Menu principal

31.05.2017 - Appel à projets

BigUp for start-up : Ce que les grands groupes attendent des start-up - 2/2

Sur Marseille-Provence, le programme BigUp for start-up, qui vise à rendre plus opérationnelles les relations de business entre grands groupes et start-up, a rallié 10 fleurons de l'économie française qui ont des besoins d’innovation urgents. On les a décryptés …

 

Ce que ces groupes attendent des start-up : pour quelles finalités, dans quel contexte, servir quels marchés, permettre quels sauts de performance ? Revue en détails

 

AIRBUS HELICOPTERS 

Le H160, premier hélicoptère de la génération H, doté d'un fuselage en composite et de pales innovantes @AH

 

Il n’en sera pas question cette fois mais Airbus Helicopters, « en tant qu'acteur mondial des systèmes de décollage et atterrissage vertical », sera probablement un des acteurs de la quête à la mobilité intelligente.

On sait déjà que le numéro un mondial du marché civil des hélicoptères s’intéresse aux problématiques de la mobilité urbaine, avec notamment deux projets connus : le CityAirbus, véhicule à décollage et atterrissage vertical et à propulsion électrique qui pourrait offrir un service de taxi aérien sur de courtes distances et le SkyWays, mené en partenariat avec la poste de Singapour pour la livraison rapide de colis en environnement urbain.

Philippe Quilgars, responsable du sourcing chez Airbus Helicopters, explique pour sa part, sans cacher la réorganisation actuelle du groupe (en raison d’un marché qui a touché le point bas), qu’Airbus Helicopters est « en pleine mutation », que ses besoins « ne sont pas seulement technologiques mais aussi industriels » et que son « réseau de fournisseurs est en train d’évoluer ».

« On recherche des start-ups, qui soient en POC (proof of concept prototype, ndlr), et des solutions dans les domaines de la miniaturisation, des systèmes de guidage mais aussi qui nous permettent d’évoluer dans les nombreux domaines où l’on n’est pas : digitalisation, traitement de l’image, big data, objets connectés, intelligence artificielle ».

Airbus Helicopters a en effet opéré « une vraie révolution industrielle » dans ses chaînes (manière de mener les tests et de produire en s’inspirant des standards de l’automobile notamment) mais aussi dans ses produits (notamment avec la H-génération qui initie des appareils civils, dotés d'une structure en composite et de pales innovantes).

Mais surtout, l'hélicoptériste planche sur la digitalisation, qui dans les 10 prochaines années, devrait lui permettre de faire son métier de façon différente (la maintenance préventive sera probablement l’une des premières applications) avec sans doute beaucoup plus de valeur ajoutée.

Le groupe anticipe des services qui reposeront davantage sur des échanges de données avec ses clients pour une compréhension plus fine notamment sur la façon dont les machines seront opérées. Mais la finalité de la nouvelle organisation est aussi de réduire les délais (et les coûts globaux), entre la prise de commande et la livraison de l'appareil, tout en offrant la possibilité aux clients de choisir plus tardivement les options dans la chaîne de production, sur la base d'une plate-forme standardisée.

« Notre problématique sera de pouvoir travailler avec de petites sociétés sans leur demander une quantité de documents », prévient le responsable des achats.

 

CAISSE DES DÉPOTS

 

Via sa palette d'investissements disparates, la Caisse des dépôts se trouve au croisement de l'ingénierie de la ville, dont elle veut faire un « creuset de solutions aux défis des transitions en cours @Egis

 

Plus que les autres, l’établissement public, qui n’est pas que le gestionnaire de l’épargne des Français, le premier financeur du logement social, mais qui est aussi un des tout premier acteur du financement de l'économie, du développement durable et des territoires, se sent directement concerné par les quatre grandes transitions (selon la Caisse) en cours : écologique, numérique, territoriale et démographique.

