C'est sur la conjugaison des trois "T", du talent, de la technologie et de la tolérance que Marseille Provence peut s'affirmer comme véritable métropole. Avec, en prime, une diversité et une créativité qui en font, selon le journal Newsweek, l'une des nouvelles Mecques de la Culture.
La coupe du monde de football en 1998, l’arrivée du TGV en gare Saint Charles trois ans plus tard, la naissance d’un nouveau quartier d’affaires à la Joliette ont contribué à modifier l’image d’une ville en constante perte de vitesse durant un quart de siècle.
Le dynamisme économique d’Aix, la floraison d’entreprises performantes autour d’Aubagne et la consolidation du pôle microélectronique de Rousset participent également à ce changement de regard. Tout comme le cadre de vie incomparable, la proximité des Calanques, l’offre culturelle riche et éclectique qui mêle Fiesta des Suds et festivals prestigieux.
Sur les huit pôles de compétitivité labellisés pour la région Paca, cinq concernent pleinement le territoire métropolitain. Comme le projet d'échelle mondiale "Solutions communicantes sécurisées" : l'illustration d'une volonté de travailler et se développer ensemble pour consolider le potentiel de la métropole en matière de technologies de l’information et de la communication et augmenter de 50% les emplois dans ce secteur en dix ans.
La nouveauté ne doit pas obérer l’histoire Le salut de la métropole passe toujours par le port. Bien sûr, il faut améliorer le trafic conteneur, développer Fos 2XL, et miser dans le même temps sur la croisière dont l’activité croit de 24% par an depuis 1999. Marseille est aujourd’hui une destination qui compte sur les mappemondes des armateurs. L’aéroport est également un atout à consolider, qui vient de réaliser la première aérogare d’Europe entièrement dédiée au Low Cost.
Projet de coopération métropolitaine, qui réunit huit intercommunalités des Bouches-du-Rhône autour de projets de développement concertés ; défense de la LGV Paca ; ou encore bataille pour la réalisation du tunnel ferroviaire du Montgenèvre… autant de dossiers qui marquent la naissance d’une métropole en mouvement.
" L’Euroméditerranée est un des atouts du Top 20 "
Pour atteindre le Top 20 des métropoles européennes, pensez-vous qu’il existe un modèle à suivre ou bien encore une "ville référence" ?
La démarche Top 20 s’appuie sur un benchmark des " bonnes pratiques ". Profiter de l’expérience des autres pour gagner en efficacité, éviter certaines erreurs. Les objectifs doivent être accessibles. Il faut comparer ce qui est comparable. Il y aurait un certain angélisme à se comparer à des grandes métropoles qui ne jouent pas dans la même catégorie.
De ce point de vue, il n’existe pas de " ville référence ", mais une série d’expériences qui ont démontré leur efficacité et qui sont plus ou moins transposables à notre territoire.
L’une semble pourtant universelle : le regroupement des partenaires pour défendre les grands intérêts communs à l’économie du territoire. C’est ce " jouer collectif " qui sous-tend la démarche de sensibilisation, de fédération des acteurs et de pédagogie grand public de la démarche TOP 20.
Justement, face à l’émergence des métropoles de l’Europe de l’Est, ne pensez-vous pas que Marseille doive valoriser des critères plus qualitatifs (qualité de la vie, etc.) et développer un modèle méditerranéen différent ?
Prenant acte avec lucidité des difficultés actuelles du Processus de Barcelone, Marseille peut prendre un leadership " moral " et politique dans les relations nord/sud à l’occasion d’un certain désenchantement européen. Mais cela ne doit pas nous empêcher de tisser des liens avec l’Europe de l’Est.
De fait, Marseille a une vocation naturelle à développer " sans arrogance " ses échanges avec le bassin sud-méditerranéen (Maghreb et Machrek) dans les domaines du commerce, de l’éducation, de la santé, des investissements, du tourisme…
Et à intégrer cette dimension euro-méditerranéenne comme une composante forte, un atout de son développement y compris pour atteindre l’objectif TOP 20 des métropoles européennes.