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Mercredi 24 Juin 2015

Aix-Marseille-Provence 2030 : le grand dessein économique pour réussir la métropole

Dans le cadre de ses contributions à la construction métropolitaine, la CCI Marseille Provence a sollicité l'économiste Christian Saint-Etienne, expert en économie sur les problématiques des métropoles, à proposer une vision du développement économique de la métropole à horizon 2030.

Christian Saint-Étienne est docteur d’État en économie et conseiller de Paris. Il est titulaire d’un master en économie, diplômé de la London School of Economics et d’un master en économie mathématique de l’université Carnegie- Mellon.

Après avoir vécu six ans aux États-Unis (trois ans à Pittsburgh, capitale de l'acier, et trois ans à Washington, capitale politique), l'économiste a travaillé au FMI (Fonds monétaire international) et à l'OCDE (à Paris), puis il s'est spécialisé dans les études industrielles au sein d'une banque. Il a enseigné ensuite aux universités de Paris-Dauphine et Tours, et a été élu en 2009 professeur d'économie industrielle au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) où il est titulaire de la Chaire Jean-Baptiste Say.


Christian Saint-Étienne est l'auteur de 21 ouvrages et 9 essais. Parmi ses dernières parutions : Le Joker européen ; France : état d'urgence ; L'iconomie pour sortir de la crise ; et La France 3.0 (Éditions Olivier).

Spécialiste des révolutions industrielles, de la métropolisation de la croissance et de la gouvernance des territoires, il est par ailleurs l’auteur de plusieurs rapports sur les dynamiques métropolitaines commandés en 2008 et 2009 par la présidence de la République.


L’économiste préconise, depuis quelques années déjà, la mise en place d’une stratégie de développement métropolitaine favorisant l’essor de trois grandes métropoles capables de rivaliser au niveau international - Grand Paris, Grand Lyon et Grand Marseille-Provence. Son analyse a d’ailleurs servi de support au développement des notions de métropole et de pôle métropolitain dans la loi de décembre 2010 relative à la réforme des collectivités territoriales.

À quelques mois du lancement de la Métropole Aix-Marseille-Provence au 1er janvier 2016, la CCI Marseille Provence a demandé à Christian Saint-Étienne d’appliquer son approche économique à l’analyse stratégique de la métropole Aix-Marseille-Provence à horizon 2030.


Quelle stratégie? Quels projets ? Quels moyens financiers ? Quelles perspectives d’investissement ? Quelle gouvernance ? C’est tout l’enjeu que veut explorer ce document en proposant, bousculant, interpellant parfois.

Pour la rédaction de ce rapport, Christian Saint-Étienne a rencontré de mars à juin 2015 une cinquantaine de personnalités, issues du monde politique et économique, ainsi que des porteurs de projets du territoire Aix-Marseille-Provence. Il a été accompagné par les équipes de la CCI Marseille Provence.


L’étude a été guidée par trois objectifs :

  • Comprendre la troisième révolution industrielle dans laquelle la Métropole Aix-Marseille-Provence va évoluer dans les 20 prochaines années,
  • Appréhender le phénomène de métropolisation de la croissance par lequel la croissance se concentre dans des métropoles dynamiques et attractives,
  • Identifier les leviers de développement économique d’une métropole


Elle s’articule en deux axes :

  •  La métropole Aix-Marseille-Provence face à la troisième révolution industrielle et à la métropolisation de la croissance : forces et faiblesses
  •  Quelle ambition pour la métropole Aix-Marseille-Provence ?

Pour la CCI Marseille Provence, la métropolisation de la croissance n’est plus à démontrer. L’économie mondiale se pense, s’organise et se développe autour de ces grands ensembles urbains qui concentrent les fonctions de décisions et constituent le réceptacle des investissements structurants. Il appartient au monde économique de travailler aux côtés des élus politiques pour bâtir cette métropole de conquête et la capitale « iconomique » du grand Sud de l’Europe et de la Méditerranée, préconisée par ce rapport.


C’est autour des filières d’avenir, des grands projets structurants et de ses territoires qu’Aix-Marseille-Provence devra penser son projet. Une chose est sûre : l’avenir économique dès 15 prochaines années devra être le fruit d’un projet collectif et partagé.