« La Caisse est présente dans de nombreux secteurs économiques, grâce à plusieurs filiales, notamment le transport public avec Transdev, l’ingénierie avec Egis, le tourisme avec la Compagnie des Alpes pour le développement des stations de ski ou encore Icade… », présente Richard Curnier, le directeur régional de la Caisse, rappelant que via Bpifrance (dont elle est actionnaire à 50 % avec l’État), elle est un des principaux acteurs du financement des startups (une enveloppe d’investissements de 7,7 Md€ entre 2015 et 2019 pour rappel).

Via sa palette d'investissements disparates, le « bras armé » de l’État se trouve finalement au croisement de l'ingénierie de la ville, dont elle veut faire un « creuset de solutions aux défis des quatre transitions que nous vivons pour faire plus, mieux et moins cher ».

Véhicule autonome, motorisations alternatives, parkings intelligents, nouvelles formes de mobilité (« sans couture »), valorisation des data urbaines, bâtiments durables (logements réversibles et adaptables dans un parcours résidentiel nouveau, qui s'adapte aux âges et aux circonstances de la vie ; nouveaux procédés constructifs ; matériaux bas carbone, ingénierie numérique Bim…), espaces et éclairage publics optimisés, énergies propres et renouvelables, économie circulaire, stockage de l’énergie,  innovantes de livraison en centre-ville « en particulier dans le CV d’Aix et les ZA de la métropole (cite l’Arbois et le pôle d’activité d’Aix) ; dématérialisation de l’accès aux domaines skiables via des technologies de substitution (reconnaissance faciale, digitale, solutions de paiement embarqué, offres commerciales adaptées au profil de consommation de ski…)... La liste des attentes de la Caisse est longue et pour ce faire, elle est en quête de « start-up avec des solutions assez matures : MVP (« minimum viable product », ayant prouvé qu’il y a un marché), POC, ou en déploiement ».

 

CISCO

L'équipementier réseaux américain, connu pour la citation de son ex-CEO et fondateur John Chambers qui tourne en boucle dans tous les colloques (« J'ai l'impression de voir la Silicon Valley en France »), est également du programme.

Ces dernières années, le géant des routeurs et des commutateurs pour les réseaux télécoms a été contraint, face au ralentissement de ses activités, de se recentrer sur des secteurs plus porteurs, notamment vers des solutions software, en visant en particulier le cloud, la sécurité et les objets connectés.

L’entreprise vient de surprendre en déboursant 3,7 milliards de dollars pour AppDynamics, une start-up de San Francisco dont les logiciels sont capables de surveiller et optimiser la performance des applications, sites Internet, serveurs des entreprises. Dans son appel à projets, elle fait état de besoins en technologies connectées pour l’industrie, de solutions de cyber sécurité, de collaborations B2B (voix, vidéo, web), smart building (utilisation et optimisation des espaces), et cloud.  

Pour information, l’américaine est engagée aux côtés des collectivités locales. En 2013, elle avait inauguré avec la métropole de la Côte d'Azur un « boulevard connecté » avec 200 capteurs nichés dans les lampadaires, chaussée ou bennes à ordures, avec à la clé des espoirs d’économies de gestion et d'énergie.

Elle coopère actuellement avec la mairie de Paris à l'occasion de la rénovation de la place de l'est parisien, dont les abords ont été patchés de capteurs pour recueillir en temps réel des indices de pollution, de bruit, de température...

 

LA POSTE

La Poste met les objets connectés au coeur de son offre de services à domicile ©DR

 

« Où en est La poste aujourd’hui ? », devance la question Christine Bord Le Tallec, déléguée régionale du groupe. « La Poste vit sans doute la révolution stratégique la plus importante de son histoire depuis l’invention du courrier et l’on peut aisément comprendre pourquoi. Cette transformation, au cœur de notre stratégie, nous amène très légitimement à travailler avec le monde des start-up ».

