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Conjoncture métropolitaine

Compétitivité métropolitaine au 1er trimestre 2016

A travers le prisme du monde économique, acteur incontournable du territoire, le Tableau de bord de la compétitivité métropolitaine, édité par la CCIMP et l'UPE l3, offre une base d'analyses et d'orientations sur la métropole Aix-Marseille Provence.

L'essentiel

Ce 1er trimestre 2016 aurait dû être celui de l’accélération tant attendue, mais la croissance reste encore atone. Si les entreprises jugent ce début d’année maussade, elles anticipent cependant une fin de semestre plus positive.

Un optimisme mesuré mais conforté par quelques bonnes nouvelles : un regain de croissance au niveau national, une amorce de reprise dans le bâtiment et un marché du travail qui semble enfin « inverser » sa courbe. Bref, la reprise de la croissance tend à se confirmer même si elle tarde à s’enclencher.

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Santé des entreprises : une reprise fragile

Santé des entreprises - Mai 2016


Santé des entreprises - Mai 2016

Le premier trimestre de l’année 2016 s’avère décevant : seules 17% des entreprises annoncent une progression de leur activité, contre 29% un recul. Le solde d’opinion chute à -12 points, enrayant la belle progression observée depuis la fin 2014.  

Toutefois, les indicateurs portant sur le deuxième trimestre sont de bien meilleur augure. En effet 19% des entreprises interrogées anticipent une hausse de leur chiffre d’affaires (contre 15% une baisse). Dans cet avenir proche, les secteurs les plus prometteurs sont les hôtels/cafés/restaurants (l’Euro 2016 est certainement en ligne de mire), le commerce de gros et l’industrie.  On notera également une amélioration dans la construction, le solde d’opinion concernant le chiffre d’affaires futur s’approchant de l’équilibre. Outre le chiffre d’affaires, la majorité des soldes d’opinions sur les indicateurs anticipés (investissements, carnets de commande) sont positifs. Les prévisions d’emploi sont elles aussi à la hausse (11% anticipent une progression, contre 6% une baisse). Cela va dans le sens de l’amélioration, mesurée, observée sur le marché du travail où l’on note un recul du nombre de demandeurs d’emplois (-1,7% sur un trimestre pour les catégories A).

Une exception toutefois : la trésorerie, dont le solde reste négatif. En effet, les entreprises restent pénalisées par plusieurs années de crise.

Concernant les préoccupations des chefs d’entreprises, l’aspect sécuritaire, lié aux récents attentats, reste largement au premier plan.

La Métropole vue par les chefs d'entreprises

La Métropole vue par les chefs d'entreprise - Mai 2016


La Métropole vue par les chefs d'entreprise - Mai 2016

Le Tableau de bord de la compétitivité métropolitaine analyse des indicateurs permettant de mesurer la portée de la Métropole pour l’entreprise, le territoire et son «image économique».

Ce premier trimestre présente un caractère atypique, avec une forte progression de l’image économique de la métropole : 68% des entreprises répondantes (contre 48% au trimestre précédent) en ont une opinion favorable. On peut noter que cette image positive est également ressentie au niveau régional (71% d’opinions positives).

Les deux autres indicateurs restent stables, confirmant l’importance de la métropole pour le territoire (65%) et dans une moindre mesure, pour le développement des entreprises (47%).

Enjeu Métropolitain : Développer le foncier économique

Nombre d'étudiants inscrits dans des formations supérieures


Nombre d'étudiants inscrits dans des formations supérieures

Comme le note l’INSEE, l'attractivité des jeunes sur Aix-Marseille Provence Métropole (AMP) souffre du manque de grands établissements et d'écoles d'ingénieurs à recrutement national sélectif. En effet, si Aix-Marseille Université est la 1ère université de France en nombre d’étudiants, cela s’explique aussi par la fragmentation de l’offre dans les autres métropoles.

Ainsi, en 2013/2014, AMP Métropole comptait 89000 étudiants inscrits dans des formations supérieures, soit 4,8 étudiants pour 100 habitants. Pour l’ensemble des 15 métropoles françaises, ce taux est de 11,0% avec un maximum de 16,1% pour la collectivité de Montpellier. En volume, notre métropole occupe seulement la 5e place.