Proposer les lignes de force d’une grande stratégie de développement économique offensive, volontariste, innovante pour Aix-Marseille-Provence, telle est l'ambition afin de réussir la métropole.

Le potentiel économique d’Aix-Marseille-Provence impose à l’ensemble des acteurs impliqués dans son développement d’exercer collectivement leurs responsabilités au service des femmes, des hommes et des générations futures qui façonnent au quotidien le devenir de notre métropole à l’horizon 2030.

La 3e révolution industrielle et l’iconomie entrepreneuriale

Pour Christian Saint-Étienne, le monde est en train de vivre une mutation majeure, amorcée dans les années 1980 et qui s’accélère depuis le milieu des années 1990. Une transformation d’ampleur, technique mais aussi politique et culturelle, à la manière d’une nouvelle révolution industrielle : l’activité, les modes opératoires et tous les systèmes de production et de distribution sont révolutionnés par l’informatique, internet et les logiciels en réseau.

L’ensemble de ces mutations provoque l’avènement de ce qu’il appelle l’« iconomie » entrepreneuriale : I comme Intelligence, Informatique, Internet, Innovation, Intégration.

Compte tenu de l’accélération du développement scientifique et technologique, les entreprises ne peuvent plus se développer seules : elles doivent travailler en réseau, sur la base de projets et en lien avec tous les acteurs de l’innovation (académiques ou centres de recherche). Les entreprises de l' « iconomie » doivent adopter des stratégies intégrant la culture de l’innovation dans les procédés, les produits et les services afin de pouvoir se différencier, monter en gamme et se repositionner dans la chaîne de valeur, en s’intégrant par exemple dans le processus de R&D de leurs clients.


Pour le professeur en économie, le sort de la France dépendra précisément de sa capacité à favoriser le développement de puissantes entreprises opérant dans cette économie collaborative, à doper fortement les cursus d’ingénieurs et de programmeurs et à créer un environnement favorable à l’éclosion des usages nés des ruptures technologiques. Le tout reste subordonnée à une stratégie fiscale et sociale attractive mais aussi sociale et culturelle.

 

La métropolisation de la croissance


Ces bouleversements sont complétés par une mutation territoriale : la métropolisation de la croissance. La troisième révolution industrielle se déploie exclusivement dans les métropoles et les territoires intellectuellement stimulants, fiscalement attractifs, aux projets de développement visibles et lisibles par les grands donneurs d’ordre. Des territoires dont l’écosystème socio-économique favorise les interactions entre entrepreneurs, capitaux-risqueurs et investisseurs, chercheurs, développeurs, ingénieurs de production et opérateurs de production. La finalité étant de développer en permanence de nouveaux produits et services.


Cette nouvelle donne va réorchestrer, au cours des quinze prochaines années, les rapports de force entre les métropoles selon leurs capacités respectives à s’inscrire dans cette dynamique

Quoi qu’il en soit, l’économiste défend une idée-force : les métropoles représentent la bonne échelle pour répondre à la nouvelle nature de l’économie. Il préconise de concevoir le territoire national comme un ensemble structuré par trois réseaux de villes, une quinzaine de métropoles de rang européen et une cinquantaine de « métropoles de la ruralité ».

Dans cette nouvelle organisation territoriale, seul le Grand Paris est potentiellement un attracteur global de premier rang, à même de se positionner face à Tokyo, Shanghai, Londres, Munich, la Silicon Valley ou New York.

Ensuite, on retrouve les grandes métropoles. En nombre limité, elles doivent adopter une organisation en réseau stratégique. Aix-Marseille-Provence et le Grand Lyon ont alors vocation à devenir de puissantes têtes de réseau visibles et attractives mondialement.
Les régions doivent recevoir trois nouvelles responsabilités : le maillage des territoires avec les PME par des réseaux d’innovation et de financement ; les réseaux de transports régionaux et interrégionaux ; la lutte contre le mitage des territoires par une densification organisée.


 

Christian Saint-Étienne distingue sept filières, accélérateurs de croissance, sur lesquelles le territoire peut capitaliser : l’aéronautique, le numérique, letransport-maritime-logistique, l’énergie, la santé, l’eau et l’environnement, l’art de vivre et le tourisme.