Personne ne conteste, pas même la presse, la mutation globale (et visible) que le groupe public, dont les activités historiques sont torpillées par la révolution numérique, a entamé il y a quelques années déjà. La Poste est désormais de toutes les manifestations de l'écosystème numérique jusqu’à sa présence sur grand temple mondial high-tech, le Consumer Electronic Show de Las Vegas, où elle embarque chaque année une kyrielle de start-up.

« On dispose de plusieurs leviers, reprend Christine Bord Le Tallec, un accélérateur au sein du groupe « Start’in post » dont l’objectif est de repérer des start-up qui planchent sur nos axes stratégiques, que l’on va mettre en relation avec nos entités opérationnelles et auxquelles on va offrir un terrain de développement réel. Nous avons aussi un programme french IoT (objets connectés) visant la santé et le bien-être, la smart city ou des services aux entreprises. Et enfin, une plate-forme d’open innovation « Time to test » permettant aux entreprises sélectionnées de tester leurs services avec un grand compte partenaire ».

L'enreprise, qui se dit en phase avec toutes les problématiques sociétales, du service à domicile pour les personnes fragiles à la transition énergétique, est en quête de technologies « dans 5 axes : la logistique et le transport, le BtoB numérique (marketing digital, logiciel SaaS, e-commerce, big data, solutions pour secteur public…), les solutions de confiance numérique (moyens de paiement innovants ; FinTech, sécurisation des échanges..), la transition énergétique (éco-mobilité, recyclage, optimisation énergétique …) et les nouveaux services de proximité puisque l’on ambitionne de devenir un opérateur de services de proximité donc on regarde tout ce qui touche à l’économie des seniors (le groupe public a lancé il y a quelques semaines, le service « Veiller sur mes parents », qui se propose de rassurer les proches d'un aïeul isolé par le biais d'un passage régulier du facteur à son domicile, Ndlr), aux objets connectés et à l’e –santé ». 

Le groupe, qui structure depuis quelque temps une offre de services à domicile capitalisant sur le passage des facteurs, a franchi un cap supplémentaire dernièrement en engageant des négociations exclusives pour la prise de contrôle d’Asten Santé, une entreprise de 750 collaborateurs et 100 M€ de chiffre d’affaires, qui accompagne des patients souffrant d'une maladie chronique. Une opération soumise à l'approbation des autorités de la concurrence.

 

GRDF

GRDF cherche notamment des solutions qui permettent de prévenir les dommages des ouvrages de distribution de gaz. ©DR

 

« Nous pensons que des entreprises innovantes peuvent nous aider sur les axes sur lesquels nous nous positionnons aujourd’hui », pose Joël Moraldo, directeur territorial régional Provence-Alpes Côte d’Azur.

Autant dire, des axes fraîchement présentés. Le 19 mai, Le gestionnaire du réseau de distribution de gaz a fait part de ses « sujets ». D'abord l'efficacité énergétique via les réseaux gaziers intelligents ou « smart gas grid » (son compteur communicant Gazpar pour levier). Ensuite, la substitution du gaz naturel aux sources plus carbonées. Et en somme, « le passage du gaz bleu au gaz vert ». Dans le viseur : le biométhane et l’objectif d'évaluer les conditions technico-économiques permettant d'atteindre 100 % de gaz renouvelable dans le réseau français en 2050.

« On sera très intéressé par toutes solutions, en développement, en POC ou commercialisation, qui nous permettent de prévenir les dommages des ouvrages de distribution de gaz, d’exploiter nos réseaux avec plus d’intelligence, plus de précision et à distance. Nous sommes aussi sensibles à tout ce qui touche à la valorisation des déchets sous forme de biométhane carburant selon des processus optimisés et efficients permettant de favoriser l’accès au BioGNV pour les usagers », indique le représentant de GRDF.

 

ENGIE                

 

Dans le domaine de l'énergie, Engie veut avancer sur les technologies de l'hydrogène ou des « smart grids ». Et souvent, les alliances et cessions en disent bien long sur les stratégies de transformation. Dernièrement, l’énergéticien a acquis la société suédoise Icomera, leader dans le développement de solutions de communication embarquées dans les transports publics.

