Menu principal

Conjoncture métropolitaine

Compétitivité métropolitaine au 2ème trimestre 2016

A travers le prisme du monde économique, acteur incontournable du territoire, le Tableau de bord de la compétitivité métropolitaine, édité par la CCIMP et l'UPE l3, offre une base d'analyses et d'orientations sur la métropole Aix-Marseille Provence.

L'essentiel

Après un premier trimestre maussade, la fin du semestre reste en demi-teinte. Le rebond envisagé par les chefs d’entreprises s’est concrétisé mais leurs anticipations pour le 3ème trimestre sont peu engageantes. Si les tendances de fond semblent favorables (redressement dans l’immobilier, conditions financières accommodantes, frémissements sur le marché du travail), la confiance, base de l’économie, s’effrite. Les crispations autour de la loi Travail, le Brexit, les derniers attentats n’y sont sans doute pas étrangers.

téléchargement

Santé des entreprises : des perspectives incertaines

Santé des entreprises - Octobre 2016


Santé des entreprises - Octobre 2016

Après un premier trimestre décevant et une rupture dans la tendance à l’amélioration ressentie depuis le début 2015, le deuxième trimestre confirme la volatilité de l’activité.

Ainsi, le solde d’opinion portant sur l’activité du 2e trimestre s’améliore et retrouve son niveau de fin 2015 (-5 pts) avec 24% des entreprises interrogées qui notent une progression de leur activité et 29% un recul. Néanmoins, la situation des marges reste pénalisante : 34% des entreprises indiquent un repli et 8% une progression. Même constat pour la trésorerie, en particulier pour les petites entreprises.

Le secteur de la construction confirme son rebond avec un solde positif au 2e trimestre : l’activité progresse pour 24% des entreprises, chute pour 16% d’entre elles. A court terme, les prévisions sont favorables pour le chiffre d’affaires et les carnets de commandes, mais toujours négatives pour la trésorerie. Pour les autres secteurs, la confiance des chefs d’entreprise dans une reprise proche semble s’effriter avec un chiffre d’affaires attendu au 3e trimestre en recul pour 24 % des répondants (contre 15% en progression). Le pessimisme qui touche tout particulièrement le tourisme (hôtels, cafés, restaurants) et le commerce de détail peut sans doute être expliqué par un contexte sécuritaire et social défavorable.

On rappellera que pour tous les indicateurs, les entreprises de plus de 50 salariés sont globalement plus positives, la conjoncture restant difficile pour les TPE interrogées.  

La Métropole vue par les chefs d'entreprises

La Métropole vue par les chefs d'entreprise - Octobre 2016


La Métropole vue par les chefs d'entreprise - Octobre 2016

Le Tableau de bord de la compétitivité métropolitaine analyse des indicateurs permettant de mesurer la façon dont les chefs d'entreprises perçoivent l’intérêt de la Métropole pour leur entreprise, pour le territoire et pour son «image économique». Après avoir connu au 1er trimestre une forte progression des réponses positives (qui s’interprète difficilement), l’image économique retrouve un niveau habituel d’appréciation avec 49% de réponses « attractive ou très attractive ». 53% des entreprises considèrent la Métropole comme importante ou très importante pour leur activité, une proportion globalement stable sur la durée. Cette proportion atteint cependant 85% (contre 65% au 1er trimestre) lorsqu’il s’agit d’estimer que l’organisation en métropole est importante voire très importante pour le développement économique du territoire.

Enjeu Métropolitain : Faire croître les entreprises exportatrices

Les entreprises exportatrices de la Métropole


Les entreprises exportatrices de la Métropole

3 931 entreprises ayant leur siège dans la métropole ont eu une activité significative à l’export (>10k€) en 2014 (Airbus Helicopters, Lyondell, Petroineos, ST Microelectronics…). Aix-Marseille Provence se situe au 2e rang des métropoles françaises en nombre et au 6e rang national pour le taux d’entreprises exportatrices (2,7%), loin du Grand Lyon (3,8%, 1e rang).