Ce déficit se répercute au niveau des formations d’ingénieurs notamment : AMP comptait seulement 3300 inscrits contre 10700 sur le Grand Lyon, 7700 pour la Métropole Européenne de Lille et 7600 pour Toulouse Métropole.

Focus sectoriels par les fédérations professionnelles

BTP : vers une progression mesurée

Côté Bâtiment, le second œuvre poursuit sa hausse avec la reprise de chantiers bloqués, tandis que le gros œuvre, avec des carnets de commandes légèrement améliorés (2  mois en moyenne),  retrouve une modeste croissance après de nombreux mois défavorables. Les effectifs se stabilisent.

Côté Travaux Publics, la tendance du 4ème trimestre 2015 se confirme. L’activité progresse avec des carnets de commandes qui restent insuffisamment garnis mais qui s’étoffent. Par contre, les effectifs s’érodent. Pour l’activité BTP dans sa globalité, les prix continuent leur baisse.

L’amorce d’amélioration continue grâce notamment aux conditions de crédit toujours plus avantageuses, au maintien du dispositif d’investissement PINEL et au renforcement du prêt à taux zéro… Le marché de l’entretien-amélioration devrait progresser d’environ 0,4% en volume grâce à la prorogation du CITE, Crédit d’Impôt Transition Energétique.

Pour l’activité dans le neuf, tous les indicateurs sont à la baisse : les logements autorisés et mis en chantier ont respectivement baissé de 6% et 17,8% dans les Bouches du Rhône (glissements annuels sur 12 mois à fin septembre 2015). Dans le non-résidentiel neuf, les autorisations ont augmenté de 10,2% mais les mises en chantier, tous segments confondus, ont chuté -25,9%. Malgré le marché de l’immobilier qui semble en nette amélioration, une forte tendance baissière de la mise en chantier demeure. De plus, une croissance encore trop faible et un chômage qui reste élevé viennent compléter le tableau : 40 040 emplois salariés dans la construction : -2,8 % dans les Bouches du Rhône sur les 2 derniers trimestres 2015, avec une légère hausse du recours à l’intérim (+1%). Les prévisions à moyen terme s’orientent vers une hausse de 0,5% (source FBTP).

                                                                                                                                    

 

Pétrole : une tendance baissière  

Le prix du pétrole « brent » (brut de référence en Europe) a atteint un minimum exprimé en dollars en dessous de 31 $/bbl en janvier, mais s’est repris en février et surtout mars ramenant la moyenne du trimestre à 33,5 $/bbl, en baisse de 23% d’un trimestre sur l’autre et de 38 % d’une année sur l’autre.

Au regard de cette baisse, la variation du couple Euro/Dollar est négligeable. Les marges de raffinage qui étaient restées de janvier à septembre 2015 aux environs de 50 €/t ont été divisées par deux, chutant de 17 % d’un trimestre sur l’autre.

La baisse des cours du pétrole est une bonne nouvelle pour les particuliers (la consommation de carburants, notamment d’essence, continue à croitre) et pour les industriels en aval qui voient le prix de leurs matières premières pétrolières et de l’énergie rester bas, malgré des augmentations de taxes.

C’est néanmoins une modification très profonde du paysage pour l’industrie pétrolière et pétrochimique en général.  Alors qu’on pouvait penser que cette baisse annulait l’intérêt de la production de gaz et pétrole de schiste, la première livraison en Europe (en Norvège) d’éthane issu de gaz de schiste américain va pouvoir jouer à terme sur le marché de l’éthylène.

Tous les groupes pétroliers annoncent des diminutions de leurs investissements dans le secteur exploration, avec le cas échéant des restructurations. Signalons toutefois l’annonce par la raffinerie Esso de Fos-sur Mer de 90 M€ d’investissements sur 2 ans pour à la fois le maintien et la fiabilisation de l’unité et l’optimisation du mix de produits (source UFIP).

