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01.09.2017 - Tourisme

Saison 2017 : Concerto en trois temps

La saison estivale n’a pas encore dit son dernier mot puisque la Provence a la particularité de bénéficier d’un rabais en septembre et octobre, qui contribuent significativement à l’activité touristique. Tour d'horizon sur mer, à terre et dans les airs.

 

En cette fin août, à quelques mois de l'issue de la saison printemps/été 2017 – puisque cette région a la chance d’avoir les mois de septembre et octobre qui pèsent pour le quart de la fréquentation estivale – les professionnels du tourisme ne semblaient pas mécontents de cette « campagne » 2017. À en juger par les retours faits à l’enquête commandée à Ipsos par le Comité régional du tourisme de Provence Alpes Côte d’Azur réalisée du 16 au 22 août auprès de 507 professionnels du tourisme de la région.

Les deux mois estivaux – essentiels à l’économie touristique régionale avec 46 % des séjours annuels et 58 % des nuitées - ont été finalement si ce n’est meilleurs, du moins conformes à leurs anticipations formulées en juin, 70 % des professionnels trouvaient alors positif le démarrage de saison. Et 71 % abordaient le plein été avec confiance, confortés par des taux de réservation encourageants (50 % pour juillet et 44 % pour août), les intentions des 4,5 millions de Français projetant de séjourner en Provence-Alpes-Côte d’Azur entre juin et août, et celles des touristes européens dont il était attendue une hausse de la présence de 9 points par rapport à 2016, le meilleur chiffre jamais enregistré depuis 2011.

La campagne de promotion de la région - French Merveilles - portée à l’international par TripAdvisor les confortait dans ce sens, en indiquant une progression de 22 % des intentions de visites et une hausse des recherches de 48 % par rapport à la même période en 2016.

Leur confiance n’a pas été abusée. À la sortie d’août, 74 % d’entre eux jugeaient bonne la fréquentation de leurs établissements pour l’été 2017 (78 % dans les Bouches- du-Rhône). Une satisfaction encore plus marquée (84 %) pour ce qui est de la tenue du mois d’août.

 

 

Au total, pour juillet-août, les recettes touristiques en région sont estimées à environ 6,4 Md€. Le taux moyen d’occupation des hébergements marchands traditionnels (hôtels, campings, résidences de tourisme, gîtes, chambres d’hôtes etc.), qui représentent toujours autour de 65 % des nuitées marchandes en dépit de la poussée des hébergements alternatifs, a été de 75 % pour juillet-août (+ 2 % par rapport à la même période de 2016). Au mois d’août, l’occupation était même proche de 90 %.

Les plates-formes numériques d’hébergement (les offres de Airbnb et Home Away étaient estimées à 40 000 hébergements en 2016 sur le marché régional) indiquent également une croissance des arrivées à l’instar d’Airbnb, pour ne citer qu’elle, qui a enregistré plus de 650 000 transactions entre le 15 juin et le 15 août, soit + 25 % par rapport à la même période de 2016. La part de marché des pure players dans la fréquentation des hébergements marchands en Provence-Alpes-Côte d’Azur atteindrait désormais les 12 %.

 

424 000 nuitées supplémentaires

 

Pour le cœur de l’été 2017 (juillet-août), le total de nuitées enregistrées en PACA est estimé à près de 108 millions pour 2017 (vs. 105 millions en juillet-août 2016), soit 261 000 nuitées supplémentaires achetées par des touristes français et 163 000 nuitées de plus par des touristes étrangers, Allemands en tête (+ 45 000 nuitées) devant les Américains (+ 34 700), les Italiens (+ 32 000), les Russes (+ 26 000) et les Suisses (+ 22 600).

Parmi les autres faits marquants concernant la fréquentation internationale (33 % du total en région Provence-Alpes-Côte d’Azur), la hausse dans l’hôtellerie des clientèles chinoises (+ 6,2 %), du Proche et du Moyen-Orient (+ 10,7 %), et des « deux » Amériques (+ 16,8 %). En revanche, celles des Anglais, qui restent néanmoins la première clientèle hôtelière en région (659 000 nuitées au cumul), est en retrait.

2017 apporte donc un peu de baume à une économie singulièrement malmenée depuis plusieurs saisons, y compris en région (la fréquentation touristique était en baisse de 3,4 % en 2016), notamment en raison du contexte anxiogène instauré par la multiplication des attentats terroristes. De l’actuel rebond (général en France) et du retour des clientèles étrangères, il est néanmoins difficile d’en déduire quoi que ce soit.

