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15.11.2017 - Coupe du Monde de Rugby

Après 2007, Marseille entre à nouveau dans la mêlée

La France a arraché ce 15 novembre, à Londres, l'organisation de la Coupe du monde 2023. Seize ans après avoir été l’hôte de l’Ovalie en 2007, Marseille, comme dix autres villes, accueillera plusieurs matchs. Une évaluation réalisée par la CCI Marseille avait permis d'évaluer les retombées. Retour.

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La France a arraché ce 15 novembre, à Londres, l'organisation de la Coupe du monde 2023 en dépit des mauvais augures qui lui prêtaient la défaite et des recommandations de la Fédération internationale World Rugby. Avec 24 voix contre 15 pour l’Afrique du Sud à l’issue d’un second tour.

Une bonne nouvelle à la fois pour la FFR, dont le XV de France n'est pas au mieux de sa forme, et pour Bernard Laporte, ancien sélectionneur du XV de France, l’ex-secrétaire d’État aux sports du gouvernement de François Fillon, mis en cause pour un présumé conflit d'intérêts en tant que président de la FFR.

 

Une bonne nouvelle aussi pour Marseille ?

Seiez ans après avoir accueilli la Coupe du Monde de Rugby en 2007, le stade Orange Vélodrome de Marseille avec ses 67 000 places est concerné par l'accueil de matches, comme 10 autres stades ( Bordeaux - Matmut Atlantique (42 000 places) ; Lens – Stade Bollaert-Delelis (38 000 places) ; Lille Métropole – Stade Pierre-Mauroy (50 000 places) ; Lyon – Parc OL (59 000 places) ; Montpellier – Stade de la Mosson (32 000 places); Nantes – Stade de la Beaujoire (37 500 places) ; Nice – Allianz Riviera (35 000 places) ;Paris Saint-Denis –Stade de France (80 000 places) ; Saint-Etienne - Stade Geoffroy-Guichard (42 000 places) et Toulouse – Stadium de Toulouse (33 000 places).

Jean-Claude Gaudin, président de la Métropole Aix-Marseille Provence, et Renaud Muselier, président de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur et député européen, ont immédiatement réagi :

Marseille a soutenu dès son origine la candidature de notre pays. Nous en serons récompensés en ayant le privilège d'accueillir plusieurs matches. L'Ovalie n'a d'ailleurs pas de secret pour Marseille. Nous sommes la troisième ville de France en termes de licenciés », explique dans un communiqué le maire de Marseille, rappelant que le stade Orange Vélodrome a déjà été choisie par la Ligue nationale de rugby pour accueillir les demi-finales du Top 14 ainsi que les finales du RCT.

 

« Après l'année européenne de la culture en 2013, l'Euro 2016, l'année européenne du sport 2017 et un an avant l'accueil des épreuves de voile des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024, la coupe du monde de rugby 2023 constitue une reconnaissance supplémentaire pour Marseille, désormais installée dans le club très prisé des cités olympiques »

Avec près de 450 000 visiteurs attendus, 2,6 milliards de téléspectateurs et des retombées économiques de l’ordre de 2,4 milliards d’euros pour le pays, ces rencontres boosteront l’attractivité de notre territoire et seront un réel vecteur de croissance et d’emplois », a souligné pour sa part Renaud Muselier, rappelant que sa mandature a prévu d’investir près de 4 M€ « pour soutenir ce sport, accompagner la ligue régionale et les clubs et favoriser la création d’emplois ».

 

Troisième rendez-vous sportif mondial

Selon un rapport d'EY, l'édition 2015 à Londres aurait rassemblé 406 000 spectateurs et contribué à hauteur de près d'1 Md£ au PIB (en incluant les investissements, recettes et retombées indirectes).

La CCI Marseille Provence avait été mandatée à l’issue de la Coupe du Monde de Rugby en 2007 pour la réalisation d'une évaluation régionale sur ses impacts économiques, notamment en regard de la Coupe du Monde de Football en 1998.