Chimie : un optimisme modéré

La prévision de l’UIC nationale pour l’activité (en tonnage) des entreprises de la chimie en France sur l’année 2015 s’est avérée, confirmée par les chiffres de l’INSEE, au niveau de 0,9 %. Ce faible rythme de croissance résulte de baisses dans la chimie de base (minérale et organique) et aussi dans le secteur des savons parfums et produits d’entretien, compensées par une forte hausse de près de 10 % pour les spécialités chimiques.

Au plan régional, les entreprises pétrochimiques avaient subi en deuxième partie d’année les conséquences de l’arrêt accidentel d’un gros producteur en sus d’arrêts programmés sur l’été, mais ont rattrapé une partie de leur retard ensuite. La chlorochimie a retrouvé une activité plus normale. La production du 1ertrimestre 2016 semble rester sur le rythme de légère croissance de 1 à 2 % annuels constatés en fin d’année. Le secteur des spécialités continue de performer mais sans doute pas au même rythme que l’an dernier. Les peintures prévoient une petite reprise. Les producteurs de matières premières pour l’industrie pharmaceutique et ceux liés à l’agriculture (engrais et phytosanitaires) prévoient plutôt une baisse en fin d’année. Soulignons que ce sont des prévisions en tonnage car les prix ont décru d’une année sur l’autre d’un peu moins de 5 %, dans un contexte de baisse généralisée du coût des matières premières et de l’énergie. La pétrochimie (-12 %)  a été bien sûr la plus impactée par les cours du pétrole et du gaz.

Signalons par ailleurs, les progrès du projet «Jupiter 1000» sur la plateforme PIICTO de Fos-sur-mer : les 8 industriels impliqués ont officialisé leur engagement pour construire et exploiter un démonstrateur préindustriel du procédé Power to Gas (convertir de l’électricité renouvelable non consommée pour produire de l’hydrogène par électrolyse de l’eau). La mise en service du démonstrateur est annoncée pour octobre 2018 au terme d’1 an de chantier et d’un investissement de 30 M€ (dont 30% de subventions publiques) qui couvre les 3 premières années d’exploitation (Source UIC Méditerranée).

SIDERURGIE - MECANIQUE - AERONAUTIQUE - INDUSTRIE DES TRANSPORTS

Industries métallurgiques : un marché français très contracté

Au plan départemental, les entreprises ont constaté une légère baisse d’activité du marché français au profit de grands groupes internationaux. Les capacités de production sont utilisées à hauteur de 80%. Les effectifs ainsi que le montant des investissements sont stables. Les perspectives 2016 restent prudentes induisant un report des projets dans un contexte géopolitique instable (source UIMM).

Industries mécaniques : un léger ralentissement

Les entreprises ont enregistré un maintien de leur activité. Les capacités de production sont utilisées à hauteur de 80%. Les stocks sont normaux, les effectifs stables. Un ralentissement de la demande étrangère ainsi que des investissements productifs est à noter (Chine, Brésil, USA). Les prévisions à moyen terme s’orientent vers une stagnation de l’activité (source UIMM).

Industries électroniques : une stabilité de l'activité

Stabilité du niveau de production, des prix et des exportations pour les entreprises présentes sur les marchés internationaux (Europe, Asie, USA). Les stocks, effectifs et investissements sont également à l’équilibre. Dans un contexte concurrentiel, érosion des marges, innovation technique et restructuration interne semblent nécessaires pour inscrire l’activité dans une continuité (source UIMM).

 

Distribution et services automobiles : un marché en hausse

Selon les dernières données du comité des constructeurs français d’automobiles, les ventes cumulées à fin mars 2016, s’élèvent à 616 022 véhicules particuliers vendus (soit une hausse de 8,4% comparativement à la même période : janvier à  mars 2015). Les ventes de véhicules électriques représentent désormais 1,7% des immatriculations (source Avère), celles des voitures particulières ont enregistré une croissance de 8,2% au niveau national et de 7,8% dans les Bouches du Rhône. Les 3 modèles les plus populaires depuis le début de l’année dans l’hexagone sont la Clio 4 (Renault), la 208 et la 308 III (Peugeot). Les ventes de véhicules utilitaires ont progressé de 9,5% au niveau national et chuté de 1,2% dans le département. Les Ventes de véhicules d’occasion (+2,6%) ont également augmenté.