Parmi les secteurs bien représentés, on note principalement le transport / logistique et la construction mais aussi la pétrochimie, l’électronique, la réparation de machines et dans les services : les activités immobilières, le tourisme, l’ingénierie…

2/3 de ces entreprises avaient également exporté en 2013 et seulement la moitié en continu sur 2012-2014, illustrant l’importance d’une politique de consolidation sur les marchés internationaux. 

Focus sectoriels par les fédérations professionnelles

BTP : Vers une amélioration mesurée 

Malgré une visibilité accrue et le développement des carnets de commandes, l’activité du secteur gros œuvre reste pénalisée par une commande publique en retrait. Les chantiers en cours permettent uniquement d’assurer le soutien de la production avec une augmentation d’un recours à la sous-traitance.

Le Second Œuvre progresse légèrement, néanmoins les prix demeurent trop bas dans un contexte fortement concurrentiel.

Les Travaux Publics, malgré un début d’année encourageant, sont soumis aux reports de projets ou restrictions budgétaires de certaines collectivités territoriales induisant un manque notoire de visibilité.

Dans le neuf, tous les indicateurs sont à la hausse. Au plan départemental, les logements autorisés ont augmenté  (+8,7%) et les mises en chantier reprennent, même si l’évolution reste en baisse (-9,6%, glissement annuel sur 12 mois à fin mars 2016). Dans le non-résidentiel neuf, une évolution positive est à noter, en partie favorisée par une augmentation des autorisations de 8,9%. L’évolution des mises en chantier connait un taux similaire avec -24,6% en comparaison avec le trimestre précédent, tous segments confondus.

Dans les Bouches du Rhône, les effectifs s’érodent : on compte 39 864 emplois salariés (soit -2% à fin 2015, +1% pour l’intérim). (Source FBTP13)

                                                                                                                                    

 

Pétrole : une tendance baissière

Malgré les difficultés liées aux mouvements sociaux, les trois raffineries de la région ont pu éviter un arrêt complet qui aurait été encore plus pénalisant. Les marges de raffinage étaient restées de janvier à septembre 2015 aux environs de 50 €/t. Elles ont continué à baisser chutant de 12% d’un trimestre sur l’autre (de 55% par rapport à l’an dernier). De plus, ces marges, théoriques, ne prennent pas en compte les marges dégradées des unités endurées en juin.

Après le creux subi en janvier en dessous de 31 $/bbl, le prix du pétrole « brent » (brut de référence en Europe) s’est repris à partir de février et remonte en moyenne sur le 2ème trimestre à 45 $/bbl (en hausse de 34% d’un trimestre sur l’autre). Depuis le 1er  janvier 2016, la hausse des livraisons de carburants routiers sur le marché français est de 1,5% par rapport à la même période 2015. Les livraisons de supercarburants sont en hausse de 3% et celles de gazole de 1,2%. (Source UFIP)

Chimie : un léger ralentissement 

L’activité économique en France a été perturbée sur le trimestre par les mouvements sociaux en mai-juin liés à la loi Travail El Khomri. Le faible rythme de croissance constaté au premier trimestre 2016 (0,8% après 1,4% le trimestre précédent) semble s’être poursuivi jusqu’au mois de mai. Le ralentissement concerne surtout la chimie de base et à un moindre niveau les spécialités ; il semble épargner le secteur des savons & parfums et la chimie fine pour l’industrie pharmaceutique. Le climat des affaires du mois de juin a connu une baisse marquée en raison des nombreux mouvements sociaux. Néanmoins, la tendance pour les prochains mois est à une amélioration.