Car ils doivent se lire à la lumière de 2016, année « horribilis » pour le secteur, notamment à Paris et à Nice, les deux destinations « stars » hexagonales. En Provence Alpes-Côte d’Azur, outre l’attentat du 14 juillet à Nice, il avait fallu l’an dernier composer avec une conjonction d’aléas qui avaient privé la région de quelques touristes étrangers, dont le Brexit (les Anglais affectionnent tout particulièrement cette région), les mouvements sociaux dans les transports aériens, les violences au démarrage de l’Euro 2016 (les Américains et les Asiatiques sont très sensibles à ces incidents), la fin tardive d’un Ramadan (les Moyen-orientaux sont donc restés chez eux).

En attendant un bilan consolidé à fin octobre, quelques indicateurs clés viennent toutefois confirmer le sursaut cette année

 

Plus de 200 000 passagers supplémentaires

 

 

À l'aéroport de Marseille Provence (8,5 millions de passagers), le trafic atteint exactement 4 180 716 passagers (+5,2 %) sur le premier semestre 2017, soit plus de 200 000 passagers supplémentaires par rapport aux 6 premiers mois de l’année 2016.

Juillet a permis de battre un nouveau record de fréquentation, avec 950 998 passagers dénombrés, dont près de 607 000 voyageurs étrangers. Le record est national. Le ciel français a été fréquenté en juillet par plus de 17 millions de voyageurs (+ 6,5 % par rapport à juillet 2016 et des bonds de près de 20 % à Montpellier et Toulouse notamment).

À Marseille, le trafic international (2 411 764 passagers) est en hausse de 7,3 % (au-delà de la moyenne métropolitaine des aéroports sur les six premiers mois de l’année). La plateforme aéroportuaire commence à engranger les fruits de ses efforts commerciaux pour ouvrir des liaisons long-courrier : le trafic de/vers le Canada a progressé en juin de 54,7 %, dopé par l’arrivée de la compagnie Air Canada Rouge le 10 juin et l’augmentation des fréquences de la compagnie Air Transat (cf.Pourquoi Marseille-Provence bat le ciel pour obtenir des vols directs long-courriers).

Selon la direction de l’aéroport, la hausse sensible du nombre de touristes nord-Américains en Provence cet été devrait générer plus de 10 M€ de retombées économiques supplémentaires par rapport à l’an dernier. 


 

La mer au rendez-vous ?

Côté mer, mais cela avait été anticipé par le Club de la Croisière et les opérateurs au lancement de la saison (cf.Croisières : La nouvelle ligne de crête du port de Marseille), 100 000 croisiéristes devraient manquer à la saison par rapport à 2016, ce qui devrait stabiliser le trafic du port phocéen entre 1,5 et 1,6 millions de passagers en 2017, soit une croissance moins dynamique que les années précédentes.

Pour autant, les promoteurs du développement de cette activité sur le port maintiennent leur objectif à 2 millions de passagers en 2020. Ils ont été (r)assurés par les déclarations faites par Jean-Yves Le Drian à l’occasion de sa visite fin août à Marseille. Le ministre des Affaires étrangères en charge du Tourisme a formellement déclaré le soutien de l’État via ses bras armés « tourisme » au développement et à la promotion de l’activité, ce qui n’est pas nouveau, Laurent Fabius avait initié le mouvement.

 

Desserte maritime de la Corse : résultats biaisés ?

 

 

Pour ce qui est de la Corse, selon l’Observatoire régional des transports de la Corse (données actualisées au 18 août), près d’1,5 million de passagers ont été transportés en juillet 2017 sur les lignes aériennes et maritimes soit une hausse de + 1,5 % par rapport à juin.

Au cours des trois premiers mois de la saison 2017 (de mai à juillet), 3 081 535 passagers ont été traités par les ports et aéroports corses, soit une progression de 4,3 % par rapport à 2016 même période.

Néanmoins, avec 826 064 passagers en juillet, les trafics maritimes sont en baisse de 3,2 % sur ce mois et sur les deux réseaux, italiens et français, mais davantage marqué sur la France (-3,9 % contre -1,8 % sur l’Italie).

La baisse globale des trafics affecte l’ensemble des compagnies à l’exception de la Blu Navy et de la Corsica Linea (60 728 passagers, + 41 %), bâtie sur les cendres de la SNCM. Corsica Ferries (426 351 pax) est en repli de 6 % et La Méridionale (38 938 pax) perd 22 % de son trafic p/r à 2016. Mais sur 12 mois, le trafic reste stable (+ 0,1 %).

À considérer l’activité « corse » des ports sur le mois de juillet, seuls ceux d’Ajaccio et de Bonifacio progressent ; de même pour ceux de Toulon (278 784 pax, + 8 %) et de Marseille (99 666 pax, + 7 %) en France. En revanche, Nice, désormais propriété de la Métropole Nice Cote d'Azur, est en baisse de 22 % (168 036 pax). Les contraintes de l'infrastructure sont connues, l'immobilisation de navires et l'annulation d'escales en raison de mauvais temps sont avancées pour justifier le repli.