Parallèlement, illustration de sa « révolution énergétique » vers des activités « bas carbone», le géant français (dont on dit qu’il pourrait s’allier à l’Allemande RWE pour former un Airbus de l’énergie) se déleste de ses actifs dans l'exploration-production de gaz et de pétrole

« Notre ambition est de devenir un leader de la transition énergétique en Europe. Pour ce faire, on a besoin de construire des solutions durables et on mise sur l’innovation », explique Audrey Vendembilque, adjoint au directeur régional Provence-Alpes-Côte d'Azur, Monaco et Corse du groupe.

« Depuis 2014, le groupe a lancé 60 appels à projets. Plus de 1 200 propositions ont été recueillies sur la plateforme dédiée. Plus de 30 partenariats commerciaux ont été conclus suite à ces opérations. Mobilité durable, énergie décentralisée, bâtiments connectés, territoires, hydrogène, stockage d’énergie, l’ensemble de nos besoins sont recensés via des appels à projet sur notre plateforme. Vous pouvez y répondre ou déposer de façon spontanée vos propositions. Deux appels sont en cours, d’autres sortiront cette année ».

 

SNCF

La SNCF veut améliorer l'experience usagers dans ses gares

 

Accélérer sa conversion au numérique, c’était l’un de ses principaux leitmotiv à l’occasion de sa dernière conférence de presse. Un sujet auquel le groupe public dit vouloir y consacrer 900 M€ au cours des trois prochaines années.

Depuis quelques années, les clients attendent le déploiement de l'accès au Wi-Fi sur les lignes TGV, qui se déploie progressivement. D’ici fin 2017, 300 rames de TGV devraient être connectées. Mais l’opérateur ferroviaire attend aussi beaucoup des technologies numériques pour généraliser la maintenance prédictive basée sur l’internet des objets et le big data, ce qui lui permettrait de détecter les signes annonciateurs d'un panne, alléger le coût de l'entretien des infrastructures et améliorer la gestion du trafic (trains supprimés, retards, etc.).

« Parmi les pistes de coopération, annonce Thierry Jacquinod, directeur de Gares Méditerranée de la SNCF, nous avons plusieurs sujets qui touchent à la fois à l’expérience usagers dans nos gares mais aussi à y tester et éprouver des solutions techniques qui permettent de s’approcher d’une gare autonome en énergie. Des solutions sont en train d’être expérimentées dans quelques lieux. L’innovation est le seul moyen pour faire ce saut performance qu’attendent tous les utilisateurs de nos espaces ».  

Comme ses homologues, le dirigeant attend « des solutions a minima déjà testées, sinon un produit déjà commercialisé qui nécessiterait juste une adaptation ».

 

Adeline Descamps

 

 

ORANGE

« On recherche avant tout des start-up qui veulent changer le monde c’est-à-dire changer notre manière de communiquer, de travailler, de gérer son argent et enrichissant l’univers des télécoms » lance à la cantonade Christophe Guion directeur Projets innovants à la direction Sud Est d’Orange.

L’opérateur télécoms français, au cœur des bouleversements liés à la transformation digitale et de l’accélération inégalée dans son secteur (que résume Stéphane Richard, son patron, par « Il a fallu 75 ans au téléphone pour atteindre 100 millions d’utilisateurs, mais seulement 16 ans au mobile, et 4 ans au réseau social Facebook »), répète à l’envi que « les efforts consentis par les grands groupes et leurs équipes de R&D, si importants soient-ils, ne peuvent couvrir l’ensemble des champs d’innovation de leur environnement ».

