’insertion des moins diplômés, une réponse quasi immédiate aux besoins des entreprises et des branches professionnelles … Le 5 mars dernier, lors des rencontres sénatoriales de l’apprentissage, le ministre du Travail François Rebsamen, qui avait déjà annoncé en octobre dernier qu'il voulait augmenter d'environ 100 000 le nombre d'élèves en alternance en France pour atteindre l'objectif d'un demi-million d'étudiants en 2017, a rappelé l’engagement des pouvoirs publics sur le sujet.  « Le constat est aujourd’hui partagé par tous : l’apprentissage favorise l’insertion professionnelle des jeunes. Dans sept cas sur dix après un apprentissage on trouve un emploi dans les six mois, c’est un atout par rapport aux résultats constatés pour d’autres modes de formation. Trois quarts des apprentis ont l’impression d’être employés à leur niveau de compétences ou dessus. L’apprentissage, c’est une arme contre le chômage des jeunes mais c’est aussi le point de départ d’une carrière en entreprise. »

Dégradation nationale

Pour autant, selon les derniers chiffres de la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), la tendance nationale à la baisse de 2013 se confirmait début 2014, tant pour les contrats d'apprentissage que pour les contrats de professionnalisation. Les premiers enregistraient une dégradation de 20 % par rapport à l'année précédente (17 855 contrats signés en janvier 2013 contre 14 178 en janvier 2014), et les seconds de 32 % (11 148 contrats signés en janvier 2013 contre 7 522 en janvier 2014). Selon une étude du Conseil d’analyse stratégique, l’apprentissage ne jouerait pas en France un rôle clé pour insérer dans l’emploi les jeunes peu ou pas diplômés comme ce serait le cas en Allemagne, en Australie, en Autriche ou en Suisse. Si les effectifs d’apprentis ont crû de 211 000 en 1992 à 405 000 en 2013, cette expansion aurait essentiellement bénéficié aux jeunes déjà diplômés, notamment ceux du supérieur.

L’apprentissage a permis l’obtention d'un un Bac + 2 à 32,2 %

Selon les données du Ministère du Travail, en 2013, sur les quelque 420 000 contrats enregistrés, 22 % l’avaient été dans l’industrie, et près de 19 % dans le commerce et la construction. A 43 %, l’apprentissage avait permis l’obtention d’un CAP, et à 32,2 % un Bac + 2. Enfin, parmi les secteurs qui ont embauché le plus à la fin du contrat, figurent la santé (85 %), l’informatique (82 %), le génie civil (77,3 %), la comptabilité/ finance (77,3 %) et la mécanique générale (74,7 %). De quoi contrarier quelques idées reçues. « Il y a encore beaucoup de préjugés et de fausses représentations notamment chez les jeunes que l’on parvient à déconstruire progressivement », explique un conseiller de la CCIMP de la direction insertion/emploi. On oublie souvent que les CCI sont habilitées à collecter la taxe d'apprentissage et qu’à ce titre, elles enregistrent un contrat d'apprentissage sur deux (aux côtés de la Chambre des Métiers). « La première idée reçue est de penser que l’apprentissage est une voie de garage, qu’elle est réservée à l’artisanat et aux mauvais élèves. Les entreprises manquent pour leur part d’informations sur le coût du dispositif, sur les modalités du contrat, craignent que cela soit chronophage, de tomber sur des jeunes démotivés alors que c’est un dispositif gagnant-gagnant ! Les entreprises ont accès à une main d’œuvre qualifiée qui corresponde réellement à leurs besoins de compétences et les jeunes peuvent acquérir simultanément des connaissances théoriques et des aptitudes pratiques. L’alternance est en outre très avantageuse pour les deux parties : les entreprises peuvent bénéficier d’exonérations de cotisations. La formation est payée par la société, l'insertion de l'étudiant est facilitée …», résume le conseiller. Pour le département des Bouches-du-Rhône, la CCIMP a reçu 3 383 contrats d’apprentissage en 2014.

Taux d'insertion à 80 %

En matière de formation, la CCIMP, qui gère à la fois un Centre de Formation d'Apprentis (pour le compte de 4 CCI : Marseille Provence, Nice Côte d'Azur, Pays d'Arles, Var et des associations Kedge Business School et Skema Business School) et une école (Groupe Ecole pratique) a accueilli respectivement au sein de ces deux établissements 900 et 400 étudiants en 2014. « Le taux de réussite moyen aux examens est de 85 %  et le taux de placement en entreprise est de 80 % au sein de l'école ». Les PME restent néanmoins frileuses. Cette année encore, c’étaient surtout les grands comptes qui ont répondu présents au salon : Caisse d’Epargne, Decathlon, EDF, Orange, Veolia, SNCF, STMicroelectronics, Haribo, Onet, Ortec, Société marseillaise de crédit ….  

Enjeu : rendre plus simple le recrutement par les entreprises ?

Tout l’enjeu est de lever les freins à l’apprentissage : rendre plus faciles les démarches des jeunes ; rendre plus simple le recrutement par les entreprises. Sur le plan financier, le gouvernement a annoncé « des mesures concrètes et effectives en 2015 pour un montant de 200 M€. Une aide au recrutement d’un apprenti supplémentaire, d’un montant de 1000 euros, a aussi été créée pour tenir compte de l’investissement fait par l’entreprise dans la formation de l’apprenti. Elle sera versée par les Régions à tous les contrats conclus depuis le 1er juillet 2014. Dans les TPE cette aide s’ajoute à la prime à l’apprentissage », a précisé le 5 mars le ministre du Travail. « L’Etat a fait sa part. C’est maintenant aux entreprises de s’engager. 75 % des employeurs sont pleinement satisfaits de l’apprentissage et jugent que le coût d’un apprenti est compensé par la valeur ajoutée qu’il crée. Voilà qui devrait susciter des vocations et rassurer ceux qui éprouvent encore des réticences à s’engager ». Voilà qui est dit aussi ...

 

Rendez-vous autour de l'apprentissage

Depuis 2013, les CCI organisent des actions de promotion et de valorisation de l’apprentissage auprès des jeunes et des entreprises durant une semaine. La « Semaine nationale de l'apprentissage » aura lieu du 18 au 22 mai pour 2015. Elle vise deux objectifs : donner aux jeunes l’occasion de découvrir un métier et/ou de s’engager dans l’apprentissage et sensibiliser les entreprises. Par ailleurs, chaque mercredi, sur Aix et sur Marseille, de novembre à juillet, le Point A, le CFAIM et le Groupe École pratique organisent les « Mercredi de l'orientation et de l'alternance » sur la découverte des filières et métiers du territoire et les formations en alternance. En 2014, plus de 600 jeunes ont été renseignés et 760 entreprises accompagnées dans leurs recrutements. Enfin, 20 mars, la CCIMP organise la « Nuit de l'orientation » pour permettre aux jeunes de rencontrer des experts de l'orientation et de l'alternance, des professionnels d'entreprises et de fédérations. Les filières présentes sont ciblées en fonction des secteurs qui recrutent sur le territoire.

Plus d’infos :

www.nuitsdelorientation.fr

www.ccimp.com/agenda/emploi-formation/nuit-lorientation-2015

www.facebook.com/nuitdelorientation.marseille

www.groupe-ecolepratique.com

www.apprentissage-cci.com