Le contexte est particulier. La Méridionale et Corsica Linea ont été reconduits fin juillet par l’Assemblée de Corse en tant que codélégataires conjoints d’une DSP transitoire de la desserte maritime entre la Corse et le continent au départ de Marseille jusqu’en mai 2019 (à compter du 1er octobre 2017). Transitoire car la Collectivité territoriale de Corse (CTC) et l’Office des transports (OTC) de Corse vont opter pour un nouveau système avec leurs propres sociétés, dont seront actionnaires minoritaires le(s) futur(s) délégataires.

Aussi, Corsica Linea, lancée il y a à peine plus d’un an, reste une jeune société. En mai dernier, la direction de l’entreprise faisait néanmoins valoir un chiffre d'affaires de 170 M€ et des ventes en hausse de 15 % entre janvier et juin, par rapport à la même période en 2016. Quant à son objectif fixé d'atteindre les 400 000 passagers d'ici à octobre, il aurait, selon l'entreprise, déjà été dépassé avec 470 000 voyageurs à bord en 2016.
 

L'an passé, la première destination mondiale avec ses 82,6 millions de visiteurs devant les États-Unis, (75,7 millions mais en repli de plus de 2 %) et l’Espagne (75,6 millions mais en croissance 10,3 %) avait perdu deux millions de touristes internationaux.

En France, selon les derniers chiffres publiés par l'Insee, la fréquentation touristique semble avoir également bien repris. Ou du moins, les six premiers mois de 2017 laissent présager d'une très bonne saison pour le tourisme français. Avec 96 769 120 nuits réservées, les six premiers mois de l’année signeraient même un record depuis le début de la décennie.

 

Adeline Descamps

 

* Méthodologie : Les résultats sont issus d’une enquête en ligne réalisée du 11 au 22 août 2017 par Atout France, Offices de Tourisme de France, Tourisme & Territoires et l’Association Nationale des Maires des Stations de Montagne. Elle a rassemblé 472 répondants (42 Comités Départementaux du Tourisme (CDT) et Agences de Développement Touristiques départementales (ADT) et 430 Offices de Tourisme.

 

        Et dans l’hôtellerie ?

 

Cela pouvait-il être réellement pire ? L’an dernier, juillet et août s’étaient soldés par un RevPAR* (revenu par chambre disponible, indicateur par excellence de l’hôtellerie) en chute de 9,4 % pour l’ensemble du territoire (source : Hospitality ON, société spécialisée dans l’analyse de l’industrie hôtelière).

Selon les résultats de la dernière étude de Hospitality ON, les premières estimations des performances hôtelières françaises pour l’été 2017 permettraient de dresser un bilan estival bien meilleur que celui de l’an dernier.

À l’échelle nationale, entre le 1er juillet et le 15 août, le chiffre d’affaires des hôtels a augmenté de 3,1 % par rapport à l’an dernier. Ce résultat est imputable à la forte croissance du taux d’occupation mais les prix moyens ont reculé.

« Le mois de juillet a été assez mitigé : si le taux d’occupation a gagné 3,8 points (à 74,9 %), c’est au prix de baisses tarifaires de pas moins de 3,2 % en moyenne. La situation s’améliore sur les deux premières semaines d’août : la hausse de fréquentation s’est accélérée (+ 4,7 points), permettant aux prix moyens de signer une légère hausse (+1,8 %) », indique l’étude.

Le bilan de l’été témoigne d’une croissance dans tous les segments. Toutefois, les hôtels haut de gamme ont été les plus concernés par la chute des prix (- 4,5 %). Les meilleures croissances du RevPAR sont enregistrées dans les catégories moyen de gamme.

La reprise du tourisme (fréquentation en hausse de 6,7 pts à Paris et de 7,2 pts dans le reste de l’Île-de-France) a notamment profité aux hôteliers d’Île-de-France même si les prix y ont baissé (- 3,5 % à Paris, - 1 % en IDF hors Paris).

La province affiche un panorama contrasté (juillet incertain mais les deux premières semaines d’août bien amorcées) et surtout biaisé (cause effet Euro 2016 l’an dernier). Le RevPAR est en hausse de 0,7 % en moyenne sur la période malgré deux bonnes premières semaines d’août (+ 7,8 %).

 

 

Performances hôtelières dans le Sud-est (source UMIH)

 

Dans les Bouches-du-Rhône, selon Bouches-du-Rhône Tourisme, la fréquentation hôtelière dans le département est restée stable avec un taux d’occupation à 64 %.