Il relève que deux projets structurants de la Métropole Aix-Marseille-Provence s’inscrivent déjà parfaitement dans l’iconomie entrepreneuriale : le projet Henri-Fabre et Marseille Immunopôle.

La métropole devra par ailleurs assurer le redéploiement de ses secteurs en mutation (microélectronique; sidérurgie, raffinage, chimie) et donner l’impulsion nécessaire à ceux qui émergent (économie créative, économie circulaire, économie du sport).

Elle a en outre de sérieux dysfonctionnements à régler assez rapidement : inadaptation et engorgement des réseaux de transport et insuffisance de l’offre de logements abordables. Aussi, dans le cadre de la mutation vers une « iconomie entrepreneuriale », il faudra augmenter le poids de l’industrie et de la R&D privée sur le territoire et multiplier les PME et ETI opérant dans les secteurs stratégiques et notamment les NBIC : Nanotechs (science de l’infiniment petit) ; Biotechs (ensemble des savoirs du vivant) ; Technologies de l’Information et de la communication (numérique, électronique et médias) et Technologies cognitives (centrées sur le cerveau).
 

Il faut « cesser d’avoir une approche misérabiliste de la métropole Aix-Marseille-Provence : le potentiel de développement iconomique de la métropole Aix-Marseille-Provence est avéré. Le potentiel de recherche est important et sa qualité est reconnue ». C'est ce que défend le membre du Cercle des économistes, connu pour ses Rencontres économiques organisées au début de l'été à Aix-en-Provence.


Aix-Marseille-Provence peut s’imposer comme la grande capitale iconomique du bassin méditerranéen. Elle bénéficie pour cela d’une fenêtre de tir historique au regard des développements entrepris le long des routes stratégiques du transport maritime mondial : la réorganisation des flux logistiques mondiaux ; l' élargissement du canal de Suez et le développement attendu de l’Afrique. Et elle est dispose d'un positionnement géostratégique en Méditerranée, où la compétition entre ports est vive pour occuper une position dominante de porte d’entrée régionale.

L’économiste préconise d’établir un master plan d’investissements structurants sur dix ans :


- Développer simultanément l’offre foncière et immobilière pour capter et fixer sur le territoire « des entreprises de la troisième révolution industrielle ».

- Construire les infrastructures portuaires de nature à tripler le trafic de conteneurs (proche désormais des 1,2 M EVP – Equivalent vingt pieds), investir dans les dessertes ferroviaires (notamment sur l’axe Est vers la Suisse, l’Allemagne et l’Autriche) pour élargir l’hinterland marseillais et développer le trafic multimodal (notamment fluvial) sur le bassin Rhône Saône Méditerranée.


- Développer les équipements de transport en commun permettant d’interconnecter les principaux bassins de vie et d’emploi au sein de la métropole.

- Accélérer la construction de logements intermédiaires.

Une gouvernance décentralisée

Créée par fusion de 6 intercommunalités (EPCI), la métropole recevra au 1er janvier l’ensemble de leurs compétences. L’économiste identifie cinq compétences stratégiques non « délégables » : définition du projet métropolitain ; mobilité ; aménagement et développement économique ; environnement et énergie et gestion des déchets.

La métropole pourra en revanche recevoir délégation de compétences de l’État, du Département et de la Région. Les pactes de gouvernance et pacte financier doivent être élaborés dans le cadre d’une gouvernance décentralisée avec missions déconcentrées. La métropole devra s’organiser avec une équipe de mission travaillant sur les compétences clés, avec déconcentration des tâches de gestion vers les conseils de territoire.


Des moyens financiers : un budget de 300 M€ en 2018

Les six EPCI (Marseille Provence Métropole, Communauté du Pays d’Aix, Pays d’Aubagne et de l’étoile, Pays de Martigues, Agglopole Provence, SAN Ouest-Provence), qui formeront au 1er janvier 2016 la métropole Aix-Marseille-Provence, ont actuellement un budget de 6 Md€ (4 milliards d'euros de fonctionnement et 2 milliard d’investissement). La Métropole, après reversement, disposerait d'un budget, sur la base des données de 2013, de 2,25 Md€ (en termes de dépenses) et une dette de 2 Md€. Les 92 communes de la métropole bénéficiant, elles, d’un budget de 3,8 Md€ de dépenses, avec une dette de 2,7 Md€. Une consolidation opérée sur le budget des 6 EPCI pour l’année 2013 donne donc une capacité d’autofinancement brute de 280 M!€ et une capacité d’autofinancement nette (CAF-N) de 150 M€.

