Aujourd'hui, la métropole provençale ne peut pas faire l'économie de pointer ses faiblesses. A commencer par cette difficulté à parler d'une seule voix, à faire front commun sur les dossiers essentiels de son organisation et de son développement.
La liste pourrait paraître longue si l'on n'en voyait le plus souvent en filigrane les solutions possibles. Les campus universitaires se cannibalisent, les liaisons routières frisent l'asphyxie faute d'une politique des transports coordonnée, la lisibilité du territoire reste floue. Autant d'éléments qui poussent la Conférence des régions périphériques maritimes à classer l'agglomération au rang de système dilemme : un territoire au futur incertain, comme Bordeaux ou Montpellier-Nimes.
Autre handicap majeur, Marseille n'abrite pas de grands sièges sociaux, ces entreprises qui, avec un chiffre d'affaires supérieur à cinq milliards d'euros, font tourner la planète à l'heure de la mondialisation. Et l'ambitieuse tour qui abritera le siège de la CMA-CGM, n'est là que l'arbre qui cache la forêt. La plupart des décisions stratégiques concernant la quasi totalité des grands groupes présents sur le territoire, dans la pétrochimie comme dans la micro-électronique, sont prises à Paris, Londres ou aux Etats Unis, ce qui fragilise par essence leur implantation.
La métropole marseillaise perd du terrain sur les emplois métropolitains supérieurs, peine à trouver sa place de capitale économique en Méditerranée. Les indicateurs de R&D ne remontent pas vraiment le moral, et même les crédits publics ne sont pas à la hauteur : Paca reçoit 40% de moins de crédits que la moyenne des régions françaises. Par capillarité, le monde universitaire souffre de retards identiques et trop nombreuses sont les têtes bien faites qui, une fois leurs études terminées, vont chercher fortune ailleurs.
Le rayonnement s’est toujours nourri du commerce. Marseille le sait fort bien. Et pourtant, elle ne figure qu’en 5e classe pour le critère des foires et salons du classement de la Diact. Elle est derrière Cannes et Nice. Paris, première ville de foires et salons professionnels internationaux en Europe concentre les deux-tiers des manifestations organisées en France. Marseille descend encore d’un rang pour ce qui concerne les congrès internationaux. 51 villes européennes font mieux, dont Montpellier.
Ces manifestations, qui sont à la fois l’expression du processus d’internationalisation et le ferment de ce processus, constituent pourtant une manne pour l’hôtellerie et les commerces.
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