Menu principal

18.02.2015 - Commerce

Soldes : Les commerces n'ont pas eu le retour espéré

Sur fond de débat parlementaire encadrant l’ouverture des commerces le dimanche et de conjoncture économique en berne, les 507 commerçants du département interrogés par la Chambre de commerce et d’industrie Marseille Provence du 6 au 11 février, font état d’une saison décevante. État des lieux.

Mots clés : 
Imprimer cette page

Il n’y aura pas eu de retournement de situation à l’issue de la sixième semaine des soldes, qui s’est achevée ce 15 février, tandis que le grand rendez-vous tant attendu par les commerçants s’était ouvert le 9 janvier dans un pays que les événements terroristes ont plongé dans la sidération. La semaine supplémentaire acquise depuis le 1er janvier 2015 (art. 62 de la loi Pinel) et le taux de démarque, qui a atteint 50 % voire au-delà, n’y auront rien changé.

Résultats décevants

Près d’un commerçant sur deux dit n’avoir finalement pas atteint les résultats – jugés déjà décevants – de l’an dernier, tant en termes de fréquentation (plus de la moitié ont constaté une baisse de la fréquentation par rapport aux années précédentes) qu’en valeur (pour la majorité, le chiffre d’affaires lié aux soldes est encore en baisse cette année). Une tendance exacerbée pour le secteur de l’équipement de la personne (soit les 2/3 des commerçants). C’est ce qu’indique l’enquête réalisée par la CCIMP auprès de 507 commerçants de sa circonscription*. Reste que près de la moitié estiment néanmoins pouvoir afficher un CA stable ou en hausse. Selon la CCIMP, le panier moyen des soldes d’hiver dans le secteur de l’équipement de la personne serait même légèrement à la hausse cette année à 78 € contre 75 € en 2014.

La Valentine : les ventes privées ont très bien fonctionné

« Les ventes privées ont, elles, très bien fonctionné, note d’abord Pierre-Olivier Roux, directeur du centre commercial la Valentine et de Grand V. En cumul, par rapport à l’année dernière, la fréquentation pendant la période officielle de soldes est contenue dans une fourchette entre 0 et 5 % », précise-t-il, tout en indiquant que si la désertification du centre a été immédiate les premiers jours (correspondant au pic des événements tragiques), la deuxième affichait déjà une hausse de la fréquentation par rapport à l’année précédente.

« Le panier moyen est en légère baisse. La crise est bien là : les achats se sont concentrés sur le nécessaire et il y a eu moins d’achat d’impulsion. Mais il y a aussi l’impact des ventes sur Internet même si l’e-commerce a également enregistré une baisse du panier moyen (la Fédération e-commerce et vente à distance indique une baisse du panier moyen de 4 %, NDLR) et … un peu de la concurrence des Terrasses du port qui, les premiers mois d’ouverture, a impacté la fréquentation et les chiffres d’affaires des commerces. Mais les clients sont de retour depuis. » Illustration de cette concurrence : Le Printemps, installé à La Valentine et depuis juin aux Terrasses du Port, aurait gonflé son chiffre d’affaires sur ses deux espaces mais non… sans un transfert de l’un vers l’autre.

Le centre commercial, âgé de 32 ans, qui s’apprête à lancer un grand plan de rénovation de ses extérieurs (appel d’offres en cours), après avoir entrepris il y a six mois la mue du centre Grand V, doit accueillir prochainement l’espagnole Bershka ainsi « qu’une autre belle enseigne nationale dans le prêt-à-porter ». Le centre n’aura alors plus de disponibilité.

Terrasses du Port : 12,5 millions de visiteurs sur un an ?

Aux Terrasses du Port, la fréquentation a été un peu perturbée mais « on a enregistré finalement en janvier un million de visiteurs, soit plus qu’en juin. La majorité des commerçants sont satisfaits et ils le disent dans la presse !, s’amuse Sandra Chalinet, directrice de l’un des complexes commerciaux les plus en vue du moment et qui engrange les reconnaissances (Mapic Awards 2014, Prix Procos de la Création de centre commercial). « Les enseignes tendances cartonnent, les plus traditionnelles fonctionnement moins, c’est dans la logique. En juin, quand on aura un exercice complet, on communiquera sur les chiffres », promet-elle.

En cumul depuis l’ouverture, « nous atteignons 8,2 millions fin janvier et si on tient notre moyenne mensuelle, le trafic annuel sera de 12,5 millions quand Aéroville (centre commercial situé près de Roissy, comparable par le niveau de qualité) était à 7,5 millions la première année ». Le centre continue d’engranger les signatures avec l'arrivée du groupe Noctis, gestionnaire des endroits courus du tout Paris Madam, Chez Castel ou encore le Raspoutine. La Halle vient d’accueillir la rôtisserie Butcher et le centre est en négociation avec un franchisé boulanger. « Il reste désormais peu de surfaces disponibles ». Le mystère Apple demeure …

Centre-ville de Marseille : En attendant la revalorisation des axes et requalification des devantures

Du côté du centre-ville, les commerçants ont cumulé les aléas alors qu’ils espéraient compenser un début de saison morose : événements « Charlie Hebdo », grève des poubelles, travaux du tram qui ont percolé sur les rues adjacentes, une météo capricieuse … « qui s’ajoutent à nos problématiques récurrentes : hypercentre pas accueillant, parking anarchiques, travaux d’entretien erratiques et aléatoires. Le ressenti des commerçants est forcément négatif, la conjoncture économique plombant le tout. Raison de plus pour que les institutions nous aident à dynamiser le centre », liste Guillaume Sicard, de la Fédération Marseille-centre, qui note toutefois que « des projets se mettent en place ». La fédération a prévu une grosse opération de communication à l’occasion du lancement du tramway. 