Pour 2016, différentes études confirment une hausse supérieure à 6% des immatriculations VP en France.

Sur un plan local, si les ventes de véhicules neufs suivent cette tendance, les professionnels constatent un recul sur les activités mécanique, carrosserie et pièces de rechanges (source CNPA).

Transport de passagers:

Transport maritime de passagers : 1er trimestre difficile, perspectives encourageantes

Au 1er trimestre, le trafic passager maritime, reste à la traine : -13% par rapport au 1er trimestre 2015 plutôt dynamique.

Plus précisément, avec 119 000 passagers transportés depuis le début de l’année, les lignes régulières sont en recul de 8,5%, soit une perte de 11 000 passagers par rapport au 1er trimestre 2015. Le trafic vers le Maghreb se maintient difficilement (-3% sur l’Algérie et -2,6% sur la Tunisie) et la destination Corse reste en retard -14%.

Avec 150 500 passagers transportés au cours du trimestre, le marché de la croisière, actuellement en basse saison, accuse un recul de trafic de -16% par rapport au 1er trimestre 2015. Le nombre des passagers têtes de ligne, comme celui des passagers en transit, est en baisse (respectivement -19,3% et -13,5%). 41 escales ont été comptabilisées sur la période (contre 48 en 2015, certains armateurs faisant partir leurs bateaux vers la Chine, un marché très prometteur). 

Pour le 2ème trimestre, les perspectives sont bonnes avec notamment l’arrivée de l’Harmonic of the sea (5500 passagers ; 2100 membres d’équipage) et du Carnival Vista (4000 passagers ; 1500 membres d’équipage). Pour 2016, l’objectif reste inchangé : 1,7 million de croisiéristes, 69 navires et 500 escales (contre 68 navires et 448 escales en 2015). 2 millions de croisiéristes sont attendus en 2020. 

 

Transport aérien de passagers : +1,4% sur le trimestre

Au 1er trimestre 2016, l’aéroport Marseille Provence enregistre une progression du trafic de 1,4% par rapport au 1er trimestre 2015 (à 1 682 701 passagers, soit 23 990 passagers supplémentaires). Un trafic cependant inférieur à celui d’autres aéroports régionaux comme Nice (+5,4%), Lyon (+4,6%), Bordeaux (+4%) ou Toulouse (+2,2%).

Le mois de février a été très dynamique (+8%), grâce à un effet rétroactif positif lié à une grève en 2015 et à cette année bissextile. A l’inverse, le mois de mars (-3%) a été marqué par des grèves sévères qui ont entamé le trafic de l’ordre de 18 500 passagers. Ces grèves ont été particulièrement soutenues à Marseille.

Sur le trimestre, le trafic domestique est resté relativement stable : -0,8%. Le trafic international a quant à lui progressé de +2,8%, soutenu par un trafic européen toujours dynamique (+6,1%), bien que les attentats en Belgique aient eu un impact négatif (l’aéroport de Bruxelles a été fermé pendant plusieurs jours). Le trafic Afrique du Nord reste en recul (-3,2%).

Si sur le trimestre, MP1 résiste très bien (+2,4%) l’offre se développant notamment vers les hubs, MP2 est en recul (-2,9%), en lien avec la contraction de l’offre Ryanair.

Les perspectives pour l’été 2016 sont positives : les compagnies HUB développent leurs offres (600 sièges additionnels sont prévus par jour et par sens vers les hubs) et les ouvertures de lignes sont nombreuses (Volotea vers Faro, Dubrovnik, Prague, Rennes, Naples ; ASL Airlines vers Hambourg ; Aegean Airlines vers Rhodes ; Nouvelair vers Tunis ou Djerba ; Meridiana vers Olbia). En outre, 8 vols charters en provenance de Séoul sont prévus cette année contre 4 en 2015. Ce développement, remarquable, s’inscrit dans un contexte de recul de l’attractivité touristique de la France auprès des clientèles asiatiques (attentats en Europe). 

 

Transport ferroviaire de passagers (TER) : trafic en hausse

Au 1er trimestre 2016, le trafic TER progresse à la fois au niveau infra départemental : +12% grâce à la clientèle déplacements occasionnels (donc hors abonnés Domicile Travail ou clients Domicile-Etudes), mais aussi entre le département des Bouches-du-Rhône et les autres départements de la région : +4%.

