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19.12.2017 - Agroalimentaire

Seafoodia : Horizon Top 100 mondial

La PME marseillaise spécialisée dans la distribution et la vente de produits de la mer a fait de l’innovation son fer de lance. Á ce titre, elle élargit sa réflexion à la nutrition-santé, aux substituts et à la protection des océans. Et pousse la vertu jusqu’à avoir créé le fonds Pure Ocean…

 

« Chez nous, l’innovation est permanente, c’est un mode de fonctionnement, un principe de vie évident car tout évolue ou est appelé à évoluer », explique David Sussmann, Président-fondateur de Seafoodia, créée en 1996. Du management au développement, de la recherche dans le domaine de la nutrition à l’ergonomie des bureaux, de la conception des aliments à la RSE : l’innovation se loge dans chaque interstice de cette société qui fait partie du Top 400 mondial du secteur des produits de la mer, et réalise un CA de 115 M€.

 

Faire coïncider nourriture de la mer et santé

Si son activité BtoB et plus récemment BtoC s’étend à de nombreuses « merveilles » de la mer (poissons, coquillages, crustacés… mais pas d’espèces menacées), la sardine reste le produit phare, devant le colin, y compris pour son huile, commercialisée pour divers usages – l’alimentation bien-sûr mais aussi les activités de tannerie et l’encapsulage pour usage médical ou pharmaceutique. Seafoodia est ainsi l’un des premiers pourvoyeurs de DHA, cet acide gras de la famille des Oméga 3 dont les bénéfices sont multiples pour la santé. David Sussmann s’est même rapproché d’une équipe de médecins marseillais pour approfondir la question des bienfaits des produits de la mer.

Mais l’innovation s’étend aussi aux produits de substitution destinés à la nutrition aquacole, via une étude sur la possibilité de transformer mouches, insectes, larves ou encore microalgues en farines alimentaires.

 

Faire trois fois mieux d’ici 10 ans

En 2017, la société marseillaise aura traité 50 000 tonnes de marchandises, issues de 40 sites de production (souvent dans l’Atlantique nord), conditionnées pour une douzaine de marques (Cuisine et Océan, Pink Moon, Makayabu…) et exportées dans quelque 60 pays du globe (l’export représente 90% du volume d’affaires). Son objectif à dix ans est de figurer dans le Top 100 et d’atteindre un CA de 400 millions d’euros. Son effectif, de 55 salariés à ce jour, s’étoffe en moyenne de dix recrues annuelles.

David Sussmann se défend de tout angélisme mais déroule volontiers son échelle de valeurs, où se côtoient bienveillance, humanisme et engagement. La bienveillance s’exerce notamment à l’égard de son équipe, avec qui les rapports procèdent de la co-construction et de l’inversion pyramidale – « je travaille pour eux, ce ne sont pas eux qui travaillent pour moi », explicite le PDG, qui se félicite d’un turnover proche de zéro.

 

Protéger les océans

Seafoodia privilégie la pêche durable, issue de techniques de pêches sélectives et non-destructrices. « Mon motto, précise David Sussmann, est d’investir pour la protection de la nature, que ce soit par le biais du club 1 % pour la Planète ou encore au travers de donations et d’actions de mécénat ».

Fort de cette éthique, il vient de créer le fonds Pure Ocean, inauguré en octobre, qui a vocation à financer des projets de recherche innovants (des drones pour les massifs de corail, des capteurs pour mieux étudier la faune marine…) à même de protéger et d’approfondir la connaissance des écosystèmes et la biodiversité des océans. Et peut-être de débusquer de nouveaux gisements d’opportunités. « De telles initiatives ne sont possibles qu’avec un business florissant, c’est un cercle vertueux », concède David Sussmann. Pure Ocean réunit déjà une quarantaine de donateurs du monde entier ; l’objectif étant de collecter un million d’euros en 2018.

 

--- Nathania Cahen ---