Aix-en-Provence : Encéphalogramme plat

Les Allées Provençales, qui ont initié en 2008 les centres à ciel ouvert en rues piétonnes et en proximité du centre-ville ancien, affichent un chiffre d’affaires (-0,2 %) et une fréquentation stables (9,5 millions en 2014). « Le samedi supplémentaire sur le mois de janvier a permis de compenser le retard à l’allumage », fait valoir Vincent Mauvage, le directeur des Allées. Le centre fait donc mieux que le marché : pour les centres commerciaux de centre-ville, selon Procos, le chiffre d’affaires est en retrait de 1 % ces dernières années tout en souffrant moins que les commerces de centre-ville (- 2 %). « Le textile a connu des heures difficiles en 2014. L’été pluvieux et le début de l’hiver doux n’incitant pas à l’achat d’où des démarques importantes concédées très rapidement. »

Encéphalogramme plat sur toute la ligne : pas de mouvement d’enseignes en 2014, pas d’annonces en 2015. Effet Apple ? « Avant son implantation sur le site, l’offre existait déjà. L’impact est valorisant mais n’est pas palpable sur les chiffres d’affaires. » Effet Terrasses du Port ? « On craignait surtout l’ouverture du dimanche à cet égard. Mais il n’est pas certain que cela soit significatif. » Les Allées Provençales sont ouvertes le dimanche depuis le 8 juillet dernier.

Grand Littoral : Des taux de démarque descendus rapidement à 70 %

Devenu il y a un peu plus d’un an le vaisseau amiral français de la foncière néerlandaise Corio, le centre commercial semble capitaliser sur son approche Favourite Meeting Places … et sur l’effet Primark, ouvert en décembre 2013. « En janvier, nous étions à + 4 % par rapport à janvier 2014, qui était déjà à + 25 %. Les commerçants sont à peu près satisfaits mais font observer qu’ils sont très vite descendus à des taux de démarque de 70 % », relève François Duwat, directeur du centre commercial. En 2014, le complexe revendique une croissance de 25 % de fréquentation par rapport à l’année précédente, soit 13,5 millions de visiteurs, quand la moyenne des centres commerciaux en France est stable (- 0,1% selon le Conseil national des centres commerciaux). Selon le directeur, l’arrivée du trublion irlandais, qui a mis le pied en France il y a un an avec Marseille, aurait dopé la croissance d’autres enseignes : « Primark les a incitées à engager un gros programme de rénovation et à se recentrer sur une offre premium si bien qu’elles enregistrent de belles croissances de fréquentation ».  Primark fait des émules : après Burger King, la très prisée marque britannique New Look ouvrira en mars ainsi qu’Intersport.

Des projets à venir

Sur le département, en 2015, sont attendues la fin de la commercialisation des Voûtes de la Major (CEPAC), l’ouverture des Docks (Constructa/ JP Morgan Asset Management) et la rénovation-extension du Centre Bourse (Klepierre / Axa), à Marseille mais aussi le projet de CFA Méditerranée (Groupe Financière Duval) à Salon-de-Provence, l’extension de Jas-de-Bouffan à Aix-en-Provence (Altaréa-Cogedim / Mercialys) et l’agrandissement de Plan de Campagne.

 

* Enquête téléphonique réalisée par la CCIMP du 6 au 11 février 2014 auprès de 507 commerces pratiquant les soldes, localisés dans les centres-villes et centres commerciaux de l'ensemble de la circonscription de la CCIMP (Bouches-du-Rhône, hors Pays d'Arles).

Témoignage
Image : paolo.jpg

Mme FUSELLA CAROLINE

chargé de com

CCIMP

Marseille


Aujour'hui il fait très beau,Un  accompagnement sur mesure est également possible en ultime phase (seule étape payante, NDLR). Il pourra être organisationnel et administratif pour faciliter  les réponses aux appels d’offres ou en support technique pour travailler sur la qualité, les codes et standards », explique Jean-Claude Morey. Dans la méthodologie, l'accompagnement prévoit une démarche en processus réel. Autrement dit, quatre appels d’offres* ont été choisis correspondant à « des marchés exigeants, constitués de multiples briques élémentaires faisant appel à un spectre large de compétences métiers et savoir-faire. » La finalité étant de pouvoir adresser le plus de PME possible mais aussi de solliciter des pré requis qui pourront être mobilisables sur d’autres projets industriels.