Orange structure son dispositif d’innovation par les start-up autour de deux piliers principaux, précise Christophe Guion : « notre Orange Fab est un dispositif d’accélération de 12 semaines qui donné accès aux outils, à notre carnet d’adresse, aux experts, à un réseau international car il est en interconnexion avec les 11 autres accélérateurs dans le monde. Il est assorti d’un financement avec Orange digital Venture, un fonds doté de 100 M€ sur 5 ans » (plus de 180 start-up depuis 2013).

Le groupe est entré dernièrement en négociations exclusives pour le rachat de Business & Decision, un acteur dans le traitement de grandes quantités de données, de la business intelligence et du management de la relation client. Ce qui traduit son ambition dans le traitement et analyse de données d’entreprises (comme la plupart des opérateurs du monde entier et assez naturellement en tant que spécialistes du transport des données grâce à leurs réseaux).

Le groupe aux 120 implantations dans le monde dans une trentaine de pays est donc en quête de « services et produits déjà existants » dans le big data, IoT, la Fintech, les nouvelles connectivités, l’agrégation de contenus, la réalité virtuelle,  le cloud gaming… énumère Christophe Guion.

 

SOCIÉTÉ GÉNÉRALE

Du côté de la banque, l’évolution de la relation client est au cœur des enjeux actuels, rappelle Clotilde Blanc, de la délégation régionale de Marseille. La banque, « friendly start-up » avec son tiers-lieu situé aux Dunes entièrement dédié aux start-ups, recherche toutes solutions qui puissent à la fois digitaliser ses points de vente (contenus non transactionnels qui favorisent la pédagogie sur les services clients, la préparation du projet du client, par des jeux, des Mooc, exploration du potentiel des objets connectés pour améliorer l’expérience client en agence…) et améliorer ses pratiques de web marketing.

A l’instar de sa collaboration avec CashSentinel, solution digitale innovante pour faciliter l’achat d’une véhicule) ou JAM, premier chatbot français dédié aux jeunes de 18 à 30 ans. « Augmenter des objets ou supports papiers grâce aux technologies de réalité virtuelle et augmentée nous intéresse également », complète Clotilde Blanc, qui précise que le groupe cherche « des start-up qui ont déjà bénéficié d’une première levée de fonds et qui ont déjà quelques références ».  

 

 

Grands groupes - start-up : Des perceptions qui diffèrent

Depuis que les fleurons de l’économie tricolore ont des besoins numériques à satisfaire, apanage des plus jeunes, les rapports de force ne sont plus les mêmes. C’est la start-up mania, le fameux « esprit jeune pousse » (souplesse, autonomie des collaborateurs, ouverture d’esprit…) auprès desquelles les ainées viennent se ressourcer et puiser pour réveiller l’esprit d’entreprendre, enseveli sous le poids de la structure et les carcans de l’interne.

Même si le « must have » de la coopération entre les deux parties reste manifestement encore à inventer pour concrétiser un partenariat à travers une offre porteuse de valeur pour les deux parties, qui ne soit pas un exercice de communication pour les unes et que les autres (les start-up) soient plus qu’une source d’inspiration.

Le baromètre 2017 de la relation startups-grands groupes, réalisé par Le Village by CA et Bluenove, souligne en effet la différence de perception des acteurs impliqués : 85 % des grands groupes trouvent que la relations avec les startups est équilibrée. Seules 45 % des startups pensent la même chose.

 

Perception des grands groupes :

    60 %  trouvent que le délai d’exécution est plutôt rapide ou très rapide (selon leurs critères …)

    83 % trouvent que les objectifs de collaborations sont plutôt clairs ou très clairs

    85 % trouvent que la relation avec les startups est « plutôt équilibrée à très équilibrée »

 

Perception des start-up

    84 % trouvent que le délai d’exécution par les grands groupes est lent ou très lent

    44 % trouvent que les objectifs des grands groupes sont peu clairs ou pas du tout clairs

    55 % considèrent que leur relation avec les grands groupes est « peu équilibrée ou pas du tout équilibrée »

 

 

 

Actualité(s) liée(s)

Voir toutes les actualités