Les prévisions des évolutions annuelles de la production en volume sont positives : +1% pour la chimie minérale, + 0,5% pour la chimie organique, +1% pour les savons, parfums et produits d’entretien. (Source UIC Méditerranée)

SIDERURGIE - MECANIQUE - AERONAUTIQUE - INDUSTRIE DES TRANSPORTS

Industries métallurgiques : une stagnation de l’activité 

La tendance s’inscrit autour d’une stagnation de l’activité illustrée par un niveau de production stable avec des capacités utilisées à hauteur de 70%. Les stocks, effectifs et investissements sont jugés stables. Les perspectives du second semestre 2016 semblent s’orienter vers un maintien de l’activité. (Source UIMM)

Industries mécaniques : un maintien de l’activité 

Sur la période, les entreprises ont noté un maintien de leur activité. Les capacités de production sont utilisées à hauteur de 90%. Les stocks sont normaux. Les effectifs sont stables. La demande internationale est dynamique, la conquête de nouveaux marchés est constatée avec un renforcement de la zone euro. Le montant des investissements est en hausse (Maroc, Mexique, Kenya, Brésil, USA, Italie) même si les prévisions s’orientent vers une stagnation, le gel des prix pétroliers étant l’un des facteurs explicatifs. (Source UIMM)

Industries électroniques : une timide amélioration 

Une stagnation de l’activité est à noter : le développement à l’export ainsi qu’une diversification pouvant représenter des leviers de croissance sont encore sous-exploités. Le niveau de production est à hauteur de 80%. Néanmoins, malgré une demande peu animée, les effectifs ainsi que le montant des investissements sont en hausse. Les stocks sont normaux. Les perspectives restent prudentes. (Source UIMM)

 

Distribution et services automobiles : des ventes en progression 

Selon les dernières données du Comité des constructeurs français d’automobiles, à fin juin 2016, au plan national, les ventes de véhicules particuliers s’élèvent à  1 102 442, représentant ainsi une hausse de 8,3% comparativement à la même période de 2015 (+ 7,7% dans les Bouches-du-Rhône). A nuancer avec la prise en compte des  jours ouvrables, les progressions restant toutefois à minorer de 2 à 3% selon les familles de véhicules. Dans le détail, au niveau national, les ventes des véhicules utilitaires légers ont réalisé une augmentation de 12,3%, +1% dans les Bouches-du-Rhône, celles liées aux véhicules industriels ont également enregistré une hausse (+18,2%), +21% dans les Bouches-du-Rhône. Même tendance sur le marché des véhicules d’occasion (+3,4%), +2,8%  dans les Bouches-du-Rhône.

Toutefois, au plan local,  un recul des activités mécanique, carrosserie, pièces de rechanges est à noter. Une pénurie de profils disponibles dans ces métiers étant constatée (mécaniciens, carrossiers, peintres, magasiniers…). (Source CNPA)

 

Commerce : des soldes estivales positives

Après une saison printemps/été atone et un démarrage en demi-teinte, les indicateurs repassent au vert pour les soldes d’été 2016, confirmant la tendance positive observée l’an dernier. La fréquentation est supérieure ou égale à celle de 2015 pour 56% des commerçants et le chiffre d’affaires qui en découle stable ou en hausse pour 58% des commerçants (un niveau comparable aux soldes d’été 2013, le meilleur cru de ces 9 dernières années). Les taux de remises sont identiques pour 90% des commerçants avec un niveau de démarque de 30 à 50% dès le 22 juin, date du démarrage des soldes (jugée précoce par 53% des commerçants). Les stocks étaient équivalents à ceux de l’an dernier pour 54% des commerçants, grâce à une meilleure anticipation et à une généralisation des ventes promotionnelles (dont les ventes privées) : 60% des commerçants les ont utilisées contre 45% en 2015 (une pratique qui atteint même 87% chez les succursalistes, 69% chez les commerçants en réseau et 65% dans le secteur de l’équipement de la personne). Enfin, 60% des commerces indépendants interrogés sont présents sur Internet (site propre, vente en ligne, réseaux sociaux).  (Source CCIMP)

Transport de passagers:

Transport maritime de passagers : belle progression, portée par la croisière

Au 2e trimestre, le trafic passager maritime global progresse de 6% par rapport au 2e trimestre 2015. Plus précisément, avec 221 000 passagers transportés sur la période, les lignes régulières reculent de 2,4%, pénalisées par la destination Corse (-6,4%), tandis que le trafic vers l’Algérie progresse (+9,8%). Celui sur la Tunisie résiste : -0,9%. 