Le pacte financier : deux scénarii

• Le premier est celui d’une métropole disposant d’une capacité de financement nette de 700 M€ par an à partir de 2020. Avec l’apport de l’État et du Département, euro pour euro, la capacité nette de financement s’élèverait à 1,4 Md€ par an à partir de 2020, donnant une enveloppe d’environ 14 Md€ sur la période 2020-2030.

• Le second s’appuie sur un effort plus important et une volonté commune de l’État, de la Région et du Département d’abonder une enveloppe annuelle à 2 Md€ à partir de 2020 soit au total 20 Md€ sur 2020-2030. Cette volonté se matérialiserait par le premier contrat de plan Métropole-Région-Département-État. Les projets et financements inclus dans le contrat de plan État-Région 2015-2020 (contrat de 1,65 Md€ pour PACA) et concernant la métropole, seraient intégrés dans le contrat de plan Métropole-Région-Département-État 2018-2030, à négocier dès 2016.

L’économiste préconise de faire d’Aix-Marseille-Provence un levier de renouveau du pays (un laboratoire d’expérimentation du développement de la croissance par les territoires) et sollicite la création d’une euro-region de taille mondiale.

Pour ce faire, plusieurs initatives politiques à actionner :

• Harmoniser le développement de la métropole avec celui de Montpellier, Toulon et Avignon dans le cadre d’un pôle métropolitain ayant vocation à coordonner les actions des quatre agglomérations afin d’atteindre une visibilité globale en Europe et dans le monde, en capitalisant notamment sur la gestion des flux Europe-Asie autour du port de Marseille.

• Favoriser l’émergence de deux autres pôles métropolitains dans le quart Sud-Est de la France : Saint-Étienne-Lyon-Grenoble et Nice-Antibes-Cannes. Ces trois pôles métropolitains sont largement complémentaires et atteindraient ensemble une puissance économique et scientifique à la fois majeure en Europe et visible dans le monde. Ils constitueraient alors l’armature d’une Euro-Région monde qui mutualiserait les équipements collectifs.

Révolution copernicienne
Le monde a basculé d'un modèle 2.0, celui de la deuxième révolution industrielle (des années 1880 à la décennie 1970) provoquée par l'électricité et le moteur à explosion à un modèle 3.0, marqué par la troisièmerévolution industrielle dans laquelle l'activité, les modes opératoires, les systèmes de production et les processus d’innovation sont révolutionnés par l'informatique, Internet et les logiciels en réseau.

Changer de modèle
Pour entrer dans ce monde 3.0, qui transforme tout à la fois les systèmes économiques, sociaux et culturels, les entreprises doivent se réorganiser pour s’adapter aux mutations, et la France, changer de modèle au risque d’un déclassement fatal. Le changement de donne économique ne pourra pas faire l’économie d’une transformation des institutions.

Cerveau d’oeuvre
L’ensemble des mutations en cours provoque l'avènement de l'iconomie entrepreneuriale, un nouvel écosystème socio-économique dans lequel les technologies (grappes d’innovation de rupture qui définissent chaque révolution industrielle) redéfinissent l’équilibre entre les facteurs de production. Le cerveau d’oeuvre remplace la main d’oeuvre.

Course à la valeur ajoutée
Dans cette nouvelle nature d’économie, l'entreprise se retrouve au coeur d’un écosystème favorisant les interactions entre entrepreneurs et capitaux-risqueurs d’une part et entre investisseurs, chercheurs, développeurs, ingénieurs et opérateurs de production d'autre part … afin de développer en permanence de nouveaux produits et services.

Règne des NBIC
Il y a quatre domaines, où le changement scientifique et technique a été particulièrement rapide, et dont l’essor a fortement influencé la prospérité des territoires : les NBIC pour Nanotechs (science de l’infiniment petit) ; Biotechs (savoirs du vivant) ; Technologies de l’Information et de la communication (numérique, électronique et médias) et Technologies cognitives (centrées sur le cerveau).