« En début de saison la baisse d’activité générée par le contexte électoral et les nombreux jours fériés, peu propices à l’activité d’affaires, a été contrebalancée par des évènements importants (congrès notamment) et surtout les demi-finales du top 14 de rugby à Marseille. En juin, le niveau d’activité retrouve celui de 2015 (69 %) après une année 2016 marquée par l’Euro 2016 qui avait généré une fréquentation hôtelière en hausse », fait valoir le CRT.

Le RevPAR 2017 est donc ici, comme dans toutes les villes qui ont accueilli des matches de l’Euro en 2016, en retrait cette année par rapport à l’an dernier 2016. En juillet, le comité du tourisme estime que le calendrier sportif et culturel (Mondial de Pétanque, Tour de France, Festival International de Piano de La Roque d'Anthéron, Festival de jazz des 5 continents…) ont permis d’atteindre 75 % de taux moyen d’occupation des hébergements en juillet-août.

Le Festival International de Piano de La Roque d'Anthéron a notamment reçu 1 700 visiteurs de plus qu’en 2016.Avec 48 000 spectateurs, le Festival de jazz des 5 continents a enregistré une hausse de 20 % de son affluence. Les professionnels sont 2 sur 3 à anticiper un niveau honorable (vs 53 % sur le total de la région) quant à leurs anticipations de septembre.

Dans les Alpes-maritimes, selon le Comité du tourisme de la Côte d’Azur, qui a publié ses chiffres fin août, après une année 2016 qui s’était soldée sur la Côte d’Azur par une baisse de 6 % des nuitées touristiques, l’été 2017 se présente beaucoup mieux sans toutefois retrouver encore ses niveaux antérieurs.

Si les mois de mai et juin ont plutôt subi une baisse sur l’ensemble de la destination Côte d’Azur, excepté à Cannes en raison de la bonne tenue du tourisme d’affaires, le comité départemental du tourisme fait état d’un taux d’occupation moyen des hôtels et résidences à près de 80 % en juillet.

La reprise serait plus nette sur les trois premières semaines d’août, où l’occupation moyenne de l’hôtellerie urbaine s’inscrit en hausse de 6 points à plus de 90 %, avec un RevPAR en hausse de 12 %. Au total, la fréquentation en nuitées marchandes a augmenté d’environ 3 % à fin août.

Plus rassurant encore pour la Côte d’Azur, d’ordinaire très prisée par les touristes étrangers, les clientèles internationales semblent de retour. Sur la période d’avril à juillet, les nuitées étrangères dans les hôtels et résidences sont en hausse de 5 % : + 20 % pour celles des Russes et des Sud-Américains; + 15 % pour les Allemands, les Suisses et les Italiens; + 12 % pour les Chinois et + 6 % pour les Américains. Seuls les Moyen-orientaux font encore défaut cette année (- 10 % de nuitées), ce qui a contribué à éroder le chiffre d'affaires de l’hôtellerie de luxe des 4-5* (- 11 % en juillet). L’an dernier, la fin tardive du Ramadan n’avait pas aidé. Cette année, ce sont les tensions géopolitiques qui peuvent justifier leur absence.

Selon le CRT, la baisse sur les segments de l’hôtellerie haut de gamme et du luxe à fin juillet « pourrait être compensée par les bons résultats d’août avec une hausse du chiffre d’affaires de l’hôtellerie urbaine : +12% ».

À fin août, le volume des réservations aériennes provenant de l’étranger et à destination de l’aéroport Nice-Côte d’Azur, pour les mois de septembre et octobre, sont en hausse de 5 %. Le rebond se confirme pour les Russes (+ 34 %), les Chinois (+23 %) et les Américains (+6 %), la clientèle indienne double en volume, et une reprise se dessine pour la clientèle japonaise (+16 %), en perte de vitesse sur les dernières années.

 

A.D

* Le RevPAR est le mix entre la dépense moyenne par client (le prix moyen chambre) et le niveau de la demande (taux d'occupation).

 

 

 

 

Une tendance : le tourisme urbain

 

 

Le Cluster Tourisme en ville de Atout France a fait l’acquisition, auprès de l’Insee, des données de fréquentation hôtelières de 30 grandes métropoles et agglomérations françaises. Ces informations apportent ainsi le premier éclairage sur le tourisme urbain en France pour les années 2015 et 2016.

Les 30 destinations étudiées ont accueilli, en 2016, 23 % des nuitées hôtelières soit 45,7 millions (dont 12,7 millions pour les visiteurs internationaux).

48 % de ces nuitées se sont concentrées dans seulement 4 métropoles : Nice, Aix-Marseille, Lyon et Strasbourg.

 Les Britanniques (2 millions de nuitées, soit 15,8 %), les Allemands (1,5 million de nuitées, 11,4 %) et les Américains (1,1 million de nuitées, 8,8 %) sont les trois clientèles internationales les plus présentes dans les hôtels des 30 villes étudiées.

 

 

 

 

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