Avec 468 650 passagers transportés au cours du trimestre, le marché de la croisière regagne des couleurs : +12,2% par rapport au 2e trimestre 2015. Les nombres de passagers têtes de ligne et transit progressent (respectivement +9% et +14%). 154 escales ont été comptabilisées sur la période, la majorité opérées au Môle Léon Gourret (14 l’ont été au J4), avec notamment les escales inaugurales du Carnival Vista (3 750 passagers) et du Harmony of the Seas (6 000 passagers, 2 000 membres d’équipage). En cumulé à fin juin 2016, 620 000 croisiéristes ont été accueillis, et le 2e semestre devrait être encore meilleur, octobre étant le mois le plus chargé de l’année.

Transport aérien de passagers : hausse de trafic ralentie par les mouvements sociaux 

Au 2e trimestre 2016, l’aéroport Marseille Provence enregistre une progression du trafic de 2% (à 2.294.524 passagers, soit 47.837 passagers supplémentaires) par rapport au 2e trimestre 2015. Ce trafic trimestriel est cependant inférieur à celui des autres aéroports régionaux, car pénalisé par les mouvements sociaux qui ont entrainé l’annulation de 461 vols (-44.230 passagers) ; sans ces mouvements, le taux de croissance de l’aéroport Marseille Provence aurait été supérieur à 4,5%, en phase avec ceux de Nice ou Bordeaux. En outre, les développements de lignes ont été moins nombreux à Marseille que dans les autres aéroports de région. De plus, Ryanair a contracté son offre (retrait de 4 avions en night stop). 

Les mois d’avril (+3,8%) et de juin (+3,3%) ont été très dynamiques. L’Euro 2016 a notamment eu en juin un impact positif sur l’aéroport, générant 16.000 à 20.000 passagers aériens : 98 vols charters ont été opérés par 27 compagnies aériennes et les vols réguliers, en plus des vols charters, ont été particulièrement sollicités. Sur le trimestre, le trafic domestique a progressé (+5,6%), contrairement au trafic international (-1,4%), pénalisé par la chute de trafic avec l’Afrique du Nord (-9,8%). Lié au positionnement du ramadan en juin, ce trafic devrait toutefois être rattrapé, en partie, en juillet. Enfin le trafic de l’aérogare low-cost a reculé de -5,7% ; en lien avec la contraction de l’offre Ryanair. 

Les prévisions (ajustées avec le manque à gagner lié aux grèves de la DGAC), tablent désormais sur un trafic légèrement supérieur à 8,4 millions de passagers en 2016 (+2,1%). D’excellentes performances devraient être enregistrées sur les hubs cet été, en lien avec la croissance de l’offre (600 sièges additionnels par jour et par sens sur les hubs).

Transport ferroviaire de passagers (TER) : trafic passagers en baisse 

Au 2e trimestre 2016, le trafic TER, impacté par le mouvement social qui a touché la SNCF en juin, recule de -6% par rapport à la même période de 2015. Le nombre net de voyageurs en gare de Vitrolles Aéroport Marseille Provence est d’environ 163.000 : 72% d’abonnés ; 26% de clients occasionnels, particulièrement en provenance de l’aéroport et 2% d’étudiants. A l’occasion de l’Euro 2016, 35 TER supplémentaires ont été mis en place ; 102 pass Euro 2016 Marseille Aéroport ont été vendus.