Cette étude a ainsi permis de quantifier les retombées directs et indirects de ce troisième rendez-vous mondial, derrière la Coupe du Monde de Football et les Jeux Olympiques d’été.

Marseille avait alors accueilli 6 matchs, dont 2 quarts de finale, et logé 9 équipes résidentes (soit 450 personnes). Près de 325 000 spectateurs payants dont 85 000 étrangers avaient été enregistrés tandis que 100 000 spectateurs avaient assisté aux retransmissions sur écrans géants à Marseille et Aix-en-Provence.

 

Mondial de football 1998 versus Coupe du Monde de Rugby

Si l’événement est de taille comparable au Mondial de football 1998 en nombre de matches, nombre de spectateurs dans le stade, et la répartition entre spectateurs locaux et extérieurs, indique l’étude, il se distingue par ailleurs, notamment dans le niveau de dépenses, plutôt supérieur (566 € contre 237 € en euros constants) et des durées moyennes de séjour plus longues (8 jours contre 3).

« Deux profils de spectateurs se distingue, les premiers en provenance d’Océanie ou d’Amérique du Sud sont plus âgés que la moyenne des spectateurs, de CSP++, assidus des matchs, ont passé entre 2 et 3 semaines en France, pays qu’ils n’avaient jamais visité, et sur 2 ou 3 sites différents. Ils ont dépensé en moyenne 530 € par jour hors transport et prix du billet, ont résidé plutôt en hôtellerie de luxe 3 et 4* et ont profité de leur temps libre pour faire du tourisme. Les seconds sont plutôt jeunes, de CSP+, ont passé entre 2 et 4 nuits, sur 1 ou 2 sites. Les français ont privilégié l'hébergement dans la famille ou chez les amis et ont relativement peu consommé (125 € par jour hors transport et prix du billet) contre 250 € pour les autres européens ».

À Marseille, l’ensemble du secteur de l’hébergement, et tout particulièrement les hôtels 3 et 4*, auraient enregistré selon cette même étude un taux de remplissage proche de 100 % tandis que les hôtels du département auraient connu une hausse de leur fréquentation en septembre entre 6 % et 17 % sur deux mois.

Anecdotique mais l’affaire avait marqué : un millier de supporters originaires de l’hémisphère austral (Sud-africains, Néo-zélandais et Australiens) avaient séjourné à bord du Napoléon Bonaparte de la feu SNCM (soir 200 000 € de revenus).

 

Sport business ?

Á cet égard, les placements restent largement en-deçà de ce que capitalise le football. Les tickets d’entrée étaient alors établis à 5 M€ pour les six partenaires officiels et à 2,5 M€ pour les 5 sponsors officiels (là, où dans le foot, une entreprise doit débourser 100 M€ pour ce titre).

En 2005, soit deux ans avant l’événement, la CCI Marseille Provence avait initié le Rugby Club Entreprises Marseille Provence, qui a fédéré 51 entreprises.

In fine, l’Ovalie 2007 aurait rapporté 145,4 M€ à la région, chaque match à 24,2 M€ de retombées locales, chaque spectateur payant laissant 448 € sur place. Il a ainsi été estimé qu’1 euro de financement dans l’organisation de l’événement a généré 24 € de retombées dans l’économie régionale. Les plus lourds investissements ont été consentis par la ville de Marseille, où notamment 4 sites ont été rénovés, soit un total de près de 9 M€ pour assurer l’événement.

Alors que l'Euro 2016 a permis à beaucoup des futures villes-hôtes de rénover leurs stades, les coûts d'organisation de la coupe du monde de rugby devraient pour les villes-hôtes françaises être maîtrisés.

À suivre donc…

 

--- Adeline Descamps ---

 

*Le revenu mensuel moyen a été évalué à 3500 € avec de fortes disparités selon la provenance des spectateurs : 5 900 € pour les océaniens, 8 500 € pour les asiatiques et moyen orientaux, 3 000 € pour les spectateurs français.

 

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