Le trafic au niveau de la gare VAMP (Vitrolles – Aéroport Marseille Provence) est également en hausse : +13% (montées + descentes en gare) pour le marché Clients Occasionnels. 

 

Transport routier de passagers : belles perspectives grâce à l’Euro 2016

Pour certains professionnels, ce 1er trimestre est en retrait par rapport au même trimestre de l’an dernier, mais de belles perspectives s’ouvrent avec l’Euro 2016 : les transporteurs affichent complets lors de certains matchs comme Allemagne – Ukraine (les ukrainiens sont logés à Toulon). 

 

Transport & Logistique :

Fret maritime : trafic stable par rapport au 1er trimestre 2015 (20,17 Mt)

Les marchandises diverses progressent de +1%, tirées par l'activité des bassins de Fos (+3%), alors que celle des bassins marseillais sont en recul de -3%. A noter sur le terminal 2XL PortSynergy de Fos, le nouveau service Imex ; et sur le terminal de Mourepiane à Marseille, la nouvelle escale du roulier MORNING CAROLINE ainsi qu’un nouveau service de la CMA CGM, dédié au marché intra-méditerranéen : la ligne Wemed, qui répond à une demande croissante des clients, et au développement des échanges notamment avec la Turquie.

Le secteur des vracs liquides est à l'équilibre. Les trafics de vracs chimiques et alimentaires augmentent de +2%, notamment grâce aux imports de vracs alimentaires (huiles de ricin et de tournesol), en hausse de 41%. Les flux de vracs chimiques se redressent avec notamment des exports supplémentaires de MTBE, un additif de l’essence, de benzène et de chlorure de vinyle.

Les hydrocarbures sont stables (11,5 millions de tonnes), notamment grâce à la belle reprise du trafic GNL : les échanges mondiaux se recomposent, avec la baisse de la demande asiatique et une croissance des besoins en Europe. Les raffineries continuent de profiter du bas prix du baril pour importer davantage de brut (+3%). Pour autant, les échanges de raffinés et de GPL sont à la baisse.

Le segment des vracs solides est quant à lui en repli de 3%, du fait d'une activité sidérurgique plus morose (crise européenne persistante). De même, bien que les exports de céréales soient en hausse, la filière agroalimentaire reste pénalisée par l'arrêt des imports de sucre sur les bassins marseillais. Les autres vracs solides affichent un bon résultat (entrées supplémentaires de tourbe et d'engrais).

 

Fret aérien : forte hausse de trafic

Au 1er trimestre 2016, le fret aéroportuaire se développe rapidement (+10,7%) grâce :

·         à l’arrêt de la ligne Nice-Marseille opérée jusqu’alors par DHL : cela se traduit par un report du fret au départ de Marseille.

·         au développement des dessertes vers Alger, Tunis et Malte. Le hub Euro-Méditerranéen est en très bonne santé.

Cette tendance positive devrait se poursuivre jusqu’à la fin de l’année.

Hôtellerie départementale : bonne année 2015, un début 2016 contrasté

En 2015, le nombre d’arrivées touristiques a augmenté en France  (+0,9% par rapport à 2014 avec 84,5 millions de touristes) et dans le département : +2% d’arrivées (+2% de français et +3% d’étrangers). 3,2 millions de touristes ont été accueillis dans l’hôtellerie départementale selon Bouches-du-Rhône Tourisme, générant 5,7 millions de nuitées (+1% par rapport à 2014) et 3,7 millions de chambres occupées (+2%). Le taux d’occupation (TO) annuel s’est élevé à 60% (soit + 1 point par rapport à 2014) avec plus précisément 64% de TO pour l’hôtellerie de chaine (+2 points /2014) et 54% de TO pour l’hôtellerie indépendante (-2 points /2014). Cette hausse de la fréquentation a été observée principalement sur Marseille, autour de l’Etang de Berre et en Camargue. Le REVPAR (revenu par chambre disponible) est supérieur de 3% à celui de 2014.