Transport routier de passagers : belle activité pendant l’Euro 2016 

Pour certains professionnels, le chiffre d’affaires de ce 2ème trimestre a été supérieur à celui du 2ème trimestre 2015. Lors de l’Euro 2016, certains transporteurs ont affiché complet à chaque jour de match (transferts hôtels – aéroport). Concernant les circuits touristiques en bus City Tour, les ventes de billets ont bien fonctionné en avril et juin, un peu moins en mai. 

 

Transport & Logistique :

Fret maritime : trimestre impacté par les grèves contre la loi travail (-7%) 

Au 2e trimestre, le trafic global du Grand Port Maritime de Marseille s'élève à 18,85 millions de tonnes (-7% par rapport au 2e trimestre 2015), tiré vers le bas par la conjoncture sociale perturbée (grèves nationales contre la loi travail). Les marchandises diverses progressent faiblement ce trimestre (+1%), tirées par le roulier (+13%), alors que le conventionnel (-7%), fortement lié à l’activité sidérurgique et le trafic conteneurisé (-2%) sont en retrait. 

Les vracs liquides reculent de 29% sur le trimestre. La filière des hydrocarbures, touchée par les grèves sur les terminaux pétroliers de Fos et Lavéra, fléchit de 4%. Le trafic GNL, soutenu par un rééquilibrage des flux vers l’Europe, reste quant à lui, bien orienté (+10%). Les trafics de vracs chimiques et alimentaires, pénalisés par le grand arrêt réglementaire du pôle pétrochimique de Berre et les mouvements sociaux sur les terminaux dédiés aux vracs liquides, subissent un recul de 29%. 

Le segment des vracs solides est en repli de 17%, subissant en mai, des retards sur la réception de matières premières, dans un contexte de crise de l’acier au niveau européen. Les autres vracs solides sont également en baisse (-34%). La centrale de Gardanne, alimentée en charbon depuis Fos, fonctionne au ralenti. Ayant fait le choix de la conversion d’une partie de la centrale vers la biomasse, Uniper a consacré ce 1er semestre à la fin des travaux avant la mise en production prévue à la mi-2016. 

En cumulé à fin juin, le trafic global du GPMM s’élève à 39,13 Mt, en recul de 3% par rapport au 1er semestre 2015, en raison des grèves sur le terminal pétrolier. Les marchandises diverses conservent une avance de 1%. Le conventionnel recule de 6%. Les vracs liquides (-3%) et les hydrocarbures (-2%) sont en retrait. Le GNL bénéficie d’une belle reprise (+31%).

Fret aérien : belle envolée du trafic

Au 2e trimestre 2016, le fret aéroportuaire se développe rapidement (+9%) grâce :

·         à l’arrêt de la ligne Nice-Marseille opérée jusqu’alors par DHL : cela se traduit par un report du fret au départ de Marseille.

·         au développement des dessertes vers Alger, Tunis et Malte. Le hub Euro-Méditerranéen est en très bonne santé.

En cumulé, à la fin du 1er semestre 2016, 28 260 tonnes de marchandises ont été affrétées par la plateforme aéroportuaire, soit une progression de +9,9%. Cette tendance positive devrait se poursuivre jusqu’à la fin de l’année.

Tourisme : début de saison mitigé 

Les résultats des mois de juin et juillet sont, selon Bouches-du-Rhône Tourisme, mitigés : 42% des professionnels estiment la fréquentation inférieure à celle de 2015 (et 35% équivalente). Plus précisément, elle est jugée moins bonne en Arles-Camargue ; comparable en Provence ; meilleure à Marseille. L’Euro, principal événement cité par les professionnels du département, a eu un impact positif pour 45% d’entre eux (70% à Marseille, 60% sur le littoral et pas d’impact sur le reste du département) ; négatif pour 10% d’entre eux (dont plusieurs restaurateurs marseillais). La météo (jugée moyenne sur la période) et la présence d’un grand nombre de touristes français (Nord, Paris, Paca, Rhône-Alpes) et européens (Allemagne, Belgique, Royaume Uni, Pays Bas, Italie, Suisse) sont également cités. La fréquentation du week-end du 14 juillet est jugée comparable à celle de 2015 pour près de 50% des professionnels. Ces derniers constatent par ailleurs que la clientèle est plus exigeante, plus regardante vis à vis du confort et de son budget.