Métropole connectée
La mutation vers l’iconomie s’accompagne par la métropolisation de la croissance. Cette économie s’enracine essentiellement dans les métropoles connectées bénéficiant d’une intégration harmonieuse des transports, des activités et de l’habitat.

Architecture territoriale
Cette nouvelle donne va réorchestrer, au cours des 15 prochaines années, les rapports de force entre les métropoles selon leurs capacités à s’inscrire dans cette dynamique. Aix-Marseille-Provence, dans la nouvelle architecture territoriale dessinée par l’économiste, apparaît dans le premier cercle des « métropoles naturelles » avec Paris et Lyon.

Potentiel
Deux projets structurants montrent que la Métropole Aix-Marseille-Provence est déjà entrée dans la 3e révolution industrielle : Projet Henri-Fabre et Marseille Immunopôle. Le potentiel productif métropolitain s’appuie en outre sur sept filières en expansion : l’aéronautique, le numérique, le transport-maritime-logistique, l’énergie, la santé, l’eau et l’environnement, l’art de vivre et le tourisme.

Leadership méditerranéen
Aix-Marseille-Provence doit capitaliser sur sa position géostratégique et la dynamique du développement dans le bassin méditerranéen pour prendre le leadership économique et scientifique en Europe du Sud. Elle bénéficie pour cela d’une fenêtre de tir historique au regard des investissements entrepris le long des routes stratégiques du transport maritime mondial avec la réorganisation des flux logistiques mondiaux consécutive à la saturation des ports du Nord de l’Europe, le doublement du Canal de Suez et le développement attendu de l’Afrique.

Dysfonctionnements
Elle a toutefois des dysfonctionnements à régler de toute urgence, à commencer par l’inadaptation et l’engorgement des réseaux de transport et l’insuffisance de l’offre de logements abordables.

Master plan
Un Master plan structurant sur 10 ans, piloté par la Métropole, permettrait de développer simultanément l’offre foncière et immobilière, construire les infrastructures portuaires nécessaires pour permettre au port de tripler son trafic de conteneurs et développer son hinterland, d’ajuster l’offre de transports en commun en interconnectant les principaux bassins de vie et d’emploi et enfin, d’accélérer la construction de logements intermédiaires.

Orientations
Pour ce faire, il faut être en mesure d’adopter très rapidement un pacte de gouvernance et financier afin de préciser les orientations qui pourraient servir de base à la préparation du Master plan. Le contenu serait ainsi négocié de novembre 2015 à mars 2016 pour une réalisation des chantiers à mener entre 2016-2027.

Pacte fiscal
Afin de financer l’ambition de faire d’Aix-Marseille-Provence la capitale iconomique du bassin méditerranéen à horizon 2030, les autorités métropolitaines devraient alors s’accorder sur un pacte budgétaire et fiscal permettant de doubler sa capacité d’autofinancement nette, estimée aujourd’hui à 280 M€ (données 2013), pour le budget 2018, ce qui placerait la Métropole dans la moyenne, et de l’augmenter ensuite de 100 M€ annuellement pour atteindre 700 M€ en 2020.

Pacte financier
L’économiste envisage deux scénarii financiers : le premier permettrait de dégager une enveloppe d’environ 14 milliards d'euros sur la période 2020-2030 et le second, de 20 milliards. Cette volonté se matérialiserait par le premier contrat de plan Métropole-Région-Département-État.

Gouvernance
Dans la future gouvernance, cinq compétences stratégiques ne seront pas « délégables » : définition du projet métropolitain, mobilité, aménagement et développement économique, environnement et énergie, gestion des déchets. La Métropole devra ensuite déléguer aussi largement que possible toutes les tâches de gestion aux Conseils de territoire.

Euro-région
La réussite de Aix-Marseille-Provence, qui se manifesterait par l’accord sur les pactes de gouvernance et financier à l’automne 2015 et la réalisation d’un Master plan de développement d’ici au printemps 2016, pourrait enclencher d’autres initiatives politiques majeures : comme celle de favoriser l’émergence d’une future Euro-Région monde avec deux autres pôles métropolitains : Saint-Étienne-Lyon-Grenoble et Nice-Antibes-Cannes.