Ce 1er trimestre est satisfaisant, avec un taux d'occupation qui s'élève à 44% en janvier (+3 points ; une hausse tirée par Marseille), 49% en février (+3 points) et 57% en mars (+7 points). Le nombre de nuitées est en progression sur les 3 mois (respectivement +7%, +11% et +20%) comme le nombre de chambres occupées (+8%, +10% et +14%) ou le REVPAR (+4%, +8%, +8%). Le mois d’avril par contre, semble, de l'avis des professionnels, plus laborieux. Enfin les mois de mai, juin et juillet sont dans l’ensemble prometteurs d’autant que les réservations sont toujours tardives (à 8-10 jours), déclenchées par des décisions coup de cœur, des opportunités, des bons plans….

Concernant plus spécifiquement l’hôtellerie de chaîne, le trimestre est resté stable par rapport au 1er trimestre 2014, avec une légère hausse de volume sur les 4* et 5*. Cela s’est accompagné d’une baisse des prix sur tous les segments et catégories. Mais le mois d’avril connait une baisse importante du RevPar (-20%) sur l’ensemble des catégories. L’ouverture de nouveaux hôtels comme le Golden Tulip d’Euromed Center s’est faite sentir.

Le mois de juin comme d'habitude est un bon mois mais les hôtels ne sont pas encore complets pour les matchs de poule, beaucoup d'options ayant été retirées…

Dans les résidences de tourisme, le TO s’élève au national à 63% pour 2015. Les professionnels notent une baisse de la durée moyenne de séjour qui passe de 6 jours à 4,5. Dans le département, les résidences de tourisme disposant d’une clientèle de long séjour ont des TO élevés. Tout comme les hôteliers, les professionnels des résidences de tourisme sont confrontés à une forte concurrence des autres formes d’hébergements (locations de meublés, locations entre particuliers…). Ils dénoncent par ailleurs, avec l’UMIH et le SNRT, la taxe de séjour forfaitaire. 

 

Office de tourisme : fréquentation en hausse à Marseille

A l’office de tourisme de Marseille, le nombre de personnes renseignées a augmenté tout au long du 1er trimestre : +12% en janvier, +30% en février, +38% en mars. La clientèle française, plus présente qu’au 1er trimestre 2015, est originaire principalement d’Ile-de-France en janvier et février ; plus locale en mars. Quant à la clientèle étrangère, bien représentée en mars, elle vient principalement d’Espagne, d’Italie, d’Allemagne, du Royaume Uni ou des Etats-Unis.

 

Congrès : Marseille, une destination attirante

Au parc Chanot, l’année 2016 démarre et se poursuivra sous de bons auspices, en progression de +15% à +20% par rapport à 2015. 9 congrès de plus de 1000 pax sont programmés d’ici la fin de l’année (dont 6 d’ici juin 2016). Ils seront au nombre de 10 en 2017 (dont 4 congrès de plus de 3500 pax) ; 5 en 2018 (dont 2 congrès de plus de 3500 pax) et déjà 4 en 2019. L’activité corporate sera également supérieure à celle de 2015.

Le Palais du Pharo a connu un 1er trimestre dynamique, avec un nombre d’événements en hausse de +21% et un chiffre d’affaires également en progression. L’activité congrès a été très active, alors que les conventions d’entreprises ont connu un léger ralentissement. Le 2ème trimestre s’annonce tout aussi favorablement avec une hausse des séminaires et soirées de gala et le reste de l’année devrait se poursuivre sur le même rythme, les réservations étant de plus en plus tardives. 2017 sera une très bonne année, la destination Marseille est très demandée pour son renouveau, son authenticité, sa singularité.

Concernant le WTC, l’activité de ce 1er trimestre est décevante : le chiffre d’affaires est en baisse de 30% (surtout sur le mois de février qui a été particulièrement difficile) et la consommation générale des clients (panier moyen) est en recul. A court terme cependant (avril / mai), l’activité devrait être en ligne avec les objectifs. En revanche le mois de juin inquiète beaucoup (effet UEFA ?).