Les attentats constituent le 1er point de préoccupation des professionnels du tourisme, devant l’Euro, la conjoncture économique ou les grèves. L’inquiétude face aux répercussions de l’attentat de Nice est plus marquée à Marseille et en Arles-Camargue. Des annulations de séjours liées à des suppressions de manifestations et à l’impact sécuritaire ont été constatées. A mi-juillet, 2/3 des professionnels sont optimistes pour la suite de la saison, mais restent prudents.

Concernant plus spécifiquement l’hôtellerie, au niveau national, la succession des attentats, le climat social, le phénomène AirBnb… inquiètent les professionnels et tirent l’activité de ce 2e trimestre vers le bas (mais si avril est uniformément en recul, le mois de mai reste toutefois un bon cru). Le REVPAR (revenu par chambre disponible) diminue pour toutes les catégories : de - 1,4% (Super Eco, le moins impacté) à -8% (Moyen de Gamme). Le Luxe résiste : -1,6%.

Dans le département, l’activité a été difficile en avril : avec le lundi de Pâques décalé en mars, beaucoup d’hôteliers ont connu une baisse du REVPAR de près de 20%. Le taux d’occupation a atteint 60% (-2 points par rapport à avril 2015). En mai, avec l’absence de vacances scolaires et des jours fériés positionnés sur des week-ends, l’activité s’est maintenue : le taux d’occupation s’est élevé à 65% (stable par rapport à 2015). Enfin en juin, l’activité a été plus favorable : la baisse du taux d’occupation a été compensée par un prix moyen en hausse lors des matchs de l’Euro. Le reste de la saison sera influencé par la météo et les réservations de dernière minute (opportunité de prix ou de destination). On note cependant un recul du tourisme d’affaires.

Concernant les résidences de tourisme sur le territoire, le taux d’occupation a bien progressé (il s’élève à 57% pour le secteur Campagne-littoral). Le prix moyen est cependant en recul. L’activité marseillaise, boostée par l’Euro, a été plus favorable que celle d’autres villes de l’Euro, notamment Paris où l’activité a chuté de -20% par rapport à la même période de 2015, conséquence de l’état d’urgence lié aux attentats répétés, des blocages et des grèves.

Durant la tenue de l’Euro à Marseille, 750.000 visiteurs ont été accueillis sur la Fan Zone ; 21 rames TGV représentant 10.000 places supplémentaires ont été mises en place, 3.300 courses additionnelles ont été réalisées par les taxis marseillais. D’une manière générale, l’Euro aura été bénéfique pour le tourisme, même si les professionnels s’attendaient à mieux et Marseille a montré encore une fois sa capacité à organiser de grands évènements.

 

Office de tourisme : belle activité à Marseille, en mai et en juin

A l’office de tourisme de Marseille, le nombre de personnes renseignées a chuté en avril (-5%), avant de progresser en mai grâce aux effets conjugués de l’arrivée de l’Eurostar et des croisières (+15%) et en juin (+52%) avec de belles envolées les veilles et jours de matchs de l’Euro. Malgré une promotion sur le city pass, les supporters de l’Euro ont consommé peu d’offres touristiques. Quant à la clientèle, elle était principalement étrangère en avril (52%) et en juin (65%), principalement française (53%) en mai.

 

Congrès : activité satisfaisante 

Le Palais du Pharo a connu un 2ème trimestre dynamique, avec un nombre d’événements en hausse de +28% et un chiffre d’affaires également en progression. Si l’activité congrès a légèrement diminué, notamment en juin du fait de l’Euro, plusieurs soirées de gala et manifestations «signatures» porteuses d’opportunités d’affaires ont eu lieu. 