Marseille prend une place importante dans le monde des congrès, la destination est recherchée et facilement commercialisable, mais elle manque encore d’une grande structure, à l’image du parc d’exposition de Nice ou de Lyon. Le parc Chanot quant à lui ne peut exploiter à l’heure actuelle que 50% de ses infrastructures, les autres nécessitant d’être rénovées.

A noter que l’Euro 2016 a pu avoir des effets d’éviction sur certains événements corporate en limitant le nombre de dates disponibles (mitage dû aux dates de matchs). 

Banques : une confiance incertaine

Dans un contexte de croissance plus soutenue attendue pour 2016, l’activité bancaire se maintient avec un volume d’affaires stable. Encouragée par la baisse des taux, le prix des matières premières et la parité euro-dollar, une continuité est observée du côté des investissements productifs et des opérations financières, en légère progression depuis 2015.

Au national, les encours de crédits mobilisés aux entreprises ont augmenté de +4 % sur un an. Constat vérifié au local, même si les grandes entreprises profitent, plus majoritairement de cette tendance à la hausse.

Côté particuliers, un rebond lié à la production de crédits immobiliers a été enregistré. Le rachat et la renégociation de contrats représentant la majorité de l’activité. Les dépôts à vue ont explosés sur la période.

Les Banques sont attentives aux coûts, charges, risques dans le but de maintenir des résultats favorisant le financement de l’économie et de la croissance.

En 2015, au niveau départemental, l’encaissement de la TVA a augmenté de 2,7%, une augmentation de 5,7% a été notée au 1er trimestre 2016. Les recettes de la publicité foncière ont progressé de 20% confirmant ainsi une reprise des transactions, les droits de mutation de 1,5%. Les déclarations tardives de TVA ont baissé de 4% et celles sans paiement ont augmenté de 4%. Les demandes d’échelonnement ont également réduit. Le Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi (CICE), à fin mars 2016, a permis de réaliser une économie de 452 millions d’euros (à l’échelle départementale).

Globalement, aucune accélération de la dégradation de la situation économique n’a été notée. Une tendance à confirmer au 2ème trimestre 2016.

 

 

Agroalimentaire : une industrie qui résiste

En 2015, l’industrie agroalimentaire a conservé sa place de premier secteur industriel, malgré un tassement de son chiffre d’affaires (stable par rapport à 2014) et une érosion des marges qui limite considérablement sa capacité d’investissement.

Avec 440 926 salariés, le secteur maintient son rang de premier employeur industriel. Les IAA ont même créé 4 332 emplois, tandis que l’industrie dans son ensemble en a détruit près de 35 000 en 2015. La production a affiché une hausse inédite depuis 4 ans (+0,9%), alimentant la reprise constatée dans l’ensemble des secteurs industriels (+0,7%). Avec un solde extérieur positif de 8,1 Md€, l’agroalimentaire reste un des fleurons français à l’export.

Dans le secteur de la grande distribution, la guerre des prix persiste depuis 32 mois. Le niveau de déflation observé début 2016 sur l’ensemble des produits de grande consommation est inédit depuis 8 ans. Cette situation pèse lourdement sur la santé économique des entreprises (érosion des marges depuis 2009, à un niveau inobservé depuis 40 ans en 2015), la capacité d’investissement (repli estimé à 7% en 2015) et leur compétitivité.

La vigueur de la consommation récemment constatée plaide pour un redémarrage de la demande intérieure en 2016. Toutefois, cette hausse de la consommation ne doit pas se transformer en surcroit trop important d’importations. Depuis 2011, les importations alimentaires augmentent en effet vigoureusement (+17%), dans un contexte où la production recule (-2,4%). La dynamique de l’export demeure plus contenue sur cette période (+1,6%). Elle reste l’un des axes majeurs de développement et de croissance des entreprises agroalimentaires.

Enfin, l’une des clefs d’une croissance robuste en 2016 est conditionnée par la reprise de l’investissement. Pour 2016, les dernières prévisions (+11%) signalent davantage un attentisme des industriels qu’une volonté assumée de modernisation. Depuis 2008, les industriels manquant de visibilité diffèrent leurs investissements année après année. Il s’agit là d’un enjeu fondamental pour le potentiel de croissance de la 1ère industrie de France (source FRIAA)