Les perspectives à court terme sont positives, notamment pour septembre/octobre. Il faut également compter sur des décisions de plus en plus tardives (à 1 mois de l’événement). 2017 et 2018 seront de bonnes années. 

Banques : une reprise latente 

Au 2ème trimestre 2016, l’activité bancaire s’est poursuivie inscrivant la part des opérations financières et d’investissements dans une tendance relativement positive (immobilier, financement de la croissance externe, renouvellement des capacités de production...).

Côté entreprises, au national, à fin mai 2016, les encours de crédits des PME, ETI et grandes entreprises ont progressé de 3%. Même constat au niveau régional (+2,1%) et départemental (+2,3%). Côté particuliers, la part liée au rachat et à la renégociation de contrats représente la majorité de l’activité, les opérations de production de crédits, bénéficiant pourtant de conditions avantageuses (notamment le prêt à taux zéro pour les primo-accédants) ne connaissent qu’une reprise modérée. Les dépôts à vue se sont accrus sur la période.

Le coût du risque, dans la continuité de l’année 2015, reste maîtrisé par les acteurs bancaires.

A fin mai 2016, les défaillances d’entreprises connaissent une décroissance : -3,3% en Paca et -0,9% en France sur un an (la Région représentant 10% des défaillances nationales). Constat similaire pour la médiation du crédit (119 dossiers traités en 2015 ; 41 au 1er semestre 2016). Les recettes liées aux déclarations de TVA ont augmenté de +8,3% au 2ème trimestre 2016 contre +5,7% au 1er trimestre 2016. Le chiffre d’affaires déclaré est en recul -2% dans les Bouches-du-Rhône et en croissance en Paca (+1,9%). Le Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi (CICE), à fin juin 2016, à l’échelle départementale, a permis à près de 14 374 sociétés de bénéficier d’une économie d’impôt substantielle de 130 millions d’euros.

Le nombre de plans d’échelonnement mis en place par les services de l’Etat afin de permettre aux entreprises d’honorer leurs dettes fiscales et sociales s’est réduit (289 pour un montant de 10,2 millions d’euros au 1er semestre 2016, contre 394 pour un montant de 7,2 millions d’euros au 1er semestre 2015). Les défaillances fiscales ont, quant à elles, enregistré une augmentation de 4,9% sur un an (année 2015).  

 

 

Cinéma : perspectives intéressantes

La filière cinéma/audiovisuel représente un enjeu de développement économique et d’attractivité pour la métropole, avec 5 800 emplois (intermittents spécialisés cinéma), 162 sociétés de production dont 30 spécialisées dans le tournage de longs métrages et de téléfilms et plus de 900 sociétés de services liées au cinéma et à l’audiovisuel.

Marseille, 2e ville de France la plus filmée après Paris, enregistre plus de 350 tournages par an et  près de 30 millions d’euros de retombées économiques, dont 30% en masse salariale. Pour exemple, l’accueil de superproductions telles que «Overdrive» a généré un gain de 20 M€. Le genre le plus rentable demeure les séries télés (1 € investi = 17 € dépensés). La métropole compte à ce jour 2 studios de cinéma : Studios Provence à Martigues et le Pôle Média de la Belle de Mai. Des ouvertures de salles de cinéma ont également été annoncées (IMMOCHAN  à Aubagne / TIVOLI PARK  à Grand Littoral), le nombre actuel étant inférieur à la moyenne nationale (2 salles pour 100 000 habitants contre 3 au national). 

Compte tenu cependant d’une concurrence renforcée d’autres régions françaises (Occitanie / Pyrénées Méditerranée notamment), les atouts d’Aix-Marseille Provence  auront intérêt à s’inscrire dans une démarche collective.